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Patrick Berthon (Traducteur)
EAN : 9782221108215
352 pages
Robert Laffont (12/04/2007)
3.6/5   225 notes
Résumé :
Ce matin de décembre 1982, la jeune Debbie Carter gît, étranglée et violée, au pied de son lit défait.
La nouvelle pétrifie la petite ville d'Ada, perdue au cœur de l'Oklahoma. Bientôt la fièvre s'empare des services de police, jusqu'au délire. Comment expliquer que Glen Gore, dernière personne à avoir vu la victime vivante, n'ait pas été soupçonné ? Pire : comment accorder du crédit à sa seule version des faits ?
Un innocent, Ron Willianson, va pâtir... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
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Debbie Carter a été assassinée, étranglée et violée.

Cela se passe à Ada, une petite ville paumée en Oklahoma aux Etats Unis.

La dernière personne a l'avoir vue vivante, Glenn Core, affirme l'avoir vue sortir d'un dancing où se trouvait Roy Williamson.

L'enquête de police détermine que Williamson et un complice ont assassiné Debbie.

Williamson est une ancienne gloire du Base-Ball universitaire local. Il a été enrôlé par un club de première série où il sera vite remisé aux derniers rôles puis éliminé pour manque de réussite, l'argent avancé et vite gagné lui a joué un bien mauvais tour, en effet au lieu d'être sérieux il a préféré la drogue, l'alcool et les filles.

Puis est revenu, désoeuvré, à la case départ, à Ada où il vit d'expédients, aux crochets de ses soeurs.

Vindicatif, hargneux, bagarreur et sale c'est une proie facile pour le shérif et pour le procureur.

Après jugement lui et son complice sont condamnés à mort.

La cour d'appel confirme le jugement.

Il est alors emprisonné dans le couloir de la mort où il crie, hurle son innocence. Personne ne l'entend sous prétexte que, c'est bien connu, il n'y a que des innocents en prison.

Or Ron, lui, est vraiment innocent.

Cette erreur judiciaire que nous conte John Grisham n'est, malheureusement, pas un cas rare et isolé. le pourcentage d'innocents exécutés aux Etats Unis est plus qu'important, il est de l'ordre de 12%.

Shérifs, juges et procureurs sont élus et, selon les saisons, leurs jugements se rapprochent, dans les villes petites et parfois moyennes, de la vindicte populaire, notamment à l'approche d'élections, quand ils ne correspondent pas, purement et simplement, à la "vox populi".

L'auteur nous dit avoir enquêté 18 mois sur le cas de Ron Williamson, interrogeant intervenants de tout bord ayant, de près ou de loin, participé à cette erreur judiciaire. Les péripéties de l'enquête, l'absurdité et les oeillères des autorités, dont certaines restent convaincues de la culpabilité de Williamson, font froid dans le dos. Sans parler de la douleur et du chagrin des parents de la victime qui ont subi quatre procès ainsi qu'une exhumation du corps de leur fille.

Pour ce reportage Grisham utilise un style qui ne lui est pas habituel, tenant plus du rapport de police que de l'exercice de style. C'est bien ainsi que je l'ai compris, aussi certains pourraient être déçus de ne pas retrouver le Grisham que l'on apprécie.

Globalement j'ai bien aimé ce livre que j'ai lu rapidement car même si l'on peut entr'apercevoir des répétitions elles ne sont là que pour confirmer la stagnation de l'enquête et son obligation à la répétition pour enfoncer un clou qui a, bien du mal à faire son chemin.


Lien : https://www.babelio.com/livr..
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Oklahoma, début des années 1980. Une jeune femme est violée et assassinée, laissant la petite ville où elle vivait sonnée et horrifiée. Après cinq ans d'enquête, deux hommes sont arrêtés et condamnés à mort. Ron Williamson en particulier est présenté comme un monstre au public.

On n'est pas ici dans un roman, mais dans un true crime. Josh Grisham nous relate point par point l'enquête, le procès et la condamnation des accusés. Puis il enchaîne avec le récit des très longues années qui ont suivi et qui ont démontré que les deux hommes étaient innocents du crime dont on les accusait.

