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EAN : 9782742791071
308 pages
Actes Sud (02/05/2010)
3.26/5   267 notes
Résumé :
“Rena Greenblatt, mon héroïne s'appelle. Montréalaise expatriée à Paris, âgée de quarante-cinq ans, c'est une photographe spécialisée dans l'infrarouge, les photos de nuit, les corps et leurs étreintes. Au cours de ce récit elle effectuera en même temps deux voyages : l'un bien physique, semé d'embuches et de ratages désopilants, en Toscane, avec son vieux père et sa belle-mère ; l'autre mental, dans l'avalanche de ses souvenirs - les rêves, ressentiments et réjouis... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
3,26

sur 267 notes

latina
  20 mars 2013
« Toi la pellicule ultrasensible, comment est-ce possible, comment ? Tu n'as rien vu, rien deviné, rien senti, rien compris, rien détecté ? Non, parce que pas ça, non, le sein oui la peau oui l'estomac oui les bronches oui le médiastin oui depuis 1936 la photographie infrarouge est reconnue pour son extrême utilité dans ces domaines-là mais ça non, non, pas du tout. »
Ici, nous sommes au plus profond du coeur de Rena qui vient d'apprendre deux nouvelles complètement bouleversantes ; nous sommes à la première page du roman...Ces nouvelles, nous les ignorerons tout au long de l'histoire puisque celle-ci est un flash-back. C'est seulement à la fin que nous sera dévoilé ce cataclysme dans la vie de Rena, 45 ans, photographe travaillant souvent avec un filtre infrarouge pour voir « la réalité des choses », la « chaleur qu'elles dégagent ». La chaleur des gens, surtout, et particulièrement des hommes au moment de l'extrême abandon de l'acte physique.
En effet, Rena aime les hommes. Elle a eu plusieurs compagnons, dont elle a eu 2 garçons, maintenant adultes. Elle aime Aziz qui s'apprête à signer avec elle l'achat d'un appartement à Paris. Mais elle le quitte pour une semaine afin d'accomplir avec son père et sa belle-mère un voyage en Italie, plus particulièrement à Florence. Ce voyage, elle veut l'accomplir jusqu'au bout coûte que coûte, malgré son incompréhension croissante face à son père vieillissant, malgré sa belle-mère parfaite touriste cultivant tous les clichés, malgré la folie qui s'empare de la banlieue parisienne avec laquelle elle se sent en symbiose (« J'habite Belleville, où le bilinguisme est la règle et non l'exception. Je n'ai plus de patience pour ceux qui croient savoir qui ils sont pour la simple raison qu'ils sont nés quelque part »).
Ce voyage, nous l'accomplirons avec elle, qui nous fera découvrir les merveilles de Florence, décrites avec tant de passion et de minutie, le brouhaha des rues, le silence des musées et des églises, la beauté des paysages de Toscane, l'accueil d'une propriétaire de chambres d'hôtes au prénom si vibrant : « Gaia ».
Et pourtant une rage sourde l'habite, car ce voyage est l'occasion de faire remonter à la surface des souvenirs de blessures : blessures d'enfance, blessures de fratrie, blessures d'amour, blessures de rapports humains, finalement. Au début, d'ailleurs, j'ai été déconcertée par cette rage qu'elle réussit toujours à contenir, mais peu à peu je m'y suis habituée et je l'ai acceptée puis finalement comprise. C'est qu'elle n'a pas eu une vie facile, Rena ! Elle pourrait appliquer à elle-même cette pensée : « Comment font-ils ? Comment font les gens pour continuer ? » Heureusement cette vie contient quelques belles amitiés, joyaux à préserver.
Et toujours, toujours, son père, sa mère, son frère la hantent. Son père, présent à ses côtés, mais si différent de ce qu'il était. Sa mère, « partita » comme elle le dit si bien à Gaia, et son frère au côté d'ombre...
J'ai vraiment adoré ce livre, tout en introspection et en beauté artistique - que ce soit la photographie, la peinture ou la sculpture -. Même si Rena me déconcerte par son côté atypique, totalement indépendant, elle me touche et parvient à me convaincre. Toutes ses réflexions sont si justes ! Vraiment, Nancy Huston signe ici un chef-d'oeuvre humaniste, dans tous les sens du terme. J'en sors grandie et encore plus sensibilisée à la détresse humaine qui n'apparait pas nécessairement au grand jour...
