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Bernard Leuilliot (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253160784
Éditeur : Le Livre de Poche (11/04/2001)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 1022 notes)
Résumé :
Initialement prévu comme le dernier volet d’une trilogie consacrée à la Révolution française, le livre se situe aux heures les plus noires du soulèvement populaire : la Terreur.
La Convention a « abdiqué » après un bain de sang orchestré par les girondins et comme emportés par une folie meurtrière, les vainqueurs - Danton et Robespierre – vont s’affronter à mort.

Victor Hugo place son décor en Vendée où les royalistes tentent un dernier coup ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (78) Voir plus Ajouter une critique
peloignon
  29 novembre 2012
Voici mon roman favori de Hugo. C'est celui qui m'a fait la plus belle impression, malgré la très vive concurrence que lui font Les Misérables et de Notre-Dame de Paris.
Je suis conscient de la singularité de ma préférence et j'aimerais tenter de vous la faire comprendre.
Tout cela tient à ma perception de Hugo. Pour moi, c'est l'homme magistral des lettres françaises. À mon avis, il a su, mieux que personne, écrire en prenant une perspective à la fois élevée et pleine d'une compréhension généreuse et touchante. Cette particularité tient du génie, du miraculeux. Je ne crois pas qu'on puisse l'expliquer. Il a pu disposer d'un esprit tout naturellement grand, exactement comme d'autres disposent d'une grande taille, d'une grande fortune, etc., c'est tout.
Cette grandeur se manifeste de la manière la plus parfaite dans ses poèmes, mais je la sens même dans ses pamphlets, ouvrages dont le style et les sujets sont, par définition, on ne peut plus terre à terre. Et parmi ses romans, celui où cette particularité, qui fait pour moi le charme unique des ouvrages de Hugo, apparaît de la manière la plus éclatante, c'est Quatrevingt-treize.
Hugo s'est très bien documenté sur la période de la terreur pour écrire ce livre, dont l'horizon est la lutte entre révolutionnaires et monarchistes. Malgré ses convictions personnelles favorables à la révolution, Hugo dépasse sa perspective de simple citoyen pour exposer d'une manière juste et généreuse les tares et qualités de chacun des partis.
On s'y sent, tout en douceur, transporté en survol au-dessus des évènements terribles de cette période troublée.
Un pur délice.
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Arakasi
  29 janvier 2013
Il y a des dates qui font frémir d'excitation et d'effroi par leur seule puissance évocatrice, par la marque sanglante et brûlante qu'elles ont laissée sur l'Histoire. 1793 en fait partie. 1793, c'est la Révolution Française dans ce qu'elle a de plus violent et de plus passionné, c'est la Terreur, la mise à mort de la royauté, les massacres, la guerre partout – à l'extérieur des frontières, bien sûr, mais aussi en Vendée où paysans et autres petites gens mènent une guérilla impitoyable contre l'armée républicaine. Et c'est bien en Vendée, terre de religion, de tradition et de violence, que se déroule le magnifique roman « Quatrevingt-treize » de Victor Hugo.
C'est en Vendée que le marquis de Lantenac, brillant général et féroce royaliste, est envoyé pour organiser les petites bandes de paysans révoltés en une véritable armée organisée. Sur place, il a la désagréable surprise de trouver à la tête des forces républicaines son neveu Gauvain, jeune noble rallié par idéalisme aux valeurs de la Révolution. Autant dire que les retrouvailles ne seront pas des plus chaleureuses… A ce duo, s'ajoute le personnage de Cimourdain, le père adoptif de Gauvain et également ardent républicain, aussi fanatique dans sa haine de l'aristocratie que le vieux Lantenac dans sa dévotion aveugle à la cause de la monarchie. Trois personnages, trois conceptions inconciliables de la France, de l'honneur et du devoir qui vont s'affronter dans les forêts de Vendée où la Nature elle-même semble être entrée en guerre aux côtés des belligérants. Vous aussi, vous vous doutez que tout cela se terminera fort mal, hein ?
