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Michel Demuth (Traducteur)
EAN : 9782221127506
Éditeur : Robert Laffont (24/09/2020)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.96/5 (sur 1277 notes)
Résumé :
Sur Dune, la planète des sables, les prophéties s'accomplissent : le désert devient jardin. Mais les vers géants se font rares et l'Epice de prescience vient à manquer. Tout ce qui reste de l'épopée de Muad'Did, c'est un empire conquis, des guerriers déchus, des prêtres tentés par la théocratie. Et les jumeaux Leto et Ghanima, qui portent en eux les souvenirs d'innombrables générations dont, peut-être, ceux de l'antique Abomination, redoutée par les soeurs du Bene G... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
Wiitoo
  12 avril 2014
Personne ne pourra m'enlever de l'idée que Frank Herbert a franchement abusé, lui-même de l'épice pour écrire ce troisième tome !
Je l'ai trouvé bien plus compliqué que les deux premiers et un peu moins brillant dans son écriture. En particulier les 200 premières pages qui ne sont qu'une succession de réflexions ou de pensées complexes ou il faut vraiment s'accrocher pour tenter d'en saisir toutes les finesses et ainsi comprendre ce qui trotte dans la tête de ses personnages. Ils sont d'ailleurs tous là, les morts comme les vivants, et sur ce point, il n'y a au moins pas de difficulté particulière.
L'histoire se concentre sur les enfants de Paul, Leto et Ghanima que l'on retrouve à l'âge de 9 ans et qui vont avoir fort à faire afin de rester en vie. Grace à la prescience Leto sait ce qu'il doit faire pour devenir le prochain empereur de Dune mais la route est semée d'embûches et d'incertitudes. Ce ne sont pas les complots qui vont manquer jusqu'au plus profond de leur famille et il ne leur sera pas facile (à nous, lecteur, non plus) de comprendre qui sont les biens intentionnés et ceux qui complotent pour les voir morts.
Il n'en reste pas moins que le cycle de Dune est un petit chef-d'oeuvre du genre mais je regrette néanmoins que son auteur rende au fil des tomes son oeuvre de plus en plus exclusivement destinée à ceux qui consomme la même épice que lui. Un peu plus d'histoire et d'action et un peu moins de delirium aigü semblent être les permissent du tome 4 que j'ai commencé et ce n'est pas pour me déplaire.
Note 3/6
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sandrine57
  22 juin 2019
Paul, le Muad'Did, parti se perdre dans le désert, probablement mort, a laissé derrière lui une planète luxuriante, un empire, et ses jumeaux Léto et Ghanima. Âgés de 9 ans, les enfants ont la sagesse et l'expérience de toutes les générations qui les ont précédés. Appelés à régner, ils excitent bien des convoitises, au sein même de leur famille. Sauront-ils résister à l'Abomination à laquelle leur tante Allia, la Régente, a déjà succombé ?
Un tome très mystique où Frank Herbert étale ses considérations philosophiques et religieuses. Pour les fans de SF, tout cela doit être passionnant, pour les profanes, c'est plutôt obscur. Les jumeaux ont beau avoir 9 ans, leurs dialogues sont des performances ésotériques difficilement appréhendables pour le commun des mortels.
Donc entre complots en tout genre, fomentés par des vivants et même des morts, pensées complexes, considérations religieuses et autres joyeusetés, on a du mal à venir à bout de ce tome trop bavard et compliqué. La suite attendra.
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Simonbothorel
  07 novembre 2020
Le troisième volet de la saga Dune prend place neuf années après la fin des événements du Messie de Dune. Les jumeaux Leto et Ghanima ont bien grandi et sont protégés par le vieux naib Stilgar qui regrette le passé et les coutumes traditionnelles de sa planète, Alia, contrôle Dune en utilisant la peur et devient paranoïaque mais elle répond également aux inquiétudes de l'Abomination des Bene Gesserit en se faisant contrôler l'esprit par Vladimir Harkonenn, un vieux prêcheur — qui serait peut-être Paul lui-même — critique la déviation néfaste de la religion de Muad'Dib, la maison Corrino de Salusa Sucundus veut renouer avec sa gloire d'antan, à l'aide du jeune prince Farad'n, Jessica (redevenue une Bene Gesserit) et Gurney sont de retour sur Dune pour enquêter mais surtout la planète est devenue ce qu'à toujours voulu Liet-Kynes, une planète remplit de verdure et de courant d'eau. le désert est toujours présent mais son impact s'est amoindris et il est moins respecté par la nouvelle génération Fremen qui ne respecte plus les codes anciens du distille et de l'eau. le nouvel écosystème de la planète risque également de faire disparaître tous les vers de sables, l'être essentiel pour accroitre l'Épice et donc donner toute la puissance habituelle d'Arrakis dans l'Univers. En bref, Herbert exploite à merveille son oeuvre, l'enrichit et pose de nouvelles problématiques. Pour les grands fans du premier volet, ce troisième tome va vous faire plaisir car il renoue plus avec son état d'esprit.
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En effet, Les Enfants de Dune contient tous les ingrédients de la quête initiatique, comme Paul dans le premier tome, Leto-fils doit parcourir un chemin fait d'obstacles et se transcende pour devenir ce qu'il doit être et sauver sa planète des griffes d'une politique totalitaire et d'une extinction de l'espèce humaine. L'oeuvre s'élève grâce à une nouvelle facette encore jamais vue auparavant car Dune est devenu un jardin. L'oeuvre jongle aussi avec une autre planète, Salusa Selunda (déjà vu brièvement dans le premier tome). C'est l'occasion également d'y voir des nouveaux visages comme déjà cité plus haut Farad'n, le prince de la planète mais aussi son bras droit Tyekanik ou sa mère Wensicia, fille de l'ancien Empereur Padishah IV et soeur d'Irulan, resté auprès des jumeaux et d'Alia. le jeune homme se confronte contre son gré à un complot dans lequel il est utilisé. Les Sardaukars surentraînent des tigres pour les envoyer sur Dune et assassiner les jumeaux Atréides pour que le jeune Prince prenne le pouvoir. Les animaux sont d'ailleurs un bel exemple de la richesse qui submerge ce tome. À plusieurs reprises, des bêtes sont décrites en train de boire au bord d'un ruisseau, d'autres en train de voler mais aussi plusieurs descriptions sont faites sur les truites des sables. Des poissons importants dans l'écosystème de Dune et font partie intégrante du cycle des vers des sables. L'oeuvre contient du renouveau dans sa façon d'être plus ample, ainsi d'autres sietchs sont inventés sous la plume d'Herbert comme le légendaire Jacurutu, lieu que doit atteindre dans une quête difficile le jeune Leto pour poursuivre le chemin du Sentier d'Or (le chemin de la sauvegarde de l'humanité).
