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EAN : 9782330032142
432 pages
Éditeur : Actes Sud (01/10/2014)

Note moyenne : 4.37/5 (sur 49 notes)
Résumé :
Dick Summers, un des héros de La Captive aux yeux clairs, guide en 1845 un convoi de pionniers vers l'Oregon. Cette fresque intense et hyperréaliste nous fait vivre de l'intérieur l'aventure dramatique, passionnante et humaine d'hommes et de femmes qui abandonnent tout dans l'espoir de découvrir un monde meilleur. Sans bien se rendre compte des dangers qu'ils vont devoir affronter.
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
  08 novembre 2016
Deuxième tome de la trilogie Big Sky, mais troisième lecture pour moi.
J'ai moins apprécié ce tome que les deux autres, et je suis contente de l'avoir lu en dernier finalement, parce que sinon je n'aurais pas lu Un Si Beau Pays.
L'écriture est toujours aussi lyrique, les paysages de l'Ouest des Etats-Unis, grandioses et immenses, et les attitudes finement décrites, on sent la très grande sensibilité de Guthrie et son immense empathie, son talent à se mettre dans la peau d'un autre.
Mais ce que je reproche à ce roman, et qui était moins marqué dans les deux autres, c'est ce manichéisme assez fort qui existe ici: le courage, la bravoure, la sagesse, la bonté et la spiritualité d'un happy few contre l'ignorance, la lâcheté et la bêtise, pour ne pas dire la méchanceté des autres, jusqu'à en rendre Lije Evans, sa famille et Dick Summers limite agaçants.
J'ai aussi regretté ce qui faisait la force et la beauté des deux autres tomes: les Indiens, vus ici par les immigrants, comme des étrangers, des sauvages, alors que dans Un Si Beau Pays en particulier, on vit avec eux.
Il y a d'ailleurs 33 ans qui séparent les deux tomes, et là où La Route de L'Ouest et presque un hymne à l'Amérique, sa liberté et sa colonisation, Un Si Beau Pays est tout le contraire, une critique acerbe et nostalgique de ce massacre.
Malgré ça, j'ai aimé suivre ces familles parties pour une vie meilleure, prête à affronter tous les dangers et un pays hostile dans l'espoir de pouvoir bâtir une petite maison et de cultiver des terres dans l'Oregon.
Bref, un bilan mitigé, mais une écriture souvent magnifique.
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Woland
  17 septembre 2017
Etoiles Notabénistes : ******
The Way West
Traduction (revue pour la présente édition) : Jacques Dilly
Postface : Bertrand Tavernier
ISBN : 9782330078843
De ce second tome de la fresque consacrée par A. B. Guthrie à l'Histoire de son pays, Hollywood, toujours aussi incorrigible, a tiré un film, sorti en 1967, où Robert Mitchum, remarquable comme à l'accoutumée, campe un Dick Summers plus vrai que nature face à un Richard Widmark qui assure dans le rôle de Lije Evans et d'un Kirk Douglas pour une fois utilisé à contre-emploi dans le rôle, infiniment moins sympathique, de Tadlock. le réalisateur, Andrew V. McLaglen, respectable vétéran du western filmé, assure hélas ! une mise en scène sans imagination ni surprise qui, comme vous l'explique Tavernier dans sa postface, eût certainement gagné à plus de virtuosité.
En effet, si "La Captive Aux Yeux Clairs" est un roman lyrique, contemplatif et, en quelque sorte, introverti, une sorte d'immense et lente promenade dans un pays où l'homme commence à peine à se hasarder et plus proche de l'"Atala" de notre bien-aimé et si romantique Chateaubriand que de la course déjà effrénée, bien que muette, de "The Great Train Robbery" de Porter et McCutcheon, sorti en salle en 1903, "La Route Vers l'Ouest", second tome de la saga "The Big Sky", marque en quelque sorte avec solennité la fin de l'ère des "mountain men" au bénéfice de celle des colons et pionniers, cahotant à hue et à dia dans leurs chariots à la silhouette si reconnaissable, entoilés de capotes initialement blanches mais qui finissaient à fin de l'étape couvertes de poussière grise ou carrément noires.
