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EAN : 9782020257763
180 pages
Éditeur : Seuil (01/01/1997)
3.69/5   94 notes
Résumé :
Première édition : 1960.

Après deux ans de service militaire, Olivier revient passer ses vacances dans la maison de famille bretonne, où l'attendent sa mère et ses deux sœurs.

La plus jeune, Anne, à laquelle il est tendrement attaché depuis l'enfance, lui apprend qu'elle va épouser Pierre, le meilleur ami d'Olivier. Quand Pierre les rejoint en Bretagne, Olivier, sacrifiant leur amitié, va tenter d'empêcher le mariage ; il décourage sa ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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tiptop92
  04 août 2020
Jean-René Huguenin - La Côte sauvage - 1960 : "La côte sauvage" est le seul roman écrit par un auteur maudit mort à vingt-six ans dans un accident de la route peu après sa parution. Comme souvent quand un artiste meurt dans la pleine force de son âge on est en droit de se demander si son oeuvre devient culte à cause de sa disparition ou si son talent en est le seul responsable. Indéniablement il y avait un vrai potentiel littéraire dans les lignes écrites ici. Olivier rentre de son service militaire au bout de deux ans dans sa famille en Bretagne. C'est un jeune homme traumatisé et mélancolique qui traite avec indifférence sa mère, sa soeur aînée ainsi que ses anciens amis. A t'il combattu en Algérie comme beaucoup de jeunes appelés à son époque ? Son esprit déborde-t-il de la peur et des violences qu'il aurait pu voir dans cet interminable conflit au point de perdre tout sentiment humain ?Frappé d'omerta l'auteur ne nous dira rien sur cette affligeante sécheresse de coeur. de ses proches atterrés par son comportement seule la cadette trouve grâce à ses yeux. Mais son amour pour elle n'est pas que fraternel, il tend dangereusement vers quelque chose de plus possessif et de plus charnel. le lecteur se demande alors au fil des mots et avec appréhension si cette relation intime ne va pas devenir incestueuse. C'est une lecture au bord de l'abime le coeur serré par la crainte de voir cette histoire basculer dans un dénouement sordide. le jeune homme heureusement ne passera jamais ce seuil intolérable mais pour garder sa soeur pour lui, il va tout faire pour la décourager de se marier avec un de ses amis d'enfance. Dansant toujours sur la lame aiguisée du rasoir, Il humiliera celui-ci pour le discréditer tant par jalousie et par désoeuvrement que par orgueil. Ses manoeuvres malsaines, son comportement irresponsable et ses rêves éveillés de petit garçon capricieux finiront par lui faire perdre l'affection de ces deux êtres et l'estime du reste de son entourage. A la réflexion l'autodestruction d'un être semble être le thème principal de ce livre particulièrement bien écrit. le style clair et aéré retranscrit parfaitement la tension sous-jacente entre les personnages tout en apportant un peu d'oxygène à ce sujet étouffant. Malgré sa simplicité et la perversité de sa trame il est l'objet depuis sa sortie d'un véritable culte chez les amateurs de littérature. Les plus grands écrivains l'ont encensé reconnaissant en Jean-René Huguenin un des leurs. La projection pour savoir si on avait là le futur Albert Camus ou bien même un Maupassant moderne était impossible à réaliser. Seule l'écriture dans les promesses qu'elle refermait pouvait en être la garante. C'était le cas ici et chacun pourra en juger en lisant ces lignes brillantes qui transformaient une histoire familiale banale en drame poignant et désespéré… lumineusement éphémère
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cicou45
  21 novembre 2012
Un peu de déception, je dois l'admettre. Après avoir lu le "Journal" de Jean-René Huguenin, j'imaginais quelque chose de plus grandiose, tant il s'était consacré corps et âme à l'écriture de ce roman - le seul qu'il n'ait publié d'ailleurs à cause de sa mort précoce à l'âge de vingt-six ans dans un tragique accident de voiture.
Pour ce qui est du livre en lui-même, je ne peux pas dire que je n'ai pas apprécié sa lecture (bien au contraire) mais je ne m'attendais tour simplement pas à cela.
