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EAN : 9782012374058
178 pages
Hachette (20/08/2008)
  Existe en édition audio
3.35/5   183 notes
Résumé :
Jusqu'à ce fameux samedi, il ne s'était jamais rien passé d'extraordinaire à Joigny-les-Deux-Bouts, petite bourgade tranquille en fin de ligne du RER. Yéva, minijupe à ras et verbe haut, rêvait toujours d'une vie ailleurs. Jacquot, son mari chômeur, creusait une fosse dans le canapé à force de jeux télévisés. Leur fils Yeznig, déficient mental, recomptait ses dents après chaque repas. Son frère Tanièl, renvoyé du lycée pour avoir abîmé le conseiller d'orientation, p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
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La littérature est une discipline géniale, et on prend un plaisir fou quand on déniche ce genre de petites merveilles qui ne paie pas de mine, ce style de petit roman qui ne vaudra pas à son auteur une collection à la Pléiade, ni l'honneur d'un Goncourt , certes.
Certes, mais le nouveau roman de Faïza Guène se lit avec allégresse. Oui, n'ayons pas peur des mots : allégresse. Pas de verbiage, de page qu'il faut relire pour comprendre. Ici, on écrit comme on parle, comme on parle dans les endroits comme à joigny les Deux Bouts. L'intrigue, elle est simplissime : un meurtre a eu lieu à Joigny les deux Bouts, petite ville de banlieue, dernier arrêt de la ligne de RER. L'assassiné, c'est Joel Morvier, le patron du Balto, que personne ne va regretter car il cumule tous les défauts : raciste, acariâtre, avare, voleur et même un peu pervers. Tout Joigny les deux Bouts le déteste, mais tout Joigny s'y retrouve car c'est le seul endroit pour se retrouver.


Pour les gendarmes, le meurtrier se trouve parmi les habitués. Tour à tour, Faïza Guène se glisse dans la peau de chacun de ses personnages, et même dans celui de Morvier. et l'on va démèler peu à peu avec eux les fils de l'intrigue.
Il y a Jacquot, le passionné des jeux télévisés, accro aux jeux a gratter, licencié de l'Usine qui était toute sa déprime et toute sa vie. Yéva, sa femme, son autre déprime, la grande gueule que Morvier reluque. Yeznig, leurs fils ainé "dit Bébé ou l'handicapé" qui confond tous les temps, et Tanièl, "dit Tani, Quetur ou bon à rien", le jeune frimeur qui sèche les cours et a le coup de poing facile. Sa meuf, c'est Magalie, qui dit « lol » a la fin de ses phrases et qui fait croire à son keum qu'elle est enceinte, comme ça, juste pour rigoler.. un peu « pétasse » dirait Bégaudeau ;-) Il y a aussi les jumeaux Nadia et Ali qui débarquent tout droit de leur Planète Marseille qui ne s'intègrent pas de la même manière dans cette nouvelle cité…
Tous ces gens du Balto, c'est une certaine France dans laquelle arrive un malheureux faits divers. Au final, cela donne un polar étonnant, souvent très drôle, qui met en lumière les maux d'une frange de la population : chomage, racisme, haine ordinaire.. Un roman plein de vérité, de poésie, de tendresse aussi parfois ; Et si l'on tend un peu l'oreille, on y entendrait presque comme un couplet de Grand Corps Malade