Premier roman lu de Victor Hugo : première claque ! Deux ans après, j'en suis encore toute étourdie et il m'arrive régulièrement de relire un passage par-ci, par-là et de retrouver à chaque fois la même émotion brute qu'à la première découverte. J'ai lu plusieurs autres livres du sieur Hugo depuis, mais aucun ne m'a marqué aussi profondément que « Quatrevingt-treize », dernier roman de l'auteur et peut-être le plus pur et le plus dénué d'artifices littéraires (à vérifier, ceci dit, il me faut encore lire un ou deux de ses ouvrages pour avoir une opinion définitive). Tout est parfait dans ce livre : le style superbe, le contexte historique restitué avec fougue et passion, les sentiments humains décortiqués avec une subtilité confondante… Je ne peux que m'insurger bruyamment contre les lecteurs qui osent prétendre les personnages trop stéréotypés ! Certes, ils ont chacun une grande portée symbolique – illustrations vivantes des conflits et de ambiguïtés de leur siècle – mais ils sont aussi terriblement humains, dans tout ce que l'humanité a de plus fragile, de plus faillible et de plus touchant. Et Hugo n'a pas son pareil pour faire percer cette humanité, non dans des grands discours, mais dans une phrase, un mot et – dans le cas du terrible marquis de Lancenac – un geste.
« Quatrevingt-treize », c'est également une vision terriblement noire de la Révolution Française (oh, ce magnifique passage rassemblant Robespierre, Marat et Danton – le loup, le serpent et l'ours – dans un huis-clos d'une virtuosité à couper le souffle ! Je ne m'en lasserai jamais…) Républicain convaincu, Victor Hugo ne condamne jamais les aspirations qui sont à l'origine de la Révolution, mais met en scène les contradictions d'un système qui, à force de vouloir défendre par l'acier et le feu ses nobles idéaux, a fini par les étouffer dans le sang. Cette contradiction est illustrée par la relation tendre et conflictuelle entre Gauvain et Cimourdain : l'un pense la Révolution avec son coeur, l'autre avec sa tête. C'est, hélas, cette deuxième vision qui prévaudra finalement et c'est sous le couperet de la guillotine que Hugo fera périr la dernière étincelle de pureté de la première République. Sans rire, si vous n'avez pas les larmes aux yeux aux dernières lignes, il faut sérieusement penser à consulter un psy…
Conclusion ? Il avait vraiment un gros gros égo, Hugo, mais qu'est-ce qu'il le valait bien, le bougre…
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Darkcook
  06 novembre 2018
Un roman de Victor Hugo moins connu, mais qui m'intriguait à plus d'un titre : Étonnamment court par rapport à ses propres standards, salué à la quasi-unanimité ici, même chaudement recommandé par quelqu'un qui n'était pas du tout un grand lecteur dans sa vie mais qui en était ressorti transporté. La période si complexe et surtout si absurde me rebutait, et il faut dire que l'érudition d'Hugo n'est guère rassurante au départ, avec ses catalogues de noms et d'anecdotes qu'il affectionne. Mais en réalité, il n'y a pas grand chose à savoir au-delà de la lutte des blancs contre les bleus : c'est surtout l'histoire de trois personnages (et de trois enfants) au milieu de tout cela, une tragédie magistrale comme dans ses autres romans.
Lantenac, Gauvain, Cimourdain : le vieux royaliste, son neveu idéaliste, utopiste, visionnaire, bercé par la révolution mais bien plus humain qu'elle, et le révolutionnaire implacable qui répond au trône par la guillotine, mais qui a élevé Gauvain comme son fils. Vous voyez déjà ce qu'il va se passer? Tant mieux, parce que ce triangle est aussi simple qu'efficace, et même si la trajectoire des destinées est tracée, Hugo arrive tout de même à nous surprendre par un coup de théâtre que je ne peux que taire, et rend tout cela absolument épique et grandiose, comme à son habitude.