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Si l'oeuvre rejoint plus l'esprit du premier Dune, il garde également tout l'ésotérisme et le mysticisme profond du Messie. le poids du temps se fait ressentir, l'aventure du jeune prodige Paul est maintenant bien loin. Ce sont les jumeaux qui reprennent le flambeau et quel charisme pour ces deux personnages âgés seulement de neuf ans. le legs laissé par le père est puissant et lourd de sens, les deux enfants sont submergés par les souvenirs innombrables des générations du passé pesant sur leur conscience. L'alchimie entre les deux est parfaite, un attachement profond se construit pour eux mais en même temps une distance — comme toujours dans Dune — se tient entre le lecteur et les protagonistes. Car si, ils passent pour les héros et les sauveurs, en particulier Leto, ils sont tout autant nuancés que les autres visages de ce monde. de par leur intelligence supérieure, leur sens iné de la rhétorique et les grandes connaissances qu'ils ont du passé, ils sont parfois imbus d'eux-même et n'hésitent pas à être épineux avec autrui. En même temps, ils grandissent auprès de personnes qui concoctent sans cesse des plans pour eux et autour d'eux, c'est pourquoi Les Enfants de Dune contient également cet aspect stratagème et complexité politique de ses ainées. le récit englobe sans cesse des plans dans des plans, des entortillements alambiqués entre ce que veulent faire les personnages et ce qu'ils veulent et cela est parfois difficile d'accès. Il vaut mieux bien savoir sa grammaire de Dune pour suivre sans encombre l'histoire. Heureusement que le livre ne reste pas constamment cloitré dans l'introspection systématique — même si cela reste l'essence du livre d'Herbert — et se libère un peu de ce joug pour nous confronter à des expéditions. Tout le trajet de Leto est passionnant, sa fuite avec Ghanima et le combat épique contre les deux tigres, la séparation douloureuse entre les jumeaux, sa façon de survivre dans le désert, sa découverte de Jacurutu après s'être fait capturer par Namri (un fremen contrebandier), son passage à la trans d'épice puis sa nouvelle fuite pour devenir un être surnaturel et extatique, tous ces éléments font de ce Dune un mélange savoureux entre le premier et deuxième volet. le parcours de Leto permet à Herbert de se lâcher totalement dans un lyrisme splendide, le meilleur passage pour moi reste celui de la trans d'épice que Gurney (envoyé par Jessica) et Namri force à faire au jeune garçon pour qu'il puisse avoir des visions presciences très puissantes — tout comme son père — pour voir l'avenir. Ce sont des extraits très métaphysiques, hallucinatoires et totalement aériens qui permettent à Leto de comprendre ce qu'il doit faire : fuir et se transformer en fusionnant avec les truites des sables pour advenir à l'immortalité. Leto reste alors le personnage fort et clé de ce volet mais les autres personnages sont tout autant passionnants.
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J'ai déjà parlé de Ghanima auparavant mais la chose supplémentaire chez elle, c'est la façon dont elle est traitée discrètement par l'auteur. Elle aime son frère plus que tout mais elle sera toujours en dessous de ce dernier. Il est plus fort et plus puissant, Ghanima est clairement inférieure et sa dernière phrase qui conclut le livre résume parfaitement cet éclairage. Alia quant à elle est sûrement le personnage le plus tragique, dès le premier Dune, le lecteur sait qu'elle est une menace et que son Abomination la domine. Elle est exécrable mais elle est aussi fatalement torturée par la conscience de son grand-père qui a pris le pas en elle, cette dernière ne peut éviter l'inévitable. Son suicide à la fin met en évidence magistralement l'impuissance de son entourage et d'elle-même mais laisse un présage d'humanité chez la jeune femme, qui fait ce choix peut-être par altruisme. Sa relation, auparavant, avec Duncan est également d'une grande mélancolie. Devenu un Mentat de grande qualité, l'ancien ghola aime Alia mais ne peut rien faire face au destin fatal de son épouse, l'obligeant à comploter contre elle. Herbert démontre une grande sensibilité de l'homme, n'hésitant pas à l'exposer à une tristesse profonde. Cette sensibilité se fracture dans toutes les relations familiales possibles. Les jumeaux détestent leur tante mais elle aussi, Jessica se met à comploter contre sa propre fille car elle n'a pas le choix, Duncan ne veut plus suivre le plan de Jessica car trop influencer par les préceptes du Gesserit, Stilgar hésite à tuer les jumeaux mais veut les protéger en même temps, ce dernier assassine d'ailleurs Duncan sur un coup de rage (mais voulu par le ghola pour que le naib puisse accomplir le plan contre Alia), Farad'n ne veut pas faire partie du plan de sa mère et se fait donc éduquer par Jessica pour finalement devenir le scribe de Leto, etc… Si j'accumule tous ces faits, c'est pour mieux faire comprendre la difficulté des conflits, toutes les nuances construites par Herbert pour divulguer les nombreuses querelles au sein d'un Empire qui transite. Enfin, si on peut parler d'un dernier protagoniste important, c'est le Prêcheur. Très mystérieux, les vérités qu'il crache subjugue toute la population et le lecteur comprend qu'il est réellement : Paul Muad'Dib. le héros du passé devenu un Dieu, n'est plus que l'ombre de lui-même et vagabonde dans le désert pour faire naître la détestation face au fanatisme de la propre religion qu'il a instauré sans le vouloir. La rencontre avec son fils est très belle car beaucoup dans les non-dits et l'espacement entre les deux individus. Leto ne veut pas faire les mêmes erreurs que son père et ce propos est l'un des plus beaux du livre. Cet être déchu, détruit par le temps et le désert, emprisonné longtemps par ses visions prescientes, n'est plus le jeune adolescent de Caladan. Face à son fils, il n'est plus rien et c'est bien Leto qui rua guider Dune pour changer son destin : en bien ou en mal ? Telle est la question mais sûrement ni l'un ni l'autre car l'ambiguïté est le maître-mot de ce chef d'oeuvre de la science-fiction.
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ged7fr
  20 septembre 2020

