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EAN : 9782072876202
Éditeur : Gallimard (03/09/2020)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 14 notes)
Résumé :
«Ça fait deux ans que je ne l’ai pas revu. Sept cent vingt-trois jours pour être précise. Il y a un mois, j’ai reçu une lettre de lui en provenance des États-Unis. Il m’indiquait qu’il avait fui notre pays et qu’il travaillait dans une entreprise de bâtiment. Il allait bien, il écrirait de temps en temps, il me souhaitait du calme maintenant qu’on ne se reverrait plus.
J’ai brûlé la lettre et j’ai regardé mon fils aîné partir en fumée.»

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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Sebthocal
  20 septembre 2020
Ils sont de tous les continents. Ils sont d'ici, partis vers un ailleurs qu'ils espèrent tous meilleurs.
L'exil en bandoulière, ils partent à la recherche de l'Eldorado
Angie, Eva, Sarah, Litzy ou Luis, tous sont partis pour fuir la pauvreté, le danger, la menace, la précarité. Tous en route le coeur lourd de souvenirs et d'injustices, ils croient en leur avenir et en leur chance de s'en sortir, comme les autres.
Roman choral maîtrisé à la façon d'un chant poétique et humaniste. Là d'où je viens a disparu se lit de façon énigmatique, ne connaissant pas toujours les tenants et les aboutissants, Guillaume Poix nous entraîne sur la route de tous les migrants, en quête d'un Eldorado souvent insaisissable, d'un ailleurs meilleur à cause d'un ici qui n'est plus.
Là d'où je viens a disparu, un roman saisissant et nécessaire.
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alexb27
  11 septembre 2020
D'Afrique, d'Amérique, d'Europe, tous les personnages de ce roman, d'âge et de condition différente, rêvent d'ailleurs .
Litzy, salvadorienne clandestine, a un fils né aux Etats-Unis mais se languit de son pays.
En Amérique du Sud, Marta, a deux fils Luis et Fabio qui n'ont qu'un seul souhait : partir. Tout comme Angie, qui de Somalie, aspire à venir en Europe...
Mais la route est longue pour atteindre l'eldorado et les sacrifices nombreux pour ceux qui partent, pour ceux qui restent et pour ceux qui arrivent (quand ils arrivent car parfois d'autres hommes se dressent sur leurs chemins...)
Récit choral, là d'où je viens a disparu est un très beau texte à la construction atypique, qui mélange lieux, époques, personnages. Tout en relatant le sort et la détresse des migrants, Guillaume Poix questionne également habilement les notions de filiation et de transmission.
Inspiré de faits réels, un roman politique, poignant, profondément humain.
Un ❤️ lu dans le cadre du prix Fnac.
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Zephirine
  18 septembre 2020
Sarah, Litzy, Eva et Luis, ou encore Angie, tous ont en commun d'avoir voulu un jour quitter leur pays pour en rejoindre un autre qui ressemblait à l'Eldorado. Ils ont fui l'extrême pauvreté, la pression des gangs ou la privation de liberté, quitté leur famille sans espoir de retour pour une vie meilleure, croyaient-ils.
Dans cet émouvant roman choral, on suit le destin de ces exilés, ces clandestins, dont les vies minuscules nous sont contées par bribes par leurs proches. Parti de faits divers, Guillaume Poix a su tisser les destinées de ces migrants. Peu à peu, l'histoire se resserre, on découvre des filiations, des recoupements dans l'histoire de chacun et ces récits multiples n'en font qu'un, celui de la tragédie des tous ces hommes, ces femmes qui risquent leur vie pour une existence décente. On assiste à l'éclatement des familles, au manque créé par l'absence. On découvre aussi la face sombre de ceux qui militent contre la venue des migrants, comme Jérémy dont l'engagement met en péril l'équilibre de sa famille.
La construction du roman est comme un puzzle qui révèle au final l'ampleur de la tragédie. On peut s'y perdre au début mais, très vite, on se glisse dans l'existence de ces personnages, on tremble, on s'inquiète avec eux, on s'insurge comme eux.
Au-delà du roman se posent des questions d'actualité et, à notre tour, on se souvient de ces photos bouleversantes, de ces faits divers lus ou vus dans les médias.