Le convoi que Guthrie choisit de nous dépeindre part du Missouri pour rejoindre l'Oregon et nous n'y connaîtrions absolument personne si le commanditaire, un certain Tadlock, Yankee fortuné et aussi arriviste que déterminé, qui possède en outre un important troupeau de bétail à convoyer, ne tenait à tout prix à arriver bon premier sur les nouvelles terres pourtant si lointaines ("les premiers arrivés seront les mieux servis," assure-t-il avant autant de réalisme que de cynisme) et, pour ce faire, n'engageait comme guide un vieil ami à nous, Dick Summers.
Summers se retrouve tout juste veuf de sa Mattie auprès de laquelle, nous l'avions appris à la fin du tome I, il avait décidé de se faire fermier et de se ranger en quelque sorte des voitures. Mais cette vie sédentaire ne lui avait jamais convenu et il n'avait jamais cessé de rêver à son passé de coureur des prairies. Maintenant que les fièvres lui ont enlevé Mattie, rien ni personne ne le retient au Missouri et, bien qu'il n'apprécie guère l'arrogance et les manières de petit chef de Tadlock, il accepte finalement de guider le convoi, baptisé "Va Pour l'Oregon". Après tout, il n'a que quarante-neuf ans et, puisque la vie de fermier et le mariage paisible et conformiste semblent le repousser vers ses anciennes amours, il en conclut que, pourquoi pas ? oui, pourquoi ne reprendrait-il pas sa vie sans entraves de coureur de pistes ?
D'autant que, dans ce convoi qui réunit des personnalités évidemment très éclectiques, il se prend d'une vive sympathie pour Lije Evans, toujours heureux de vivre et toujours pétri d'optimisme, en qui il pressent d'ailleurs une âme de chef et un sens des responsabilités hors normes. Avec Lije, partent sa femme, Rebecca, une femme faite sur le même moule, et leur jeune fils de dix-sept ans, Brownie, sans oublier leur vieux chien fidèle, Rock. Il y a aussi le couple Fairman, issu de Virginie et nanti d'un beau petit garçon de cinq ans, Tod, dont ils espèrent, en l'emmenant avec eux sous le climat plus dur mais aussi plus sain de l'Oregon, raffermir la santé fragile, perpétuellement rongée par ces fièvres qui ont fini par avoir la peau de Mattie. Et puis les Byrds, un couple jeune et de parfaite famille, Yankee celle-là (c'est-à-dire venant probablement de la Nouvelle-Angleterre), traînant derrière eux une ribambelle de neuf enfants ; l'inénarrable Higgins, surnommé "Hig", espèce d'épouvantail à moineaux au visage aussi plissé que celui de Popeye le Marin, d'excellente composition et toujours prêt à réparer avec talent n'importe quoi et à donner un coup de main là où c'est nécessaire ; les Macks, Curtis et Amanda, dont le moins que l'on puisse dire est qu'ils ne mènent pas une vie amoureuse et sexuelle parfaite bien que, malgré ses errements provoqués par l'attitude de sa femme, Curtis ne soit pas le mauvais homme et voue à son épouse un amour authentique ; et puis toute la smalah des McBee, le père dont on aperçoit à peine le visage dissimulé sous une barbe crasseuse, la mère qui se lamente et vitupère sans cesse et qui, selon certains, dont Evans, pourtant charitable de nature, a tout de la grosse araignée venimeuse sauf, peut-être, l'intelligence, et leur flopée d'enfants éternellement mal peignés, mal lavés et mal tenus, dont on ne retiendra qu'un nom, celui de leur aînée, une fort jolie créature de quinze ans, Mercy, dont chacun se demande comment elle a pu naître de ces deux horreurs que sont ses parents.
