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EAN : 9782253113751
188 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (07/09/2005)

Note moyenne : 3.24/5 (sur 556 notes)
Résumé :
Doria a quinze ans, un sens aigu de la vanne, une connaissance encyclopédique de la télé, et des rêves pleins la tête. Elle vit seule avec sa mère dans une cité de Livry-Gargan entourée d'Hamoudi, un grand de la cité qui l'a connue «haute comme une barrette de shit», Mme Burlaud, la psychologue au porte-jarretelles, Nabil le nul ou encore Aziz, l'épicier du Sidi Mohamed Market avec qui Dora essaie en vain de caser sa mère ... Entre humour ravageur et formidables éla... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (103) Voir plus Ajouter une critique
cicou45
  20 février 2019
Cela faisait un petit moment que je voyais cet ouvrage trôner sur les rayon de la médiathèque dans laquelle je travaille sans avoir oser me lancer...jusqu'à aujourd'hui et j'avoue avoir été très surprise, dans le sens positif du terme. Doria est une jeune marocaine qui vie dans "la banlieue du Paradis" sauf que cette dernière est loin de ressembler au nom qui lui est attribué. Avec une mère qui fait le ménage dans un Formule 1 et qui ne sait ni lire ni écrire le français, un père aux abonnés absents, Doria est une élève plus que médiocre, qui voit une psy tous les lundis et a régulièrement affaire avec une Madame "Bidule truc" des services sociaux de la mairie. Et pourtant, cette jeune adolescente ne vire pas dans des trafics malsains, comme certains garçons de son immeuble, Youssef qui sera emprisonné pour trafic de drogue ou encore Hamoudi, le "Rimbaud" de ce dernier qui finira finalement par se ranger. On peut dire que celui-ci l'a fait rêver mais étant plus âgé qu'elle, elle ne l'intéressait pas, u disons pas comme elle l'aurait voulu. Certes, ils ont de longues discussions mais cela s'arrête là, au grand désespoir de notre héroïne. Joignant souvent difficilement les deux bouts à la fin du mois pour payer le loyer, Doria et sa mère savent cependant qu'elle peuvent compter sur la charité des gens du quartier mais pas seulement puisque grâce à ces fameux services sociaux, la mère de Doria pourra finalement trouver un stage, rémunéré qui plus est, et apprendre afin le dur maniement de la langue française écrite, pour la plus grande fierté de nos deux femmes.
Un roman dur, sur la pauvreté et les difficultés d'intégration mais qui n'est ni tout noir ni tout blanc : il raconte juste la vérité sans apitoiements ni rancune envers le système. Je ne suis pas certaine de vouloir considérer cet ouvrage dans la littérature jeunesse (c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je l'ai placé dans la section "adultes" dans ma médiathèque) car à mon avis, il touche tout le monde et parle aussi bien aux jeunes (grâce au langage simple employé ici) qu'aux adultes. Un roman malheureusement intemporel sur certains aspects durs de la condition d'immigré mais dont je ne peux que vous conseiller la lecture car comme il est dit pour notre jeune héroïne (même si elle n'y croit pas, du moins pas au début), "la roue finit toujours par tourner !
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Epictete
  18 mai 2014
On a parfois des surprises !
J'avais été attiré par certains échos concernant ce livre. Je l'ai obtenu dans le cadre des échanges de Babelio et ne peux que remercier « Paroles » de me l'avoir fait parvenir.
Et en effet, c'est un roman qui m'a réservé quelques surprises. Je suis d'abord rentré dans le livre avec un certain plaisir car il est écrit de façon très agréable, très fluide, très compréhensible malgré quelques termes de verlan ou dit « des cités » qui ne gênent absolument pas la lecture et font vraiment parti du langage de notre monde, donc en quelque sorte de notre quotidien.
Il y a bien sûr dans les surprises agréables, des éléments de réticences… (Sinon, on serait dans l'angélisme total, et ce n'est pas le lieu !).
A peine avais-je lu les cinquante premières pages que j'avais déjà une fiche complètes de notes ce qui est soit un très bon signe soit un très mauvais signe ! Soit je suis enthousiaste, soit je suis très énervé. Et au début, les deux étaient vrais ! En effet, quelques courts passages nous conduisent à penser que l'on est dans un récit un peu revendicatif, avec des discours un peu « anti-français », avec beaucoup de notions de droits et aucune de devoirs.
