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ISBN : 281122114X
Éditeur : Milady (22/09/2017)

Note moyenne : 3.03/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Frédéric Haltier travaille dans l’univers schizophrène de la télé réalité. Version trash. Argent, sexe, drogue, cynisme et hypocrisie… Mais ce jeune homme moderne entretient également une passion secrète pour les rassemblements hooligans, leur violence et leur sauvagerie. Tout irait donc pour le mieux dans cette existence soigneusement compartimentée si Haltier n’avait pas l’idée malencontreuse de mélanger le travail et le plaisir. Un de ses collègues en paiera le p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Crossroads
  13 mars 2012
Ouate z'oeuf phoque !!
Expression qui s'impose assez rapidement à l'esprit à la lecture de ce bouquin et plutot raccord avec le langage fleuri de l'ami Fred...
Frédéric Haltier , la trentaine arrogante , bosse chez Gasoil Prod . Son boulot , faire pleurer dans les chaumieres en proposant des sujets à la " Perdu de Vue " . Plus c'est trash , plus l'audience crache !
Frédéric Haltier porte son nom à merveille .
Frédéric Haltier , Fred pour les amis...n'a pas d'amis . Les femmes sont toutes des proies , des trophées potentiels à ses yeux . Sa technique ( et dans technique , il y a...) , le charme et la délicatesse du Panzer ! Les hommes appartiennent à trois catégories , pas une de plus . Les losers qu'il méprise et conchie journalierement quand il ne les poursuit pas de sa morgue coutumiere . Puis viennent les collaborateurs qui n'en portent que le titre . A ses yeux , ils sont la dangereuse concurrence qu'il reverait d'éradiquer définitivement ! Enfin l'on touche au Saint Graal , a la référence ultime , au Jean-Claude van Damme de la logique : Jean-Michel Auriol , son boss ! Un gars à qui il doit tout et qu'il vénere au-dessus de tout ! Tantot envieux et critique à son égard , tantot admiratif mais toujours servile ! C'est qu'il tient à son p'tit boulot le Fred !
D'histoire , il n'en est pas question . Trash Circus , c'est le quotidien d'un pauvre type au langage aussi limité que sa propension à appréhender son prochain , enfin sa prochaine puisque son dernier IRM aurait bouleversé plus d'un médecin ! En effet , il serait désormais avéré de façon quasi certaine que Fred possederait une bitte à la place du cerveau...La science progresse...Merci Jamy ;)
Premier rapprochement qui s'impose à cette lecture : American Psycho ( psychopathie mise à part..) . L'on suit les délires hooliganesques , sexuels et carrieristes d'un type qui , s'il devait se situer sur l'échelle de l'évolution , trouverait sa juste place entre la hyene et le bonobo ! de plus , ce prince charmant des temps modernes parait affligé du terrible syndrome Gilles de la Tourette ! Enculé de ta race , putain , bordel , ta gueule , sale pute , queue...semblent constituer la colonne vertébrale jargonnesque de ce joyeux trou-badour ( et devant badour , il y a...) . Castagner , niquer et entuber sont les trois mamelles indissociables auxquelles ce triste gland s'abreuve quotidiennement ! Tout ce qu'il aime de son pere qui se meurt à l'hosto , c'est cet amour commun du foot . le foot n'étant qu'un pretexte pour s'adonner aux joies de la baston en bande ( et dans bande il y a...) organisée . Sa femme ? Décédée . Ses gamins ? Deux jumelles qu'il aime et couve amoureusement...à distance ! Lointaine , tres lointaine la distance ! Moins je les vois et plus je m'adonne à mon sport préféré : le sexe débridé ! Tout seul , à deux - trois , avec une femme ou un homme , de façon consentie ou legerement imposée , le garçon possede un appétit Pantagruelique . Toujours sur la breche , jamais rassasié ! Sex , Drugs and Rock'n'Roll ! Pour ce qui est du rock , il en écoute plus qu'il ne pratique ( et il a plutot bon gout le bougre ! ) . Mais pour ce qui est du sexe et de la drogue sans oublier l'alcool à volonté ( open hour H 24 ) , il se pose là !
On l'aura compris , Fred est un pathétique queutard égoiste sans foi ni loi qui se noie dans un univers personnel plutot atypique voué , tot ou tard , à lui faire payer une addition sans retour ! le sexe et la violence sont deux moteurs nécéssaires à son équilibre . Ses deux béquilles indissociables qui lui permettent d'etre ce qu'il est : un seigneur de la baise et de la rixe ! Ou tout simplement un grand malade...
Ce bouquin ne laissera pas indifférent ! L'univers dépeint y est viscéralement brutal et narré on ne peut plus cruement ! Langage ordurier à tous les étages qui , pour ma part , m'a plutot fait sourire au départ avant de me lasser tant l'auteur semble se complaire dans la surenchere ! Ce Fred est un véritable catalogue ambulant de toutes les tares possibles et inimaginables recensées à ce jour ou presque . Ça fait beaucoup pour un seul homme...Malgré cela , je me suis souvent surpris à sourire devant l'enflure assumée d'Incardona . Les références musicales pullulent , les clins d'oeil ne sont pas en reste ( Pendémol pour Endémol...) . Et dans un contexte actuel d'élection ou le politiquement correct est de mise , Trash Circus s'avere etre une véritable bouffée d'oxygene à petite dose !
Merci à Babelio et Noir 7.5 PARIGAMME pour cette découverte étonnante .
Trash Circus , livre de chevet de DSK ?
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colimasson
  12 novembre 2012
La meilleure partie de Trash Circus, c'est son exergue :