Vient aussi la bande de célibataires habituels : Daugherty l'Irlandais, Patch, et pas mal d'autres, et, au milieu de tout cela, "pris en charge" sur le plan matériel par Dick Summers, lequel, rappelons-nous-le, est capable de trouver du gibier à peu près n'importe où, un pasteur méthodiste (je crois), le frère Weatherby. Au début, le lecteur considère ce brave homme avec une certaine méfiance. Mais, peu à peu, Weatherby se révèlera un compagnon sur lequel on peut compter, qui, jamais, ne rechigne à la besogne et se préoccupe avec sincérité des souffrances de l'Âme, fût-ce celle des Indiens rencontrés.
Au sujet des Indiens justement, seule une troupe de Sioux, partis on ne sait trop pourquoi sur le sentier de la guerre, sera la seule à nous inquiéter un tant soit peu, lorsqu'ils s'en prendront à un Brownie Evans volontairement resté en arrière du convoi afin de graver sur une certaine montagne son nom et celui de la jeune fille avec laquelle il souhaite former un couple aussi solide que celui de ses parents. Fort heureusement, cette Providence ambulante qu'est Summers arrivera à temps pour redresser la situation. A moins qu'ils ne soient sous l'empire de l'Eau de Feu, les Indiens, fussent-ils de la noble nation sioux, ne refusent jamais le dialogue. Et ce taiseux de Dick sait bien discourir avec eux. Surtout, il n'a rien perdu de son charisme qui en impose tant aux Blancs qu'aux Indiens.
Le chemin emprunté par le convoi couvre à peu près deux mille kilomètres. Si les routes sont d'accès facile, tant mieux. Sinon, il faut faire avec. Tant mieux aussi s'il y a de la nourriture pour les humains comme pour les boeufs et les chevaux, et tant mieux encore si la Soif ne rôde pas. Si, au contraire, la Famine et la Soif profilent à l'horizon leurs silhouettes étiques, on est trop heureux de se rabattre sur le poisson - quand il y en a - ou d'accélérer l'allure même s'il faut, pour traverser un désert qui brûle le jour, ne rouler que de nuit et y épuiser ses forces.
Et puis, il y a les impondérables : les accidents inattendus, les serpents à sonnettes, les chutes éventuelles sur des pentes traîtresses et, planant bien-haut au-dessus de tout cela, les rivalités entre les hommes. Tadlock, initialement nommé capitaine du convoi, finira par exemple, en raison d'un comportement trop autoritaire, par perdre ses responsabilités au bénéfice d'un Lije Evans plus humain et moins égoïste, bien plus préoccupé de surcroît du bien commun que son prédécesseur, lequel visait surtout à la protection de son troupeau, le plus important du convoi.
Non sans tristesse mais toujours avec cette philosophie dont l'a marqué à jamais sa jeunesse passée dans les Prairies, Summers voit combien le pays a changé. Et il devine combien il est appelé à changer encore et encore. Les souvenirs l'envahissent et la nostalgie de jours qui ne sont plus, parfois, le fait ruminer. Mais il sait bien que ces jours anciens ne reviendront plus et que ce serait d'ailleurs une folie de les faire revenir. le Temps doit s'écouler, autant pour les hommes que pour les terres. Seule justice parfaitement neutre, au même degré que la Mort, le Temps est un régulateur puissant qui fait et défait sans se lasser. Il n'est pas le Destin puisque lui aussi, dans son abstraction, subit son destin qui est de conduire les hommes, leurs civilisations et leurs pays vers le Pays du Grand Esprit, mais nul ne peut le faire plier. Et quiconque a la moindre graine de jugeote au fond de la cervelle sait bien que tenter de lui barrer la route serait folie ...