La scène d'ouverture en dit long sur le discours du grand Victor : Malgré son enthousiasme républicain, chaque camp en prendra pour son grade. Quatrevingt-treize s'ouvre en effet sur la paysanne Michelle Fléchard, égarée avec ses trois enfants, au milieu des combats assourdissants, réduits à des "on". La première partie "En Mer" m'a pris au dépourvu : Nous savons Victor totalement obsédé par l'Océan (Les Travailleurs de la mer, L'Homme qui rit, le livre V des Contemplations, le recueil "Océan"...) mais je ne m'attendais pas à trouver même dans ce roman-ci un nouvel épisode maritime! Au début, je trouvais que cet épisode souffrait justement de la comparaison avec ses précédents, mais il arrive finalement à le singulariser avec simplement un canon incontrôlable, un affrontement, et l'introduction du très charismatique Lantenac! La deuxième partie "À Paris" est la moins réussie à mes yeux, et le mur à escalader pour arriver à la troisième "En Vendée" qui est absolument extraordinaire! Dans la deuxième, Hugo présente le très austère Cimourdain, chargé par Danton, Marat et Robespierre de surveiller les agissements de Gauvain et de le faire guillotiner au moindre faux pas, et nous livre un topo indigeste sur la Convention, fait de ses fameux catalogues, mais nécessaire à son propos puisque tous ces futurs guillotinés complètement hystériques y sont dépeints aussi absurdes, sanguinaires et illuminés que nous les connaissons. La fameuse conversation entre Danton, Marat et Robespierre n'est aussi pas très vraisemblable dans la mesure où ils parlent comme Hugo, à coups d'antithèses théâtrales... Mais bon, arrive ensuite la Vendée! Là, le roman devient génial et digne du Seigneur des anneaux (je le conseille à tous les fans de fantasy et de littérature jeunesse épique actuelle) Les troupes de Cimourdain et Gauvain aculent Lantenac et les siens à la Forêt de Fougères et à la Tourgue, bâtisse familiale bien connue des trois personnages, entre la Tour de Saroumane et le château de Chenonceau, qui devient le symbole et le théâtre de cette ultime partie! Entretemps, topo magistral d'Hugo sur les forêts bretonnes et le mode de vie, au propre comme au figuré, souterrain des paysans, qui surgissent des profondeurs quand les révolutionnaires marchent dans ces forêts inextricables! Après une bataille épique à Dol, les trois enfants Fléchard sont donc pris en otage par les hommes de Lantenac à la Tourgue... Suspense de tous les diables. Gauvain saura t-il tenir ses engagements révolutionnaires face à son oncle, alors qu'il épargne et relâche chaque adversaire? Cimourdain le ferait-il vraiment exécuter vu leur relation précepteur/élève? Cette dernière partie est vraiment extrêmement réussie et on la dévore en se mangeant les doigts... le dernier chapitre "Cependant le soleil se lève" constitue l'apothéose du roman, tant dans l'écriture d'Hugo que pour ce qu'il y raconte. Coup de maître du Maître.
Le roman est donc passionnant dans la réussite de sa dernière partie, le propos d'Hugo qui renvoie chaque camp dos à dos mais salue le progrès qui en a découlé et en découlera, et dans plein de petits aspects de son contenu. le personnage de Tellmarch, paysan qui refuse de prendre part au combat, perdu dans la lecture des astres et de la nature, m'a instantanément rappelé la figure du poète de "Magnitudo Parvi", un des plus grands poèmes d'Hugo dans Les Contemplations, et son plus long. On trouve d'ailleurs une intertextualité forte avec les autres oeuvres d'Hugo. Tellmarch n'est pas le seul à rappeler Les Contemplations : le Hugo qui célèbre la nature, la campagne et l'enfance fait son retour inattendu pour mon plus grand plaisir lors du passage consacré aux trois enfants prisonniers dans la Tourgue, et lors du merveilleux dernier chapitre. Dernier chapitre qui rappelle aussi Notre-Dame de Paris (pour la dernière phrase) et le Dernier Jour d'un condamné. J'ai insisté sur le caractère épique du roman, et l'on pense donc évidemment à La Légende des siècles, surtout qu'Hugo mentionne son père comme autorité qui lui permet de raconter la Vendée! L'épisode maritime, comme je l'ai dit, évoque tous les autres qu'il a écrits. La pauvre Michelle Fléchard rappelle Fantine ou la Paquette... Lantenac, Cimourdain et Gauvain peuvent constituer trois avatars déformants d'Hugo dans certaines de leurs caractéristiques, et d'autres mélanges de personnages pré-existants.
Sur le plan de l'écriture, Hugo use jusqu'à la moelle de ses fameuses antithèses, jusqu'au systématisme. Elles sont devenues la poétique qui bâtit le roman, comme dirait Patsales ici. Au début, malgré mon admiration, je saturais, surtout quand ses personnages parlent constamment comme lui... Mais de la même façon que son roman s'envole avec la Vendée, l'écriture y prend toute son ampleur, et l'on n'y déplore plus rien, on se RÉGALE du génie et de la flamme du grand Victor dans ce dernier roman, onze ans avant sa disparition.