« La plupart des gens ne se distinguent en rien. La plupart des vies ne mènent à rien. Pourquoi ne pas l'accepter ? »
(Joyce Carol Oates)

Ceci étant dit, il vaudrait mieux refermer tout de suite ce livre et se lancer, par exemple, dans la lecture de Joyce Carol Oates. On éviterait ainsi de perdre son temps et de se laisser démoraliser par les prétentions psychopathologisantes d'un frimeur de faible acabit.

On assimile très vite le personnage de l'histoire, Frédéric Haltier, à l'écrivain Joseph Incardona dans leurs tentatives désespérées de se donner un genre sans y parvenir. Si, au début, on ose espérer que la lecture de Trash Circus nous permettra d'accéder à l'univers singulier d'un auteur, de nombreuses maladresses -dont Joseph Incardona semble fier puisqu'il n'hésite pas à les répéter- viendront nous convaincre que tel n'est pas le cas et que nous avons plutôt affaire à un croisement raté entre du Bret Easton Ellis –moins l'humour cinglant-, du Michel Houellebecq –moins l'autodérision- et du Frédéric Beigbeder –moins le recul critique. Les grandes forces négatives s'affrontent et de ces trois références, on ne retient que la caractéristique la plus dénuée d'intérêt : la complaisance d'un abruti qui se plaît à s'ensevelir de merde tout en s'évertuant à jurer que le monde est pourri –car il fait de son cas une généralité- et qu'en conséquent, une grosse bombe atomique ferait bien de tomber à la surface de la planète pour tout anéantir.

Joseph Incardona alterne entre fureur adolescente et envolées lyriques pour décrire un monde décrépi –paradoxe extrême que cette rage juvénile lorsqu'il s'agit de dénoncer, justement, les comportements bovins d'une jeunesse que Frédéric Haltier semblerait vouloir exterminer :