Extrait : « J'ai besoin de l'assistance de la mairie, c'est des nuls, car il faut que ma mère aille chez la manucure ».
En fait tout cela n'est qu'accessoire et marginal dans le discours de ce livre, donc il faut vite sortir de cette vision et prendre un peu de recul, considérant ce roman comme une sorte de documentaire sans journaliste.
J'avais quelques doutes pendant ma lecture et je suis allé voir l'interview vidéo de Faïza Guène parlant de son livre et regrettant que l'on classe ses écrits comme une biographie plutôt que comme un roman : « Je l'ai écrit, mais c'est pas moi ! ».
Et si vraiment on considère ce livre comme un roman, on ressent tout différemment. Cela pourrait être une sorte de « one-woman show » avec toute la finesse d'observation et de retransmission nécessaire au plaisir du public, véhiculant un message.
Faïza Guène ne donne pas qu'une image idyllique du monde qu'elle décrit :
Extrait : « Je suis allée dans la cuisine pour nettoyer la gazinière parce que c'état dégueu, avant que l'assistante sociale fasse son inspection ».
En conclusion, je peux et veux dire que même si cela n'est pas de la littérature… classique, ce livre est magnifique.
Après tout, « le voyage au bout de la nuit » (aucune comparaison possible) n'était pas non plus de la littérature classique. Mais il faut parler aujourd'hui des oeuvres qui marquent leur temps.
J'ai vraiment pris plaisir à lire ce livre avec beaucoup de moments d'humour voire de franches rigolades.
Donc, une seule indication : lisez-le ! C'est un super boulot, et la difficulté minime qu'il y a à l'aborder justifie le fait de le découvrir. C'est un vrai plaisir et je l'ai fait découvrir autour de moi à des gens qui ont encore les sourire.
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rabanne
  25 octobre 2016
Un roman jeunesse plein de verve, qui m'a agréablement surprise et touchée.
Doria, lycéenne de 15 ans dans le 9-3, raconte sa vie, son quotidien, son quartier.
Sa cité, le Paradis, c'est pas non plus l'enfer, mais certains jours sont plus compliqués que d'autres, surtout quand le père s'est fait la malle, la mère trime au boulot, les supérettes vous font crédit, on est traitée de "cosette" parce que c'est le Secours Populaire qui vous habille...
Un récit en langage parlé, doux-amer, réaliste et émouvant.
Un présent précaire, un futur incertain, des espoirs en attente, un coeur en suspend, mais une voix remplie de justesse, d'humour, de vivacité !
(dès la 4e)
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isabelleisapure
  11 février 2020
Attaché au pas de Doria, une ado de quinze ans, c'est le quotidien des cités, sans fioriture ni pathos, qui nous est révélé. Avec un style réaliste et percutant qui alterne phrases coup de poing et incursions dans l'univers des rêves et de la poésie, l'auteur lève le voile sur ces cités dont l'embrasement nourrit les unes des journaux, avec un regard de l'intérieur, simple et humain, loin des récits à sensation ou des plaidoiries auxquelles nous sommes aujourd'hui habitués.
Ce petit roman est une agréable surprise, il se lit vite. On sourit souvent.
Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager une citation :
« Quand j'étais petite, je coupais les cheveux des Barbie, parce qu'elles étaient blondes, et je leur coupais aussi les seins, parce que j'en avais pas. En plus c'étaient même pas de vraies Barbie. C'étaient des poupées de pauvre que ma mère m'achetait à Giga Store. Des poupées toutes nazes. Tu jouais avec deux jours, elles devenaient mutilées de guerre. »
Faïza Guéne a écrit ce roman alors qu'elle n'avait que 19 ans et nous montre déjà une certaine maîtrise avec les mots, malgré quelques maladresses bien excusables pour un premier roman.
Elle a d'ailleurs confirmé son talent avec, entre autre, « Un homme ça ne pleure pas » que j'ai beaucoup aimé.

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mollymon
  19 août 2015
Doria est une ado née de parents marocains qui habitent dans une cité HLM dans le 9-3. Elle et sa mère vivent seules depuis le départ du père qui voulait un fils. Il a décidé de retourner s'installer au bled afin d’y trouver une épouse capable de lui donner un enfant mâle. Cette désertion du père les laisse dans une situation morale et financière critique mais qui va peut-être s'avérer libératrice. Chacune d'elles va devoir se prendre en mains, avec l'aide de différents professsionnels, pour se créer un avenir meilleur.
