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EAN : 9782021419078
304 pages
Éditeur : Seuil (08/10/2020)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 49 notes)
Résumé :
Charente-Maritime, quelques jours avant Noël. Le cœur de Mathieu, douze ans, n'est pas à la fête.

Incapable de supporter leur domicile et la présence de la famille après la mort de son mari, sa mère a décidé de se réfugier dans leur maison de vacances sur l'île d'Oléron. Tous deux s'y retrouvent pour une semaine, face à l'océan sous l'hiver, entre culpabilité et deuil. Dans l'espoir d'endormir sa peine et son incompréhension du monde des adultes, Math... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
MarcelineBodier
  06 novembre 2020
De Mélanie Guyard, j'ai lu et adoré le premier roman « adultes », Les âmes silencieuses, et j'avais eu la chance de l'écouter en parler de manière passionnante lors d'une rencontre organisée par Babelio. J'ai donc sauté sur l'occasion de lire son deuxième roman, envoyé lors d'une masse critique privilégiée par les éditions du Seuil, que je remercie, ainsi que Babelio.
Ce deuxième livre est très différent.
J'ai beaucoup aimé le fait qu'il soit organisé autour de la terrible tempête qui avait terminé le vingtième siècle (à un an près, d'accord), car la tempête est à peine une métaphore de ce qui se passait au même moment à l'intérieur de Mathieu : c'en est comme une matérialisation, une véritable extériorisation. Il avait onze ans, venait de perdre son père, restait avec un monde de questions sans réponses et une douleur sans fond partagée avec sa mère, et il a trouvé le moyen de traverser les pires expériences initiatiques au moment où la nature lui offrait des obstacles exceptionnellement difficiles à surmonter, pour pouvoir surmonter aussi le saccage de sa vie. Nous avons tous en tête les images de cette tempête : le décor n'est pas exagéré, la violence décrite par l'auteure s'est réellement produite en France.
Ce livre est un chemin initiatique, construit sans suspense sur les personnages puisqu'on sait dès le départ que douze ans plus tard, il revient sur les lieux tout en étant en contact avec sa mère, qui a donc elle aussi survécu : tout est dans le chemin initiatique qu'il a fait, refait et revit.
Le livre passe véritablement comme une tempête, et si le dénouement surprend, désarçonne et est donné avec trop peu de détails pour qu'on puisse être vraiment sûr qu'on a compris l'intention de l'auteure, ce n'est curieusement pas grave : parce que quelle que soit la manière dont Mathieu a surmonté les tempêtes, celle de la nature et celle de sa vie, il les a véritablement surmontées. Cela laisse quand même une étrange impression qui altère un peu ma chronique au moment de la poster, mais qui ressemble finalement à la vie de Mathieu : elle aurait pu être un ouragan, elle est finalement un cadeau de Dieu. Pour comprendre cette énigmatique remarque finale, une seule solution : lisez le livre jusqu'à sa dernière ligne !
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BlackIsTheNewLiterature
  04 octobre 2020
Vraiment pas facile à écrire, cette critique... Mais puisque je dois le faire, autant le faire avec sincérité.
Contrairement aux auteurs des autres critiques que j'ai vu passer jusqu'ici, je n'ai pas lu le premier roman de Mélanie Guyard, Les Ames Silencieuses. Je ne peux donc opérer de comparaison avec un précédent. Lorsque j'ai été contactée dans le cadre d'une Masse Critique Babelio privilégiée pour lire puis rédiger une critique sur L'Enfant des tempêtes, j'ai répondu favorablement pour deux raisons : premièrement, le résumé de quatrième de couverture et les enjeux qu'il laissait supposer me parlaient, un peu comme une promesse alléchante à laquelle il me fallait faire confiance. Deuxièmement, le lieu où se déroule l'action. En effet, l'Ile d'Oléron est rarement choisie pour être le cadre d'un roman, et je trouve cela dommage quand on connait toute sa richesse naturelle et patrimoniale (oui, je suis fan). J'espérais que les intentions de l'auteure sauraient lui rendre hommage en la dépeignant avec beauté et authenticité. Honnêtement, je n'ai pas été déçue de ce coté-là. Les descriptions des différents lieux où se jouent l'intrigue sont cohérentes et justement dosées, sans en faire non plus un dépliant touristique. Il s'agit du point fort de ce livre à mes yeux : l'auteure parvient à instaurer une ambiance qu'elle ne fait jamais retomber en cours de route, et accomplir cela autrement que dans le cadre d'une littérature de genre est très fort. L'omniprésence de la nature et de ses emportements se ressent à travers le récit sur toute sa longueur, créant un environnement tout à fait propice à accueillir et servir l'histoire. Malheureusement, c'est pour tout le reste que les choses se sont gâtées...