Nota : j'ai commencé a écrire cette critique environ 150 pages avant la fin. Ça devait être un canevas pour structurer la compréhension d'un livre dont l'accès est difficile : où l'on se sent perdu dans le désert d'Arrakis avec un Fremkit défectueux et un distille qui fuit. Et j'ai l'impression d'avoir tapé dans le mille (ou presque). J'ai donc décidé de ne pas modifier la rédaction, car même si la critique est incomplète, je pense qu'elle révèle la nécessité de l'épilogue. A la dernière page, j'ai éprouvé une grande satisfaction d'une résonance commune, mais je ne m'attendais pas aux twists finaux, où même si on a compris ce qui motivait certains personnages, leurs choix et comportements sont inattendus et surprenants : comme l'expression explosive d'un plan dans un plan, dans un plan...
Voici la critique initiale :
Que savons nous de l'univers de Dune à ce stade. Visiblement la société est foncièrement féodale, aucune liberté ne rêgne ni pour les peuples, qui comptent pour quantité négligeables et qui est corseté par la peur (des pouvoirs), l'angoisse de la survie (sur des planètes pas très hospitalières) et le mauvais espoir (des religions). le scientisme a probablement été réprimé après le mythique jihad butlerien dans un lointain passé. Depuis les peuples vivent dans une forme de stagnation, ce qu'il reste de la technologie a probablement peu changé, quelques technoplanètes entretiennent un artisanat techno-scientifique mais elle est réduite et s'adresse à ceux assez riches pour le payer. le Landsratt, une sorte de parlement, est intimement lié à la CHOM, qui gère les aspects économiques de l'empire. Visiblement la CHOM prélève une forme d'impôt dont les clés de redistribution aux différentes maisons du Landsratt sont prédéfinis, presque immuables, et ne permet pas les initiatives sans une permission implicite ou explicite des trois grandes maisons (Atréides, Corrino, Harkonnen). En fait le duopole CHOM/Landsratt ne permet que de définir l'équilibre des forces entre les trois grandes maisons. La guilde, qui finalement n'est qu'une agence de transport, jouit d'une certaine forme d'indépendance de par leur nécessité à l'irrigation de l'empire. Elle reste plutôt neutre, sauf si son existence à long terme est menacé. le Bene Gesserit dont le but est d'améliorer la politique, la gestion des peuples, tentent d'équilibrer les divisions tout en les alimentant. Elle vise la création d'un dirigeant idéal le kwisatz haderach auquel elle se soumettrait mais voudrait aussi contrôler. Voilà pour la partie réaliste de Dune.
Passons à la partie fantastique, Dune et l'épice. L'épice une sorte de graal qui donne vie à l'empire et ses protagonistes : prolonge la vie, donne des visions du futur, permet de replier l'espace et donc de se déplacer instantanément de planètes en planètes. Une seule source Dune, via un processus franchement étrange. Mais écartons nous légèrement du propos pour une autre considération. Il semble que l'univers est vide, aucune intelligence extra-terrestre n'a été rencontré, mais on la craint et c'est pour cela que l'on conserve les armes atomiques. Visiblement les planètes conquises ont due être terraformé ou adapté avec des animaux et des végétaux provenant initialement de la Terre, même si ses êtres vivants ont légèrement évolué pour s'adapter aussi à leurs environnement. Globalement on n'est pas dépayser : sauf pour l'écosystème du vers d'Arrakis. Est-ce la seule forme de vie alien rencontré, on ne sait pas.
Voilà le décors, dont beaucoup est encore dissimulé par des rideaux et des ombres. Parlons du fracas.
La question sous-jacente est probablement de savoir si le libre-arbitre est possible dans un univers où la liberté est absente. Absente dans les faits, n'importe qui est soumis à des allégeances subies ou consentis à ses seigneurs, ses prêtres, ses lois, voire ses choix. La désobéissance se paye généralement par la mort. Voire absente de la trame même de l'univers : si l'avenir est figé, s'il n'y a que destin, il n'y a que soumission et aucune liberté. Mais la liberté n'est pas absolu, elle est un continuum. Il est évident que pour le petit peuple, en tant qu'individus, il n'a guère de choix, il est soumis, réprimé, sinon punis : sa capacité d'action, corollaire d'une liberté, est quasi nulle et compte pour peu. le peuple ne peut acquérir de liberté que collectivement, par exemple par la révolte, c'est ce qui effraie ceux qui ont des pouvoirs en tant qu'individus. Ils ont la libertés de commander, presque sans entrave, d'imposer le destin de celui-ci ou celui-là, mais dans la crainte d'une réaction collective consciente (la révolte, la guerre civile), ou inconsciente (l'extinction, l'effondrement). Deux choix s'offrent alors à eux : la tyrannie ou la soumission librement consentis. On reconnaîtra les choix des différents protagonistes.