Je ne connaissais pas l'auteur, Guillaume Poix et cette lecture est une belle découverte.
J'ai été touchée et conquise par ce roman magistralement orchestré et profondément humain,
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VincentGloeckler
  06 août 2020
« On pourrait déployer toute une fiction autour des faits sèchement énoncés, imaginer les voyages et les péripéties, tracer les destins, combler les trous… » (Là d'où je viens a disparu, p. 188), cette pensée d'Hélène, l'une des protagonistes du dernier récit de Guillaume Poix, semble refléter, comme une habile mise en abyme, la composition de l'oeuvre. Si les romans de l'auteur, comme certaines de ses pièces de théâtre, sont à chaque fois le territoire d'un questionnement politique et dérangeant sur le devenir d'une humanité sinistrée, chacun de ces textes invente une forme nouvelle, ajustée à son propos. On se souvient des Fils conducteurs, de l'émotion suscitée par cette histoire de gamins, isolés sur un minuscule point du globe, une décharge africaine sur laquelle ils survivent et meurent en démontant les déchets de notre civilisation numérique, tout le drame de la mondialisation concentré sur quelques arpents d'enfer. Et l'on se souvient que la grande puissance de ce récit repose, en particulier, sur la langue originale et expressive de ces enfants, le rythme et les accidents d'un dialogue qui traduit toute la violence dont ils sont acteurs ou victimes. Dans Là d'où je viens a disparu, les unités de temps et de lieu éclatent, des vies et des voix se déploient et se répondent, entre Somalie, France, Salvador et Etats-Unis, aux quatre coins du monde, pour évoquer des existences d'exilés, en mal de leurs racines, de leurs enfants ou de leurs parents, la solidarité ou la haine qu'ils rencontrent, les contradictions aussi de notre regard sur la réalité de ces migrations. Deux photos bien réelles (celle du corps d'un enfant turc, échoué sur une plage, et celle d'un salvadorien et de sa petite fille, noyés lors de leur traversée du Rio Grande) deux photos qui, grâce aux médias et aux réseaux sociaux, ont fait le tour de la planète, alertant sur les drames de l'exil mais suscitant aussi beaucoup de commentaires hostiles, inspirent au début et à la fin la trame romanesque, tandis que les récentes actions belliqueuses et anti-migratoires de groupes identitaires sur les cols des Alpes donnent ailleurs un cadre à l'histoire. de Litzy, une salvadorienne clandestine, employée comme femme de ménage dans un des golfs du futur (et actuel…) président des Etats-Unis, et de sa collègue Sahra, une somalienne spécialiste de la langue italienne et de la poésie de Dante, qui ment à sa soeur restée au pays en prétendant être devenue enseignante à Princeton, à Angie, la « nièce » de Sahra, qui rencontrera le pire dans sa tentative de gagner l'Europe, ou à Marta, la mère et la grand-mère inquiète de deux fils et d'une petite-fille sur les routes de l'exil, chaque personnage exprime avec crudité ou poésie, pudeur ou colère, la vérité de ces vies en perpétuelle menace, des vies qui doivent sans cesse « s'effacer pour exister, pour durer, pour tenir » (p.23). Si le roman se fait ainsi témoignage poignant de la détresse des réfugiés, Guillaume Poix maintient aussi son lecteur en haleine grâce à d'adroits coups de théâtre, et, surtout, c'est là une des plus grandes réussites de ce texte, il nous interpelle avec beaucoup de profondeur quand il montre que, parfois, de la compassion au rejet, de la solidarité à la haine, la bascule semble facile, quand on est partagé, par exemple, entre l'amour pour un fils et l'incompréhension que l'on éprouve face à ses engagements. « Là d'où je viens a disparu », le titre, dès lors, semble moins faire référence à ce lieu de départ de l'exil, qui continue à exister et où plusieurs personnages du récit reviennent, vivants ou morts, qu'à ce territoire commun des hommes, ce coeur fraternel de l'humanité, partagé aussi bien par l'auteur que par son lecteur, cette origine de notre conscience qui ne sera peut-être plus bientôt qu'un souvenir… Merci, Guillaume Poix, de nous l'avoir rappelé, avec autant d'efficacité que de poésie !