« Les groupes de jeunes sont des grappes de consommateurs, iPod Nanon aux oreilles, iPhone au bout des doigts, le pouce flexible qu'arrête pas de tapoter sur les touches de leur merde, s'envoient de messages débiles, fans de la « Star Ac' », fans de rappeurs à la con, banlieue pourrie, vie pourrie, avenir pourri, dents bientôt pourries, tout ça finira en kebabs, en graisse et en frustration. Miroir aux alouettes de l'hypercentre à consommer : fringues, multimédia, bouffe, bêtise. Hypercentre de la frustration, ils sont juste bons à enrichir les multivitaminés du libre-échange, à se faire baiser dans les grandes largeurs… […] On a photographié Mars, mais on nous a fait revenir au Moyen Âge. Sans plus d'espoir d'aller vers quelque chose, non, la fête est finie, tous ces SMS, ces mails, ces putains de messages perdus dans le cosmos, du vent. Quand on sera morts, où seront-ils stockés, qui lira ces mots inutiles, ces instants perdus dans l'air climatisé, au milieu des soldes, des déstockages, des flirts au Carrefour, la poésie foutue, l'amour foutu, le respect, le travail, la solidarité… Tous responsables : médias, politiciens, multinationales, FMI, banque centrale, citoyens, parents, ados, profs, gauche, droite, centre, haut, bas […]. »

Verve porteuse d'une charge sociale foudroyante pour qui ne serait pas sorti de chez lui et n'aurait ouvert de livres depuis son apparition sur Terre –verve qui frôle la poésie, même si le personnage ne semble pas vraiment apprécier ce genre littéraire (référons-nous, par exemple, à ce propos glané au hasard des pages du livre : « Fuck Prévert, fuck la poésie. »)

Peut-être l'auteur préfère-t-il Michel Houellebecq ? Certains passages s'apparentent presque à du plagiat, entre les informations encyclopédiques placées de guingois à la manière de la Carte et du territoire (« Dans l'église Sainte-Geneviève, chou comme tout ("L'église Sainte-Geneviève est constituée par la juxtaposition d'une petite église romane du XIIIe siècle, placée au sud, et d'une plus grande église gothique édifiée aux XVe et XVIe siècles. Dans la sacristie se trouve le portail qui était la porte d'entrée de l'église romane"), baignée d'histoire de France, de roi Machin et de reine Blanche, j'ai froid aux pieds. ») et le dégoût de la famille –principalement du père- qui permet au jeune héros du livre de se parer de l'aura d'un enfant maltraité (« Depuis combien de temps je ne te vois plus, papa ? Cinq ans ? Six ? Trois fois en quinze ans au total. On avait décidé qu'on serait morts l'un pour l'autre, mais non, tu vois, il y a toujours ce carcan familial à endurer, social, administratif, les « autres », ces putains d'autres qui t'obligent à continuer la mascarade du lien affectif »), on comprendrait que Michel Houellebecq crie au plagiat –quoique lui ne se serait peut-être pas osé à la critique sociale facile et à côté de la plaque.

Voudrait-on en savoir plus, d'ailleurs, sur les opinions politiques de Frédéric Haltier ? le tout peut être résumé en une phrase : « Pas de carte d'électeur, jamais voté de ma vie, gauche ou droite, même saloperie ». Les difficultés d'élocution du personnage se retrouvent à d'autres occasions : « Mais on a tué la nature. Pourtant, la nature est toujours là. Hormones, testostérone. C'est notre paradoxe, le prix à payer. D'ailleurs, certains paient le prix fort et obtiennent très peu ». Que doit-on en conclure ? Les pensées du personnage sont-elles vraiment si embrouillées qu'il n'arrive pas à les exprimer ? Ou traduisent-elles l'esprit brillant d'un génie qui ne s'exprime qu'à travers l'usage de l'anacoluthe ?