Ce dilemme s'applique aussi aux protagonistes qui ont le plus de pouvoir : Paul, Alia, Leto, Ghamina. Ils ont en eux l'expérience du passé et la vision du/des futurs. Une vision panoptique de l'univers et sur ce que peut espérer et faire un individu. La réponse reste néanmoins flou, car il n'est pas facile d'interpréter ce que l'univers recelles par les effets et les transes de l'épice (la porte de la conscience sur l'univers). Il semble que les possibilités de libre arbitre sont réduites. La liberté pourrait être possible, mais elle demeure un paris. A défaut de libre arbitre, peut être ineffable, il est peut-être plus raisonnable de parier sur l'illusion du libre-arbitre, pour ne pas sombrer. L'individu est foncièrement un être actif qui pour se mouvoir doit croire ou choisir un but.
Voilà pour la théorie. Mais qu'en est il dans la pratique ? le peuple Fremen s'est fait flouer. C'est le seul peuple dont on a une description de son mouvement, de sa subjugation qui va le mener à son désespoir. Avant l'arrivé des Atréides sur Arrakis, le peuple Fremen est certainement le seul peuple libre de l'empire. Pas dans ses apparences. D'une part l'hostilité de la planète est telle que l'individualisme n'est pas possible sans provoquer sa mort, voire celle des autres. Tout écart à la norme de survie du groupe est condamné généralement par la mort. D'autre part du point de vue de l'occupant Harkonnen et de l'empire, le peuple fremen est faible, peu nombreux, disperçé et sous contrôle. Mais dans les fait, ils sont libres de leur destion et ont la capacité de garantir cette liberté. D'abord la garantis évidente, ils supplantent militairement les Sardaukar, mais restent cachés. Maintenant leur liberté en tant qu peuple : ils ont choisis un projet à long terme pour transformer la face d'Arrakis. Ce projet est collectif et appartient à chaque fremen en tant qu'être, en tant que but, en tant qu'espoir positif. Lieth les dirige avec leur consentement, il est plus un coordonnateur, un inspirateur, qu'un chef, il a un pouvoir par délégation et pas par légitimité de sang. Et voilà qu'arrive leur "bourreau", qui va leur imposer leur gouvernement par la légitimité du sang : le duc autoproclamé et héréditaire. Les Fremen se laissent subjugué par le fils car il leur démontre qu'il a le pouvoir de leur donner ce qu'ils veulent sans la peine et l'effort qui va avec. Paul les dépossèdent de leur rêve. Pas dans la finalité d'une planète transformée, mais dans la confiscation de la propriété de cette transformation. Je pense que celà explique la férocité du Jihad qui suit l'imperium de Paul. Les Fremen ont une rage inconsciente de cette dépossession et font connaître leur fureur dans la conquête des planètes. Car dans ce jihad rien ne compte plus que cette fureur car la religion qu'ils imposent fondamentalement après trois tomes, on n'en connaît pas le credo, son message (comme on connaît tout le crédo Jedi), car il n'importe pas.
Revenons finalement sur le décors. Parfois nous sommes invité par la situation ou les protagonistes à contempler la beauté subjuguante d'Arrakis. Est ce que cette beauté et la contemplation est un moteur de l'histoire et du destin de Dune, ou juste une respiration. Je ne sais pas. J'en attend quelque chose, mais ce quelque chose ne vient pas, ou alors elle se meut profondément presque imperceptiblement sous les sables de Dune.
P.S : toutes les fautes sont de moi, c'est mon blasphème à la religion grammériste.
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arcade_d
  25 avril 2019
12ème lecture et Sublime
Bravo et Merci
L'esthétique est dépassée, et la reconnaissance s'unit à l'admiration.
Les jumeaux de Paul et Chani
Alia, leur tante a un plan sur eux et pour eux.
Jessica la grand-mère et le Bene Gesserit avec elle ont un plan qui s'appuie sur le plan possible d'Alia et le plan entreprit par la maison Corrino, les déshérités de l'imperium.
Mais au dessus de tout cela les jumeaux ont eux même construit leur plan pour atteindre le chemin doré.
Mais rien de tout cela n'est une construction mentale et basé sur la logique, ce n'est pas du Asimov, ce n'est pas Fondation. le roman est une réponse des jumeaux par l'amour aux conséquences des actes et fautes de leur père Paul, qui lui-même avait agit par amour.
Ce troisième roman de la série est traversé du génie de Herbert et l'on sent également le souffle de celui de son épouse Beth, de l'amour qui les unit et de l'amour pour l'humanité.
Quand les personnage se trompe, commettent des erreurs, se laissent posséder comme Alia, alors le pardon et la rédemption est toujours le meilleur chemin.
La leçon, la grande, la seule, c'est qu'au moment du jugement chacun est seul à se juger lui-même. L'amour de Dieu est impuissant mais il est infini et inconnaissable, comme l'univers nous sera à jamais inconnaissable, nous en vivons l'expérience. Herbert n'était pas un scientiste comme l'autre auteur de la même époque, il s'intéressait aux questions pas aux réponses.
Ce qui est remarquable chez Herbert c'est son amour pour ses personnages, j'avais trouvé le même amour dans un petit roman récent érotique, « parties communes » d'Anne Vassivière ».
Bravo et Merci
Sublime
Je passe maintenant à l'empereur Dieu de Dune.

