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Jean-Claude Berchet (Éditeur scientifique)
ISBN : 2080708627
Éditeur : Flammarion (01/09/1998)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.39/5 (sur 86 notes)
Résumé :
Chateaubriand a toujours estimé qu il appartenait à une « génération perdue » : celle qui a vu le rationalisme optimiste des Lumières se compromettre dans la faillite sanglante de la Terreur. Adam a voulu goûter du fruit défendu : au lieu de devenir semblable à Dieu, il s aperçoit qu il est nu. dipe croyait régner dans la clarté paisible des énigmes résolues : il ne découvre plus, au c ur de sa destinée, qu inceste et parricide. Il ne reste plus à Prométhée qu à nou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  08 octobre 2014
♫ TARI-TARA-TATARIIII ♪
- Qu'est-ce que c'est ?
- Nastasia qui sonne l'hallali.
- Nasta qui ? qui sonne l'Allah quoi ?
- L'hallali pour Atala.
- Ah la lie ! pour Attali ou Hauts les lits ! pour Attila ?
(Soupirs...)
Eh oui. C'est dur à dire, c'est à peine si j'ose... Mais il faut bien admettre qu'Atala est vraiment une sorte de condensé de ce que j'aime le moins dans la Littérature. C'est ronflant, c'est larmoyant, c'est grandiloquent, c'est pro religieux, c'est bancal, c'est artificiel, c'est faux, c'est bien pensant, c'est mal observé. Bref, c'est ennuyeux.
À vouloir trop en faire, à vouloir en mettre plein la vue dans les salons, à vouloir faire un château brillant, Chateaubriand fait dans la cabane terne. Il a des mots énormes plein le gosier, des formules baroques à n'en plus finir là où la simplicité des lieux, des gens, des moeurs attireraient plus volontiers une certaine sobriété. Il fait parler ses indiens non comme des indiens mais comme des bigotes bretonnes armées de corsets bien rigides en guise de carquois et de coiffes bigouden à la place des plumes.
Si vous hésitez encore entre le missel et Atala, choisissez le missel car ça raconte à peu près la même chose et au moins vous pourrez vous essayer au chant. Pouah ! j'en ai les mains qui collent à force de tripoter ce chapelet poisseux de la littérature romantique. (Dans cette oeuvre, Chateaubriand se révèle de la lignée qui fleurira les Paul Claudel et consort du XXème siècle, c'est dire si j'en raffole.)
On ne peux pas non plus tout lui reprocher, il y a de temps en temps deux ou trois formules acceptables mais franchement, les auteurs du XVIIIème savaient être si alertes, si subtils, si fins, les Marivaux, les Voltaire, les Diderot, les Laclos, les Beaumarchais que ce malheureux François-René de Chateaubriand fait vraiment très pâle figure face à de tels devanciers.
Alors, si l'histoire peut vous intéresser, vous assisterez à la narration d'un indien Natchez, Chactas, qui dévoile à son fils adoptif René (un Européen qui a décidé de vivre à l'indienne) l'histoire ancienne de ses amours platoniques (faute de mieux) avec la belle métis Atala.
Amours fulgurantes, transfigurantes, inconditionnelles, immaculées, pieuses et délectables, mais, malheureusement impossibles, car sans quoi, on ne pourrait pas prendre plaisir à succomber avec un crucifix entre les mains.
Le bon sauvage, la belle jeune fille, le gentil chrétien... Pfffffff ! Qu'est-ce que ça m'horripile les machins dans ce genre ! Mais bon, je préfère m'arrêter là et ne pas en dégoûter ceux qui pourraient prendre plaisir à cette lecture. D'ailleurs, ce n'est que mon avis, c'est-à-dire, plus que jamais, très peu de chose.
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Alexein
  11 août 2016
Atala résonne comme une parabole biblique, une histoire déclamée par une voix incroyablement solennelle. Ce récit est entièrement empreint d'une grâce qui par moments va jusqu'à l'affectation. L'histoire est simple et déchirante : la passion entre deux Indiens d'Amérique à qui le destin refuse la félicité ; à la manière d'une tragédie grecque, les héros sont les jouets de la Providence.
