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ISBN : 2330078978
Éditeur : Actes Sud (03/05/2017)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 15 notes)
Résumé :
L'Allemagne nazie a sa légende. On y voit une armée rapide, moderne, dont le triomphe parait inexorable. Mais si au fondement de ses premiers exploits se découvraient plutôt des marchandages, de vulgaires combinaisons d'intérêts ? Et si les glorieuses images de la Wehrmacht entrant triomphalement en Autriche dissimulaient un immense embouteillage de panzers ? Une simple panne ! Une démonstration magistrale et grinçante des coulisses de l'Anschluss par l'auteur de «T... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Merik
15 juin 2017
Focus sur l'Anschluss.
Dans ce court récit historique, Eric Vuillard nous fait pénétrer dans les coulisses de l'annexion autrichienne. De la réunion des industriels allemands complices financeurs d'Hitler à la marche pour le moins chaotique des blindés, on se prend pour une petite souris, témoin apeurée par cette horde de Sapiens tyranniques, bluffeurs et cyniques. La disproportion entre les ressorts et les conséquences historiques fait frémir.
Les scènes se succèdent comme autant de chapitres :
- Duel de dictateurs entre Hitler et Schuschnigg, et c'est celui qui en impose le plus qui écrase l'autre. Le chancelier autrichien obtempère.
- Grain de sable dans la mécanique des panzer qui ridiculise l'invasion du voisin autrichien.
- Lâcheté des politiques européens, manipulés et aveugles, ....
Toutes plus édifiantes les unes que les autres, elles sont enrobées dans une narration qui prend une distance désabusée, teintée d'ironie, justifiée par une documentation riche.
Et puis l'écrit historique ne manque pas de faire son job de résonance, il dessine en filigrane les silhouettes des brutes qui animent encore notre vie politique.
Sans être un spécialiste d'histoire, loin de là, j'ai beaucoup apprécié ce récit.
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tynn
15 juin 2017
Et l'Allemagne envahit l'Autriche...ou plus précisément, l'Autriche invita l'Allemagne à passer ses frontières...
Quelques personnages tristement célèbres dansent sur la partition politique du nazisme: voici le bal tragi-comique que nous offre Eric Vuillard, avec ce ton si particulier, amusant et ironique, pincé et vitriolé, nous faisant revisiter L Histoire avec son aisance littéraire.

L'Autriche, son petit dictateur chancelier, son président potiche, son déni de démocratie: une gourmandise pour l'appétit d'ogre d'Hitler, qui tient néanmoins à faire les choses dans les règles pour ne pas effrayer la communauté internationale qui somnole. L'affaire est rondement menée: jeux de chaises musicales de postes politiques, mise aux pas des récalcitrants, flonflons et embouteillages aux frontières, voyage touristique du Führer. C'est la fête! le Blitzkrieg du 12 mars 1938.
S'invitent dans le décor du temps des digressions pour un peintre par-ci, un musicien par-là, un joueur de tennis, un dîner anglais et une recette de tarte au shion...
"Lorsque l'humour incline à tant de noirceur, il dit la vérité".
Un petit livre jubilatoire qui se clôt néanmoins sur la face hideuse des événements et l'hommage aux innombrables victimes. Une pédagogie à creuser pour distiller les faits historiques.
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alainmartinez
02 juin 2017
Durant cette période d'internationaux de France de Roland-Garros, pas beaucoup de temps pour la lecture. Par chance Éric Vuillard nous propose un livre très court de 160 pages. Juste ce qu'il faut pour ne pas louper les balles de match de Nadal, Murray, Djokovic et les autres.
Dans « L'ordre du jour » Eric Vuillard nous fait vivre ce qui à son avis sont les prémices de la Seconde Guerre mondiale juste avant l'Anschluss de mars 1938 et les revendications allemandes sur la région tchèque des Sudètes
L'auteur nous fait vivre ces quelques jours qui ont précédé l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazis. Bien loin de l'histoire officielle « L'ordre du jour » nous fait pénétrer dans ces petits détails insignifiants mais qui fait l'histoire. L'attitude des dirigeants autrichiens. le diner offert par Chamberlain, le Premier ministre Anglais, à Ribbentrop alors que les troupes nazies envahissent l'Autriche. La glorieuse Wehrmacht en panne d'essence.
Eric Vuillard nous rappelle les noms de ceux qui ont soutenu et financé le début du nazisme, les Gustav Krupp, Wilhelm von Opel, BASF, Agfa, Bayer, Opel, IG Farben, Telefunken, Siemens, Allianz, ces sociétés que nous connaissons encore aujourd'hui et qui utilisèrent les déportés des camps de la mort, de Dachau à Auschwitz.
Eric Vuillard a l'art pour raconter. C'est condensé mais tout y est. Il nous rappelle surtout que l'établissement de tout régime autoritaire n'est autre que le fruit de l'indifférence.