Olivier, le protagoniste, rejoint sa mère et de ses deux soeurs, Berthe et Anne, pour les vacances en Bretagne après avoir accompli son service militaire, lequel a duré deux ans. Bien qu'il ne se sente pas lié (autrement que par les liens du sang) avec sa mère et sa soeur aînée, il se sent néanmoins extrêmement proche de sa soeur cadette Anne - un attachement que l'on pourrait même qualifie de malsain, tant le sentiment qu'il éprouve pour cette dernière est proche de l'Amour. Bien que cela ne soit jamais dit clairement, tous les indices nous poussent à le croire comme cet état de jalousie excessive, qui inconsciemment, le pousse à empêcher le mariage d'Anne avec son ami de jeunesse Pierre.
Mais que ressent réellement Anne dans cette histoire ? Bien que le lecteur sache bien qu'elle n'est pas amoureuse de Pierre, aime-t-elle pour autant son frère d'un amour comme le sien, un amour interdit et pourtant...Son personnage est très difficile à cerner et laisse le lecteur à toutes sortes d'hypothèses possibles. Par esprit de bienséance, s'interdit-elle de se livrer à cet inceste ou est-t-elle tout simplement effrayée par cet attachement qui, pour elle, n'a rien d'autre qu'un esprit fraternel ?
Un livre extrêmement bien écrit mais qui a parfois tendance à traîner en longueur dans ses interminables descriptions et ses phrases qui n'en finissent pas. Un livre qui vaut cependant le mérite d'être découvert, ne serait-ce que par respect pour l'auteur qui s'est donné tant de mal pour être au plus proche de ses personnages et pour être au plus proche de la perfection. Lisez d'abord son journal et vous comprendrez pourquoi j'ai tant tenu à lire cet ouvrage !
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lecassin
  29 octobre 2012
Publié en 1960 « La côte sauvage » est malheureusement le seul ouvrage de ce jeune auteur de vingt six ans salué par Mauriac et Aragon (excusez du peu), édité de son vivant : il devait décéder dans un accident de voiture en 1962, six jours avant Roger Nimier.
De retour dans la maison familiale, en Bretagne, pour des vacances après deux ans de service militaire, Olivier, un jeune homme solitaire et mélancolique, y retrouve sa mère et ses deux soeurs dont Anne, la plus jeune, à laquelle il voue une tendresse toute particulière depuis sa plus tendre enfance. Anne lui apprend qu'elle va se marier avec Pierre, l'ami d'enfance d'Olivier…
Tout un monde de souvenirs d'enfance s'écroule dans la mémoire d'Olivier. Il tentera de faire échouer ce mariage qui lui est insupportable…Il y perdra bien sûr sa soeur, mais il perdra également l'amitié de Pierre ; mais pouvait-il en être autrement ?
Un roman que j'apparente, pour le style, à Nicolas Bréhal, voire au « le grand Meaulnes » tant la prose de Huguenin est aérienne, toute en suggestion ; et néanmoins plombée par la lumière du soleil sur la mer … la mer ,véritable personnage de ce roman fort, fort comme les effluves qui nous viennent à l'évocation de ces interminables promenades sur le sentier des douaniers…
Bon, le thème n'est pas nouveau… d'un amour impossible. Mais sous la plume de Jean-René Huguenin
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zabeth55
  11 novembre 2021
Roman unique d'un auteur trop tôt disparu, à l'âge de vingt-six ans, en 1962, c'est un roman fort qui reste en tête après lecture.
De retour dans la demeure familiale bretonne pour les vacances, Olivier retrouve sa soeur Anne qu'il aime tendrement, sa mère maladive et son autre soeur Berthe, asociale et alcoolique qu'il déteste.
Il y a aussi son ami Pierre, qui va épouser Anne bientôt.
De par la personnalité d'Olivier, tout deviendra ambiguïté cet été là.
Son amour pour Anne, son amitié pour Pierre, les relations avec sa mère et avec Berthe, sa confiance en lui.........
C'est un être fort.
Fort et faible à la foi, voire désespéré.
Il donne l'apparence d'un homme aux opinions déterminantes, à la volonté farouche, infatué de lui-même, manipulateur.
Il n'est en réalité que doutes et questionnements.
C'est un être torturé et mal dans sa peau.
De scènes de côtes bretonnes en souvenirs d'enfance, on avance précautionneusement dans cette histoire de plus en plus ambiguë.
Amour et mort se frôlent.
Il y a peu d'action.
Le ton est parfaitement juste pour décrire la beauté bretonne, pour décrire ces vacances où les jours se succèdent et se ressemblent.