Je ne vais pas aller par quatre chemins : je n'ai pas réussi à adhérer ni à l'intrigue, ni aux personnages, ni à l'écriture, et j'ai bien l'impression que c'est cette dernière qui m'a gâché le tout et empêchée de saisir l'ensemble.
Qu'on se le dise, je suis la première à clamer haut et fort que les auteurs se doivent d'aller au-delà d'une écriture en "service minimum" basée sur le modèle de phrases "sujet-verbe-complément", que la littérature populaire n'est plus littérature mais scénario romancé si elle se départ d'un minimum de recherche et de singularité dans le style. Je serais de mauvaise foi si j'affirmais que ce n'est pas le cas ici : il y a un réel effort d'élaboration dans l'écriture. Les phrases sont longues, le vocabulaire d'une grande variété, les métaphores foisonnent presque à chaque phrase. Pourquoi alors ai-je donc freiné des deux pieds dès les premières pages ? Eh bien parce qu'on est ici typiquement, à mon sens, dans l'excès inverse : trop de métaphores tue la métaphore, et il n'y a qu'un pas entre prodigalité naturelle et surabondance artificielle. C'est tout le danger d'employer ce genre d'écriture foisonnante dans un roman qui se veut avant tout raconter une histoire : cela devient un exercice de style qui ne dit pas son nom mais se perd dans son intention de départ. Et puis, si on rentre dans l'analyse de la sémantique, après plusieurs pages à trouver la musique des mots assez monotone, on réalise que la structure des phrases est peu ou prou la même sur plusieurs paragraphes : "Proposition principale + proposition secondaire avec métaphore + proposition débutant par un participe présent en -ant (ce dernier étant à utiliser avec modération)". On ne le dira jamais assez : l'écriture est une mélodie. Il faut alterner les constructions, les tailles de phrases, pour créer un rythme. Les mots, assemblés ensemble, forment un cri, un chant, un murmure ; ils ne sont pas là pour "faire joli", ce n'est pas cela, l'esthétique littéraire. Il ne suffit pas d'écumer tous les synonymes d'un même item pour avoir une écriture riche. Si tout cela ne sonne pas vrai, authentique, alors le lecteur repose le livre avec un sentiment d'imposture, de paraître, et c'est exactement ce qui m'est arrivé. Je parle bien de sentiment car je ne sais pas quelles étaient les intentions de l'auteure au moment de l'écriture de son roman, dans quelle mesure le travail éditorial est intervenu là-dedans... Je n'accuse personne. Seulement, je dois juger un roman sur l'impression qu'il m'a laissée, et ici, adepte des écritures travaillées mais plus brutes, j'ai eu la sensation de lire un texte qui manquait d'authenticité, de vie, de connexion, d'abord dans la démonstration de la palette lexicale de son auteure, donc élaboré pour les mauvaises raisons.
Immanquablement, ce flottement a agi sur ma perception de l'histoire, dans laquelle je ne suis jamais complètement rentrée. Les personnages, autant Mathieu que sa mère dont l'histoire tragique avait potentiellement tout pour toucher un lecteur, ne m'ont pas particulièrement touchée car je n'ai pas décelé les clefs pour comprendre leurs raisons d'agir.
J'avoue avoir terminé L'Enfant des tempêtes avec un peu plus d'enthousiasme dans la deuxième partie, grâce à une scène particulièrement forte et bien écrite (sûrement car plus "brute"), mais la fin a achevé de me ramener à ce sentiment d'usurpation.
Mes questions sont restées sans réponse et celles des personnages également, à commencer par les raisons du suicide du père de Mathieu, inconnues pour chacun, qui apparaissent dès le début comme un enjeu, un mystère à percer pour le jeune garçon, mais que l'auteure choisit de ne pas traiter ensuite. Les portes ouvertes ne sont pas refermées, et la seule fois où c'est le cas, c'est dans un rebondissement final qui a de quoi laisser perplexe. Sans m'appesantir sur le sujet car je ne souhaite pas opérer de spoil, on pourrait comparer, sur le principe au moins, le procédé au fameux "Il sursauta dans son lit, trempé de sueur et désorienté.
Le danger avait disparu en un battement de paupières pour laisser place au silence enveloppant de la nuit.
Finalement, tout ceci n'était qu'un rêve !"
Ce genre de twist ne pouvait que me conforter dans le sentiment d'avoir été dupée...
Bref, une lecture compliquée, frustrante, à l'opposé de ce que j'attendais et surtout de ce que je recherche.