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le_Bison
  28 octobre 2022
Visite guidée à travers les rues de Florence, les splendeurs de la Renaissance, ça te dit ? Flâner dans les musées, prendre le frais dans les églises, se promener dans les jardins, un verre en terrasse... Un programme alléchant, oui je veux te lécher, te faire l'amour sous le clair de lune, période bleue, que tu sois Rena, Subra ou toute autre sylphide en a. L'ambiance toscane, sa chaleur, sa moiteur, moi ça me donne des idées fiévreuses. Pas toi ?
Rena rejoint son père et sa belle-mère pour cette escapade florentine. Pourquoi a-t-elle accepté ? Elle se le demande encore, déjà son père... mais sa belle-mère en plus... Tu parles de vacances... Alors pour s'échapper elle a convié Subra, son amie "intime" et imaginaire à qui elle conte tous ses fantasmes, y compris les performances sexuelles de son jeune amant parisien. Elles sont chaudes toutes les deux. Me too. On est fait pour s'entendre, je serai donc son lecteur privilégié. J'y connais rien en arts et encore moins en positions "libératrices". C'est que je ne te l'ai pas encore dit, mais Rena est aussi artiste, à la fois reporter et photographe. Sa dernière exposition : le sexe masculin. Des clichés de sexe, en forme ou au repos, en long en large, des gros plans, des plans plus larges, bref des bites de toutes les couleurs. Elle aime photographier la nudité de ses amants. Moi, tu veux aussi que je pose ? Ne me demande pas de tremper ma bisoune dans le caffèlatte...
Allez, c'est l'heure de la sieste. Son père fatigue déjà, il rentre à l'hôtel... On se retrouve ce soir au restaurant ? Non, je crois qu'il va se faire monter un plateau repas directement dans sa chambre. Des vacances ratées, je le sentais. Alors, Rena se promène tout l'après-midi dans cette ville-musée, enchaîne les galeries d'arts et se taperait bien ce gardien bien silencieux. Elle aime le silence des hommes, quand leurs mains se substituent à la parole, elles lui caressent les seins, encore fermes pour son âge, une fierté, elles lui caressent ses fesses, d'une rondeur encore bien douce et docile... Elle est chaude, moi aussi dans mon silence. Normal, c'est une fille de McGill, et j'ai entendu dire que les nanas de McGill, c'est du hot, surtout quand elles écoutent Leonard Cohen. Je commande un cappuccino, avec un surplus de crème si tu vois où je veux en venir.
Que de souvenirs qui refont surface, comme des péchés oubliés, des meurtrissures du passé qui surgissent du tréfonds de la mémoire. La force d'un ristretto fait que des images inavouées et inavouables s'affichent sous l'oeil de la photographe. Sans filtre, juste un infrarouge, Rena peut ainsi voir la réalité de la vie, la sienne surtout. le café se sert serré, ici, mais les blessures ne peuvent s'oublier, en toi. D'où ces nombreux voyages à travers le corps de l'autre, ces pulsions sexuelles, ces désirs, tes cuisses qui s'écartent, ô petit bonheur furtif qui permet à l'instant d'oublier sa propre histoire et de laisser couler la bonne humeur sur son visage comme le sperme de son amant.

Et que d'érotisme dans ces quelques jours toscans, je devrais peut-être vivre à Florence ou être italien, ça me plairait bien... Si j'y connais rien en art, - Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni ça serait pas un remplaçant de la Squadra Azzura ? - je demande pas mieux, au fond de moi, que d'approfondir l'art de la sodomie.
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Guylaine
  06 avril 2013
Infrarouge, c'est l'histoire d'une femme d'une quarantaine d'années, Rena, qui offre un voyage en Italie à son père et sa belle-mère pour l'anniversaire de ce dernier. Elle les rejoint dans ce pays qu'elle aime beaucoup et tente de leur servir de guide.
Au départ, je ne vous cacherai pas qu'elle m'a profondément agacée, je l'ai trouvée impatiente, tranchante et parfois impolie... Et puis, plus nous avançons avec ce drôle de trio dans ce pays étranger, plus elle se dévoile. Au fil des visites son passé remonte, son histoire, ses hommes... elle s'humanise...