Lien : https://tsuvadra.blog/2019/0..
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Citations et extraits (103) Voir plus Ajouter une citation
HQLHQL   08 mai 2021
Nous sommes dans un univers changeant et nous sommes le plus étrange de ces changements. Nous résonnons selon tant d'influences. Nos futurs exigent d'être constamment réajustés. Nous sommes devant une barrière qu'il nous faut renverser. Ce qui exige de notre part des actes violents, que nous nous opposions à nos désirs les plus profonds, les plus chers... Mais cela doit être fait.
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Aurelien38Aurelien38   06 mai 2021
Qui abandonne l'échelle peut tomber vers le haut !
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SimonbothorelSimonbothorel   07 novembre 2020
Quelques citations/extraits du livre Les Enfants de Dune (1978) de Frank Herbert (Édition Pocket, 2012) traduit de l’américain par Michel Demuth :

• « Mieux valait conserver cette ancienne vertu qu’il avait toujours chérie : la loyauté. Mieux valent les difficultés que l’on pense connaître que celles qui défient la connaissance. Mieux veut le présent que l’avenir du rêve. Et les rêves peuvent être vides et déchirants : il le savait au goût amer qui lui venait maintenant à la bouche. Non ! Plus de rêves ! » p. 17.

• « Trop de connaissance ne facilité pas les plus simples décisions. » (Ghanima à Leto) p. 25.