Il met en lumière l'incompétence, la violence et la corruption des policiers ayant mené l'enquête; l'ambition démesurée, le parti pris, l'arrogance et, là aussi, la totale incompétence du procureur; les déficiences et le désintérêt des avocats; les faiblesses des hôpitaux psychiatriques et de l'assistance sociale; l'intolérable cruauté du système carcéral; les défaillances du système judiciaire tout entier.

L'auteur reprend tout depuis le début et, pas à pas, nous explique comment l'erreur judiciaire a été possible et propose une critique du système qui l'a permise. Parce que Ron Williamson aurait probablement dû être déjà en prison pour deux crimes sexuels pour lesquels il avait été jugé dans le passé, mais aussi parce que l'accumulation des défaillances du système est incroyable. Il fallait un coupable, peu importait qui, et les méthodes employées pour en trouver un font froid dans le dos.

On suit les familles impliquées: celle de la victime, qui doit attendre plus de 15 ans avant d'obtenir justice, mais aussi celles des deux condamnés, qui, d'une certaine façon, purgent également une peine à vie pour ce qui est arrivé. La très large part qu'a pris l'opinion publique dans cette histoire n'est pas oubliée non plus. Et il y a évidemment une réflexion sur la peine de mort.

L'ensemble est évidemment très factuel, John Grisham donne de nombreux détails et analyse de près tous les points qui ont permis cette erreur judiciaire. ça peut paraître parfois un peu fastidieux, mais l'auteur a suffisamment de talent pour raconter pour que ça reste prenant jusqu'à la fin.

Une lecture extrêmement intéressante, qui se lit comme un roman et dont la réalité fait vraiment peur: combien d'innocents sont aujourd'hui emprisonnés ou condamnés à mort?


Lien : https://bienvenueducotedeche..
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Si vous vous demandez comment une erreur judiciare est possible, lisez ce livre! Ron Williamson va être condamné à mort, et l'un de ses amis à la prison à perpétuité, sur base de preuves fabriquées de toute pièce par la police et le Procureur, pressés de trouver un coupable.

Je me demande encore, après la lecture de ce livre, comment il est possible de juger quelqu'un qui, comme Williamson, ne jouit pas de toutes ses facultés mentales. Et comment il est possible, aussi, de manipuler les preuves à ce point, comme l'ont fait la police et le Procureur. Certes, Williamson n'était pas ange, mais il ne méritait pas un traitement comme celui qu'il a enduré.

Lecture révoltante, L'Accusé amène le lecteur à réfléchir sur des questions importantes telles que le fonctionnement du système judiciaire, la conception des prisons, la prise en charge des malades mentaux et la peine de mort.

Loin d'être un roman léger, c'est selon moi une lecture nécessaire.

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Ce livre avait a priori tout pour plaire: une histoire d 'erreurs judiciaires, tirée de faits et de personnages réels, racontée par un ancien avocat (qui donc connaît son sujet), des méthodes policières peu avouables, avec en toile de fond un sujet controversé, la peine de mort aux Etats-Unis . Mais voilà, chez moi, la sauce n'a pas pris et je vais vous dire pourquoi.

D'abord, pour un thriller, ce livre manque singulièrement d'action, de suspense et de rythme. Je ne dirais d'ailleurs pas que c'est un roman; j'ai eu l'impression de lire les minutes des différents procès. Parfois l'envie était forte de refermer le livre!

J'ai déjà eu l'occasion de l'écrire dans une précédente critique: le sujet n'est pas un élément suffisant, aussi passionnant soit-il, pour faire un bon livre. le style d'écriture est tout de même essentiel,non? Or dans le cas qui nous intéresse ici, l'écriture est plate; elle n'a pas provoqué chez moi l'émotion ni la révolte qu'elle aurait dû - ou pu.

Donc ,oui, ce que découvre le lecteur (s'il ne le savait déjà) est choquant, révoltant, mais cela n'en fait pas un roman qui vous transporte; l'écriture n'est pas à la hauteur. Cela n'a manifestement pas empêché un célèbre acteur américain d'acheter les droits cinématographiques. John Grisham fait recette dans les salles obscures!

