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EAN : 9782072568268
400 pages
Éditeur : Gallimard (25/01/2016)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 529 notes)
Résumé :
Durant les cinq premiers jours de novembre 1920, l'Angleterre attend l'arrivée du Soldat inconnu, rapatrié depuis la France. Alors que le pays est en deuil et que tant d'hommes ont disparu, cette cérémonie d'hommage est bien plus qu'un simple symbole, elle recueille la peine d'une nation entière. À Londres, trois femmes vont vivre ces journées à leur manière. Evelyn, dont le fiancé a été tué et qui travaille au bureau des pensions de l'armée ; Ada, qui ne cesse d'ap... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (180) Voir plus Ajouter une critique
Titania
  23 janvier 2016
Si je suis là, à vous parler bouquins, c'est parce que mes grands-pères en sont revenus du Chemin des Dames, de Verdun et même c'est original pour un Français, des Dardanelles.
Revenus cassés, mais revenus vivants et entiers de cette tentative de suicide géante de l'Europe entière qui a englouti une jeunesse et plongé le reste de la population dans la douleur du deuil. Ma famille fait partie de ceux qui ont été déplacés de Picardie pour faire la place aux canons des soldats de sa très gracieuse majesté. Enfance dans des paysages mités de cimetières militaires, avec l'interdiction formelle de jouer avec les munitions qui traînaient partout encore dans les champs. J'ai partagé le chagrin des vivants particulièrement collant et héréditaire décrit par Anna Hope dans son roman.
Très tôt, j'ai voulu comprendre cette malédiction pesant sur nombre de personnes de ma génération, et je suis allée m'imprégner de la craie de Champagne de la boue de Verdun dans des restes de tranchées, en entendant encore l'horrible petite chanson sur Craone que chantait l'un de mes grands Pères lorsqu'il avait un peu bu. L'alcool, on en donne vite l'habitude aux hommes pour les envoyer à la mort...
Il est rare qu'un texte rencontre ma vie à ce point, et c'est le cas pour ce roman sensible et bien documenté de cette jeune auteure qui équilibre son propos entre vérité historique de l'histoire de ce soldat inconnu britannique et ces personnages souffrants, pudiques dont la vie entière est marquée par la douleur du manque et du deuil, sur laquelle ils n'arrivent pas à poser de mots. C'est aussi l'horreur des combats sur place dans la boue avec les corps pulvérisés par les obus qui revient dans les cauchemars. C'est aussi la chronique de l'indicible, l'impossibilité de partager avec ses proches, le sentiment de culpabilité générale. La guerre tue, démembre, fracture, sépare, isole, déshumanise .
Un roman choral construit comme une dramaturgie en cinq jours. Les personnages confinent à l'universel. On a des veuves, des mères, des soeurs éplorées, des amputés, ceux qui sont devenus fous, ceux qui voient des fantômes, ceux qui ne dessoûlent plus, blessures visibles et invisibles, stress post traumatique dit-on maintenant. Un récit qui s'installe progressif ...le temps de voir surgir les traumatismes, par traces, et l'horreur de la guerre en évocations incomplètes et énigmatiques qui nous donnent envie d'en savoir plus. C'était une époque où la vie d'un homme sur le front, ou d'une ouvrière dans une usine de munitions ne valait pas grand chose.
Ils étaient partis la fleur au fusil pour une guerre courte et rapide. Ils sont morts par millions, et n'ont pas réussi la paix. le chagrin des vivants s'est par ailleurs communiqué à deux générations qui ont suivi .
Ce roman est étonnant de vérité , je suis ravie de pouvoir la rencontrer lundi chez Gallimard.
Je remercie sincèrement l'éditeur et Babelio pour ce cadeau qui m'a vraiment touchée.


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lyoko
  01 mai 2020
Je n'ai jamais particulièrement aimé les romans ayant liens avec les deux guerres mondiales… a de rares exceptions près. Et celui-ci en fait partie.
