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ISBN : 2846823294
Éditeur : P.O.L. (27/08/2009)

Note moyenne : 2.87/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Les faits divers sont les soupapes cachées de la civilisation. Voici qu’un certain Norman, professeur d’économie à l’Université de Berkeley, dérobe le portefeuille d’un clochard. Coup de folie ? Envie de jouer au surhomme ?... Ses proches sont perplexes. Et Norman, qui a toujours étalé sa probité de gauche, patauge maintenant dans un fâcheux bourbier moral.

L’incident aurait été un simple dérapage vite oublié – qui se soucie d’un clochard ? –, si au m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
petitours
  13 septembre 2009
Iegor Gran est un écrivain français d'origine russe remarqué en 2003 avec la publication d'ONG!, Grand Prix de l'Humour Noir qui traitait déjà avec dérision des luttes intestines du monde humanitaire.
Norman, le personnage principal de Thriller - son dernier roman - est un professeur d'économie de Berkeley à la recherche de la "grande équation sociale", formule à la puissance infinie, synthèse de théories antagonistes et surtout, capable de déterminer les composantes du bonheur humain. Equation encore toute hypothétique toutefois, et qui viendra peut être consacrer enfin une carrière universitaire dont les promesses de réussite se font attendre, aux yeux de sa femme et de son entourage. Jusqu'au jour où, au cours d'un dîner mondain assez quelconque de la bonne société californienne, Norman est accusé d'un vol de portefeuille. Acte gratuit, infondé et inexplicable pour ce donneur de leçons qui juge déjà boiteuse la position morale par laquelle on se ressert en saumon sans finir la laitue. Simple fait divers ou "soupape cachée de la civilisation"?
Iegor Gran n'avait besoin que d'un prétexte pour railler tout à la fois la moraline de l'époque et la laideur de ses âmes ordinaires. Dans une série de portraits à la première personne, l'auteur moque ainsi les petits narcisses d'une petite société qui s'effondre sur sa propre vacuité en se regardant le nombril. le doyen Lorch qui calcule à l'excès ses stratégies de séduction extra-conjugales, Lafayette la fouine dédaigneuse toujours prête à remuer la merde des autres ou Syd l'ado informaticien qui a bien compris comment capitaliser sur les vices de tout ce beau monde. Les personnages sont assez lisses, et il n'y a pas à creuser beaucoup la psychologie pour faire le tour de ces insectes là. Mais c'est que l'auteur joue l'entomologiste au second degré, avec une certaine réussite. La lecture est agréable et le style - outre un certain sens de la formule- est léger, parfois un peu trop d'ailleurs dès lors que les personnages singent les essayistes de comptoir. C'est un peu le point noir s'il fallait en trouver un, que ces réflexions inachevées et auxquelles on croit peu, sur l'avenir de l'économie sociale, la notion d'offre d'ennui ou la consommation de porno en ligne. On s'amuse donc beaucoup de ce thriller psychologique et humoristique où les personnages luttent avant tout avec leur propre image d'eux-mêmes.
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Herve-Lionel
  10 avril 2014
N°493– Janvier 2011.
Thriller – Iegor Gran- P.O.L.
Norman Mayfield est maintenant professeur d'économie à l'université de Berkeley. Il ne songe qu'à une chose : résoudre l'équation de l'économie sociale. Suzanne est son épouse « qui serait jeune dans sa tête... mais qui fait bien ses quarante six balais, peut-être même davantage. » Ils forment ensemble un couple classique et un peu superficiel d'Américains. Avec le temps (vingt ans de vie commune) ils se sont installés dans la routine, il est content de lui mais elle s'ennuie un peu malgré son emploi, toutes les marques extérieures de cette réussite et elle lui reproche une certaine forme d'immobilisme. Pour palier cette situation qu'elle juge délétère, elle prend un amant en la personne de Lorch, « le doyen... un peu soporifique ... qui s'accroche à son poste comme à son cardiogramme », et cela fait dix ans que cela dure ! Au cours du récit, il sera présenté comme un vieux-beau, infatué de lui-même, divorcé, tombeurs de ses étudiantes et fervent lecteur du Kama Sutra. C'est pourtant lui que choisit Suzanne, mariée et mère de famille, pour s'encanailler. Ils se plaisent réciproquement, deviennent amants et vivent une liaison régulière et enflammée sans que Norman ne se doute de rien, passionné qu'il est par son travail et ses recherches.
Le tableau se complète par La Fayette, un ami de Norman et Syd, l'adolescent féru d'informatique et enfant du couple.
Cette histoire commence par une salade au saumon consommée chez Norman et le rappel d'un épisode oublié de la vie de ce dernier. Il aurait dérobé un portefeuille à un clochard, ce qui, pour un professeur d'université n'est guère reluisant. Il prétend ne pas s'en souvenir et d'ailleurs, au cours de cette fiction, la mémoire semblera lui manquer douloureusement. L'épilogue en donnera la raison. Dans le même temps, une femme blonde est étranglée sur un terrain vague près de chez les Mayfield.
Jouant sur cette amnésie que le lecteur peut supposer feinte, Lorch, désireux sans doute de justifier sa propre turpitude, fait naître dans l'esprit de Suzanne l'existence d'une passade entre une étudiante et son mari. Non seulement elle y croit, mais soupçonne Norman d'être l'auteur du crime du terrain vague. L'installation de caméras de surveillance dans l'enceinte de l'université, présentée un temps comme devant établir la faute de Norman, se révèle être un leurre mais fait, un temps, illusion. Désireuse sans doute de masquer son adultère, Suzanne apparaît comme une mythomane un peu déjantée, accusant son mari du crime du terrain vague, sans doute pour mieux d'en débarrasser. Tout cela trouvera son explication à la fin même si l'épilogue est à la fois surprenant et un brin artificiel.