Ce livre est une splendeur de style. Il annonce le romantisme sans demi-mesure. Les phrases coulent au point que cette lecture est d'un agrément exquis. On reconnaît dans les lamentations d'Atala sur l'exil de sa patrie indienne un Chateaubriand qui chante à la manière des anciens les cruelles douleurs de son propre exil pendant la période de chaos que connut la France suite à la Révolution. Réfugié en Angleterre, il vécut des périodes très difficiles et connut les affres de la faim.
La grande originalité de cette oeuvre réside dans l'extrême raffinement, la puissance des images et la grande beauté de la langue. Cette histoire est pathétique à souhait et peut-être l'est-elle trop. Écrite pendant une période de troubles politiques et de malheurs personnels (perte d'une de ses soeurs et de sa mère), elle montre d'une manière très rude les aspirations grandioses, les doutes et les angoisses d'un esprit chrétien qui sut porter le logos à des hauteurs éblouissantes et fit ainsi une remarquable entrée en littérature.
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aouatef79
  21 août 2015
Nous sommes au bord du fleuve Mississipi. Un vieil indien raconte au jeune
Français, Réné, l' histoire de Chactas, un jeune indien fait prisonnier par une
tribu ennemie. Chactas est un jeune indien de dix-sept ans. La tribu ennemie
s' apprête à le tuer. La fille du chef de la tribu, Atala, une jeune indienne fraîche-
-ment convertie au christianisme, décide de s' enfuir avec lui. Elle le guide jusqu'
à une mission catholique, où ils sont religieusement mariés. Mais la mère de la
jeune fille ayant promis à Dieu qu' elle resterait vierge,Atala préfère se tuer
plutôt que de céder à son amour pour Chactas.
En fin de compte une belle histoire d' amour de la part d' un grand romancier
romantique.
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NMTB
  16 février 2017
Atala est un roman très similaire à René, l'intrigue centrale est à peu près la même, en mieux, plus riche, plus aboutie, d'un lyrisme débordant et même fantastique. le lecteur est transporté dans un autre monde, ce n'est pas que l'Amérique réelle mais encore plus une nature surnaturelle par son foisonnement. L'un des trois personnages principaux (avec Atala et Chactas, le couple de sauvages amoureux), est le père Aubry, un vieux missionnaire qui vit dans une grotte, et Chateaubriand indique dans le Génie du Christianisme que les récits de missionnaires (il cite le père du Tertre) l'ont beaucoup inspiré pour les descriptions : « C'est dans cette source chrétienne que nous avons puisé cette espèce de style que nous croyons si nouveau aujourd'hui. » Je ne sais pas si « cette espèce de style » était si nouveau mais en tout cas ses descriptions à lui sont véritablement somptueuses, dès les premières lignes c'est un ravissement.
Il faut aussi noter les métaphores audacieuses, les allégories, tout cela était très réfléchi et tout est expliqué dans le Génie du Christianisme, qui est un peu la théorie d'Atala. Pour l'anecdote : le langage des indiens, leur façon de mesurer le temps en se référant à la nature (« il y a dix lunes que s'est passé tel évènement », « au cri du pélican, il sut qu'il était temps de partir », etc.), ce qui est devenu une caricature, a sûrement été inventé par lui ou popularisé, en tout cas il y avait réfléchi et ne l'avait pas simplement imité.
Chateaubriand résume son roman mieux que quiconque : « Je vis dans ce récit bien des choses : le tableau du peuple chasseur et du peuple laboureur ; la religion, première législatrice du Sauvage, les dangers de l'ignorance et de l'enthousiasme religieux, opposés aux lumières, à la tolérance, et au véritable esprit de l'évangile ; les combats des passions et des vertus dans un coeur simple ; enfin, le triomphe du christianisme sur le sentiment le plus fougueux et la crainte la plus terrible : l'amour et la mort. » Il y a aussi quelques sous-entendus discrets sur la politique française, les colonies, l'exil. Mais tout cela est si bien équilibré que jamais ces thèmes n'occultent la magnifique histoire d'amour romantique entre Atala et Chactas. Un chef-d'oeuvre.