Mais l'angoisse et le mal-être d'Olivier, omniprésents même sous son apparente désinvolture ont fini par me gagner, dégageant un sentiment de malaise oppressant.
Que tout est finement suggéré dans ce roman !
C'est plus encore après la lecture que j'en ai apprécié toute la finesse, toute l'élégance, toute l'intelligence.
Les images de Jean-René Huguenin que j'ai vues sur internet renforcent le sentiment de similitude entre l'auteur et le personnage.
Ce livre-là, je le garde pour le relire un jour.
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nadejda
  20 mars 2011
Lundi 24 septembre 1962
    Mort de Jean-René Huguenin. le téléphone appelle… Ce doit être un de mes enfants, peut-être des nouvelles du film. Non, c'est la mort d'un ami, l'un des plus jeunes et chargé de tous les dons.
    Jean-René Huguenin finit comme Albert Camus, mais Camus avait eu le temps de nous dire pourquoi il était venu. de Jean-René il nous reste un seul livre, cette Côte sauvage où il ne savait pas quelle barque l'attendait. Ce jeune homme ne reniait pas ceux qui étaient venus avant lui. Je le sentais très proche d'eux : il ressemblait aux amis de ma jeunesse, à ceux qui sont partis avant l'heure. Il était marqué du même signe, il les a rejoints. Je ne le sépare pas d'eux dans mon coeur, dans ma prière. (Bloc-notes de François Mauriac)
Oui, il reste un seul livre mais quel livre !!! de toute beauté. Un livre où le désir est exacerbé de devoir rester contenu, où il ne dit jamais son nom. L'absolu, la pureté, au paroxysme, se transforme en cruauté, en torture. Olivier est un ange diabolique. Olivier rêve sa soeur. Il ne veut pas se séparer de son enfance et il la désire cette compagne de jeu dans un au-delà de la chair, hors du monde, il voudrait qu'elle demeure intacte, que son mariage avec Pierre ne soit pas.
«Qui suis-je ? Qui étais-je ? Je ne trouverai jamais ma nuit. C'est moi que je prie, c'est moi qui m'exauce. Dieu dans sa haine nous a tous laissés libres. Mais il nous a donné la soif pour que nous l'aimions. Je ne puis lui pardonner la soif. Mon coeur est vierge, rien de ce que je conquiers ne me possède ! On ne connaîtra jamais de moi-même que ma délirante soif de connaître. Je ne suis que curieux. Je scrute. La curiosité c'est la haine. Une haine plus pure, plus désintéressée que toute science et qui presse les autres de plus de soins que l'amour-mais qui les détaille, les décompose. Me suis-je donc tant appliqué à te connaître, Anne, ai-je passé tant de nuits à te rêver, placé tant d'espoirs à percer ton secret indéchiffrable, et poussé jusqu'à cette nuit tant de soupirs, subi tant de peines pour découvrir que mon étrange amour n'était qu'une façon d'approcher la mort? »
Et cette déchirure est plus bouleversante encore d'être traversée dans
l'atmosphère insouciante des vacances, environnée par la beauté de la campagne et de la mer.
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critiques presse (1)
Lexpress   16 novembre 2011
Un roman lumineux et mélancolique, à son image, où son destin tragique se lit en filigrane.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
GeraldineBGeraldineB   15 septembre 2015
Qui suis-je ? Qui étais-je ? Je ne trouverai jamais ma nuit. C’est moi que je prie, c’est moi qui m’exauce. Dieu dans sa haine nous a tous laissés libres. Mais il nous a donné la soif pour que nous l’aimions. Je ne puis lui pardonner la soif. Mon cœur est vierge, rien de ce que je conquiers ne me possède ! On ne connaîtra jamais de moi-même que ma soif délirante de connaître. Je ne suis que curieux. Je scrute. J’explore. La curiosité c’est la haine. Une haine plus pure, plus désintéressée que toute science et qui presse les autres de plus de soins que l’amour – mais qui les détaille, les décompose. Me suis-je donc tant appliqué à te connaître, Anne, ai-je passé tant de nuits à te rêver, placé tant d’espoir à percer ton secret indéchiffrable, et poussé jusqu’à cette nuit tant de soupirs, subi tant de peines, pour découvrir que mon étrange amour n’était qu’une façon d’approcher la mort ?