Si les descriptions de l'Ouest américain, alors en pleine conquête, sont toujours aussi magnifiques sous la plume de Guthrie, l'action est ici infiniment plus rythmée qu'elle ne l'était dans le premier volume. Tout le monde bouge, tout le monde agit, parfois à contre-temps, parfois aussi, hélas ! sous l'impulsion d'une méchanceté gratuite ou encore, tout simplement, d'un désir d'une nuit qui aura des conséquences inattendues sur l'avenir. le silence majestueux et presque pré-biblique qui enveloppait "La Captive aux Yeux Clairs" s'est transformé en un vacarme qui conserve cependant une cohérence certaine. Rien ne se perd, rien ne se crée : cette morale indiscutable, nous la voyons ici à l'oeuvre. Pour le meilleur comme pour le pire.
En résumé, une métamorphose absolue entre ces années 1840 qui s'achèvent et la décennie précédente où tout restait encore à expérimenter et où certains croyaient qu'il y aurait à jamais des castors à foison et des bisons qui chemineraient par milliers dans des plaines appelées à rester inconnues de l'Homme blanc. La civilisation est en marche, une civilisation que le développement exacerbé des technologies, en cette seconde moitié du XIXème siècle que nous abordons, va rendre plus brutale qu'elle n'eût dû l'être. Guthrie nous le laisse entendre mais qu'importe puisque, quoi qu'elle fasse, il se trouvera toujours des Dick Summers pour s'opposer à ses excès et que, tout là-haut, dans l'immensité tranquille de l'espace, les étoiles continuent à s'allumer les unes après les autres ...
Certaines de ces étoiles, dit-on, nous font encore signe alors que, depuis longtemps, elles ont explosé dans l'espace. Cela ne signifie-t-il pas, en définitive, que le Temps n'est qu'une boucle gigantesque et que la vie est éternelle ? ...
Ouvrage lucide, qui courbe parfois ses pages sous le poids des fatigues routinières et des malheurs inattendus, mais récit toujours poétique et qui engage le lecteur à ne jamais cesser d'aller de l'avant pour conquérir sa propre Destinée, et, par là-même, l'accomplir en sa plénitude absolue, "La Route de l'Ouest" prend fièrement sa place dans le convoi littéraire imaginé par l'auteur sous le titre générique de "The Big Sky" et nous incite à attendre, avec patience et curiosité, les autres volumes qui viendront le compléter. A lire absolument. ;o)
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Allantvers
  20 décembre 2014
Suite de "la captive aux yeux clairs", paru simultanément aux éditions Actes Sud dans la collection "l'Ouest, le vrai" dirigée par Mr Bertrand Tavernier himself.
Fi de trappeurs solitaires désormais, nous suivons le long périple d'un convoi de pionniers partant vers la terre promise de l'Oregon trouver une vie meilleure, guidés par l'expérience d'aventurier -trappeur Dick Summers, l'un des héros du tome 1.
La nature est toujours omniprésente dans cet épisode (il y en a en fait quatre autres qui suivent, pas encore traduits) et plus grandiose que jamais.
Mais l'action y est également plus rythmée, autour des nombreux personnages qui composent le convoi et des aventures qu'un tel périple ne manque pas d'amener.
Toujours aussi dense de sens également, A.B. Guthrie explorant avec finesse et acuité les âmes de ses protagonistes et les agissements, motivations, bravoures et lâchetés de cette micro-société humaine en situation extra-ordinaire : les coeurs simples, les petits chefs, les lâches, les braves... Et les femmes, courageuses dans l'abnégation, travailleuses, taisant leurs douleurs!
Un roman extrêmement plaisant à lire, qui nous fait vivre à la fois la nature sauvage et immense de cette traversée de 3000 kilomètres, les espoirs de vie meilleure de ces milliers de pionniers, partis conquérir au milieu du 19ème siècle le "Far West", mais aussi l'impact définitif de cette conquête sur les populations indiennes.
Go west!
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katell
  06 janvier 2021
1843 l'attrait des terres de l'ouest met en mouvement de nombreux convois de pionniers. En 1845 l'appel de l'Oregon fera quitter plusieurs familles leur Missouri natal, sous la férule d'un sénateur dépité par la politique, le rigide et despotique Tadlock.