Finalement je l'ai trouvée très attachante, j'ai aimé son regard, sa vision photographique des choses... Je me suis mise à en vouloir à tous ceux qui l'avaient fait souffrir, moralement ou physiquement et à tous ceux qui continuaient à lui faire mal...
Le livre est découpé en chapitre qui représentent les journées de ce périple,et souvent une nouvelle journée commence par le récit d'un rêve qu'elle interprète elle-même sans difficulté, j'ai trouvé ça amusant...
La fin m'a terriblement déstabilisée même si je la sentais venir, ça a résonné...
Pour conclure je remercie chaleureusement Latina qui m'a entraînée dans cette lecture ! :-D
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de
  25 mai 2012
Séjour et promenades dans Florence, « Une cloche sonne, et, captant les premiers rayons du soleil, les vielles briques et tuiles de la capitale s'embrassent », les arts de la renaissance sous le regard d'une photographe. « Je penche donc je suis, se dit Rena, non, je penche vers la droite donc je suis en Italie, en italiques, toutes mes penchées sont en italique, elles hurlent, insistent, se répètent, vocifèrent, m'accusent, toi la pellicule ultrasensible, comment est-ce possible, comment ? Tu n'as rien vu, rien deviné, rien senti, rien compris, rien détecté ? Non, parce que pas ça, non, le sein oui la peau oui l'estomac oui les bronches oui le médiastin oui depuis 1936 la photographie infrarouge est reconnue pour son extrême utilité dans ces domaines-là mais ça non, justement ça non, non, pas du tout ». Rena accompagne son père Simon « Pauvre Simon, se dit Rena. Il a l'air découragé d'avance. Redoute les jours à venir. A peur que je ne veuille les traîner, les bousculer, les épater, les impressionner, les écraser avec mon savoir, mon énergie, ma curiosité. Se dit qu'ils auraient mieux fait d'aller directement de Rotterdam à Montréal. Craint de me décevoir. “Ma chère fille je suis vieux je le confesse”, comme dit le roi Lear. Soixante-dix ans ce n'est pas vieux de nos jours, sauf que là, franchement, il est fatigué et je lui pèse. Je l'épuise et lui pèse. » et sa compagne Ingrid.
Cette plongée dans une ville musée engendre à la fois des pensées pour l'amant laissé à Paris et des remémorations d'histoires plus anciennes, avec une forte composante sensuelle ou érotique. « Ils avaient fait l'amour ce matin avant la sonnerie du réveil et elle avait voulu qu'il vienne sur son visage, c'était si fort le moment où, tenant son sexe dans ses deux mains, elle sentait soudain la semence traverser puis jaillir, crème de jouvence tiède et merveilleuse, elle l'avait étalée sur sa figure, son cou, ses seins, l'avait sentie sécher et se rafraîchir ; en se lavant ce matin elle avait tenu à garder, fine et transparente sous la mâchoire, à la naissance du cou, un peu de cette trace invisible de son amant : masque léger pour la protéger, l'aider à affronter l'épreuve… »
Des passés donc, dont les frontières ne se limitent pas aux lieux, mais se déplacent, s'élargissent au gré des rencontres toujours présentes. Des passées différents, plus lents pour les membres du vieux couple. Et l'histoire.
Le monde et les autres comme terrain de rencontres, sous les couleurs de l'Arno et des oeuvres triplement vues. le père, la belle-mère et Rena ne regardent pas les mêmes statues, les tableaux, les monuments. Comme les hommes et les femmes, les oeuvres ne sont pas « une », elles se construisent aussi dans les regards.
Pendant ce temps « L'état d'urgence est déclaré en France ».
Des vacances et des ruptures.
Une écriture toute en couleurs, pour des allées dans le temps, des retours de souvenirs. Des dialogues enlevés d'une femme refusant les codes.
Et une petite voix, Subra, double interrogative et ironique de Rena.
Un vrai voyage. Subtil et plaisant. Une littérature non blasée.