On se sent également flouté par rapport au contenu de Trash Circus en lui-même. La quatrième de couverture nous parlait d'un personnage évoluant à la fois dans la sphère cynique de la télé réalité et dans l'univers houleux des hooligans. L'un et l'autre devaient se réunir dans une apocalypse tourbillonnante dont le lecteur sortirait forcément chancelant. Coup de pub. Tout bien résumé, le livre tient dans cette superbe phrase extirpée de Frédéric Haltier lui-même : « Foutre, pipi, caca, on n'en sort pas ». En effet, Frédéric Haltier se plaît énormément à jouer au macho qui use de sa queue comme d'un lasso –s'il fallait en parler sérieusement, on dirait que c'est drôle parce que tout à fait inoffensif- ; à cracher dans la bonne soupe qui le nourrit ; et à faire exprès de se mettre dans des pétrins tous plus idiots et grotesques les uns que les autres.

On sort de ce livre étourdi par sa stupidité, tout à la fois ravi et étonné du dénouement final. Ravi parce que Trash Circus ne pouvait pas se terminer autrement. Etonné parce que Trash Circus aurait dû s'ouvrir sur ce dénouement, et on se demande pourquoi Joseph Incardona n'y avait pas pensé.

Lien : http://colimasson.over-blog...
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MissG
  14 mars 2012
Sex, drugs and violence, voilà qui résumerait assez bien ce livre et son personnage principal.
Frédéric Haltier travaille à la télévision, c'est un jeune loup (et c'est peu dire) qui cherche à s'imposer et ne recule devant rien pour arriver à ses fins, pour qui les femmes sont uniquement des objets sexuels servant à assouvir ses fantasmes, qui comprend "oui" lorsqu'elles disent "non", qui vit dans le luxe et la richesse, et qui adore les rassemblements hooligans lors des matchs de foot pour leur violence.
Ironiquement parlant, c'est le gendre rêvé par toute belle-mère.
De sexe, il en est beaucoup question dans le livre, d'ailleurs le cerveau de Frédéric Haltier se situe à son entre-jambe tellement il ne pense qu'à ça et ne semble presque vivre que pour ça.
L'auteur a choisi d'utiliser un langage cru, parfois choquant, afin de mieux cadrer avec l'univers dans lequel il a placé son histoire : celui de la télévision, mais pas n'importe laquelle : la télé-réalité.
Et là, plus c'est trash, mieux c'est !
Donc il lui fallait en faire autant avec son livre et y mettre de la vulgarité, de la misogynie, des moeurs dépravées (orgies, call-girl ...).
L'histoire est racontée à la première personne du singulier, ainsi le lecteur est directement en contact avec Frédéric Haltier et partage absolument toutes ses pensées, ce qui fait que dès les premières phrases j'ai été prise par la lecture.
Pourtant, l'auteur n'épargne rien au lecteur des pensées plus ou moins abjectes de son personnage : "Qu'est-ce qui te prend de penser à ces connasses et à leur vie ? Pourquoi pas choisir celle à gros nichons, lui demander d'ôter son dentier et de la lui foutre bien profond dans sa gorge de vieille ?"
C'est la paradoxe de cette lecture, elle est prenante alors que je ne ressentais aucune apathie pour le personnage.
De drogue, il en est aussi beaucoup question car Frédéric Haltier est un pur et dur junkie, il est même incapable de vivre sans ses pilules et c'est uniquement grâce à elles qu'il réussit à garder le rythme dans sa vie professionnelle : "Je pourrais attendre que quelqu'un arrive, profiter de ... Non, Fred. Aujourd'hui, tu vas bien, tu as volontairement renoncé à prendre la pilule miracle. La coke a été absorbée par ton corps, personne n'en saura rien, sauf si tu décèdes de mort violente ces prochains jours et qu'un échantillon prélevé de tes cheveux en révèle la présence. On en tirerait alors les conclusions qui s'imposent, c'est-à-dire rien du tout, si ce n'est de gonfler un camembert de statistiques."