• « Ici, la verte bannière des Atréides flottait librement. L’eau et la verdure. Les nouveaux symboles d’Arrakis. Là-bas, une oasis en forme de diamants était posée sur la nuit et Leto porta vers elle toute la vigilance de ses sens fremen. L’appel claironnant d’un oiseau de nuit, quelque part sous la falaise, vint amplifier l’impression qu’il avait soudain d’être projeté dans quelque moment du passé farouche. » p. 48.

• « Comment pouvait-il expliquer à sa sœur ce qui survenait en lui ? Dans sa tête, il y avait des guerres, des vies sans nombre projetant une cascade de mémoires : accidents violents, langueurs amoureuses, lieux et visages multicolores… Chagrins enfouis et vibrants émois en multitude. Uk retrouvait les élégies printanières de mondes depuis longtemps disparus, des danse vertes et des foyers dans la nuit, des plaintes et des appels, une moissons géante de conversations qui se mêlaient en une grange de sons. Un assaut qui était cent fois plus fort, ici, hors de l’abri du sietch. » p. 49.


• « L’existence, dit-il. Sa joie, sa beauté sont contenues dans le fait que la vie peut vous surprendre. »
Une voix murmura doucement à son oreille : « J’ai toujours connu cette beauté. »
(Leto et Ghanima pendant qu’ils sont sous l’emprise trans’ de la persona de leurs parents) p. 103.

• « Le gouvernements s’érigent et s’effondrent pour des raisons qui semblent insignifiantes, Prince. Des événements si mineurs ! Une dispute entre deux femmes… La direction du vent un certain jour… un éternuement, une toux, la longueur d’une parure ou la rencontre improbable d’un grain de sable et de l’œil d’un courtisan. Ce ne sont pas toujours les soucis majeurs des ministres impériaux qui dessinent le cours de l’histoire, pas plus que ce ne sont les gestes des pontifes qui dirigent les mains de Dieu. » (Le Prêcheur à Farad’n pendant qu’ils sont à Selusa Secundus pour lui expliquer les rêves du Prince) p. 124.