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hcdahlem
23 juin 2017
Comment la Seconde guerre mondiale a-t-elle été rendue possible ? Quelles circonstances particulières ont présidé à l'avènement de cette tragédie ? Quels ont été les premiers acteurs de ce drame et qu'en savaient-ils ? Autant de questions auxquelles Éric Vuillard répond dans ce court mais passionnant récit, utilisant pour cela la même approche que dans 14 juillet, c'est-à-dire au niveau des personnes, des acteurs qui se voient soudain confrontés à une situation exceptionnelle, à des choix aux conséquences terribles.
Tout commence par la convocation à Berlin le 20 février 1933 de la fine fleur de l'industrie et de la finesse. À l'invitation de Göring, les grands patrons sont venus au Reichstag écouter Adolf Hitler leur présenter son programme en vue des élections du cinq mars. Et le moins que l'on puisse dire c'est que ses propositions trouvent une oreille attentive chez ses messieurs «très respectables». L'État fort, l'éradication des syndicats et des marxistes obtiennent leur adhésion. Si bien que, séance tenante, ils rassemblent quelque 3 millions de Reichsmark qui vont assurer la victoire du chancelier à la petite moustache et à la mèche rebelle.
C'est le début d'un engrenage qui va petit à petit réussir à tout broyer sur son passage. Une fois l'économie allemande sous la botte, il fallait s'attaquer aux puissances étrangères. Après les visites de courtoisie et la «politique d'apaisement», les choses sérieuses peuvent commencer. Sans que les chancelleries européennes ne s'en émeuvent outre-mesure, les exactions se font plus violentes, les discours plus haineux et la menace plus précise. Lorsque le 12 février 1938 le chancelier autrichien arrive à Berchtesgaden, il n'est plus question que de lui faire rendre les armes. Face à l'ultimatum, les manoeuvres de Kurt von Schuschnigg pour tenter d'adoucir les clauses les plus dures du traité qu'on lui soumet tournent vite au dérisoire. Beethoven ne viendra pas plus à son secours que le Droit international. C'est la tête basse qu'il reprend le chemin de Vienne. Après un timide «oui», il va soumettre la capitulation au Président de la République. Mais Hitler s'impatiente et n'attendra pas l'accord formel de son voisin pour envahit le pays et déclarer l'Anschluss.
Le voyage soi-disant triomphal de Hitler dans son pays natal est l'un des événements les plus cocasses et les plus éclairants de ce livre. Parce que la réalité est à mille lieues de la version officielle qui fait encore trop souvent autorité. « Car ce sont des films que l'on regarde, ce sont des films d'information ou de propagande qui nous présentent cette histoire, ce sont eux qui ont fabriqué notre connaissance intime ; et tout ce que nous pensons est soumis à ce fond de toile homogène. Nous ne pourrons jamais savoir. On ne sait plus qui parle. »
Éric Vuillard réussit par l'entremise de ce court récit une oeuvre d'autant plus salutaire qu'elle est portée par une volonté de faire parler les faits plutôt que les idéologies, de scruter les photos et les expressions des visages plutôt que les discours – c'est particulièrement bien réussi avec la rencontre de Daladier et Chamberlain – de retrouver dans les écrits intimes les sentiments que l'on voulait cacher sur le moment. Mais aussi, et c'est là encore une vraie prouesse, de chercher la marque de l'infamie dans ce qui n'est pas dit, pas écrit. En cherchant par exemple dans la brochure de présentation de l'histoire du groupe Thyssen-Krupp quel rôle a pu, par exemple, jouer Gustav Krupp. Vous savez, l'un de ces 24 «messieurs respectables». Si respectable !
Lien : https://collectiondelivres.w..
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som
26 juin 2017
La couverture nous donne à voir un portrait en pied et en noir et blanc de Gustav Krupp von Bohlen und Halbach. Ce magnat de l'industrie allemande porte beau : un habit trois pièces, un chapeau melon, des chaussures bien vernies. Un léger sourire fait contre poids à un regard où se lit détermination et fermeté. Mais sous ces dehors aristocratiques se dissimule un criminel de guerre qui a contribué à l'édification du régime nazi en lui apportant une assise financière et technologique, tout en exploitant jusqu'à la mort ses prisonniers.
En moins de 150 pages, à l'aide d'une composition aussi virtuose qu'intellligente, Eric Vuillard déconstruit le mécanisme d'un système politique, industriel et financier qui embarque tout le monde sur son passage, pour mieux en dénoncer la puissance et la violence. Sa plume ramassée, concise donne de la distance et une réelle force au récit alors que ses interrogations et de rares envolées lyriques introduisent une dimension réflexive vis-à-vis de l'horreur en marche.
Le plus effrayant reste que ce dispositif des 1930 demeure peu ou prou terriblement actif de nos jours. Récit effroyable sur le fond, étincelant sur la forme qui sonne comme un avertissement. On est prévenu.
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Les critiques presse (6)
Telerama28 juin 2017
La démonstration d'Eric Vuillard est limpide, cinglante, implacable.