L'organisation d'un convoi de pionniers est loin d'être une promenade de santé car l'aventure sera longue, hasardeuse et forcément dangereuse. Un chef solide et respecté est essentiel pour superviser la logistique : prévoir des chariots solides, des bêtes de somme efficaces, en bonne santé et courageuses, des couples de boeufs puissants et robustes, des denrées en quantité suffisante pour ne pas craindre la famine, des pièces de rechanges, et pour finir ses biens.
Les plus aisés engagent du personnel pour s'occuper du bétail et des chevaux, les moins riches escomptent sur la chance et la solidarité.
Après le chef, il est indispensable d'engager un guide, un homme pour qui l'ouest est un terrain connu. Cet homme sera le providentiel Dick Summers, un des héros du premier opus du cycle « The big sky », « La captive aux yeux clairs ». Il s'est installé à Independance, dans le Missouri, où il a pris femme et terres. Il jouit d'une solide réputation de pisteur, de « mountain man » et se rend aux arguments de Lije Evans pour accepter de guider le convoi.
Commence alors un périple de plus de trois mille six cents kilomètres à travers des plaines arides, des cours d'eau impétueux et des montagnes escarpées pour ces gens quittant tout pour de multiples raisons qu'elles soient patriotiques – l'Oregon ne doit pas rester aux mains des Anglais – ou personnelles – l'envie d'avoir une vie meilleure ou l'appel de l'aventure -.
Les pionniers deviennent les membres d'une petite communauté et doivent apprendre à vivre ensemble, à être solidaires, à devenir tolérants et à ne pas baisser les bras devant l'immensité du défi.
Longue sera la route jusqu'en Oregon. le convoi laissera derrière lui des tombes, des douleurs, des terreurs et une ribambelle d'objets et de meubles hétéroclites, abandonnés en bord de piste pour alléger les chariots et soulager les attelages bovins.
Nombreuses seront les embûches telles que les rencontres avec des tribus indiennes, pour la plupart exsangues, ou les traversées hasardeuses des rivières au débit vigoureux.
Dick Summers, plus flegmatique que jamais, incarne la figure du cow-boy de la conquête de l'ouest. Expérimenté, rusé et intelligent, il connaît les bienfaits et les dangers d'une nature que le rouleau-compresseur des mouvements pionniers n'a pas encore avilie ni enlaidie. Dick respecte la vie sous toutes ses formes, il ne voit pas les Indiens comme des ennemis : il a vécu parmi eux, il a appris leur langue, il a appris leur culture et leur mode de vie. Plus d'une fois il saura retourner une situation critique en faveur du convoi grâce à son humilité et son humanité.
Summers est un « mountain man » et un solitaire, un « lonesome » cow-boy dont les principes et vertus sont inébranlables… un cheval, un sac de couchage, des provisions, des castors et des bisons, un bon fusil, une bonne action, un bivouac sous les étoiles et l'immensité du ciel, cela suffit à un « moutain man ».

Autant « La captive aux yeux clairs » est un roman de l'intériorité dont les héros perçoivent la beauté des paysages grandioses et savent la regarder, autant « La route de l'ouest » est celui d'une longue pérégrination pour conquérir un nouveau territoire.
« Aucun d'eux ne savaient jouir paisiblement du temps présent. Ils s'acharnaient à vouloir tirer quelque chose de la vie, comme si l'on pouvait la saisir à pleines mains et la modeler à sa convenance à force de calculs et de combinaisons. Ils ne parlaient jamais de castors, ni de whisky, ni de squaws en s'abandonnant à la douceur du soir. Ils ne parlaient que de récoltes, de force hydraulique et de bénéfices, sans accorder autrement d'importance au soleil et au verdoiement des jeunes pousses qu'à un décor vague et imprécis sur le chemin de ce qu'ils voulaient être ou avoir. » (p 80)
Cependant, la nature d'une beauté à couper le souffle est présente dans le roman même si seuls Dick Summers et le lecteur en ont conscience. Cette nature sauvage et altière arrachée aux tribus indiennes par la procession des convois de pionniers puis la construction du chemin de fer.
