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Pierre Laforgue (Autre)Victor Hugo (Autre)
EAN : 9782081473263
1056 pages
Éditeur : Flammarion (11/11/2020)
4.4/5   1210 notes
Résumé :
Le drame de Jean Valjean, l'ex-forçat contraint au mal par l'injustice sociale, c'est " le vaste miroir reflétant le genre humain de son siècle ". Sous le nom de Monsieur Madeleine, puis sous celui de Monsieur Fauchelevent, il devient propriétaire d'une maison et connaît les joies de l'amour paternel auprès de Cosette, arrachées à l'affreux couple Thénardier. Mais ces moments de bonheur seront de courte durée Javert le traque avec l'acharnement d'un fanatique, inacc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (61) Voir plus Ajouter une critique
4,4

sur 1210 notes
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Nastasia-B
  30 juin 2014
On a sans doute tout dit, écrit ou filmé sur ce livre, mais le mieux, c'est encore de le lire car notre vieux Victor est plus que jamais l'immense écrivain que nous connaissons et que c'est toujours un plaisir de lire une telle langue, à la fois sophistiquée et abordable.
Dès l'abord du roman, on fait la connaissance de l'incontournable Jean Valjean. D'abord vaurien puis, écoeuré par sa propre noirceur, initié à la générosité par un évêque sans prétention, et qui deviendra le bienfaiteur de certaines âmes sans titre ni fortune (le père Fauchelevent et quelques autres dont je préfère vous taire les noms au cas où vous n'auriez pas connaissance de l'histoire).
Victor Hugo nous fait aussi de temps en temps quelques digressions sur des sujets qui l'intéressent, notamment la bataille de Waterloo. Bien que n'ayant qu'un vague rapport avec le fil de la narration, on ne s'ennuie pas de ces méandres dans le panier ventripotent de notre histoire de France (Du moins y ai-je pris plus de plaisir qu'à la longue digression sur le couvent du Petit Picpus).
Outre Jean Valjean, nous suivons les mésaventures de la pauvre Fantine, où l'on se heurte à l'une des scènes les plus horribles jamais écrites, la séance chez le dentiste, je ne vous en dit pas plus, mais ce passage remue bien les entrailles! Les "méchants" sont sublimes de méchanceté, Javert, le flic zélé et obtus, les Thénardiers, veules et cupides sont aux petits oignons...
Après l'épisode du couvent, on fait la connaissance du dernier personnage central du roman en la personne de Marius, le fils d'un vaillant soldat de la grande armée, "volé" (sous peine de se faire déshériter) à son père par le grand-père maternel, vestige vivant de l'époque Louis XV, fervent royaliste.
Le petit Marius grandit donc dans cette schizophrénie des origines et se retrouve un peu déboussolé à la mort de son père, qui lui est quasi inconnu, lorsqu'il prend conscience que celui-ci fut un héros sous Napoléon, traité comme le dernier des gueux par son vieux royaliste de grand-père. En somme, tempête sous un crâne, quête identitaire, et tous les assauts de la misère jusqu'à ce que son oeil croise celui d'une belle jeune fille...
Marius fait ensuite la connaissance de son voisin, alias une vieille connaissance du lecteur dont je vous laisse découvrir l'identité.
Une embuscade gigantesque attend l'infortuné Jean Valjean, et toutes les vipères sont prête à lui sauter sur le dos. Marius assiste impuissant à l'exécution d'un traquenard diabolique. Il apprend à craindre ce voisin et décide de quitter son voisinage. le dépit le gagne car sa belle inconnue lui a glissé entre les doigts.
Ses amis républicains suivent attentivement la montée de la pression sociale et sauront prendre les armes et monter des barricades en temps voulu.
Victor Hugo nous fait alors entrer de plain-pied dans une des multiples insurrections qui ont émaillé la période de la restauration. Il nous fait monter sur les barricades et comprendre pourquoi, quelques années plus tard, Napoléon III a tant tenu à faire redessiner Paris par Haussmann, vu la facilité avec laquelle une guerre de rue pouvait voir le jour dans le Paris d'alors.
L'émeute en question est celle du 5 juin 1832, c'est-à-dire une de celles qui ont avorté, à la différence de leurs glorieuses consoeurs de 1830 et 1848.