Le style peu académique, incisif et caustique, plein d'apartés que je préfère appeler longueurs, ne sert pas le suspense qui est censé baigner le récit. Quant aux notes de bas de page relatives à l'économie, elles n'apportent rien de pertinent ni d'intéressant pour un lecteur ordinaire. L'intervention du narrateur baptisé « le psychopathe » vient seulement compliquer les choses mais sûrement pas rendre le récit plus passionnant. Quant à l'existence du « journaliste bidonneur » et du docteur Lane...
Finalement tout rentrera dans l'ordre, Norman, après une opération au cerveau, retournera à ses travaux (sa tumeur au cerveau lui occasionnait des pertes de mémoire), Suzanne mettra fin à son aventure amoureuse en se consacrant à sa famille et à son mari, Lorch prendra enfin sa retraite et Cyd s'installera dans la société de consommation. Tout sera « pour le mieux dans le meilleurs des mondes » en quelque sorte. Ou, pour parler plus simplement : beaucoup de bruit pour rien !
Je ne connaissais pas cet auteur. Ce n'est pas avec ce roman, qui sans doute se veut drôle, que je continuerai à le lire.
©Hervé GAUTIER – Janvier 2011.http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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frandj
  28 avril 2015
Ignorant le nom de l'auteur, j'ai ouvert ce roman par hasard. Au début de ma lecture, je me suis dit « bof ». On y voit des protagonistes s'observer et s'affronter autour d'une salade au saumon. Norman Mayfield, professeur à l'université de Berkeley, dont l'ambition n'est rien moins que la résolution de "l'équation de l'économie sociale", se fait accuser d'avoir dérobé un portefeuille à un SDF. D'autres personnages, décrits avec ironie et même cruauté, ont leur place. Notamment Suzanne, l'épouse de Norman, qui trompe son ennui en prenant un amant (qui n'est autre que le vieux doyen Lorch); Syd, le fils de Norman et Suzanne, qui est un fan d'Internet et finit par mettre en ligne une vidéo montrant les ébats amoureux de ses parents; et quelques autres individus bien campés. Un crime vient à être commis dans le voisinage; il y a de la psychopathie dans l'air ! Norman, dont le comportement devient inhabituellement bizarre, devient suspect. En parallèle, son épouse veut croire qu'il a une liaison avec l'une de ses étudiantes, Veronika (c'est l'hôpital qui se fout de la charité !). Bref, le récit rebondit à qui mieux mieux, d'une manière souvent loufoque, passant d'un personnage à l'autre. C'est enlevé, caustique, déjanté, et chacun en prend pour son grade. Après avoir dépassé les premières pages, je me suis pris au jeu et je me suis finalement bien amusé avec cette histoire sans queue ni tête. Elle nous suggère avec légèreté quelques vérités sur notre société "bien-pensante" et passablement hypocrite. Un roman léger, sans prétention, empreint d'humour grinçant, qui se lit très bien... et que j'oublierai sans doute assez vite.
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Vintage
  19 avril 2014
Norman, professeur d'économie à l'Université de Berkeley recherche « l'équation sociale », capable de déterminer toutes les composantes du bonheur humain. Un petit grain de sable va enrayer cette recherche utopique, qui est sensée lui apporter la consécration professionnelle et la reconnaissance de ses proches : Norman se rend coupable du vol d'un portefeuille d'un SDF … Comment expliquer cet acte gratuit pour ce moralisateur qui ne fait qu'analyser la vie d'un point de vue économique et social ? Surtout que les faits divers vont s'enchaîner…
C'est à partir de cet événement que toute une série de personnages va intervenir pour dénoncer l'acte de Norman…
L'épouse adultère, le fils informaticien vicieux, le journaliste à la déontologie très douteuse, l'amant vantard, le psychopathe…dans cette farce, Iegor Gran se moque allègrement de tous ses personnages, qui à l'image de Norman, sont démesurément pathétiques et illustrent une société en plein déclin à force de nombrilisme... Les faits divers ne sont en réalité que prétexte à la satire sociale (famille et rapports amoureux en ruine, société stéréotypée, théories économiques illusoires…).
Narration habile, style léger, mais subtile et pointilleux, Iegor Gran décline tous les registres de l'humour (noire)…et nous laisse au final un Thriller psychologique et humoristique très réjouissant.
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Lalivrophile
  08 juin 2011
Il n'est pas facile d'écrire une parodie de thriller. Iegor Gran y réussit très bien. Il parvient à être cohérent dans un roman complètement déjanté. Certaines choses sont énormes, d'autres sont très simples, et pourtant, l'ensemble se tient, et fait que le lecteur rira beaucoup.
L'humour est exploité sous différentes formes.
Le style est vif et alerte, davantage propre à la comédie qu'au thriller. Il va donc très bien à ce roman. le style reste le même pendant des scènes apparemment graves comme les scènes d'amour, ou celle où Norman et Suzanne découvrent les agissements de Seed.
Il y a des notes de bas de page. Ici, elles proviennent majoritairement de livres écrits par Norman.
L'auteur disperse de faux indices (la ceinture, le miroir...) auxquels certains personnages s'empresseront de croire.
L'auteur place une ficelle abondamment utilisée par ceux qui écrivent des thrillers: le psychopathe ne se souvient plus avoir tué la blonde, mais pense que c'est lui, alors que Norman ne cesse d'oublier ce qui se passe dans sa vie. L'auteur ne tient pas à ce que le lecteur pense que Norman est le psychopathe, mais il veut montrer la bêtise de ladite ficelle.
[...]
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Lien : http://www.lalivrophile.net/..
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