Lire la critique sur le site : Telerama
LaPresse21 juin 2017
Puissant récit qui se lit d'une traite, avec stupeur et effroi.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeMonde26 mai 2017
Dans « L’Ordre du jour », Eric Vuillard se glisse dans les coulisses de l’Histoire avant l’Anschluss, en 1938. Et y entrevoit de sordides vérités.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Lexpress22 mai 2017
Un récit bref et saisissant dans la lignée des précédents travaux de l'auteur, aimant décrire les coulisses de l'Histoire.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Bibliobs11 mai 2017
Dans "l'Ordre du jour", l'excellent Eric Vuillard raconte les coulisses de l'Anschluss, et nous enseigne que la politesse peut aussi être un piège.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaCroix05 mai 2017
Décrivant des scènes fondatrices ainsi que la mécanique politique et psychologique portée par Hitler, Éric Vuillard montre l’enchaînement qui a mené à la dictature nazie.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
somsom26 juin 2017
p. 150 On ne tombe jamais deux fois dans le même abîme. Mais on tombe toujours de la même manière, dans un mélange de ridicule et d’effroi. Et on voudrait tant ne plus tomber qu’on s’arc-boute, on hurle. A coup de talon, on nous brise les doigts, à coup de bec on nous casse les dents, on nous ronge les yeux. L’abîme est bordé de hautes demeures. Et l’Histoire est là, déesse raisonnable, statue figée au milieu de la place des Fêtes, avec pour tribut, une fois l’an, des gerbes séchées de pivoines, et, en guise de pourboire, chaque jour, du pain pour les oiseaux.
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somsom26 juin 2017
p. 76 Quand tu discutes avec un adversaire, essaie de te glisser dans sa peau
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chartelchartel20 juin 2017
Il faut se souvenir qu'à cet instant la Blitzkrieg n'est rien. Elle n'est qu'un embouteillage de panzers. Elle n'est qu'une gigantesque panne de moteur sur les nationales autrichiennes, elle n'est rien d'autre que la fureur des hommes, un mot venu plus tard comme un coup de poker. Et ce qui étonne dans cette guerre, c'est la réussite inouïe du culot, dont on doit retenir une chose: le monde cède au bluff. Même le monde le plus sérieux, le plus rigide, même le vieil ordre, s'il ne cède jamais à l'exigence de justice, s'il ne plie jamais devant le peuple qui s'insurge, plie devant le bluff.
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MerikMerik14 juin 2017
[...] Sûr qu'il en connaissait un bout en sciences politiques, lui qui avait su dire non à toutes les libertés publiques. Aussi, une fois passée la petite minute d'hésitation - tandis qu'une meute de nazis pénètre dans la chancellerie-, Schuschnigg l'intransigeant, l'homme du non, la négation faite dictateur, se tourne vers l'Allemagne, la voix étranglée, le museau rouge, l'oeil humide, et prononce un faible "oui".
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Charybde2Charybde201 mai 2017
Et d’heure en heure, Goering dicte son ordre du jour. Pas à pas. Et dans la brièveté des répliques, on entend le ton impérieux, le mépris. Le côté mafieux de cette affaire saute soudain aux yeux. À peine vingt minutes après la scène que nous venons de lire, Seyss-Inquart rappelle. Goering lui ordonne de retourner voir Miklas et de bien lui faire comprendre que s’il ne le nomme pas chancelier avant dix-neuf heures trente une invasion peut fondre sur l’Autriche. On est bien loin de la gentille conversation entre Goering et Ribbentrop à l’intention des espions anglais, bien loin des libérateurs de l’Autriche. Mais une chose encore doit retenir l’attention : c’est l’expression qu’emploie Goering, cette menace de fondre sur l’Autriche. On lui colle aussitôt des images terrifiantes. Mais il faut rembobiner le fil pour bien comprendre, il faut oublier ce que l’on croit savoir, il faut oublier la guerre, il faut se défaire des actualités de l’époque, des montages de Goebbels, de toute sa propagande. Il faut se souvenir qu’à cet instant la Blitzkrieg n’est rien. Elle n’est qu’un embouteillage de panzers. Elle n’est qu’une gigantesque panne de moteur sur les nationales autrichiennes, elle n’est rien d’autre que la fureur des hommes, un mot venu plus tard comme un coup de poker. Et ce qui étonne dans cette guerre, c’est la réussite inouïe du culot, dont on doit retenir une chose : le monde cède au bluff. Même le monde le plus sérieux, le plus rigide, même le vieil ordre, s’il ne cède jamais à l’exigence de justice, s’il ne plie jamais devant le peuple qui s’insurge, plie devant le bluff.
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Videos de Eric Vuillard (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eric Vuillard
Histoire ou fiction ? - 38ème édition du Livre sur la place Qui détient la vérité ? Les historiens ou les romanciers ? Peut-être les deux. Au cœur de la Révolution, quatre auteurs ont leur version des faits. Eric Vuillard 14 juillet (Actes Sud), Franz-Olivier Giesbert L’Arracheuse de dents (Gallimard), Emmanuel de Waresquiel Juger la reine. 14-15-16 octobre 1793 (Tallandier), Christine Orban Charmer, s’égarer et mourir (Albin Michel) Animé par Florence Bouchy
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