Je remercie malgré tout Babelio et Les Editions du Seuil pour cette découverte.
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Krissie78
  03 octobre 2020
"Ils ont détruit le Krokodil". 5 mots qui vont pousser Mathieu, 23 ans, étudiant en médecine, spécialité psychiatrie, à prendre la route pour se rendre sur l'île d'Oléron. C'est là qu'enfant il passait ses vacances d'été. Il n'y est pas retourné depuis cet hiver 1999. Il venait alors de perdre son père. Sa mère avait décidé de fuir Noël en famille pour l'isolement dans cette maison du souvenir. Elle n'avait pas prévu que Mathieu rencontrerait Corentin et que la tempête ne soufflerait pas que dans leurs coeurs.
J'ai été très sensible à l'histoire de cet enfant confronté au deuil d'un parent. Chaque chapitre commence par Mathieu à 23 ans, sa redécouverte de la maison et de l'île, sa plongée nostalgique dans ses souvenirs de ces jours de décembre 1999. On glisse alors habilement vers le récit du Mathieu de 12 ans. L'intrigue progresse en parallèle entre les deux époques et Mélanie Guyard arrive à instaurer et distiller un suspense qui va grandissant. le temps est comme suspendu tant il semble progresser lentement tandis que nous suivons l'enfant sous le froid et gris crépuscule de l'hiver et le jeune homme sous la lumière chaleureuse du début de l'été.
"Et puis il fait si beau ...revoir l'océan, une dernière fois. Revoir le Krokodil, et redevenir adulte, si le pays imaginaire ne veut plus de moi. "
Dans un style plein de poésie et très imagé l'auteure décrit la densité des émotions qui traversent Mathieu. Comment faire le deuil de son père ? Comment calmer cette colère intense qui bouillonne au fond de lui ? Corentin, l'enfant des dunes, sera le catalyseur et cet élément qui va mettre Mathieu sur le chemin de l'acceptation du deuil. Cette rencontre va le sortir de l'inertie provoquée par la mort de son père, de la douleur qui l'engourdit lui et sa mère (quelle belle scène que celle où la mère et l'enfant se retrouvent, au sens propre comme au figuré).
A 12 ans Mathieu n'est plus un petit. Il n'est pas encore un grand non plus. Il est les deux à la fois. Corentin va le provoquer, le tester, le mettre au défi, l'amener à affronter ses peurs les plus profondes. En retournant sur l'île 9 ans plus tard et seul, Mathieu se confrontera à nouveau aux fantômes de son passé et fera la paix avec ses démons.
On sait ce qui s'est passé ces 26 et 27 décembre 1999, partout en France et en Europe. On n'a pas oublié ces deux tempêtes, Lothar et Martin, qui ont traversé le continent semant la mort et la désolation. Mais on reste suspendu dans l'attente du déclenchement de la fureur les éléments naturels qui font écho à la tempête intérieure du héros. Mélanie Guyard dissèque les bouleversements du monde intérieur de Mathieu et du monde extérieur, dans ses descriptions de la nature, du ciel et de la terre, du vent et de l'océan, des émotions de Mathieu et de ce qu'il perçoit de celles de sa mère.
"Ils ont détruit le Krokodil alors peut-être ai-je le droit d'être libéré "
Un roman qui a trouvé écho en moi et qui m'a touché au coeur.
Merci à Babelio et aux Editions du Seuil pour cette découverte dans le cadre d'un Masse Critique Privilège
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prune42
  08 octobre 2020
Mathieu, jeune interne en médecine, décide de partir quelques jours en week-end à Oléron, dans la maison de vacances où il allait avec ses parents quand il était enfant. La dernière fois qu'il y est allé, c'était pour Noël 2000, quelque temps après le décès de son père. Lui reviennent des souvenirs de cette époque : sa rencontre avec Corentin qui avait son âge, leurs promenades en vélo dans l'île, la tempête terrible, les cachettes de Corentin et son goût pour tout ce qui était interdit... jusqu'au drame dont Mathieu s'est senti responsable et qui l'a fait s'éloigner de Corentin. Mathieu ressent vite un certain malaise dans l'île et confronte ses souvenirs d'adulte à ce qui s'est réellement passé cette année là.
Je remercie Babelio et la maison d'éditions le Seuil de m'avoir permis de découvrir ce nouveau roman de Mélanie Guyard dont j'avais lu récemment Les âmes silencieuses que j'avais bien apprécié.