« La route de l'ouest » est le roman d'une épopée humaine, l'histoire d'hommes et de femmes qui ont décidé de vivre quelque chose de plus grand qu'eux au prix exorbitant de nombreux renoncements.
C'est le roman d'une Amérique qui se construit au pas des attelages brinquebalants, à la sueur et au sang des émigrants et des peuples natifs que le progrès, inexorablement, pousse à la spoliation de leurs terres et à la disparition d'un mode de vie, d'un rapport au monde incompatible avec l'essor d'une Nation.
Un « moutain man » tel que Dick Summers devient, dès lors, aussi anachronique que les tribus indiennes. Ce dernier ne pourra se projeter en Oregon et choisira un chemin de vie qui ne peut que lui ressembler… a lonesome way…. lonesome mais d'une grande richesse humaine.
Lien : https://chatperlipopette.blo..
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Selvegem
  20 juillet 2015
Après avoir dévoré La captive aux yeux clairs, je me suis précipitée sur la suite.
La route de l'Ouest nous entraîne dans l'Oregon, cette fois aux côtés de Dick Summers, un des personnages secondaires du tome précédent. Il a la mission d'escorter un convoi de pionniers, en direction de l'Oregon. Alfred Bertram Guthrie nous emmène dans une nouvelle épopée, une aventure composée d'hommes et de femmes qui espèrent trouver une vie meilleure au bout du chemin.
Plus de trappeurs solitaires dans ce deuxième tome de The Big Sky, mais une multitude de pionniers. Contrairement au précédent, la solitude n'est pas aussi présente, mais l'action est toujours bel et bien là et, cette fois, c'est grâce à cette multitude de personnages. Ces accroissements des relations entrainent des aventures et des rebondissements, plus d'interactions et une exploration des âmes des différents protagonistes.
La route de l'Ouest nous entraine sur un parcours de 3 600 km, à travers plaines, déserts et montagnes, en terres Indiennes et où l'homme blanc est à peine présent. Ce périple harassant laisse les colons en butte aux éléments, aux Indiens et aux différents dangers que représente la vie en groupe. Famine, soif, maladies ou deuils, déchirements et cruauté... Un voyage qui ne sera pas de tout repos ! La communauté formée par ces voyageurs est un groupe fascinant, tant il y a d'interactions et de révélations. On passe des pensées de l'un à l'autre, on ne reste jamais bloqués sur une seule manière de fonctionner, nous naviguons entre plusieurs manières de voir de le monde, plusieurs représentations.
(Suite de mon avis sur mon blog.)
Lien : http://chezlechatducheshire...
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
AllantversAllantvers   19 décembre 2014
Dick Summers songeait avec ennui que tous ces gens qu'il avait à conduire étaient bien différents des hommes de la montagne. Aucun d'eux ne savaient jouir paisiblement du temps présent. Ils s'acharnaient à vouloir tirer quelque chose de la vie, comme si l'on pouvait la saisir à pleines mains et la modeler à sa convenance à force de calculs et de combinaisons. Ils ne parlaient jamais de castors, de whisky ni de squaws en s'abandonnant à la douceur du soir. Ils ne parlaient que de récoltes, de force hydraulique et de bénéfices, sans accorder autrement d'importance au soleil et au verdoiement des jeunes pousses qu'à un décor vague et imprécis sur le chemin de ce qu'ils voulaient être ou avoir. Plus tard, certains d'entre eux regarderont peut-être en arrière et se demanderont comment toutes ces choses merveilleuses ont pu leur échapper (...).
Mais c'est toujours l'insouciance passée qui fait l'amertume des souvenirs. On ne peut pas revenir sur ses pas.