J'aime beaucoup le parti pris de l'auteure de traiter les affres de l'après guerre grâce au soldat inconnu. Au déplacement de ce corps dans un lieu ou on pourra régulièrement rendre hommage a nos soldats.
Mais ce roman, remet en place pas mal de choses, si les poilus avaient le mérite d'être au front , d'autres personnes faisaient également le job et souffraient aussi d'un travail difficile, ou d l'absence tout simplement d'un enfant, d'un mari ou encore d'un père.
Entre l'espoir et le désespoir il n'y a qu'un fil, et l'auteure le tricote pour faire se croiser les destins de ses personnages et créer une trame intéressante et surprenante.
Une histoire prenante, un véritable hommage a tous les survivants de cette première guerre mondiale ( mère, épouse, soldats, ouvriers,...) .
J'ai dévoré ce roman. L'auteure a une écriture addictive , qui nous emporte loin dans son monde.
Un roman que je conseille volontiers
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KATE92
  04 février 2016
SURVIVRE
Merci à BABELIO pour cette masse critique spéciale, aux éditions GALLIMARD, et à la rencontre organisée avec l'auteure.
J'ai été ravie de pouvoir écouter l'auteure « raconter » son roman ce qui m'a permis d'appréhender les trois personnages féminins de façon plus réelle même si la guerre, comme tout un chacun ne l'ignore pas, laisse des cicatrices, séquelles et bien plus encore chez les soldats, leurs familles et sur tout un peuple et ce bien au-delà des frontières.
L'histoire de ces femmes « cabossées » par les suites de la première guerre mondiale est traitée ou plutôt décrite de façon sensible sur les 5 jours avant la cérémonie du soldat inconnu qui a eu lieu le 11 novembre 1920.
A lire absolument : rarement le point de vue des femmes est mis en exergue de façon aussi directe, et sensible.
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Fortuna
  24 janvier 2016
Pendant ces cinq journées de novembre 1920 se prépare à Londres la commémoration de l'armistice, le 11, pendant laquelle va être enterré le soldat inconnu à Westminster Abbey. Les restes d'un soldat retrouvés parmi ces tombes qui fleurissent dans les campagnes françaises et qui vont peu à peu rejoindre des cimetières plus adaptés. Les restes d'un corps anonyme, choisis parmi tant d'autres que leurs familles n'ont pu revoir une dernière fois. Et qui reconnaîtront un mari, un frère, un père, un cousin, un oncle au passage de ce guerrier sans visage...
Des femmes, des millions de femmes aux destins brisés, des enfants devenus orphelins avant de savoir parler, et des hommes revenus... estropiés, gazés, traumatisés, inutiles, encombrants parfois, obligés de quémander une pension, une attention, une danse...tous viendront en foule se recueillir.
Trois femmes, unies par d'invisibles liens, vont hésiter pendant ces cinq jours où les souvenirs se font plus pressants.
Evelyne, la trentaine, travaille au bureau des pensions. Elle a perdu son fiancé, elle a des doutes sur son frère, Edouard, ancien capitaine, elle est amère, aigrie. Sa vie s'est arrêtée à la mort de Frazer, son unique amour, son avenir anéanti.
Ada, la cinquantaine, mariée à Jack qu'elle ne regarde plus, obsédée par le souvenir de son fils, Michael. Parti trop tôt, à 18 ans, elle aurait voulu le retenir, mais non, il est mort là-bas, sur un champs de bataille français, loin de ses parents. Elle n'a reçu qu'un mot, une lettre, pour lui annoncer que son garçon était mort mais que son corps n'avait pas été retrouvé...Et alors son fantôme la hante surtout depuis le passage d'un homme qui semble l'avoir connu.
Et Hettie, qui a 19 ans et qui fait danser les soldats pour quelques pence. Son frère, Fred, est muré dans le silence, incapable de reprendre le cours d'une vie normale. Son père est mort. Alors elle danse au Hammersmith Palais au désespoir de sa mère qui a besoin de sa paye.