• « Quel satané cadeau ce serait que d’offrir à quiconque le scénario complet de sa vie, de toute sa vie, jusqu’à la seconde de sa mort ! Quel ennui ! Quel ennui infernal ! Chaque instant revécu. Pas la moindre différence. Chaque réponse, chaque réaction serait jouée comme elle est écrite, encore, encore et encore… (Il secoua la tête.) Non… L’ignorance a ses avantages. J’appelle de toutes mes forces un univers de surprises. » (Leto à Jessica) p. 130.

• « Au revoir, ma bien-aimée. »
Elle ne comprit pas ce qu’il y avait de définit dans sa voix et elle l’embrasse furtivement lorsqu’il la quitta. Et, tandis qu’il suivait les couloirs du labyrinthe du Temple pareils à ceux du sietch, Idaho se frottait les yeux, car même les yeux tleilaxu ne sont pas immunisés contre les larmes. » (Idaho à cause du changement d’Alia et de son Abomination) p. 179.

• « Pour la première fois, tandis qu’il observait Ghanima et Dame Jessica, Stilgar commença de comprendre ce que ce devait être de vivre dans l’inextricable réseau de ces mémoires, sans pouvoir se replier ni se réfugier dans une chambre secrète de l’esprit. Devant une telle situation, il fallait intégrer la folie, sélectionner et rejeter une multitude d’offres provenant d’un système dans lequel les réponses changeaient aussi rapidement que les question. » p. 182.

• « Les Fremen ont raison. Dans le désert, la nuit surtout, ce sont les dangers de la pensée que l’on affronte. » (Duncan à Jessica avant de donner sa démission des Atréides) p. 312.

• « On ne pouvait pas te permettre de continuer ainsi, dit l’homme. Très mauvais. Avant d’accéder au trône, il convient de t’éluder. (Les yeux bleus d’Ibad s’abaissèrent sur Leto.) Tu te demandes comment nous pouvons prétendre éduquer une personne telle que toi ? Toi, avec les connaissances d’une multitude de vies dans tes souvenirs ? Mais c’est justement cela. Tu te crois éduqué mais tu n’es que le dépositaire de toutes ces vies mortes. Tu n’as pas encore de vie propre. Tu te repais des autres, et ils n’ont qu’un but — chercher la mort. Ce n’est pas bon pour un chef, de chercher la mort. » (Namri à Leto après l’avoir capturé lorsque l’enfant venait pour aller à Jacurutu) p. 323.

• « C’est la maladie de l’indifférence qui détruit tant de choses, dit Leto. Oui… même les civilisations en meurent. Comme s’il s’agissait du prix exigé pour parvenir à de nouveaux degrés de complexité ou de conscience. […] Il n’y avait aucune grandeur dans la vie de mon père, Namri, rien qu’un piège local qu’il construit pour lui-même. » (Leto à Namri) p. 347.

• « Tout jugement oscille sur la pointe de l’erreur, dit Leto. Prétendre à l’absolue connaissance, c’est devenir un monstre. La connaissance est une perpétuelle aventure à la lisière de l’incertitude. » (Leto à Gurney et Namri) p. 361

• « Ah ! Sabiha, pensa-t-il, se rappelant cette autre vision qui emplissait son cœur de chagrin. Bien des nuits j’ai rêvé auprès de l’eau lire, écoutant les vents souffler au-dessus de moi. Bien des nuits ma chair est demeurée dans l’antre du serpent et j’ai rêvé de Sabiha dans la chaleur de l’été. J’ai l’ai vue empiler les pains d’épice cuits sur des feuilles de plastifier rougies. J’ai vu l’eau limpide du qanat, si douce et si brillante, mais une tempête se déchaînait dans mon cœur. Elle boit du café et elle mange. Ses dents brillent dans la pénombre. Elle met mes anneaux d’eau dans ses cheveux. Le parfum ambré de ses seins pénètre mes sens. Elle me tourmente et m’oppresse par son existence. La pression de se multi-mémoires fit éclater le globe de temps gelé auquel il avait tenté de résister. Il perçut les corps enchevêtrés, les bruits du sexe, les rythmes inscrits dans chaque impression sensorielle : lèvres, souffles, haleines humides, langues. Quelque part dans sa vision, des formes en hélices tournaient, noires comme le charbon, et il perçut leur pulsation régulière, en lui-même. Une voix implorait au centre de son crâne : « Je vous en prie, je vous en prie… » Il y eut une turgescence d’adulte venant de ses reins. Sa bouche s’ouvrit, mordit à l’ultime rambarde de l’extase. Un soupir, la houle attardée de la douceur, l’oubli. » (Leto qui à une vision avec Sabiha pendant sa trans, la nièce de Namri) p. 390.