Entre les deux romans, il y a de grandes différences, les thèmes ne sont pas les mêmes mais on retrouve néanmoins dans les deux ce même climat oppressant dans une maison familiale à la campagne, pleine de souvenirs mais dont l'atmosphère devient vite inconfortable. C'est d'ailleurs plus de ce côté que consiste l'intérêt du roman et non du côté de l'action, relativement réduite. C'est une certaine atmosphère, un climat particulier qui est vraiment au coeur du roman et qui en fait son intérêt.
Certaine scènes sont très dures, je pense à celle du chien, j'ai eu du mal avec cette scène violente, heureusement qu'il n'y en a pas trop de ce type dans le livre.
Il plane aussi un certain mystère dans ce roman, on se demande comment la mère occupe ses journées et où elle disparaît ainsi. du coup, le jeune garçon délaissé et livré à lui-même, suscite la compassion du lecteur.
Ce roman met aussi en avant les dangers des "mauvaises" rencontres, lors de l'enfance ou non. On voit comment un personnage va se mettre en danger en suivant un autre personnage, plus effronté que lui.
J'ai donc apprécié ce roman dépaysant et à l'atmosphère un peu oppressante.
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Tschum
  28 septembre 2020
«Ils ont détruit le Krokodil»
La destruction d'un blockhaus sur une plage d'Oléron, va réveiller dans l'esprit de Mathieu, aujourd'hui interne en psychiatrie, des souvenirs douloureux enfouis dans sa mémoire. Hanté par le fantôme de ce blockhaus" en perdition" Mathieu, qui n' est jamais retourné sur l'île depuis ce mois de décembre 1999, décide de retrouver la maison de vacances où il séjourna ce dernier Noël, alors âgé de douze ans. Son père s'est suicidé quelques mois plus tôt, et sa mère décide de passé Noël avec lui dans cette maison familiale, pour s'éloigner du monde, échapper au chagrin et tenter de faire le deuil de cette disparition douloureuse : «nous avions cessé d'appartenir au présent. de bien des façons, nous n'avions pas survécu à l'automne. Ce monde n'était plus le nôtre, et nous cherchions tous les deux un endroit où nous poser, un jardin familier qui n'existait plus.» Accablé de tristesse, Mathieu rencontre Corentin, un enfant de l'île à la tignasse emmêlée, déluré et intrépide. Une solide amitié va lier les deux enfants du même âge - Mathieu au contact de Corentin retrouve une envie de vivre. Cette amitié sera scellée par le sang sur un galet noir traversé par une veine argentée. Ils vont explorer le blockhaus Krokodil, faire de grandes balades effrénées à vélo et, Corentin va pousser Mathieu à vaincre sa peur et sa tristesse jusqu'à tester la limite de son courage dans des jeux dangereux qui provoqueront la mort d'un chien et briseront leur amitié. l'enfant des tempêtes est un roman qui commence doucement, et qui, comme les tempêtes, va crescendo. Avec ce retour sur l'île, Mathieu cherche à retrouver l'enfant qu'il était, avec ses peurs, celle du noir, ses cauchemars, et comprendre l'homme qu'il est devenu pour faire table rase du passé. Finalement, sur le passé qui est comme" des grains de sable impossibles à retenir, tous mélangés" Mathieu sera troublé et aura un doute sur la véracité de ses souvenirs après la découverte d'une confusion sur le type et la couleur, rouge ou gris argenté, de son vélo. «où se trouve donc cette vérité que je cherchais ?».
Dans ce récit , Mélanie Guyard superpose le passé, le présent, l'enfance et l'âge adulte, l'hiver et le printemps et, avec beaucoup de talent, joue avec nos nerfs, et attise le suspens. le lecteur attend le drame à chaque page. Elle évoque avec acuité la souffrance et la tristesse ressenties après la perte d'un être cher, décrit fidèlement la somptuosité et la grandeur des éléments, mer et ciel.
N'oublions pas les descriptions d'Oléron, convaincantes de réalisme, et celle de cette fameuse tempête Martin, qu'il aurait été préférable d'appeler Corentin, Ouragan en langue Celte, qui sont aussi les personnages du roman. Ce roman est pour moi une belle découverte et je remercie Babelio et les éditions du Seuil de m'avoir permis de" rencontrer" Mélanie Guyard dont je n'ai pas encore lu "les âmes silencieuses" que je vais m'empresser de dévorer.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Bea_enviedelireBea_enviedelire   04 octobre 2020
On trouva du bois flotté pour faire des épées acceptables et après avoir échangé suffisamment de coups et de jurons, on esquissa sur le sable des dessins immenses que l'océan dévora. Une méduse titanesque, flasque et morte, retint notre attention et nous y perçâmes consciencieusement quelques trous pour voir l'eau couler. Puis nous enlevâmes nos chaussures et nous courûmes à la frontière des vagues avant de reculer en criant, et c'était à celui qui s'enfuirait le dernier devant les brisants. La houle nous chahutait et le sel couvrait notre peau. La plage n'avait jamais été à personne avant d'être à nous. La lumière décroissait lentement, libérant sur le sable la morsure de l'hiver et la nuit de décembre. Nous étions immortels.