Notre-Dame de Paris et L'Homme qui rit (ainsi que Les Contemplations et Ruy Blas) demeurent au sommet, mais j'ai pris un sacré pied comme ça avait plus été le cas depuis longtemps, au cas où on l'aurait pas compris. Mon admiration pour le grand Homme est sans cesse renouvelée, et même si je vais lire autre chose là, j'ai hâte de le retrouver dans le futur...
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Patsales
  30 avril 2016
Racine n'a utilisé guère plus de 3000 mots du vocabulaire français pour écrire ses chefs d'oeuvre et Hugo , quoi qu'on en dise, tend lui aussi vers la sobriété linguistique puisqu'il est capable d'écrire à peu près n'importe quoi et notamment "Quatrevingt-treize" avec un seul procédé stylistique : l'antithèse. Ah oui, mais pardon! L'antithèse hugolienne, c'est comme le macaron pour Pierre Hermé, on pourrait trouver qu'il en fait des tonnes et qu'il exploite le système à fond, et on y revient toujours en se disant y a pas, il a du métier.
"des fauves sur une montagne, des reptiles dans un marais. Là fourmillaient, se coudoyaient, se provoquaient, se menaçaient, luttaient et vivaient tous ces combattants qui sont aujourd'hui des fantômes. Dénombrement titanique. À droite, la Gironde, légion de penseurs ; à gauche, la Montagne, groupe d'athlètes [...]. En dehors de ces deux camps, et les tenant tous deux en respect, se dressait un homme, Robespierre [...]. Au−dessous se courbaient l'épouvante, qui peut être noble, et la peur, qui est basse. Sous les passions, sous les héroïsmes, sous les dévouements, sous les rages, la morne cohue des anonymes"(II, iii, 1)
"dans toute cette partie de la Vendée, la république avait le dessus, ceci était hors de doute ; mais quelle république ? Dans le triomphe qui s'ébauchait, deux formes de la république étaient en présence, la république de la terreur et la république de la clémence, l'une voulant vaincre par la rigueur et l'autre par la douceur."(III, ii, 7)
On pourrait évidemment trouver le procédé un tantinet facile. Mais Hugo, fils d'une royaliste et d'un général d'Empire fait de "Quatrevingt-treize" l'évangile révolutionnaire et à l'antithèse binaire adjoint la Sainte-Trinité. Trois lieux (la mer, la ville, la forêt); trois bâtiments ("La Claymore", la salle de la Convention, la Tourgue), trois hommes à la tête d'un triumvirat (Danton, Robespierre, Marat), trois monstres (le canon, Marat, l'Imânus), trois problèmes (la guerre de Vendée, la guerre aux frontières, les tentatives pour brider la Révolution à Paris), trois générations (Lantenac, Cimourdain, Gauvain), trois enfants (René-Jean, Gros-Alain, Georgette). Rien n'est simple donc, si tout est symbolique.Les trois petits enfants enfermés dans la bibliothèque du château vont réduire en miettes un livre rare sur la Saint-Barthélémy et faire un carnage d'un massacre. Il faut bien parfois renverser les idoles, même lorsque l'idole est un livre trônant sur un lutrin, pour mettre fin à l'intolérance et aux injustices.
" Ce fut une extermination. Tailler en pièces l'histoire, la légende, la science, les miracles vrais ou faux, le latin d'église, les superstitions, les fanatismes, les mystères, déchirer toute une religion du haut en bas, c'est un travail pour trois géants, et même pour trois enfants ; les heures s'écoulèrent dans ce labeur, mais ils en vinrent à bout ; rien ne resta de Saint Barthélémy."
(Roman lu dans la fort ancienne et très éclairante édition qu'annota Yves Gohin).
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talou61
  05 août 2017
Quel livre ! Quel souffle ! Quel auteur !
Un grand homme ce Victor Hugo !
A relire !
J'ai particulièrement aimé :
- la rencontre (même si elle est fictive !) des trois tribuns (Robespierre-Danton-Marat) page 100 : les descriptions, les discours.
- La Convention page 122
- la description de la guillotine : page 237
- la fierté, l'honneur des hommes de la Révolution qu'ils soient militaires, politiques ou vendéens !
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Citations et extraits (158) Voir plus Ajouter une citation
FremenFremen   06 mars 2011
(Citation un peu longue sans doute mais quelle puissance dans ce passage...)