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Ellanamamanda
  06 septembre 2020
Difficile d'écrire une critique sur ce roman qui donne la parole aux exilés : à ceux qui ont réussi à atteindre une terre d'accueil et à ceux qui sont morts avant ou pendant leur traversée, mais aussi à ceux pour qui l'exil n'est plus possible : les trop vieux, trop faibles, ceux qui ont des proches sur qui veiller et qui subiraient des représailles, ceux qui ont dû commettre des crimes sous peine d'être tués à leur tour et qui seraient immédiatement retrouvés et assassinés s'ils posaient un pied de l'autre côté de la frontière…
Là d'où je viens a disparu est un roman poignant qui ne tombe pas dans le pathos ; c'est un roman violent qui réussit à mêler les rêves des exilés et leur quotidien de misère, famine, esclavage et angoisses. Se cacher pour fuir, mentir, recevoir des coups, courir beaucoup, manger très peu, et une fois arrivé : demander des papiers, attendre, attendre encore, se cacher encore, vivre une existence clandestine, mentir aux proches restés là-bas et leur faire croire qu'on n'aura pas fait tout ça « pour rien ».
Inspiré de faits réels, on suit différents personnages au Salvador, en Somalie, en France et aux Etats-Unis dans leur quête d'un monde meilleur. Ce roman choral étant organisé chronologiquement, chaque personnage a la parole tour à tour et on suit ces différents exodes, petites gouttes d'eau face à la mer de toutes les personnes exilées : en 2020, une personne est déplacée de force toutes les deux secondes à la suite d'un conflit ou d'une persécution.
C'est un roman profondément politique qui nomme l'innommable et donne un nom, un visage, une histoire à ceux et celles qu'on mettra à l'écart de nos sociétés dans des camps, ou qu'on laissera périr en mer ou entassés dans des camions. Il aborde également la question de la responsabilité des non-exilés qui jouent chacun un rôle, conscient ou non : celles et ceux qui s'engagent dans des associations pour aider ou héberger des réfugié-es, celles et ceux qui baissent la tête et ne font rien, pensant que ça n'est pas de leur ressort, et celles et ceux qui, au contraire, vont tout faire pour empêcher les réfugiés de traverser la frontière et d'arriver chez eux.
J'ai aimé que Guillaume Poix s'intéresse également aux femmes réfugiées, souvent oubliées par les médias – sauf quand il est question de rappeler leur absence, pour raviver la peur des lecteurs. J'ai pu découvrir dans ce roman la poétesse somalie Warsan Shire (née au Kenya et ayant vécu au Royaume-Uni), autrice du poème « Home » dont voici quelques mots :
« no one leaves home unless
home is the mouth of a shark »
Pour finir, Là d'où je viens a disparu est non seulement un excellent roman par le fond mais également par la forme : j'ai beaucoup aimé les longues phrases ponctuées de virgules qui nous font dévorer le roman encore plus vite, le style très fluide, la poésie/les chansons/les extraits d'émission intercalés au récit mais aussi un vrai sens du romanesque avec du suspens et retournements de situation inattendus, dûs à une narration malicieuse qui omet certaines informations ! de plus, le fait que ce roman soit dur, émouvant, mais ni gore ni angoissant le rend tout à fait adapté pour un public large, personnes sensibles ou adolescent-es qui chercheraient un roman profondément humain pour expliquer la détresse des réfugiés.
Merci à Babelio et aux éditions Verticales pour l'envoi de ce livre !
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critiques presse (1)
LesInrocks   16 septembre 2020
Les hommes et les femmes inoubliables qui peuplent son nouveau roman sont habituellement des composantes anonymes du terme “ crise migratoire”.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
ZephirineZephirine   18 septembre 2020
Luis ne parle jamais de son frère. Il n'a presque pas réagi quand je lui ai fait lire la lettre envoyée des États-Unis, il s'est contenté d'un tant mieux pour lui, il est allé chercher le briquet, l'a posé sur la table sans un regard puis il est sorti voir un match.