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PiertyM
  28 avril 2022
C'est du Huston dont le style d'écriture est toujours une innovation, comme si on découvrait à nouveau la Huston. Est-il que tout rythme marche selon le personnage que l'autrice choisit pour assoier son univers! Et ici, c'est Rena Greenblatt, une femme, artiste photographe reporter, extrêmement indépendante qui offre un séjour en Italie à ses parents...c'est en même temps un voyage de réconciliation, autant avec son père et sa belle-mère qu'avec elle-même, elle qui s'est trouvée depuis l'enfance un personnage double à qui elle confie ses secrets...une manière à elle de guérir de ses blessures d'enfance...
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critiques presse (1)
Lexpress   05 juillet 2012
Pas étonnant que ce roman intense, érudit, iconoclaste, ait incité Nancy Huston à enfoncer le clou dans son récent essai sur une nouvelle approche du féminisme, Reflets dans un oeil d'homme (Actes Sud).
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (67) Voir plus Ajouter une citation
GuylaineGuylaine   28 mars 2013
Oui, je le comprends maintenant : ça leur fait mal, aux hommes, pourtant maîtres du monde, de ne pouvoir maîtriser une partie si cruciale de leur anatomie ; ça les énerve qu'elle puisse se mettre au garde-à-vous alors qu'ils ne lui ont rien demandé, ou refuser d'esquisser le moindre mouvement quand ils en ont le plus urgemment besoin. D'où leur tendance à se cramponner aux choses qui demeurent rigides de façon fiable : fusils-mitrailleurs, médailles, attachés-cases, honneurs, doctrines.
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le_Bisonle_Bison   26 mai 2022
Dès que nous nous laissons tomber sur le lit et commençons à nous déshabiller avec la délicieuse maladresse de l'impatience, je comprends que Kamal connaît aussi la passivité, qu'il est capable de se tenir immobile et de s'offrir à moi, pleinement éveillé et attentif, comme un violoncelle s'offre à l'archet, s'arc-boutant il m'abandonne son visage, ses épaules, son dos et son derrière, attendant que j'en joue, et j'en joue, oh que j'en joue, la plupart des hommes redoutent de se livrer ainsi alors que, si l'on est fin un tant soit peu, on peut goûter l'exquise passivité même aux moments les plus violents de l'étreinte. Dans un délire de désir retenu, je soupèse caresse et lèche les bourses de Kamal, puis je prends son sexe dans mes mains, entre mes seins, dans ma bouche, se rasseyant il s'empare de moi et je le laisse s'affairer à son tour de sa langue et de ses lèvres sur mes seins, ma nuque, mes orteils et mon ventre, explorer les nombreux trésors de mon entrejambe, ô merveille de la langue sur le sexe, les lèvres sur le sexe l'un de l'autre, en même temps ou l'un après l'autre ou alors l'un seulement, cette fois, et l'autre, une autre, jamais je ne me lasserai de cette fluidité argentée, le sexe nageant dans le bonheur tel un poisson dans l'eau, l'être libéré de l'un, de l'autre, sensations frémissantes, charnelles et roses palpitations qui vous détachent de toute couleur et de toute chair, font voir des étoiles, des voies lactées, vous propulsent sans corps ni âme dans l'espace ondulant, les cieux ondulants faisant onduler votre corps qui n'existe plus.
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latinalatina   17 mars 2013
- Elle démarre quand l'éternité de notre âme? A la conception? A la naissance? ou est-elle sans "quand" peut-être, puique éternelle? S'étendant à l'infini, tant en amont qu'en aval? avant notre conception, après notre mort?

Et nous autres humains sommes les seuls à avoir cet honneur? De toutes les créatures possibles sur les milliards de planètes, nous et nous seuls, sur ce minuscule globe terrestre au coeur de sa minuscule Voie lactée...

Seuls les humains donc, mais...à partir de quelle étape? Neandertal? Le gentil Cro-Magnon...son âme était-elle immortelle?
Seulement l'Homo Sapiens, alors. Pas le Neandertal, on est bien d'accord. Et pas les animaux, bien sûr.

- Alors là, je ne sais pas, dit Ingrid, pensive. Parfois, quand je regarde Lassie dans les yeux, je jurerais qu'elle a une âme...

- Les chiens, alors. Et les chats? Et les chevaux? Mais...pas les moustiques, n'est-ce pas?