A travers son histoire Doria livre sans misérabilisme, une image de sa banlieue parisienne, Livry-Gargan, celle de toute une communauté multi-culturelle marquée par le manque de ressources et de considération.
Écrites d’une plume alerte, dans une langue simple et familière dénuée de vulgarité, ces deux cents pages entraînent le lecteur dans une histoire lisible sans effort.
Faiza Guène, qui pourrait être la petite soeur d'Azouz Begag, pointe derrière l'humour piquant de Doria des problèmes sociaux qui sont toujours d'actualité dix ans après. Alors kif-kif demain ?
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Citations et extraits (77) Voir plus Ajouter une citation
x-Kah-mix-Kah-mi   21 décembre 2010
Quand j'étais petite, je coupais les cheveux des Barbie, parce qu'elles étaient blondes, et je leur coupais aussi les seins, parce que j'en avais pas. En plus c'était même pas de vraies Barbie. C'était des poupées de pauvre que ma mère m'achetait à Giga Store. Des poupées toutes nazes. Tu jouais avec deux jours, elles devenaient mutilées de guerre. Même leur prénom, c'était de la merde : Françoise. C'est pas un prénom pour faire rêver les petites filles, ça ! Françoise, c'est la poupée des petites filles qui rêvent pas.
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lesptitchatslesptitchats   03 octobre 2014
Mme Atlan, c'est la dentiste du secteur. Avec elle, faut pas avoir peur. Elle est très sympa mais elle a du apprendre son métier sur le terrain, pendant la Guerre du Golfe ou les invasions turques, je sais pas. En tout cas, elle est plutôt brutale comme femme. Une fois, elle a failli m'arracher la mâchoire. J'essayais de hurler et de gesticuler sur le fauteuil pour qu'elle comprenne que je souffrais et elle, tranquille, elle continuait en disant :
- T'es courageuse comme nana, allez, encaisse!
Puis comme j'avais quand même super mal, elle a essayé de faire diversion :-Tu aimes le couscous boulettes?
Adolescente, elle a dû hésiter entre catcheuse, CRS et dentiste. Ça a pas du être facile de se décider mais elle a préféré celui des trois qui conjugue violence et perversité. C'était sans doute plus rigolo pour une psychopathe comme elle.
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joedijoedi   16 janvier 2016
Quand j'étais plus jeune, je rêvais d'épouser le type qui ferait passer tous les autres pour des gros nazes. Les mecs normaux, ceux qui mettent deux mois à monter une étagère en kit ou à faire un puzzle vingt-cinq pièces marqué « dès cinq ans » sur la boîte, j'en voulais pas. Je me voyais plutôt avec MacGyver. Un type qui peut te déboucher les chiottes avec une cannette de Coca, réparer la télé avec un stylo Bic et te faire un brushing rien qu'avec son souffle. Un vrai couteau suisse humain.
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ChezLoChezLo   13 novembre 2010
En sortant du bahut, j'ai croisé Hamoudi. Il m'a proposé de m'embarquer pour me déposer au quartier. J'étais fière alors j'en ai profité pour flamber un peu, pour que toutes ces tronches de cake au bahut me voient partir avec la doublure d'Antonio Banderas dans Zorro, mais en plus balafré. En fait, personne n'a vu. c'est pas grave.
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EpicteteEpictete   11 mai 2014
"De toute façon, j'veux dire, à quoi ça sert de vivre ? J'ai pas encore de seins, mon acteur préféré est homosexuel, y'a des guerres sans but et des inégalités entre les gens et la cerise sur le gâteau ; Hamoudi fricote avec Lila et ne m'en n'a pas dit un mot. Hein.... J'ai raison, on a des vies de merde...."
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Nicolas Hatzfeld : "On a des héritages qui sont de longues durées et de plusieurs générations " .Est-on toujours renvoyé à sa classe d'origine ?Le Débat du Grain à Moudre sur France Culture avec Chantal Jaquet, philosophe, professeure à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, auteure de "La fabrique des transclasses" (PUF, 28 août), Nicolas Hatzfeld, professeur d'histoire contemporaine à l?université d'Évry Val d'Essonne, spécialiste du travail, ancien militant d'un parti pro-chinois, il s?était établi dans une usine Peugeot après 1968 et Faïza Guène - Romancière, auteure de Millenium Blues (Fayard, 2018) et Un homme ça ne pleure pas (Fayard, 2014).https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-a-moudre/est-toujours-renvoye-a-sa-classe-dorigine
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