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Cer45Rt
  06 septembre 2018
Atala semble être une parabole, mystérieuse et romantique. J'aime le romantisme, j'aime donc Atala. Cette oeuvre reste assez mystérieuse, en ce qui concerne son sens profond, mais l'on peut y voir une célébration tragique du souvenir des amours de jeunesse, qui s'effacent, qui s'effacent... Et d'ailleurs, le sens d'une oeuvre, si il s'agit l'oeuvre de fond, ne fait pas l'oeuvre d'art, et une oeuvre aussi grande, artistiquement parlant, qu'Atala, peut être célébrée, lue et connue rien que pour ces scènes sublimes, et cette langue qui les transfigurent.
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   01 novembre 2014
Le fleuve [...] par intervalles, [...] élève sa voix, [...] et répand ses eaux débordées autour des colonnades des forêts [...]. Mais la grâce est toujours unie à la magnificence dans les scènes de la nature : tandis que le courant du milieu entraîne vers la mer les cadavres des pins et des chênes, on voit sur les deux courants latéraux remonter le long des rivages, des îles flottantes de pistia et de nénuphar, dont les roses jaunes s’élèvent comme de petits pavillons. Des serpents verts, des hérons bleus, des flamants roses, de jeunes crocodiles s’embarquent, passagers sur ces vaisseaux de fleurs, et la colonie, déployant au vent ses voiles d’or, va aborder endormie dans quelque anse retirée du fleuve. [...]
Quelquefois un bison chargé d’années, fendant les flots à la nage, se vient coucher parmi de hautes herbes [...]. À son front orné de deux croissants, à sa barbe antique et limoneuse, vous le prendriez pour le dieu du fleuve.
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Nastasia-BNastasia-B   04 novembre 2014
Quel affreux, quel magnifique spectacle ! La foudre met le feu dans les bois ; l’incendie s’étend comme une chevelure de flammes ; des colonnes d’étincelles et de fumée assiègent les nues qui vomissent leurs foudres dans le vaste embrasement. Alors le grand Esprit couvre les montagnes d’épaisses ténèbres ; du milieu de ce vaste chaos s’élève un mugissement confus formé par le fracas des vents, le gémissement des arbres, le hurlement des bêtes féroces, le bourdonnement de l’incendie, et la chute répétée du tonnerre qui siffle en s’éteignant dans les eaux.
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Nastasia-BNastasia-B   10 octobre 2014
Les douleurs ne sont point éternelles ; il faut tôt ou tard qu'elles finissent, parce que le cœur de l'homme est fini ; c'est une de nos grandes misères : nous ne sommes pas même capables d'être long-temps malheureux.
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Nastasia-BNastasia-B   26 octobre 2014
Après le massacre que les Français firent de notre nation pour venger leurs frères, ceux de nos frères qui échappèrent aux vainqueurs trouvèrent un asile chez les Chikassas nos voisins. Nous y sommes demeurés assez longtemps tranquilles ; mais il y a sept lunes que les blancs de la Virginie se sont emparés de nos terres, en disant qu’elles leur ont été données par un roi d’Europe. [...] L’homme va toujours de douleur en douleur, répondis-je en m’inclinant.
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Nastasia-BNastasia-B   09 octobre 2014
Ainsi passe sur la terre tout ce qui fut bon, vertueux, sensible ! Homme, tu n'es qu'un songe rapide, un rêve douloureux ; tu n'existes que par le malheur ; tu n'es quelque chose que par la tristesse de ton âme et l'éternelle mélancolie de ta pensée !
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Videos de François-René de Chateaubriand (47) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François-René de Chateaubriand
Le «Forum du Livre» de Rennes a le plaisir de recevoir Joy Raffin, samedi 17 novembre 2018 dans son Café Littéraire. A l'issue de cette rencontre animée par Nicolas Roberti et les élèves de la section littéraire du lycée Chateaubriand de Rennes, l'auteur a dédicacé son dernier livre « Atlantic City », paru aux éditions NiL.
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