Marius se joindra-t-il a eux lors de l'insurrection ? Retrouvera-t-il son aimée ? Jean Valjean parviendra-t-il à s'extirper de l'étau et de la malédiction qui le pressent toujours un peu plus ? le père Gillenormand pardonnera-t-il à son petit-fils et le petit-fils au grand-père dans ce gigantesque malentendu ?
Hugo saura-t-il nous faire haleter jusqu'au bout ? La réponse à cette dernière question est oui. Et pour conclure, si papy Hugo ne vous arrache pas une petite larme avec son final, allez d'urgence consulter un cardiologue car vous avez sûrement un petit problème de myocarde.
En somme, lisez, relisez, re-relisez, délectez-vous de notre vieux Victor car Les Misérables c'est quoi ? de la grandiloquence, de la simplicité, un bon scénario, donc un roman qui tient toutes ses promesses, chapeau bas MONSIEUR Hugo.
P.S. : COMMENTAIRE CONCERNANT L'ÉDITION DE LA PLÉIADE
Il est à noter que ce volume pléiade est d'assez mauvaise qualité pour deux raisons : d'une part, lorsqu'on achète un volume de ce prix, on espère qu'il y ait un vrai travail de relecture, or, il y a beaucoup de coquilles disséminées dans l'ouvrage.
Deuxièmement, les commentaires sont presque systématiquement inutiles ou inintéressants, car Maurice Allem, fait toute une comparaison avec la première version de l'oeuvre intitulée "Les Misères" et l'essentiel de notes consiste à dire "cette phrase manque dans Les misères", "tel mot est différent", etc. en somme, on s'en fiche, à moins de faire une thèse sur les différentes versions du manuscrit d'Hugo avant publication définitive.
Bref, on espèrerait des vrais commentaires utiles ou des explications ciblées pas une glose de spécialiste sans intérêt. À la fin, j'ai carrément arrêté de regarder les notes tellement c'était barbant. Cependant, le fait de tenir l'intégralité de l'histoire dans un seul volume, pas trop encombrant, est assez agréable, et en cela le format pléiade est intéressant.
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Nastasia-B
  10 mai 2013
Jeunesse, entourloupe, révolte, ingratitude...
Dans cette version en 2 tomes, nous sommes à la fin de la troisième partie quand commence ce volume.
Marius fait la connaissance de son voisin, alias une vieille connaissance du lecteur dont je vous laisse découvrir l'identité au cas où vous n'auriez pas vu l'une des innombrables adaptations à l'écran.
Une embuscade gigantesque attend l'infortuné Jean Valjean, et toutes les vipères sont prêtes à lui sauter sur le dos.
Marius assiste, impuissant, à l'exécution de ce traquenard diabolique. Il apprend à craindre ce voisin et décide de quitter son voisinage.
Le dépit le gagne car sa belle inconnue lui a glissé entre les doigts.
Ses amis républicains suivent attentivement la montée de la pression sociale et sauront prendre les armes et monter des barricades en temps voulu.
Victor Hugo nous fait entrer de plain-pied dans l'une des multiples insurrections qui ont émaillé la période de la restauration. Il nous fait monter sur les barricades et comprendre pourquoi, quelques années plus tard, Napoléon III a tant tenu à faire redessiner Paris par Haussmann, vu la facilité avec laquelle une guerre de rue pouvait voir le jour dans le Paris d'alors.
L'émeute en question est celle du 5 juin 1832, c'est-à-dire une de celles qui ont avorté, pas comme leurs glorieuses consoeurs de 1830 et 1948.
Marius se joindra-t-il a eux lors de l'insurrection ? Retrouvera-t-il son aimée ? Jean Valjean parviendra-t-il à s'extirper de l'étau et de la malédiction qui le pressent toujours un peu plus ? le père Gillenormand pardonnera-t-il à son petit-fils et le petit-fils au grand-père dans ce gigantesque malentendu ? Hugo saura-t-il nous faire haleter jusqu'au bout ?
La réponse à cette dernière question est oui. Et pour conclure, si papy Hugo ne vous arrache pas une petite larme avec son final, allez d'urgence consulter un cardiologue car vous avez sûrement un petit problème de ce côté-là.
Bref, lisez, re-lisez, re-re-lisez, délectez-vous et chapeau bas très cher Victor ! Mais ceci n'est que mon misérable avis...