Et même si la guerre est finie dans ce Londres meurtri, les traces des bombardements sont encore présentes dans les gravas des immeubles effondrés, dans l'angoisse des habitants, le chagrin est là dans le coeur des survivants. Anna Hope parvient à nous faire revivre cette époque avec beaucoup d'intensité, à nous faire ressentir toute la pesanteur des suites du désastre, la résistance des hommes face à ceux qui voudraient oublier...Et si beaucoup réapprendront à vivre, d'autres resteront à jamais marqués dans leur chair par cette grande boucherie mondiale.
Un très beau premier roman écrit par une jeune romancière au talent prometteur. Un bel hommage à tous les oubliés de l'histoire et aux femmes qui travaillent dans l'ombre à réparer les destins.
Un grand merci aux éditions Gallimard et à Babelio pour la découverte de ce texte et l'invitation à la rencontre avec l'auteure.
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Nastie92
  30 août 2018
Le chagrin des vivants, je le connais. Je le connaissais bien avant d'avoir lu le livre d'Anna Hope.
Je le connais à travers ce que me racontais ma grand-mère lorsque j'étais enfant.
Ce chagrin, elle était malheureusement très bien placée pour en parler, elle qui avait perdu ses quatre frères lors de la "grande" guerre.
Seule fille dans une fratrie de cinq enfants, elle s'est retrouvée fille unique à la fin de la guerre.
Un traumatisme dont elle ne s'est jamais remise.
Et c'est là l'interrogation principale de ce roman : la guerre terminée, les vivants peuvent-ils se remettre de leurs traumatismes ? Peuvent-ils se sortir de leur chagrin ?
Le chagrin des vivants, c'est ce qui reste après la guerre ; c'est ce qui relie ceux qui ont survécu, c'est ce qu'ils partagent sans le savoir.
Les dirigeants l'ont bien compris, et pour établir une sorte d'unité nationale, organisent une cérémonie qui devrait rassembler le pays : en novembre 1920, toute l'Angleterre attend l'arrivée du Soldat Inconnu, à qui un hommage national va être rendu le 11.
Anna Hope nous fait revivre cette journée, ainsi que les quatre qui la précèdent, principalement à travers la vie de trois femmes qui ne se connaissent pas.
Chacune d'elle a son chagrin, chacune d'elle a perdu quelqu'un ou quelque chose ; toutes ont perdu leur vie d'avant.
Vont-elles se joindre à la ferveur populaire ? La cérémonie va-t-elle leur apporter un début d'apaisement, un début de réponse à leurs interrogations ?
J'ai adoré ce roman très bien écrit et très bien construit.
Le récit alterne entre les différents protagonistes, dont les blessures apparaissent petit à petit. Si certaines sont physiques et très visibles, d'autres sont plus insidieuses car intérieures, intimes ; elles sont invisibles mais bien présentes.
J'ai suivi ces personnages attachants parce qu'Anna Hope les a formidablement bien réussis. Ils sont réels, ils vivent sous nos yeux, ils sont terriblement humains, avec leurs faiblesses mais aussi leurs forces.
La guerre est finie depuis deux ans.
Militairement finie, oui. Parce que dans la vie des gens, elle ne l'est pas. Et l'on se demande si elle le sera un jour...
Ed dit à sa soeur Evelyn :
"Et quoi qu'on puisse en penser ou en dire, l'Angleterre n'a pas gagné cette guerre. Et l'Allemagne ne l'aurait pas gagnée non plus.
− Qu'est-ce que tu veux dire ?
− C'est la guerre qui gagne. Et elle continue à gagner, encore et toujours."
Il trace un cercle en l'air avec sa cigarette : c'est comme s'il dessinait l'ensemble des guerres, si innombrables soient-elles, l'ensemble des guerres passées et l'ensemble des guerres à venir.
« C'est la guerre qui gagne, répète-t-il amèrement, et celui qui ne partage pas cet avis est un imbécile. »
Ed a raison. La guerre ne fait pas de vainqueurs. Elle fait des morts et des vivants souffrants. Personne n'en réchappe, personne n'en ressort intact.