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lecassinlecassin   29 octobre 2012
Ils se baignaient vers midi, Pierre revenait déjeuner au manoir. L’après-midi, quand ils ne retournaient pas tous les trois sur la plage, ils se promenaient dans la lande, toujours tous les trois, et entre les fougères que l’été commençait à brunir, le mince sentier des douaniers les emmenait vers quelque cap, Olivier, puis Anne, puis Pierre, au-dessus d’une mer lisse, glacée de soleil, et ramenai dans le soir leurs pas absorbés, silencieux, leurs visages baissés. Olivier, puis Anne, puis Pierre, jusqu’à la barrière blanche où ils se séparaient. Depuis que Louise, la domestique des Aldrouze, était revenue de Quimper où elle avait passé huit jours dans sa famille, Anne pouvait dîner presque chaque jour chez Pierre. Olivier restait seul, le soir, à l’attendre, assis dans le salon, tournant les pages d’un livre déjà lu, écoutant le silence auquel seul un chien répondait, dans la campagne fourmillante de nuit. Soudain un bruit montait, feutré, régulier et doux, s’épanouissait dans un crissement de gravier, trois petites notes claires tintaient contre les marches du perron, la porte s’étirait en grinçant – puis, durant une prodigieuse seconde tout s’arrêtait – et aussitôt elle était là, debout dans la lumière, et sa voix seule emplissait la pièce. « Tu n’es pas encore couché ? » Il avait attendu trois heures pour entendre cette phrase unique.

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FleitourFleitour   11 juin 2016
Selon les règles du jeu il s'allonge contre elle et presse la bouche
contre son front, ses paupières, ses joues, son cou, ses
épaules.
Ses épaules son cou ses paupières.
Peau brûlante goût de sel résistance de la chair dès que les lèvres s'y appuient odeur Vermeille goût de soleil goût de raisins de serre il ne respire plus ses propres mains ses reins ses jambes sont glacés les battements de son cœur se développent de plus en plus fort de plus en
plus rapprochés irradiant sa gorge comme si une course
une fuite blessée le soulevait du sol et le laissait retomber plus lourdement à chaque foulée il fuit bien qu'il ne bouge pas ne l'embrasse même plus reste simplement serré contre elle poursuivi par le goût de raisins de sa chair et le faible parfum d'amandes de ses cheveux
quand brusquement...
P122
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OliphantOliphant   13 octobre 2013
Et tout à coup Olivier comprit que l’indifférence aussi était une passion, la plus douloureuse de toutes, la plus impossible à assouvir puisque l’objet qu’elle poursuit nous oblige à régler notre course sur la sienne : la passion du temps. Dévoré par le temps d’un si étrange amour, Pierre ne se souciait plus du monde. Lui, qu’Olivier croyait sec, devait au fond souffrir à chaque instant de sa vie, en mangeant, en riant et tout simplement endurant, d’une souffrance aveugle et sans objet – la souffrance de ne pas souffrir. Et si, maintenant qu’il était sur le point de perdre Anne, il semblait l’aimer de nouveau, c’était qu’en s’échappant elle réveillait en lui l’espoir d’éprouver enfin une douleur définie, justifiée.
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nadejdanadejda   20 mars 2011
À quoi bon les rejoindre ? Qui l’attendait ? Il était seul. Simplement, la présence des autres, leurs questions et leurs cris lui dissimulaient parfois sa solitude, formaient entre elle et lui comme un écran dont il éprouvait à cet instant la transparence et l’irréalité. Une force douloureuse le traversa, il pivota lentement sur lui-même ― les rochers déchiquetés, noirâtres, le phare lointain, la lande noyée, les moutons, les rochers ― et il lui sembla faire d’un seul regard le tour de toute la terre. « Personne n’existe », murmura-t-il. 

Un chien noir, le museau rasant le sol, suivait une odeur dans la lande ; il disparut quelques secondes derrière un rocher isolé, pareil à un moine en prière. Lorsque Olivier se retourna, une traînée de soleil traversa les nuages et répandit sur les flots une lumière blême. Il eut faim, sans savoir de quoi, il lui sembla grandir, devenir lumineux lui-même, le vent coulait dans ses veines et il sentait battre son cœur… Mourir était impossible. Il ne souhaitait rien, il n’avait rien à perdre, il était libre.
Le soleil s’éteignit. 
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