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prune42prune42   04 octobre 2020
Nous faisons semblant d'être des adultes. Mais il suffit de regarder à travers une vitre brisée pour constater qu'en réalité, on ne fait que grandir. Nos monstres ne cessent jamais de nous accompagner tout au long du chemin.
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Krissie78Krissie78   25 septembre 2020
La douleur trouva instantanément l'entrée des blockhaus, les couloirs et ma poitrine. Elle se glissa en moi, à la fois aimante et hostile. Familière était le mot juste. Elle fait partie de la famille. Je fus sidéré de l'avoir laissée dehors jusque là et de ne pas m'en être rendu compte. Je cherchais pendant quelques secondes des mots qui ne me dechireraient pas, et il m'échappérent tous en laissant de longues traînées cuisantes.
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corally4corally4   07 novembre 2020
Un peu de retard pour donner ma critique, si tentait, une critique. Mais j’ai relu le livre de Mélanie Guyard « L’Enfant des Tempêtes »
J’avais beaucoup apprécié cette auteure avec dans le premier ouvrage : Les Ames Silencieuses.
Quel plaisir de retrouver son style d’écriture si fluide, lumineux, et bien imagé. Le passé, le présent, les âges de la vie, les saisons, se déroulent avec facilités tout en maintenant un suspens.
Nous somme en 1999, lors des tempêtes si dévastatrices, dans l’Ile d’Oléron, où même si l’on ne connait pas vraiment, on sent le vent, l’embrun et les grains de sable se coller à nous….Mathieu, 12 ans et sa maman vont passer les fêtes de fin d’année, seuls, dans leur maison d’été. Une idée de maman car ils sont en deuils. Le père s’est suicidé. L’enfant va s’extraire de l’ambiance morose et aller courir sur la grève prés de deux blockhaus. Il y rencontre Corentin, un enfant de l’ile très déluré qui entraîne Mathieu dans ses aventures dans un des blockaus « Krokodil », et aussi dans de grande escapade à vélo, pour tester le courage de Mathieu. Une grande amitié se noue mais rompu par la mort d’un chien.
ET en parallèle, Mathieu à 23 ans, étudiant en médecine à Paris qui apprend que l’on a détruit le Krokodil….
.Aucune hésitation, il part à Oléron, retrouver sa maison d’enfance. . En y retournant une dizaine d’années plus tard, Mathieu retrouvera t il les fantômes de son passé, ses peurs et aussi ses cauchemars. Les albums photos récupérés et la confusion sur le genre de son vélo d’enfant et sa couleur : rouge ou gris vont ils l’aider à avancer dans sa vie d’adulte ? Certainement, car son retour vers sa mère le montre plus serein

Cette histoire m’a émue car être confronté à la perte d’un père ou d’une mère n’est jamais facile quand on est enfant.

Un grand Merci à Babelio et aux Editions du Seuil pour cet envoi dans le cadre d'un Masse Critique Privilège, cela n’a que conforté mon bonheur de lire à nouveau cette auteure.
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prune42prune42   04 octobre 2020
Les images se superposent, difficilement. Elles ne se laissent pas faire, il y a un monde qui s'est écoulé entre le passé et le présent. On pourrait penser qu'en retournant à un endroit, on réveille les souvenirs et les ambiances qui vont avec, et puis on se rend compte que ce n'est pas le cas. C'est ça aussi, devenir adulte : c'est quitter un état dans lequel on reste persuadé que tout sera immuable, et que si on ne profite pas d'un lieu ou d'un moment, il restera là, à nous attendre, intouché et identique. On ne sait pas ce que l'on peut perdre. On ne sait pas que les choses s'achèvent.
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Video de Mélanie Guyard (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mélanie Guyard
Entretien avec Mélanie Guyard à l'occasion de la rencontre entre l'auteur et les lecteurs de Babelio.com le 9 mai 2019. Découvrez les mots choisis par l'auteur pour évoquer son roman 'Les Âmes silencieuses', paru aux éditions du Seuil.
Retrouvez toutes les critiques de 'Les Âmes silencieuses' sur Babelio : https://www.babelio.com/livres/Guyard-Les-mes-silencieuses/1139041
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