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François Mauriac (Préfacier, etc.)
EAN : 9782020319843
Éditeur : Seuil (06/05/1997)
3.92/5   44 notes
Résumé :
Jean-René Huguenin commence une nouvelle vie. A la veille de ses vingt ans, il décide d'écrire un chef-d'oeuvre. Ou rien. Ambitieux et plein d'orgueil, Huguenin se jette tout entier dans l'écriture. Ce journal, pensé comme une oeuvre littéraire à part entière, raconte les espoirs et les déceptions d'un écrivain en devenir, révolté par une époque jugée désespérément vide.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
cicou45
  11 novembre 2012
Jean-René Huguenin est un jeune homme révolté, acharné qui tient plus que tout à mener à bien la mission qu'il s'est imposée : celle d'écrire un roman révélateur sur la nature humaine, un roman qui sortirait des sentiers communs et apporterait quelque chose de nouveau, non pas seulement pour le lecteur mais avant tout pour lui-même. Projet extrêmement prétentieux et trop ambitieux me direz-vous pour un jeune homme de dix-neuf ans ? Certes, mais l'auteur en est parfaitement conscient et est bien déterminé à se surpasser, à donner tout ce qu'il y a en lui. Dans ce "journal', le lecteur suit le parcours de ce jeune homme, de 1955 à 1962, année de sa mort alors qu'il n'était âge que de vingt-six ans et apprend à le découvrir.
En parallèle de ses études à Sciences Po puis à l'ENA, Jean-René Huguenin est avant tout un écrivain, un chroniqueur pour la revue "Arts" ainsi que de nombreuses autres qui ne sont pas expressément nommées ici mais dont le lecteur sait qu'elles existent puisque l'auteur nous parle de ses nombreux articles qu'il a en commande.
Un "journal" dans lequel l'auteur / narrateur se livre à coeur ouvert et se confie. Il nous parle de sa mère et de sa soeur avec lesquelles il a continué à vivre suite à la mort de son père, des femme en général mais d'une en particulier qui lui aura fait changer d'avis -du moins en partie -sur le regard q'il portait sur elles, de ses amis, des écrivains de son temps, de ses lectures mais surtout sur son Idéal qu'il s'est fixé d'atteindre.
Un ouvrage bouleversant, dont il faudrait tirer des "citations" de chaque paragraphe tellement l'écriture d'Huguenin est belle et pleine de vérités même s'il ne faut pas toujours le prendre au mot, surtout dans la première partie de ce livre où il porte un regard dédaigneux sur les femmes, probablement parce qu'il a souffert à cause d'elles mais surtout par manque de maturité (ce dont le lecteur se rend parfaitement compte puisque son regard sur celles-ci évolue au fur et à mesure que les années passent). Bref, une merveille, à découvrir ! J'ai moi-même hâte de lire le seul et unique roman qu'il ait publié, "La Côte sauvage" dont on suit la rédaction ici mais aussi un peu peur d'être déçue...tant cette lecture-là m'a transportée !
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lecassin
  06 décembre 2016
Le 20 septemlbre 1962, Jean-René huguenin écrivait la dernière phrase de son journal, publié en 1964, après sa mort : « Ne plus hésiter, ne plus reculer devant rien. Aller jusqu'au bout de toute chose, quelle qu'elle soit, de toutes mes forces. N'écouter que son impérialisme. »
Le 22 septembre, deux jours après, il se tue au volant de sa voiture sur la RN 10…
Auteur de « La côte sauvage », un premier roman remarqué en 1960, et encensé par François Mauriac lui-même, Jean-René Huguenin effectuait alors son service militaire au service cinématographique des armées…
Dans ce « Journal », qui débute en 1956, pour s'interrompre brutalement en 1962, on découvre , non seulement les coulisses de la rédaction de son seul et unique roman, « La côte sauvage », ainsi que les premières ébauches d'un deuxième ouvrage sans cesse recommencé, mais aussi les états d'âme d'un jeune homme brillant, diplômé de Sciences-Po, en route pour l'ENA et membre fondateur de «Tel Quel», la revue de Philippe Sollers ; tout en contribuant au «Figaro littéraire», à «Arts» et aux «Lettres françaises »… Un jeune homme brillant dont l'extrême sensibilité n'a d'égale que dans son pessimisme, d'abord envers sa propre personne, mais aussi à l'égard de son entourage.