Enfin, il est aussi question de violence, car le personnage de Frédéric Haltier habite en lui une grande violence, il aime se défouler les soirs de match, prendre part aux bagarres, et il va même jusqu'à mélanger sa passion personnelle avec son milieu professionnel (deux de ses collègues en feront les frais).
Toute cette violence masque en partie une enfance difficile, il s'est érigé des murs pour se protéger mais en agissant ainsi, il est l'artisan de son propre malheur : "L'amour je n'en veux surtout pas, pas besoin d'amour.", bien qu'ayant également en lui une fort propension à l'égoïsme : il ne voit quasiment jamais ses filles et ne cherche surtout pas à avoir de contact avec.
Au-delà du personnage tout à fait détestable qu'est Frédéric Haltier, j'y ai vu une critique en bonne et due forme de l'auteur envers la société actuelle où chacun à la volonté de réussir à tout prix et ce à n'importe quel prix.
Pour cela, il a notamment construit un personnage abominable et superficiel car vivant d'artifices, mais il a également pris un malin plaisir à glisser quelques subtilités dans son texte.
Ainsi, la société de production s'appelle Pendémol, ce qui n'est pas sans rappeler Endémol; et puis j'ai trouvé qu'il avait choisi les noms de famille de ses personnages les plus horribles en contradiction avec leur personnalité : Thierry Muguet (qui est tout sauf une fleur de printemps), Frédéric Haltier (son attitude n'a rien de noble, non seulement il se croit supérieur mais il le dit et le fait sentir aux autres, rabaissant régulièrement son assistante).
Je reprocherai toutefois à ce livre que le côté polar arrive tardivement, trop d'ailleurs, et qu'il n'est pas exploité à fond. Il n'y a pas de réel suspens, tout se dénoue trop facilement, alors que l'auteur aurait pu développer beaucoup plus tôt cet aspect et faire sombrer complètement dans la paranoïa son personnage.
Ce qui rejoint mon deuxième reproche, l'auteur aurait pu aller plus dans la descente aux enfers de son personnage, finalement il reste très soft par rapport à tout le trash de son écriture.
C'est en tout cas le sentiment que j'ai ressenti, tant de trash et de vulgarité pour une banale scène où le harcèlement prend son sens, scène qui d'ailleurs a un aspect représentation au cirque.
Je ne regrette pas cette lecture, bien que je ne cautionne absolument pas le comportement du personnage, car de moi-même je ne serai pas forcément allée vers ce polar noir.
Cela m'a permis de découvrir ce style et si j'ai été gênée par certaines scènes violentes et/ou immorales je restais captivée par l'histoire, pour voir la chute du personnage qui était inéluctable selon moi.
C'est un livre particulier, avec une ambiance et un style littéraire qui peuvent déranger et mettre mal à l'aise, mais il est également saisissant.
Je l'ai noté 2 mais en réalité ma note est entre 2 et 3.
Je remercie Babelio et les éditions Parigramme Noir 7.5 pour l'envoi de ce livre.
Lien : http://lemondedemissg.blogsp..
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Paco
  16 avril 2012
Alors là mes amis, aux âmes sensibles s'abstenir! Dans "Trash Circus" il y a trash et ce terme prend tout son sens dans cette oeuvre. Pourquoi "Circus"? Ben peut-être parce que la vie que mène le personnage central dans ce livre et un vrai cirque; je dois avouer qu'il utilise tous les recoins du chapiteau pour étaler sa stupidité; le représentent parfait de la débilité humaine!
Ce roman d'un froid clinique, direct et totalement amoral n'est pas à placer entre toutes les mains. Joseph Incardona, totalement libertaire, nous présente un rendu extrêmement lubrique et par la même occasion choquant. Les amateurs de sexe crapuleux, vulgaire et violent vont y trouver leur compte. Mais pas seulement...