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Joigny-Les-deux-Bouts, c'est:
Un café tabac tenu par Joël
Des familles fréquentant le bar, ou pas
Des ados lycéens ou pas, mais à la recherche de leurs rêves
Yéva, Jacquot, Yeznig, Tanièl, Ali, Magalie...
Tous gravitent autour du Balto, de près ou de loin.
Mais un beau jour, ou plutôt une sale journée, Joël est retrouvé baignant dans le sang, mort.
Un drame? Faïza Guene met en scène tour à tour des personnages vivants, forts en gueule, bien campés avant de ne révéler la vérité qu'en toutes dernières pages.
Un roman dont toutes les images demanderaient à être filmées.
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Un cadavre : Joël, alias Jojo, également surnommé Patinoire, le patron du bar-tabac "Le balto" à Joigny-les-Deux-Bouts en région parisienne. Personne ne semble regretter ce vieil aigri xénophobe, macho, vicieux...
Sept suspects : Taniel, jeune arménien colérique et parfois violent, sa mère Yéva aguicheuse et vulgaire, son frère Yeznig autiste de treize ans et demi, leur père Jacques chômeur scotché à la TV et accro aux jeux d'argent, Magalie la copine de Taniel "blondasse décérébrée", et enfin Ali, copain de Taniel, et sa soeur jumelle Nadia.
Ces personnages se présentent à tour de rôle, chapitre après chapitre. Puis viennent les interrogatoires de la police, chacun donne à son tour un premier témoignage édulcoré, puis un second qui contribuera à éclaircir l'affaire...
La construction polyphonique et l'humour rendent la lecture très plaisante, mais le récit est quand même truffé d'invraisemblances (le ton des dépositions, les jumeaux qui témoignent en même temps) et de caricatures (Yeva et Magalie sont particulièrement peu crédibles). C'est néanmoins une lecture agréable, on a l'impression de jouer au Cluedo et /ou d'assister à un vaudeville, bien que le dénouement soit sombre.
De cette auteur, j'avais découvert en 2007 avec plaisir "Kiffe kiffe demain" mais j'avais été très déçue par "Du rêve pour les oufs".



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Le Balto est un bar tabac au centre d'un village près de Paris, il en est le coeur vers lequel on passe plus ou moins souvent ; son propriètaire, joel baigne dans son sang.

Chaque personnage va les un après les autre, y compris Joel nous racontait sa petite vie et sa soirée du meurtre. Il y a Yeva, jacquot, son mari, Tani leur fils et Magalie la copine, Yeznig, l'autre fils un peu retardé…. Tous nous parlent à la première personne comme si nous étions l'inspecteur chargé de découvrir la vérité.

Les propos de chacun ne manque pas d'humour, c'est cru, il parle le français des rues sans chichi, on est vite imprégné par l'ambiance de ce village.

Je ne connaissais pas l'auteur, son humour est évoqué dans les critiques de ces autre romans sur la boblosphère, je voulais lire « du rêve pour les ouf », mais cela ne sait jamais présenté, cet emprunt à la biblio m'aura permis de la découvrir. C'est court et vite lu, je n'en garderai peut être pas longtemps le souvenir mais qu'importe, j'ai passé un bon moment en compagnie de ses personnages sympathiques.
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Un samedi matin, Jojo, le patron du « Balto »
de Joigny les Deux Bouts est retrouvé mort dans son café.
Ce qui pourrait être perçu comme un drame n'est ici qu'une
« diversion » dans cette banlieue trop tranquille.

Tour à tour, les différents clients nous racontent cette fameuse journée.
Ils nous entraînent dans leur quotidien : le chômage, les bagarres pour une fille, la télé pour lutter contre l'ennui, les collègues qui empoisonnent l'existence, le racisme ordinaire…

L'auteur réussit ici à nous dépeindre une véritable
chronique sociale avec un humour décapant et un style remarquable.







