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ISBN : 2253119482
Éditeur : Le Livre de Poche (06/09/2007)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 41 notes)
Résumé :
Au crépuscule de sa vie, Henri Chaumont, qui a toujours dissimulé son appétit pour les personnes de son sexe, considère tristement qu’il n’a pas assez vécu : » J’étais un jeune homme plein d’avenir, je suis un homme sans passé ; on se gaspille. » Dans un Bruxelles intemporel, il est au moins une amitié, féminine, qui a résisté au temps, celle qui le liait à Émilienne Balthus. Au début du récit, Émilienne meurt. Elle laisse des carnets qu’Henri ne peut s’empêcher d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
M_a_r_c
  04 novembre 2017
Jacqueline Harpman aimait, de son propre aveu, la langue pure des XVIIIe et XIXe siècle. Publié en 2006, du Côté D'Ostende est un roman d'un classicisme intemporel, qui met en scène des personnages semblant appartenir à une autre époque que la leur et qui témoigne de cet amour de l'écrivain pour la langue française.
Au lendemain du décès de son amie Emilienne, Henri Chaumont, le narrateur, lui-même au soir de sa vie, tente d'en dresser le bilan. Célibataire endurci, ayant vécu entouré de multiples femmes, Henri est resté toute sa vie prisonnier de son goût, qu'il ne voulait pas ébruiter, pour les personnes de son sexe.
Parfois cynique, souvent désinvolte, toujours raffiné et disponible, Henri n'est jamais sorti du personnage qu'il avait choisi de jouer pour dissimuler ses pulsions et qui tenait autant du dandy que du chevalier servant. N'a-t-il pas pu, n'a-t-il pas voulu sortir de ce rôle ? S'y complaisait-il ? La question n'est pas posée telle quelle, mais le regard sévère que porte Henri sur ce qu'il a fait – ou plutôt n'a pas fait – de sa vie la laisse transparaître en filigrane d'un bout à l'autre de son récit.
Attaché plus que tout aux règles de bienséance du monde auquel il appartient, Henri ne peut s'empêcher de se juger durement alors qu'il n'a fait que céder, tout en prenant grand soin à leur dissimulation, à des penchants auxquels il ne peut être demandé à personne de résister. Ce n'est pas alors la seule langue des XVIIIe et XIXe siècle que l'on retrouve au travers du roman, mais également le poids des convenances de l'époque, qui, même transposées au XXe siècle, enserrent le narrateur dans le même carcan que s'il avait vécu cent ou deux cents ans plus tôt.
Quoi qu'en dise la quatrième de couverture, le roman de Jacqueline Harpman n'est nullement immoral. Il met en scène, avec l'élégance d'un monde qui n'est plus, la difficulté qu'il peut y avoir à concilier ce que l'on est avec ce que l'on voudrait être ou ce que l'on pense que l'on devrait être. Une difficulté qu'Henri n'a pas réussi à surmonter et qui, constate-t-on avec quelque tristesse en refermant le livre, explique ce jugement sévère, ce sentiment d'échec qu'il porte envers lui-même.
J'ai trouvé du Côté D'Ostende sinon cruel, du moins teinté d'amertume. Une amertume dépassant l'horizon du seul Henri, les autres protagonistes du roman, bien que n'ayant pas les mêmes penchants que lui, semblant n'avoir pas plus réussi à être satisfaits de leur vie au moment de la quitter. Mais une amertume douce, sans agressivité, comme recouverte, grâce à la plume de Jacqueline Harpman, d'un indicible voile de délicatesse.

Lien : https://livrelecteur.wordpre..
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Lencreuse
  24 août 2010
Emilienne Balthus vient de s'éteindre. Elle laisse à son vieil ami, Henri Chaumont, des carnets remplis d'une folle passion, celle qu'elle a vécue, des années durant, avec Léopold. A l'évocation de ces instantanés dont Henri fut le témoin discret et fidèle, le vieil homme se livre à son tour. Lui, l'ami cher, a passé sa vie à dissimuler son attirance pour ceux de son sexe et n'a eu de cesse d'être présent aux côtés des femmes, celles des autres. « J'étais un jeune homme plein d'avenir, je suis un homme sans passé ; on se gaspille. » C'est l'amer constat que fait Henri à l'évocation d'une vie où il ne fut finalement que le personnage secondaire de celle des autres.