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Nastasia-B
  31 août 2012
Il est vrai qu'il y a de quoi s'y perdre entre les versions "3 tomes" et les versions "2 tomes". À l'origine, Folio, le livre de poche et GF présentaient cette oeuvre scindée en 3, ce qui n'est pas idiot puisque l'ensemble en pléiade représente environ 1500 pages, soit 500 pages par tome. de plus, le découpage interne de l'ouvrage s'y prête bien. Mais, comme il n'est plus trop dans l'air du temps de se trimballer un livre en x volumes, certains ont mis de l'eau dans leur vin et ont décidé de sortir des versions en 2 tomes, d'où des confusions possibles entre des tomes 1 & 2 selon qu'ils appartiennent ou non à un ensemble à 2 ou 3 tomes.
Ici je parle bien de la version en 2 tomes chez Folio.
On a tout dit, écrit ou filmé sur ce livre, mais le mieux, c'est encore de le lire car notre vieux Victor est plus que jamais l'immense écrivain que nous connaissons et que c'est toujours un plaisir de lire une telle langue, à la fois sophistiquée et abordable.
Dès l'abord du roman, on fait la connaissance de l'incontournable Jean Valjean. D'abord vaurien puis, écoeuré par sa propre noirceur, initié à la générosité par un évêque sans prétention, et qui deviendra le bienfaiteur de certaines âmes sans titre ni fortune (le père Fauchelevent et quelques autres dont je préfère vous taire les noms au cas où vous n'auriez pas connaissance de l'histoire).
Victor Hugo nous fait aussi de temps en temps quelques digressions sur des sujets qui l'intéressent, notamment la bataille de Waterloo. Bien que n'ayant qu'un vague rapport avec le fil de la narration, on ne s'ennuie pas de ces méandres dans le panier ventripotent de notre histoire de France (Du moins y ai-je pris plus de plaisir qu'à la lourde digression sur le couvent du Petit Picpus).
Outre Jean Valjean, nous suivons les mésaventures de la pauvre Fantine, où l'on se heurte à l'une des scènes les plus horribles jamais écrites, la séance chez le dentiste, je ne vous en dit pas plus, mais ce passage remue bien les entrailles! Les "méchants" sont sublimes de méchanceté, Javert, le flic zélé et obtus, les Thénardiers, veules et cupides sont aux petits oignons...
Après l'épisode du couvent, on fait la connaissance du dernier personnage central du roman en la personne de Marius, le fils d'un vaillant soldat de la grande armée, "volé" (sous peine de se faire déshériter) à son père par le grand-père maternel, vestige vivant de l'époque Louis XV, fervent royaliste.
Le petit Marius grandit donc dans cette schizophrénie des origines et se retrouve un peu déboussolé à la mort de son père, qui lui est quasi inconnu, lorsqu'il prend conscience que celui-ci fut un héros sous Napoléon, traité comme le dernier des gueux par son vieux royaliste de grand-père. En somme, tempête sous un crâne, quête identitaire, et tous les assauts de la misère jusqu'à ce que son oeil croise celui d'une belle jeune fille...
Et là, là, franchement, si Victor Hugo n'a pas en vous allumé la flamme brûlante qui vous fera vous ruer sur le second tome, je n'y comprends plus rien. du grand, du beau, du bon roman comme on en redemande, mais ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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Nastasia-B
  31 août 2012
Il est vrai qu'il y a de quoi s'y perdre entre les versions "3 tomes" et les versions "2 tomes". À l'origine, Folio, le livre de poche et GF présentaient cette oeuvre scindée en 3, ce qui n'est pas idiot puisque l'ensemble en pléiade représente environ 1500 pages, soit 500 pages par tome. de plus, le découpage interne de l'ouvrage s'y prête bien. Mais, comme il n'est plus trop dans l'air du temps de se trimballer un livre en x volumes, certains ont mis de l'eau dans leur vin et ont décidé de sortir des versions en 2 tomes, d'où des confusions possibles entre des tomes 1 & 2 selon qu'ils appartiennent ou non à un ensemble à 2 ou 3 tomes.
Ceci étant dit, au cas où vous ne connaîtriez pas déjà cet archi-classique, si l'on considère bien que l'on parle ici du troisième et dernier tome, qui commence au livre septième de la quatrième partie, voici à peu près à quoi vous pouvez vous attendre.
Dans cette édition GF en trois volumes, Victor Hugo nous fait entrer de plain-pied dans une des multiples insurrections qui ont émaillé la période de la restauration. Il nous fait monter sur les barricades et comprendre pourquoi, quelques années plus tard, Napoléon III a tant tenu à faire redessiner Paris par Haussmann, vu la facilité avec laquelle une guerre de rue pouvait voir le jour dans le Paris d'alors.