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critiques presse (1)
Lecturejeune
01 décembre 2008
Lecture jeune, n°128 - « France Bleu Île-de-France. Que s’est-il passé au Balto, ce tranquille bar-tabac de Joigny-les-Deux-Bouts, dans la nuit de vendredi à samedi ? C’est la question à laquelle devront répondre les enquêteurs après la découverte, ce matin, du corps de Joël Morvier, le patron de l’établissement que les gendarmes ont retrouvé le ventre lardé de sept coups de couteau et le visage tuméfié ». Pour ce faire les policiers entendront tour à tour les habitants du quartier, habitués de l’endroit : Tanièl, dit « Tani », Quetur ou bon à rien, adolescent en rupture, bien énervé ; sa petite amie, Magalie Fournier, dite la blonde, la traînée ou la meuf de Quetur, qui ponctue son discours de « lol », « dsl » et autres vocables anglais ; sa mère, Yéva dite Mme Yéva, la daronne ou la vieille, sur talons hauts et jupe courte, elle veut plaire encore ; son père, Jacques dit Jacquot, le daron ou Coco, chômeur désabusé, fan de jeux télévisés et de jeux à gratter ; ses amis, Nadia et Ali Chacal, dits les jumeaux, les Marseillais ou les chacals ; son frère, Yesnig, dit bébé, le gros ou l’handicapé. L’auteur convoque également le mort, Joël, dit Jojo, dit Patinoire. Chacun évoque son quotidien, forcément blafard, ses espoirs brisés... Tous en tout cas auraient eu de bonnes raisons d’assassiner le patron du Balto, vieux « dégueulasse », raciste et arnaqueur.
Avec ce troisième livre, Faïza Guène, jeune auteur à succès de 23 ans s’essaie donc au polar. Mais ce roman polyphonique est surtout l’occasion de donner voix aux « gens du Balto », petites gens d’aujourd’hui, comme bloqués dans une ville du bout du monde, et dont l’existence est marquée par la pauvreté, le chômage, le racisme et l’ennui. Avec justesse et talent l’écrivain crée la personnalité et la langue de chacun. Elle leur offre surtout une belle humanité, toute lumineuse...
Hélène Sagnet
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Pendant des années, j'ai joué au psychiatre de service. J'en ai passé des soirées à les écouter parler de leurs emmerdements et de leurs histoires de cul. À côté de mon bar, Sainte-Anne passerait pour un salon de thé. J'essayais d'élever le niveau de la conversation mais ça volait pas plus haut que les remboursements de la sécu. Chaque fois que je regardais sur ma gauche, accoudée au bar, Claudine était là, toujours au même endroit. On ne la voyait même plus tellement elle passait son temps à cette place. Ici, tout le monde l'appelait la Veuve noire. On raconte qu'elle a empoisonné son mari quelques semaines après leurs noces. Paraîtrait qu'elle a fichu de l'insecticide dans sa soupe au potiron.

Chaque fois qu'elle avait un coup dans le nez, elle avait cette manie de se déshabiller et elle commençait toujours par retirer ses bas. Je suis sympa, j'épargne les détails.

Un que ça dégoûtait vraiment, c'était Yves Legendre, le gendre du maire de Joigny. C'est pas une blague, il s'appelle vraiment Legendre. Il ne supportait plus d'être dans l'ombre de son beau-père. Sur le ton de la confidence, il finit un jour par m'avouer n'avoir jamais voté pour lui.

J'étais le seul à savoir que Legendre votait coco. Un jour, au début de l'été dernier, il m'a fait commander un abonnement à un magazine de musculation. Ces bouquins pour les maniaques de la gonflette, avec des pages entières de publicités pour les protéines, du genre de celles qu'on donne aux bœufs de concours. Et bien sûr des tas de photos de types musclés et bronzés qui se foutent de l'huile partout sur le corps. Legendre était devenu rapidement accroc. Il en raffolait. Je n'avais pas cherché à en savoir plus. Encore un pédé, je m'étais dit.

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Mais je n'avais pas le droit de me retourner. Si j'avais fait ça, j'aurais enfreint une des règles d'or. Dans le numéro 97 du magazine BM — Bonne et Mignonne, il avait un article extra que j'ai découpé et accroché sur mon mur, près des photos à moi sur la plage. L'article s'intitulait : « Les règles d'or à ne pas enfreindre pour être toujours irrésistible ». En numéro 3, il est écrit qu'à la fin d'un rancard, quand tu t'en vas, tu ne dois JAMAIS JAMAIS (c'était marqué deux fois en rouge dans l'atrticle) te retourner. Si tu te retournes, t'es une vraie looseuse parce que ça t'enlève tout ton charme et tout mystère.
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Joël, dit Jojo, dit Patinoire

Je m'appelle Joël Morvier et j'ai décidé de raconter mon histoire moi-même. Depuis trente ans, je vis au milieu des journaux alors on me la fait pas. Je vois très bien comment ils déforment la réalité. Je préfère me fier à ma bouche.