Pas les moustiques! On ne voudrait quand même pas se faire piquer au paradis !
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le_Bisonle_Bison   12 avril 2022
Parfois on voudrait juste appuyer sur le bouton stop. puis fast-forwarder jusqu'a un moment un peu plus supportable du film de notre existence. Oui, faisons cela. Oublions les démarrages les ratages les demi-tours les hésitations les tensions les soupirs les arrêts-pipi le sang qui déborde malgré les tampons les coups de fil infructueux en raison de la barrière de la langue, oublions les tâtonnements les misères les excuses les mauvaises odeurs les chambres sordides, oublions la tristesse dans les yeux des petites filles prostituées en Thailande les montagnes de déchets dans les quartiers nord de Dakar l'inénarrable méchanceté des officiers de la douane à Alger qui, en guise de bienvenue à Aziz venu visiter le pays de ses parents pour la première fois - c'était en 1993, il venait de fêter ses dix-huit ans - ont ouvert et retourné sa valise, flanquant par terre ses habits soigneusement pliés, oublions les enfants qui sniffent de la colle à Durban et dorment dans les tunnels des voies express, oublions le chaos de notre vie que l'on s'efforce de raconter avec un semblant de cohérence, dont on s'efforce de faire sens, oublions tout, tout, tout, au fur et a mesure...
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le_Bisonle_Bison   29 avril 2022
Beau bout de bois, cette femme sauvage, son corps voluptueux et nu caché par le long rideau de ses cheveux.
Marie Madeleine joint les mains, supplie et pleure. Les larmes ruissellent sur ses joues. Elle regrette sa vie d'avant, c'est évident. Ele se penche et fond en larmes. De ses larmes elle lave les pieds du Christ, de ses cheveux elle les essuie. Ses pleurs coulent, giclent, se déversent en flots sur les pieds du beau jeune juif. Cheveux sur pieds, larmes sur pieds, lèvres sur pieds, parfums sur pieds. "Il lui sera beaucoup pardonné, dit Jésus, car elle a beaucoup aimé."
Ma phrase favorite de ce beau mec mort jeune, glisse Subra. Jai toujours préféré, et de loin, Marie Madeleine à Marie la Vierge. Du reste les vierges adultes en général me donnent de l'urticaire, qu'il s'agisse de la déesse Athéna ou de mère Teresa, de Jeanne d'Arc ou du pape. Chaque fois que je pense aux innombrables rues, bâtisses, quartiers, villes et villages, rivières et montagnes de par le monde affublés de noms de saints c'est-à-dire de vierges c'est-à-dire d'êtres humains ayant jugé sale et vil l'amour physique, ayant sali et avili l'amour physique, et aux milliers d'enfants (dont mon frère) abusés par des prêtres en manque de tendresse, et aux millions de morts infligés par les preux chevaliers chastes du christianisme, je blêmis et je frémis de rage.
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JUSQU'À QUAND – CHRONIQUE D'UNE DIVINE PANDÉMIE Textes et voix : Marc Delouze Musique : Maxime Perrin Invitée : Nancy Huston
Cette lecture musicale, comme l'album dont il est issu, est le fruit d'une rencontre datant de 20 ans. le poète confirmé accueille le jeune musicien, ouvrant la porte générationnelle. S'ensuivent une amitié et une complicité dont témoigne cet opus, où le dialogue entre poésie et musique devient duo et même trio. Ils s'entourent de la voix et de la présence – et d'un poème inédit – de Nancy Huston.
Les confinements de ces longs mois nous ont intimé de réagir, afin de lutter contre la morosité, voire la désespérance. La traversée d'une époque où la fonction essentielle de l'art s'est vue remise en cause. Créer des perspectives, inventer des images, des couleurs, des sons, ont fait office de contrepoison.
Textes de Marc Delouze extraits de Deuil du singe, Petits Poèmes Post-It et de Chronique d'une Divine Pandémie (inédits, 2019- 2021).
Un poème inédit de Nancy Huston.
Musique originale composée par Maxime Perrin (accordéon)
À lire – Marc Delouze, Deuil du singe, Lieux-dits, 2018. Petits poèmes post-it, Maelstrom, 2018 – Nancy Huston, Reine du réel, Nil éditions, 2022.
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