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ZephirineZephirine   18 septembre 2020
J'ai pris des trains des bus et ce soir je vais marcher. On m'a donné un sac à dos. Une couverture, de l'eau, à manger. Toujours les mêmes dons. J'attends la nuit. Je ne regarde personne. Je ne parle plus. Les mots restent coincés. Trois kilomètres, ce n'est rien. Fatigue. Fatigue.
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ninachevalierninachevalier   17 septembre 2020
En m'attaquant aux vitres, je me perds sur l'un des étangs du golf. La vue est splendide. Le paysage se reflète dans les nappes irisées de l'eau stagnante, calme, épaisse. Ils ne sont pas sécurisés, ces étangs,n'importe quel enfant peut approcher. Plonger, nager.
Couler.
Zach sait nager, je me répète, calme-toi, Zach sait nager, il ne lui arrivera rien, Dieu se souviendra de lui.
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ninachevalierninachevalier   16 septembre 2020
Est-ce qu'il faut se battre éternellement avec un enfant pour qu'il consente à obéir? J'ai l'impression de répéter mille choses chaque jour, les mêmes recommandations, en boucle, l'impression d'être une harpie qui harcèle son fils pour qu'il mette le couvert, qu'il range sa chambre, je passe la journée à japper, je sens que je me raidis, qu'à l'intérieur de moi quelque chose se dessèche. Quand je regarde dans la glace, je me trouve laide.
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ninachevalierninachevalier   16 septembre 2020
Chantal a placardé sur les murs du local de l'association un poème déniché sur Mediapart. Une poétesse de Somalie.

Personne ne quitte sa maison à moins
Que sa maison ne soit devenue la gueule d'un requin

Mais c'était quand, la famine en Somalie? Hélène avait dû faire un don pour envoyer du riz là-bas.

Personne ne pousse ses enfants sur un bateau
A moins que l'eau ne soit plus sûre que la terre ferme
+ Lire la suite
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Videos de Guillaume Poix (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Guillaume Poix
Maison de la poésie (4 juin 2019) - Texte et Lecture de Alban Lefranc, extrait du Dictionnaire des mots parfaits (dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet, éd. Thierry Marchaisse, parution mai 2019).
Le Dictionnaire des mots parfaits :
Pourquoi certains mots nous plaisent-ils tant ? S?adressant à notre sensibilité, à notre mémoire ou à notre intelligence du monde, ils nous semblent? parfaits. Bien sûr, parfait, aucun mot ne l?est ? ou alors tous le sont. Pourtant, chacun de nous transporte un lexique intime, composé de quelques vocables particulièrement aimés. Après ceux consacrés aux mots manquants et aux mots en trop, ce troisième dictionnaire iconoclaste invite une cinquantaine d?écrivains à partager leurs mots préférés. Il vient parachever une grande aventure collective où la littérature d?aujourd?hui nous ouvre ses ateliers secrets.
Auteurs : Nathalie Azoulai, Dominique Barbéris, Marcel Bénabou, Jean-Marie Blas de Roblès, François Bordes, Lucile Bordes, Geneviève Brisac, Belinda Cannone, Béatrice Commengé, Pascal Commère, Seyhmus Dagtekin, Jacques Damade, François Debluë, Frédérique Deghelt, Jean-Michel Delacomptée, Jean-Philippe Domecq, Suzanne Doppelt, Max Dorra, Christian Doumet, Renaud Ego, Pierrette Fleutiaux, Hélène Frappat, Philippe Garnier, Simonetta Greggio, Jacques Jouet, Pierre Jourde, Cécile Ladjali, Marie-Hélène Lafon, Frank Lanot, Bertrand Leclair, Alban Lefranc, Sylvie Lemonnier, Arrigo Lessana, Alain Leygonie, Jean-Pierre Martin, Nicolas Mathieu, Jérôme Meizoz, Gilles Ortlieb, Véronique Ovaldé, Guillaume Poix, Didier Pourquery, Christophe Pradeau, Henri Raynal, Philippe Renonçay, Pascale Roze, Jean-Baptiste de Seynes, François Taillandier, Yoann Thommerel, Laurence Werner David, Julie Wolkenstein, Valérie Zenatti
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