• « L’avenir demeure incertain, et ainsi doit-il être car il est la toile sur laquelle nous peignons nos désirs. Ainsi, toujours, la condition humaine affronte-t-elle une belle toile vide. » (Jessica à Farad’n après l’avoir entrainé à avoir un esprit Bene Gesserit) p. 406

• « Les hommes doivent désirer accomplir des choses en accord avec leurs pulsions profondes. Ce sont les gens, et non les organisations commerciales ou les hiérarchies, qui ont la réussite des grandes civilisations. Chaque civilisation dépend de la qualité des individus qu’elle produit. Si vous sur-organisez les humains, si vous les sur-légalisez, si vous supprimez leur élan vers la grandeur — alors ils ne peuvent œuvrer et les civilisations s’effondrent. » (Une lettre à la CHOM attribuée au Prêcheur) p. 407

• « Leto l’examinait. Il connaissait ses propres traits et il discernait nettement les lignes de ressemblance, comme soulignées par la lumière. Des lignes qui se fondaient en une réconciliation indéfinissable, en un cheminement de gènes aux frontières imprécises, mais qui ne pouvaient échapper à l’examen. Ces lignes venaient des jours anciens et bourdonnants, des jours éclaboussés d’eau, des mers miraculeuses de Caladan. Mais, en cet instant, en ce point précis d’Arrachis, elles allaient se diviser, tandis que la nuit attendait de se déployer entre les dunes. » (Leto après s’être enfui de la trans et être devenu un Dieu-vers face au Prêcheur en qui il reconnait les traits de son père) p. 453.

• « Être un Dieu, cela conduit à l’ennui et à la dégradation. C’est assez pour inventer le libre arbitre ! Un Dieu peut souhaiter fuir dans le sommeil et ne vivre que dans les projections inconscientes des créatures de son rêve. » (Paul-prêcheur à Gurney) p. 496.

• « Comme il est plus facile de suivre nos pensées plutôt que nos sens » (Leto à Paul et Gurney) p. 496

• « Un instant il aperçut dans les yeux d’Alia la présence brisée, disloquée, de la personnalité de sa tante, il entrevit son regard désespéré qui le fixait. Puis elle disparut. Mais son corps se déplaçait, en une démarche froide, mécanique. Alia oscilla, trébucha, s’écarta de son chemin et y revint irrésistiblement, se rapprochant lentement de la fenêtre. Ses lèvres vomirent la colère du Baron : « Arrête ! Arrête ! Je te l’ordonne ! Arrête-toi ! Ou sinon… » Elle prit sa tête entre ses mains, les traits torturés, tomba un peu plus près de la fenêtre. Ses cuisses touchaient maintenant le rebord mais la voix criait toujours : « Ne fait pas ça ! Arrête, je t’aiderai ! J’ai un plan. Ecoute-moi ! Arrête ! Attends ! Mais Alia, tout à coup, ôta les mains de sa tête, agrippa le cadre disloqué de la fenêtre et, d’un seul élan, franchit le rebord et disparut. Elle ne poussa un seul cri dans sa chute. » (Alia qui se suicide après que ses plans furent déjoués par l’arrivée soudaine de Leto et Ghanima pendant la cérémonie d’arrivée de Farad’n et car sa position d’Abomination la torture trop) p. 520.
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dbaudeletdbaudelet   12 novembre 2011
L'atrocité est reconnue comme telle par la victime tout autant que par celui qui la perpètre, par tous ceux qui en ont connaissance à quelque degré que ce soit. L'atrocité n'a pas d'excuse, pas de circonstance atténuante. Jamais elle n'équilibre ni ne corrige le passé. Elle ne fait qu'armer l'avenir pour d'autres atrocités. Elle se perpétue d'elle-même selon une forme barbare d'inceste. Quiconque commet une atrocité commet toutes les atrocités futures ainsi engendrées.

Les Apocryphes de Muad'Dib.
Page 141.
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WiitooWiitoo   08 avril 2014
Les arrogants ne font rien d'autre que d'édifier des châteaux où ils cachent leurs craintes et leurs doutes.
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