Ce beau roman m'a laissé une bien étrange impression à la lecture: il est intemporel. le style, la langue même des personnages peuvent laisser croire que l'on plonge dans un roman d'une autre siècle… le XIXème peut-être ? Puis de temps à autre, le rappel d'une époque : ces voitures qui roulent vite, ces adolescents qui portent des jeans serrés et des tee-shirts informes sont bien d'aujourd'hui. Des signes qui sonnent étrangement comme des anachronismes. Un décalage qui perturbe peut-être parfois la lecture et l'univers que l'on se construit pendant la lecture. Mais cette intemporalité sert aussi l'histoire, celle d'un amour fol, déraisonnable mais vécu jusqu'au bout avec la souffrance qu'il engendre. L'histoire d'Henri, elle aussi, n'a pas besoin de cadre précis. Aujourd'hui, jadis ou demain, de telles destinées donnent matière à de belles pages de la littérature.
Lien : http://lencreuse.over-blog.com
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bdelhausse
  23 août 2014
Marquant mon désaccord avec la 4è de couverture, qui parle de conte cruel et gai, j'ai trouvé le récit sombre et déprimant. La mort rôde et la fin est inéluctable, mais certainement pas source de joie.
J'avoue ne pas bien connaître l'oeuvre de Jacqueline Harpman, mais je n'ai pas retrouvé dans ce livre l'auteure qui m'avait fait voyager par le passé. Sans doute Ostende évoque-t-elle pour moi la pluie belge et les digues défigurées, à l'instar du personnage principal de ce livre, arrivé au terme de son périple.
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luis1952
  02 décembre 2011
On pourrait dire une suite à 'La plage d'Ostende' qu'on aura lu avant.
La sexualité est présente comme dans beaucoup de ses romans. Cette sexualité ne fait-elle pas partie de notre vie à tous ? Comme souvent avec Jacqueline Harpman l'histoire se passe à Bruxelles, au vingtième siècle. L'amour tu, caché et non avoué d'un jeune homosexuel.
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BoulieBouffeTout
  12 août 2010
On m'avait chaudement recommandé ce bouquin, il ne m'a pas emballé... Quelque chose m'a dérangé, ce côté un peu pompeux dans l'écriture peut-être !
Un récit un peu compliqué en plus.
L'ami amoureux du mari de l'intéressée, qui inspire l'amour à un adolescent qui se suicide... le tout découvert au travers de lettres retrouvées, bof, tout ça ne m'a pas passionné.
Et puis, cet homme lisse, sans odeur, sans saveur il est ennuyeux...
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
EloahEloah   09 mai 2010
Chacun d'entre nous, pauvre fol, se donne sans même y penser le premier rôle dans sa vie. Il est troublant de se retrouver au second plan - que dis-je ? au troisième ! - dans celle des autres. Un personnage entre en scène, on ne sait pas d'où il vient, il dit sa réplique et repart, on ne sait pas où il va. Je me prenais pour un homme modeste : dès que je voyais mon nom sur la page, quelque chose s'éveillait en moi, une attente obscure qui me déplaisait, une tension toujours déçue car je n'étais, pour Emilienne, que le figurant fidèle qui remplit proprement son office. Elle ne s'arrête pour se questionner sur moi qu'une fois, et il me semble qu'elle se trompe. Mais que sait-on de soi ?
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BoulieBouffeToutBoulieBouffeTout   12 août 2010
"Je crois que l'on perd sa délicatesse au moment de se tuer, et que le suicide est toujours un manque de tact."
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MALIKAMALIKA   09 juillet 2010
comme si la solitude etait affaire de compagnie
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BoulieBouffeToutBoulieBouffeTout   12 août 2010
"Si l'on n'est pas prince de sang, une Rolls fait parvenu ou vedette de la chanson. Pour une femme de bon ton, il n'y a que la Bentley."
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Videos de Jacqueline Harpman (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacqueline Harpman
Lectomaton, extrait de "La plage d'Ostende", de Jacqueline Harpman, lecture par une étudiante IESSID, bibliothécaire documentaliste.
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