Danton venait de se lever ; il avait vivement reculé sa chaise.

- Ecoutez, cria-t-il. Il n'y a qu'une urgence, la République en danger. Je ne connais qu'une chose, délivrer la France de l'ennemi. Pour cela tous les moyens sont bons. Tous ! tous ! tous ! Quand j'ai affaire à tous les périls, j'ai recours à toutes les ressources, et quand je crains tout, je brave tout. Ma pensée est une lionne. Pas de demi-mesures. Pas de pruderie en révolution. Némésis n'est pas une bégueule. Soyons épouvantables et utiles. Est-ce que l'éléphant regarde où il met sa patte ? Ecrasons l'ennemi.

Robespierre répondit avec douceur :

- Je veux bien.

Et il ajouta :

- La question est de savoir où est l'ennemi.
- Il est dehors, et je l'ai chassé, dit Danton.
- Il est dedans, et je le surveille, dit Robespierre.
- Et je le chasserai encore, reprit Danton.
- On ne chasse pas l'ennemi du dedans.
- Qu'est-ce donc qu'on fait ?
- On l'extermine.
- J'y consens, dit à son tour Danton.

Et il reprit :

- Je vous dis qu'il est dehors, Robespierre.
- Danton, je vous dis qu'il est dedans.
- Robespierre, il est à la frontière.
- Danton, il est en Vendée.
- Calmez vous, dit une troisième voix, il est partout ; et vous êtes perdus.

C'était Marat qui parlait.
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peloignonpeloignon   25 février 2013
Après avoir construit le crime, il avait reculé devant. Il s'était fait horreur à lui-même. Le cri de la mère avait réveillé en lui ce fond de vieille piété humaine, sorte de dépôt de la vie universelle, qui est dans toutes les âmes, même les plus fatales. À ce cri, il était revenu sur ses pas. De la nuit où il s'enfonçait, il avait rétrogradé vers le jour. Après avoir fait le crime, il l'avait défait. Tout son mérite était ceci: n'avoir pas été un monstre jusqu'au bout.
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PiertyMPiertyM   19 mars 2016
Tout ce qui est grand a une horreur sacrée. Admirer les médiocres et les collines, c’est aisé ; mais ce qui est trop haut, un génie aussi bien qu’une montagne, une assemblée aussi bien qu’un chef- d’œuvre, vus de trop près, épouvantent. Toute cime semble une exagération. Gravir fatigue. On s’essouffle aux escarpements, on glisse sur les pentes, on se blesse à des aspérités qui sont des beautés ; les torrents, en écumant, dénoncent les précipices, les nuages cachent les sommets ; l’ascension terrifie autant que la chute. De là plus d’effroi que d’admiration. On éprouve ce sentiment bizarre, l’aversion du grand. On voit les abîmes, on ne voit pas les sublimités ; on voit le monstre, on ne voit pas le prodige.
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nadejdanadejda   08 octobre 2012
Qui voyait l’Assemblée ne songeait plus à la salle. Qui voyait le drame ne pensait plus au théâtre. Rien de plus difforme et de plus sublime. Un tas de héros, un troupeau de lâches. Des fauves sur une montagne, des reptiles dans un marais. Là fourmillaient, se coudoyaient, se provoquaient, se menaçaient, luttaient et vivaient tous ces combattants qui sont aujourd’hui des fantômes.
(...) Salles, le dénonciateur chimérique des intimités de la Montagne avec l’Autriche ; Sillery, le boîteux de la droite, comme Couthon était le cul-de-jatte de la gauche....
(...) Carra qui, au pied de l’échafaud, dit au bourreau : Ça m’ennuie de mourir. J’aurais voulu voir la suite.
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nadejdanadejda   07 octobre 2012
«Il y a à dire des deux côtés. ... Vous comprenez, je ne sais pas au juste, on va, on vient, il se passe des choses ; moi, je suis là sous les étoiles.
(...) Je suis un peu rebouteux, un peu médecin, je connais les herbes, je tire parti des plantes, les paysans me voient attentif devant rien, et cela me fait passer pour sorcier. Parce que je songe, on croit que je sais.» (Tellmarch le Caimand)
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La voix du pouvoir est racontée par Jean Abitbol dans la Belle histoire de la voix. Au sommaire de cette partie dans le livre : ? Les voix des tribunaux ? Démosthène ? Une voix de Stentor ? Peut-on casser un verre avec sa voix ? ? le cri qui tue ? La voix de la Révolution ? La voix étendard : La Marseillaise ? Victor Hugo, maître de l'émotion ? le pouvoir de la voix radiophonique ? le discours d'un roi ? Endoctriner les foules : Hitler ? Les trois voix de Charles de Gaulle ? La voix : clef du succès électoral ? ? La voix du leader ? La voix de la propagande ? Les codes vocaux de la politique ? "I have a dream" ? Les temps changent ? le Général de Gaulle devient une voix ? le duel Mitterrand-Chirac ? La voix des présidents ? Et les voix des femmes dans tout ça ?
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