Un journal inachevé dont le plus grand intérêt est de nous faire toucher le ressenti d'un écrivain en devenir sur les choses les plus essentielles de l'existence. L'homme n'est pas toujours gai. Qu'importe. Sa réflexion est toujours d'une haute tenue, même quand il fustige « la nouvelle vague », lui, le pourfendeur, également du « Nouveau roman »…
A lire par petites touches, au quotidien…
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JS_R
  17 mai 2016
En commençant le "Journal" de Jean René Huguenin, je cherchais à entendre la voix d'un homme, jeune peut-être, face à sa tâche d'écrivain ; je cherchais à l'entendre résonner à travers temps et époques. On peut trouver de telles choses, en parcourant ce Journal. On trouvera surtout un jeune homme qui non seulement écrit, mais se trouve en butte à son implacable devoir d'exister.
Comment prendre l'exacte mesure de cette existence, stoppée de façon aussi anecdotique, terriblement impersonnelle ? L'accident de voiture qui devait coûter la vie à J.R.H, à l'âge de 26 ans, rappelle avec quelle prudence la destinée sait se manifester. Son Journal, tout du long, nous annonçait l'éclosion d'un homme, ou d'une individualité acerbe, se débattant déjà (et depuis quand ?) contre les conformismes bourgeois, l'étroitesse, non seulement d'esprit mais aussi de vue, de coeur, (ou de souffle) de ses semblables ; cherchant déjà par quel douloureux apprentissage il parviendrait à les cotoyer, il n'a presque aucun doute quant à la voie qu'il lui faut emprunter, et ce n'est pas se draper dans sa superbe que d'envoyer valser les pâles figurines du quotidien, lorsque celles-ci freinent, chaque minute, son ascension vers la joie de "devenir", toujours opposée au sentiment, repu, de celui qui demeure et s'y complait.
Le questionnement de J.R.H, quant à sa condition, est marqué par son extrême jeunesse, même clairvoyante, même remarquablement en pieds ; on n'a pas à lui pardonner ses intransigeances, car en lui rien ne souhaite être pardonné, ni aimé. Il est froid, étincelant, prêt à mépriser sa vie si cela peut le conduire vers ce qui mène à s'oublier, à "croître", car ainsi en va-t-il de l'âme pour J.R.H.
Nous nous tenons parfois à respectable distance de ce chemin solitaire. Sa lumière l'exige ; ce n'est pas une lumière qui rassemble dans l'heureuse communion, mais celle qui réfléchit, qui chasse vers soi, de nouveau, et qui, donc, confronte.
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letendard
  23 novembre 2010
Je Rends Heureux
http://www.denecessitevertu.fr/
Lien : http://www.denecessitevertu...
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Citations et extraits (99) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   02 mars 2011
Un ciel bleu, sec et froid, dur comme un diamant, tintant comme une cloche immense, allègre et joyeux comme un petit caillou, net, limpide, frais, eau glaciale sans une ride, infini, semblable à un aigle planant au-dessus de Paris, dardant sa froide précision céleste sur les maisons, bleuissant les toits, rosissant les murs, enveloppant chaque chose dans sa gaine inflexible. Voilà le temps que j'aime. Un temps dur et tendre à la fois, infaillible. Les gens dans la rue ont le visage rose, le nez pincé par le froid, les lèvres serrées et pâlies, les traits un peu figés mais resplendissants de bien-être. C'est un temps qui sait ce qu'il veut. Mon bel hiver !
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cicou45cicou45   09 novembre 2012
"Les grands romanciers sont ceux qui savent faire du mystérieux avec du quotidien, de l'extraordinaire avec du banal, du divin avec de l'humain -ceux qui savent faire quelque chose avec rien, comme l'espoir."
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aleatoirealeatoire   08 janvier 2016
Ce qui caractérise les faibles, c'est moins le goût de l'abdication, du laisser-aller, l'obéissance servile aux moindres désirs, qu'une espèce de penchant fataliste pour le recommencement, un désir d'éterniser, une tragique impuissance à rompre. Ils meurent de ne pas savoir tuer.
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cicou45cicou45   11 novembre 2012
"Qui n'a pas souffert de l'absence d'un être alors qu'il est là, en face de soi, n'a pas connu l'amour."
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lecassinlecassin   04 juin 2013
Il faut se laisser aller à la lutte. L'abandon se conquiert, le naturel se conquiert. Donnez-moi la Grâce, je me charge du reste.
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