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Dans la famille , les auteurs à succès que je n'ai jamais lu... Je voudrais John Grisham... Cooolll je l'ai... Alors j'ai vu les adaptations de la Firme et L'affaire Pélican au cinéma mais jamais lu et comble "l'accusé" n'est pas un roman mais une histoire vraie :18 mois de recherches à rencontrer les protagonistes encore en vie ont été nécessaires à John Grisham.

Ce qui est terrible c'est que c'est aussi efficace voir même mieux que certains thrillers sauf que là, ben c'est la vraie vie, c'est terrifiant...

Le système de justice américain d'hier, les années 90, pour ce cas, peut nous paraître lointain mais quand on se documente sur les couloirs de la mort aux États-Unis, ça fait froid dans le dos:d'après une étude récente "depuis 1973, plus de 8 700 personnes ont été condamnées à mort aux États-Unis. Plus de 1 500 ont été exécutées. 182 des condamnés étaient innocents."

Et l'histoire que nous raconte John Grisham est effarante : une mécanique redoutable se met en marche et elle conduit inéluctablement à l'erreur judiciaire mais peu importe il faut un coupable. le pauvre Ron Williamson, promis à un bel avenir de joueur de football américain va en faire les frais.

À travers l'accusé, le talent d'ancien avocat de l'écrivain, va nous montrer tous les rouages, nous avons expliquer les manques de l'enquête, les manipulations, qui vont conduire à cette histoire pitoyable mais vraie...

Excellent moment de lecture avec ce classique, je vais peut-être en lire d'autres du coup, passionnant système judiciaire américain, franchement on habite un beau pays... 😉

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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Soledad menaça Ron de le tuer.
- Je m'en fous, riposta Ron. Je suis déjà condamné à mort.
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Tandis que le personnel médical faisait de son mieux pour traiter Ron, les surveillants s'amusaient à ses dépens. Pour se distraire quelques matons jouaient avec l'interphone tout neuf de l'unité H. Chaque cellule était reliée par un appareil de communication intérieure à la salle de contrôle, un gadget de plus pour permettre aux surveillants de rester aussi loin que possible des détenus. Pas assez loin, encore.
- Ron, c'est Dieu, lançait en pleine nuit une voix sépulcrale. Pourquoi as-tu tué Debbie Carter ?
Un silence, puis les surveillants se mettaient à ricaner quand ils entendaient hurler à travers la porte.
- Je n'ai tué personne ! Je suis innocent !
Sa voix rauque et grave se répercutait dans le couloir sud-est, déchirant le silence de la nuit. La crise durait une heure ; elle empêchait les autres détenus de dormir mais amusait beaucoup les matons.
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Dans l'Oklahoma, la peine capitale est une affaire sérieuse. Quand la Cour suprême des Etats-Unis donna son aval à la reprise des exécutions, en 1976, le corps législatif de l'Oklahoma se réunit en session extraordinaire dans le but de promulguer les textes de loi sur la peine de mort. L'année suivante, les débats du parlement portèrent sur une idée novatrice: la mort par injection létale pour remplacer la bonne vieille chaise électrique. La raison en était que, la technique infligeant une mort plus douce, l'argument utilisé de "traitement cruel et inhumain" deviendrait irrecevable et que, donc, le rythme des exécutions s'en trouverait accéléré.
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Des erreurs judiciaires sont commises tous les mis, et dans chaque état. Les raisons en sont diverses, et toujours semblables : travail insuffisant de la police, témoignages scientifiques discutables, identification erronée de témoins oculaires, avocats de la défense peu compétents, procureurs trop peu exigeants ou trop arrogants.
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A la fin du premier jour d'audience , le juge Miller s'inquiéta de l'absence de Rom. Il fit venir les avocats pour leur faire part de ses doutes.
- Je me suis renseigné sur l'absence de l'accusé à l'audience préliminaire. Je vais faire venir M. Williamson demain matin , vers 8 h 45 , et je lui demanderai encore une fois s'il désire ou non être présent. S'il répond non , il repartira en prison.
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Videos de John Grisham (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de John Grisham
Extrait du livre audio "Le Cas Nelson Kerr" de John Grisham lu par Patrick Kuban. Parution CD et numérique le 6 juillet 2022.
https://www.audiolib.fr/livre/le-cas-nelson-kerr-9791035408497/
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