L'émeute en question est celle du 5 juin 1832, c'est-à-dire une de celles qui ont avorté, à la différence de leurs glorieuses consoeurs de 1830 et 1848.
Marius se joindra-t-il a eux lors de l'insurrection ? Retrouvera-t-il son aimée ? Jean Valjean parviendra-t-il à s'extirper de l'étau et de la malédiction qui le pressent toujours un peu plus ? le père Gillenormand pardonnera-t-il à son petit-fils et le petit-fils au grand-père dans ce gigantesque malentendu ?
Hugo saura-t-il nous faire haleter jusqu'au bout ? La réponse à cette dernière question est oui. Et pour conclure, si papy Hugo ne vous arrache pas une petite larme avec son final, allez d'urgence consulter un cardiologue car vous avez sûrement un petit problème de myocarde.
Bref, lisez, relisez, re-relisez, délectez-vous de notre vieux Victor. de la grandiloquence, de la simplicité, un bon scénario, donc un roman qui tient toutes ses promesses, chapeau bas MONSIEUR Hugo.
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Gwen21
  28 octobre 2012
"Les Misérables" constituent l'un des piliers de la littérature française. C'est presque un lieu commun de déclarer cela et en même temps, c'est très rassurant que ça le soit. Victor Hugo est un monstre dans son domaine et c'est normal que de sa plume se soit naturellement extraite une oeuvre monstrueuse, colossale et dont la grandeur semble insurpassable.
Jamais titre ne fut aussi bien choisi pour introduire une oeuvre. C'est par le titre que le lecteur est d'abord accroché et ce titre "Les Misérables" est un véritable fil d'Ariane tout au long du roman. Tous les personnages de l'oeuvre ont été, sont ou seront à un moment donné dans le récit ce qu'il convient d'appeler "un misérable". de différentes manières : socialement, sentimentalement, pécuniairement, politiquement...
Le récit est très bien mené, les personnages sont fouillés, le rythme est bon, les descriptions sont puissantes, les développements autour de la psychologie et de la nature humaine sont avant-gardistes, le plaisir de lire est intense.
"Les Misérables", un roman prégnant qui place le lecteur devant sa propre humanité, dans un décor grandiose, celui de l'Histoire en mutation et de l'Humanité si désespérément fidèle à elle-même.
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Citations et extraits (292) Voir plus Ajouter une citation
ThibaultMarconnetThibaultMarconnet   07 juin 2021
Quand un être qui nous est cher va mourir, on le regarde avec un regard qui se cramponne à lui et qui voudrait le retenir. Tous deux, muets d’angoisse, ne sachant que dire à la mort, désespérés et tremblants, étaient debout devant lui, Cosette donnant la main à Marius.
D’instant en instant, Jean Valjean déclinait. Il baissait ; il se rapprochait de l’horizon sombre. Son souffle était devenu intermittent ; un peu de râle l’entrecoupait. Il avait de la peine à déplacer son avant-bras, ses pieds avaient perdu tout mouvement, et en même temps que la misère des membres et l’accablement du corps croissait, toute la majesté de l’âme montait et se déployait sur son front. La lumière du monde inconnu était déjà visible dans sa prunelle.
Sa figure blêmissait et souriait. La vie n’était plus là, il y avait autre chose. Son haleine tombait, son regard grandissait. C’était un cadavre auquel on sentait des ailes.

(p. 1942, Le Livre de Poche)
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ThibaultMarconnetThibaultMarconnet   07 juin 2021
Le ton froid de Marius, cette double réplique "je le sais", son laconisme réfractaire au dialogue, remuèrent dans l’inconnu quelque colère sourde. Il décocha à la dérobée à Marius un regard furieux, tout de suite éteint. Si rapide qu’il fût, ce regard était de ceux qu’on reconnaît quand on les a vus une fois ; il n’échappa point à Marius. De certains flamboiements ne peuvent venir que de certaines âmes ; la prunelle, ce soupirail de la pensée, s’en embrase ; les lunettes ne cachent rien ; mettez donc une vitre à l’enfer.

(p. 1920, Le Livre de Poche)
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ThibaultMarconnetThibaultMarconnet   06 juin 2021
Jacob ne lutta avec l’ange qu’une nuit. Hélas ! combien de fois avons-nous vu Jean Valjean saisi corps à corps dans les ténèbres par sa conscience, et luttant éperdument contre elle !