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Myriam3Myriam3   05 novembre 2016
Il s'appelait Brownie Evans, il avait dix-sept ans et il partait pour l'oregon. Ces mains qui tenaient les rênes étaient ses mains, ce mécanisme d'os, ce mécanisme d'os, de nerfs et d'ongles cassés était fait pour obéir aux ordres de son cerveau, comme ces pieds dans leurs bottes Nelson, ces bras dans les manches de la chemise et ces jambes dans leur culotte de droguet. Dans sa poitrine et dans sa tête palpitait une vie secrète, une vie à lui tout seul, pétrie de pensées que personne n'avait sans doute jamais eues et de sensations que personne n'avait peut-être jamais éprouvées, tant elles étaient folles...
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Fanvin54Fanvin54   08 octobre 2014
Tout bien considéré, il ne partirait pas pour l’Oregon. et pourtant, il aurait été fier de participer à l’aventure, d’agrandir le territoire des États-Unis et aussi de barrer la route aux Anglais. Mais, somme toute, le Missouri était un bon pays. Si l’on n’y engraissait guère, du moins pouvait-on y vivre, à condition de travailler.
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WolandWoland   18 septembre 2017
[...] ... Evans avait beaucoup entendu parler de La Platte. Il s'en était fabriqué une image. Aussi s'attendait-il à voir ce qu'il avait imaginé. Mais maintenant que son cheval l'avait amené sur la hauteur, il n'en pouvait croire ses yeux. Jamais il n'aurait pu imaginer qu'un pays puisse être aussi plat, des étendues aussi vastes, un ciel aussi vertigineusement haut, un monde aussi vide. Il vit Rock poursuivre un blaireau dans son trou, il vit passer un groupe d'antilopes, il vit la rivière rouler ses eaux, les arbres se dresser sur ses îles et le sable s'amonceler en gros alluvions gris sur ses rives, mais il se dégageait de cette atmosphère quelque chose qu'il n'arrivait pas à définir et qui le captivait. Il éprouvait la sensation de n'avoir jamais vu le monde avant, de n'avoir jamais connu ce que c'était que l'espace. Il avait toujours vécu confiné, entre un rideau d'arbres et un mur de collines, croyant le monde fait pour des poupées, mesurant les distances à l'écho de sa voix, sous un ciel pas plus haut qu'une portée de fusil.

Tout ce qu'il trouva à dire fut : "Mon Dieu, Dick ! Mon Dieu !" Comprenant ce qu'il se passait en lui, Summers approuva d'un signe de tête et l'énorme silence étouffa l'exclamation de Lije qui en avait un instant troublé l'impressionnante majesté.

Evans retint son cheval. Dick était à sa droite et Patch à sa gauche, et Martin s'essoufflait à les rejoindre. Un sentiment bizarre envahissait le cerveau de Lije qui le faisait frissonner et lui donnait la chair de poule.

- "J'aurais jamais cru qu'c'était comme ça !" pensa-t-il tout haut.

Il était à la fois humble, écrasé et fier. Fier d'être un pionnier et d'avoir pris la route de l'Oregon. Ce ne serait pas une route facile, ce ne serait pas ce qu'on pourrait appeler une partie de plaisir ! Mais ce serait grand ... Oui, grand ! C'était le seul mot que Lije trouvait dans sa tête un peu chavirée, et qui convenait à cette épopée. Il sentit une sorte de grandeur le pénétrer comme une irradiation de la grandeur environnante, dont il essaya, mais en vain, de se défendre en songeant à Tadlock et à son outrecuidance.

D'un claquement de langue à son cheval, Dick donna le signal du départ. Ils descendirent tous les quatre la pente escarpée et Dick fixa un repère en bas, puis ils traversèrent la plaine et atteignirent la rivière. ... [...]
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AllantversAllantvers   21 décembre 2014
Un pays libre s'achète, très cher quelquefois. Une chance de mieux vivre se gagne, et se gagne avec peine. Une nation ne saurait grandir si personne n'ose. Certes le prix était élevé, mais qui le trouverait excessif, en dehors de ceux qui en ont fait l'appoint de leur cœur et de leur chair?
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