Anna Hope s'est certainement beaucoup documentée pour écrire un livre si juste. Elle nous offre un point de vue original puisque ses personnages principaux sont des femmes.
Le chagrin des vivants est un magnifique roman, intense et sensible. C'est le premier de l'auteur, et c'est une grande réussite.
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critiques presse (3)
Actualitte   28 novembre 2017
Rythmée par une alternance de trois voix différentes et concentrée sur cinq jours, l’histoire, dense et plurielle suit une trajectoire limpide, déployée autour de l’événement symbolique de l’arrivée du Soldat inconnu, rapatrié depuis la France.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Liberation   29 février 2016
C’est un roman d’une écriture et d’une structure classiques donc pourvu d’un happy end ; mais pourquoi bouder notre plaisir si cette fin nous réserve une révélation charmante et astucieuse, une pure ruse de romancière ?
Lire la critique sur le site : Liberation
Telerama   17 février 2016
Les magnifiques portraits de trois Londoniennes aux prises avec les spectres des absents, dans la paix meurtrie de l'après Première Guerre mondiale.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (84) Voir plus Ajouter une citation
santorinsantorin   12 avril 2020
Le cortège funéraire passe devant un jeune Irlandais. Il a pris le bateau depuis Cork hier, a débarqué à Southampton et est venu jusqu'ici. Il n'a dit à personne chez lui qu'il s'y rendait, prétendant qu'il allait rendre visite à sa tante à Wexford. Les choses changent en Irlande. Il était nécessaire de mentir.
Le jeune Irlandais s'enrôla en 1915 et combattit pour la Grande-Bretagne, mais ensuite, après l'Insurrection de Pâques, il se faisait cracher dessus dans la rue chaque fois qu'il revenait en permission. Connard de Tommy, qu'on lui disait. Sale connard de Tommy.
C'est un partisan de Michael Collins désormais. Un partisan du Sinn Féin (1). Il sait très bien pour qui il se bat. Et des combats, il y en aura. Il n'a aucun doute là-dessus. Le lord-maire de Cork est mort il y a à peine trois semaines alors qu'il faisait une grève de la faim dans la prison de Brixton.
Et pourtant, il devait venir. Il devait mentir et venir. Pour les gars aux côtés desquels il s'est battu et qui sont morts près de lui, parfois dans ses bras. A qui, comme à lui, on a menti, mais qui se sont malgré tout battus comme des héros. Dont les vies ont été bazardées par milliers, pour des bouts de terrains. Il ne peut pas les oublier. Il ne les oubliera pas.
Je me souviendrai de vous, songe-t-il...
Rien ne les fera revenir. Ni les mots des hommes aisés. Ni les mots des hommes politiques. Ni les platitudes de poètes à la solde du pouvoir.

1- Michael Collins (1890-1922) : leader révolutionnaire républicain irlandais. Le Sinn Féin : parti politique irlandais fondé en 1905 pour lutter contre la présence britannique en Irlande.)