J'aurais eu soixante-deux ans en avril, le 12 du mois. Je dis ça pour information, je n'ai jamais fêté un anniversaire de ma vie.

Il paraît que je suis un homme antipathique. Je dirais plutôt que j'ai reçu moins d'amour et de compassion que ce que je méritais. On me fait de faux procès. Je ne suis pas raciste. J'ai des valeurs et visiblement, ça dérange.

Je suis tel que l'usine de la nature m'a fabriqué. On me traite d'insensible mais je n'ai pas eu le choix des options au commencement, ce qui n'a pas empêché la voiture de rouler. Fabrication française je précise.

À les écouter, faudrait s'émouvoir du moindre enfant violé.

Moi aussi je regarde des images à la télévision, les attentats, les accidents, les ouragans et les vieillards qui crèvent de chaleur. Rien à faire. Ça ne me touche pas.

J'ai perdu mon père assez jeune. Je ne suis pas le seul. Un père, ça meurt un jour ou l'autre. C'est pas pour faire chialer que je raconte ça, seulement pour expliquer.

J'ai vécu quelques années avec mon oncle Louis dans l'appartement au-dessus du bar. Puis à son tour, il a claqué. Un cancer. Mon vieux, lui, a eu une mort aussi bête que sa vie. Un accident de chasse. D'ailleurs tout a été accidentel chez lui, même moi.

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Mon seul petit moment agréable de la journée, c'était aux alentours de 19 heures quand Mme Yéva passait acheter ses Gauloises blondes. Sacrément bien chargée. Une belle femme, ça oui. Elle laissait toujours derrière elle une traînée de parfum, comme un grand nuage rose, un nuage d'amour.

Une odeur sucrée qui arrêtait le temps dans le bar. C'est pas que je sois un sentimental mais Mme Yéva, c'est spécial. C'est le genre de femme qui donne de l'inspiration. Il est arrivé qu'une fois ou deux, je lui mette discrètement la main au derrière. Elle l'a vraiment mal pris. Je me suis défendu en disant que je l'avais pas fait exprès mais elle m'a fait une grosse scène. Pendant qu'elle me hurlait à la figure des noms d'oiseaux, je pensais qu'elle avait un sacré caractère et ça m'attirait encore plus fort.
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Je le croyais riche et intelligent. Quelle idiote. Maintenant, quand je le regarde, il me rappelle Bouddha, vous savez le dieu des bouddhistes. Il a la même chair qui dégouline sur le bas ventre et ce même regard vide. Mais Bouddha lui, il médite, c'est pas la télé qui lui donne cet air con !
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Videos de Faïza Guène (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Faïza Guène
Pour cette dernière émission de la saison, Augustin Trapenard reçoit plusieurs grands auteurs dans La grande librairie. Parmi eux, Philippe Besson, Faïza Guène, Mathias Enard, Katherine Pancol, Caryl Ferey et Chloé Delaume. Ils viennent livrer, tour à tour, leurs cris du coeur, ou leurs coups de griffe concernant un grand classique de la littérature.  Après avoir fait l'éloge du Petit prince pendant de longues minutes, Faïza Guène, écrivain et scénariste à l'origine de Kiffe Kiffe Demain, publié en 2009 et vendu à plus de 400.000 exemplaires, livre une critique acerbe sur le roman de Franz Kafka, La métamorphose, publié pour la première fois en 1912.  Un ouvrage qu'elle considère comme une "horreur" et qu'elle résume de la sorte : "Je vous la fais courte mais en gros, c'est un mec, il se lève, il a la flemme, il se transforme en cafard. Je l'ai reçu comme un test désespérant". Elle explique ensuite sa pensée, racontant qu'elle l'a lu à l'âge de 16 ans et que ce n'était sans doute pas le moment pour elle de le dire, manquant un peu de recul sur l'humour qu'il peut y avoir. Un avis visiblement partagé par Philippe Besson.
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