Lutte inouïe ! À de certains moments, c’est le pied qui glisse ; à d’autres instants, c’est le sol qui croule. Combien de fois cette conscience, forcenée au bien, l’avait-elle étreint et accablé ! Combien de fois la vérité, inexorable, lui avait-elle mis le genou sur la poitrine ! Combien de fois, terrassé par la lumière, lui avait-il crié grâce ! Combien de fois cette lumière implacable, allumée en lui et sur lui par l’évêque, l’avait-elle ébloui de force lorsqu’il souhaitait être aveuglé ! Combien de fois s’était-il redressé dans le combat, retenu au rocher, adossé au sophisme, traîné dans la poussière, tantôt renversant sa conscience sous lui, tantôt renversé par elle ! (…) Combien de fois sa pensée réfractaire avait-elle râlé convulsivement sous l’évidence du devoir ! Résistance à Dieu. Sueurs funèbres. Que de blessures sécrètes, que lui seul sentait saigner ! Que d’écorchures à sa lamentable existence ! Combien de fois s’était-il relevé sanglant, meurtri, brisé, éclairé, le désespoir au cœur, la sérénité dans l’âme ! et, vaincu, il se sentait vainqueur. Et, après l’avoir disloqué, tenaillé et rompu, sa conscience, debout au-dessus de lui, redoutable, lumineuse, tranquille, lui disait : Maintenant, va en paix !

(p. 1846-1847, Le Livre de Poche)
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ThibaultMarconnetThibaultMarconnet   07 juin 2021
Jean Valjean, presque sans cesser de regarder Cosette, considéra Marius et le médecin avec sérénité. On entendit sortir de sa bouche cette parole à peine articulée :
— Ce n’est rien de mourir ; c’est affreux de ne pas vivre.

(p. 1940, Le Livre de Poche)
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ThibaultMarconnetThibaultMarconnet   06 juin 2021
Le premier pas n’est rien ; c’est le dernier qui est difficile. Qu’était-ce que l’affaire Champmathieu à côté du mariage de Cosette et de ce qu’il entraînait ? Qu’est-ce que ceci : rentrer dans le bagne, à côté de ceci : entrer dans le néant ?
(…) Sa rêverie vertigineuse dura toute la nuit.
Il resta là jusqu’au jour, dans la même attitude, ployé en deux sur ce lit, prosterné sous l’énormité du sort, écrasé peut-être, hélas ! les poings crispés, les bras étendus à angle droit comme un crucifié décloué qu’on aurait jeté la face contre terre. (…) À le voir ainsi sans mouvement on eût dit un mort ; tout à coup il tressaillait convulsivement et sa bouche, collée aux vêtements de Cosette, les baisait ; alors on voyait qu’il vivait.
Qui ? on ? puisque Jean Valjean était seul et qu’il n’y avait personne là ?
Le On qui est dans les ténèbres.

(p. 1850-1852, Le Livre de Poche)
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On ne va pas vous réexpliquer Les Misérables de Victor Hugo. On connaît tous les histoires de ses personnages. Celle du pauvre bougre Jean Valjean qui un jour vola un pain, se fit mettre au bagne pendant 19 ans et toute sa vie tenta de racheter ses pêchés. Celle de la petite Cosette, orpheline et élevée par les raclures de Thénardier. Celle de cet indécrottable adorateur du livre des lois qu'est Javert, défenseur obstiné de la justice. Celle de Marius, jeune intellectuel bohème et amoureux de Cosette. Celle de Gavroche, archétype du joyeux gamin des rues parisien... Tout ça, on le sait déjà plus ou moins, mais ce qu'on ne connait pas, ce que jamais on n'aurait pu imaginer, c'est la version des faits par Éric Salch.
Drôle et tragique, aidé d'une poésie fiévreuse et souillée bien à lui, Éric Salch livre une vision personnelle et décalée des Misérables. Si le récit suit parfaitement la narration de l'oeuvre originale et que la pertinence de son propos reste indéniable, Éric Salch grossit les traits, ajoute anachronismes et absurdités pour ainsi nous faire rire du drame et du terrible de cette sublime tragédie romanesque.
Les Misérables, disponible en librairie ! https://www.glenat.com/hors-collection-glenat-bd/les-miserables-9782344042472
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