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alainmartinezalainmartinez   07 mars 2016
« Elles sont toutes différentes, et pourtant toutes pareilles. Toutes redoutent de les laisser partir. Et si on se sent coupable, c’est encore plus dur de relâcher les morts. On les garde près de nous, on les surveille jalousement. Ils étaient à nous. On veut qu’ils le restent. » Il y a un silence. « Mais ils ne sont pas à nous, poursuit-elle. Et dans un sens, ils ne l’ont jamais été. Ils n’appartiennent qu’à eux-mêmes, et seulement à eux. Tout comme nous nous appartenons. Et c’est terrible par certains côtés, et par d’autres… ça pourrait nous libérer. » Ada se tait, absorbant ces paroles, puis : « Où croyez-vous qu’ils sont ? demande-t-elle. — Qui ça ? — Tous ces garçons morts. Où sont-ils ? Ils ne sont pas au paradis, n’est-ce pas ? C’est impossible. Les vieux, les malades, les bébés, et ensuite – tous ces jeunes hommes. Un instant ils sont jeunes, ils sont vivants, et celui d’après ils sont morts. En l’espace de quelques heures ils sont tous morts. Où sont-ils allés ? — Avez-vous jamais été croyante ? — Je pensais l’être à une époque. » Le visage de la femme change, il semble plus vieux tout à coup, ses contours sont moins nets. « Je ne sais pas où ils sont, répond-elle. Je peux écouter, avec les objets que les gens m’apportent, je peux essayer d’entendre. Et parfois, certains semblent… calmes, je le sens. Et je peux transmettre cette impression. Et ça aide, je crois. D’autres sont plus difficiles. » Ada se lèche les lèvres. Elles sont gercées, sèches. « Et Michael, alors ? Et mon fils ? » La femme fronce les sourcils, revient à la table et y pose les mains. Elle reste là un instant. Puis elle secoue la tête, comme pour l’éclaircir. « Je crois, répond-elle, que vous devez apprendre à le laisser partir. »
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FortunaFortuna   23 janvier 2016
"...Et quoi qu'on puisse en penser ou en dire, l'Angleterre n'a pas gagné cette guerre. Et l'Allemagne ne l'aurait pas gagnée non plus.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- C'est la guerre qui gagne. Et elle continue à gagner, encore et toujours."
Il trace un cercle en l'air avec sa cigarette : c'est comme s'il dessinait l'ensemble des guerres, si innombrables soient-elles, l'ensemble des guerres passées et l'ensemble des guerres à venir.
"C'est la guerre qui gagne, répète-t-il amèrement, et celui qui ne partage pas cet avis est un imbécile."
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NathalCNathalC   17 novembre 2017
"Je vois tellement de femmes, ici, qui s'accrochent, toutes. Qui s'accrochent à leur fils, à leur amant, à leur mari ou à leur père, tout aussi solidement qu'elles s'accrochent aux photos qu'elles conservent ou aux fragments d'enfance qu'elles apportent avec elles et déposent sur cette table."
Elle désigne le plateau d'une main.
"Elles sont toutes différentes, et pourtant toutes pareilles. Toutes redoutent de les laisser partir. Et si on se sent coupable, c'est encore plus dur de relâcher les morts. On les garde près de nous, on les surveille jalousement. Ils étaient à nous. On veut qu'ils le restent."
Il y a un silence.
"Mais ils ne sont pas à nous, poursuit-elle. Et dans un sens, ils ne l'ont jamais été. Ils n'appartiennent qu'à eux-mêmes, et seulement à eux. Tout comme nous nous appartenons. Et c'est terrible par certains côtés, et par d'autres... ça pourrait nous libérer."
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Nastie92Nastie92   30 août 2018
Elle relut la lettre en essayant de se concentrer sur le moindre petit détail.
"Au début, comme il n'y avait pas de corps..."
Elle leva les yeux. Essaya de réfléchir à cette information. "Pas de corps."
Elle reporta son attention sur la page.
"Au début, comme il n'y avait pas de corps, il avait semblé y avoir de l'espoir.
Mais ensuite, deux rapports de sa compagnie sont arrivés : il a été vu se déplaçant vers l'avant, et puis un obus a explosé juste à côté de lui. Quand l'explosion s'est dissipée, il avait disparu."
"Disparu ?" Qu'est-ce que ça voulait donc dire ? Comment était-ce possible de disparaître ? Elle fut prise d'une très étrange envie de rire. Elle gloussa, puis le rire s'arrêta net. Elle attendit qu'autre chose prenne sa place, rien ne vint.
Marcher vers l'avant.
Disparaître.
Ne plus avoir de corps.
Être là un instant, le suivant soufflé aux quatre vents.
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Le chagrin des vivants de Anna Hope et Élodie Leplat aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/87463-divers-litterature-le-chagrin-des-vivants.html
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#soutenezpartagezcommentezlgn Merci pour votre soutien et votre amitié qui nous sont inestimables. @Gérard Collard @Jean-Edgar Casel
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