le style d'écriture d'une fluidité remarquable donne envie d'y aller toujours un peu plus loin; de savoir jusqu'où le personnage principal - notre narrateur - va aller dans sa stupidité, son immoralité et son cynisme. Oui car Frédéric Haltier, ce fameux personnage, est un vrai salopard de première, soit la caricature du parfait abruti. Je reviendrai sur cet anesthésié de la morale qui est un bel exemple finalement de personnes qui existent bel et bien. J'imagine que l'auteur a justement voulu nous le rappeler en allant tout de même à l'extrême!
Avant de vous présenter l'histoire en quelques mots, je voulais encore vous préciser que c'est effectivement cru, choquant - c'est certain - mais j'apprécie le courage qu'use l'auteur pour nous brosser cette histoire inélégante et méchamment noire. J'imagine que beaucoup de lectrices et lecteurs ne vont pas apprécier - je parle en connaissance de cause en ayant parcouru les premiers commentaires - c'est finalement une oeuvre qu'on va aimer ou alors carrément détester.
Porsche, Rolex, appartement de luxe dans un quartier chic de Paris, Frédéric Haltier - Fred - est un homme veuf père de deux jeunes adolescentes qu'il rejette sans état d'âme. Deux boulets qu'il a placés dans un établissement privé pour pouvoir vivre sa vie de débauché et ainsi cultiver tous ses excès.
Son job? Cadre sur la chaîne Canal 7, une société spécialisée dans la télé réalité. Son travail est à l'image de lui-même, amoral, sans éthique et basé sur le principe de la manipulation. le principal but est de faire un maximum d'audience, d'argent, en présentant des sujets indécents, par-exemple en invitant sur le plateau le père défait d'une jeune victime d'un sadique et l'auteur lui-même. Haltier est chargé d'organiser tout ce cirque et franchement rien ne l'arrête pour manier et influencer les personnes qu'il côtoie.
Ce dérangé stimulé par la cock et le cul a encore deux grandes motivations dans sa vie de minable. Pour la première, c'est veste Bombers et bonnet écrasé sur le crâne. Frédéric Haltier est un inconditionnel des matchs de foot impliquant le PSG. En fait, le match il s'en fout comme de l'an 40. Ce qui le branche, c'est la baston après le match. Sa drogue se trouve dans le milieu hooligan; la "Meute" l'attire, c'est plus fort que lui. La castagne est sa raison d'exister. Finalement une haine qu'il cultive jusqu'au fond de son slip.
Car sa deuxième motivation c'est le sexe, pratique qu'il associe aveuglément à la violence. Tous le monde y passe, plus c'est violent plus ça passe, et ceci pour tous les genres confondus. Mais cela complète le triste tableau de cet homme qui est riche - c'est vrai - mais paradoxalement très misérable. On ne peut même pas avoir pitié de lui tellement il nous écoeure, nous dégoûte et nous fait vomir! Je me suis tout de même demandé comment l'auteur a pu mettre sur papier un être aussi répugnant et nauséeux et prendre le recule nécessaire pour décrire un type pareil. Car c'est plus que noir, depuis le début jusqu'à la fin. Aucune nuance, aucun répit... Soit aucune relâche.
le pouvoir, voila la seule chose qui compte, en écrasant les autres, en marchant sur les pieds en n'oubliant pas de frapper fort et plusieurs fois de suite, jusqu'à l'achèvement. Pas de conscience, cela ne sert à rien, une perte de temps. Il faut gagner, peut importe comment. Est-ce la société d'aujourd'hui qui veut ça? Est-ce que Joseph Incardona nous fait tout simplement une caricature de ce qui se passe autour de nous? Une société artificielle, factice et complètement stéréotypée? Peut-être, mais c'est extrême et ça fait peur. Quoi que, le hooliganisme n'est pas très éloigné de ce que l'on retrouve dans ce bouquin.
Mais voilà, comme je l'ai dit plus haut, nous voulons tout de même savoir jusqu'où il va aller dans sa débauche, sa manipulation et sa perversité, et nous allons en avoir pour notre compte. Car Joseph Incardona reste pour moi un maître du roman noir et il va le prouver une fois de plus. Notre personnage va perdre la maîtrise à force de remuer la merde et de supprimer un à un les derniers garde-fous (le mot est approprié) qui entours sa personne. Violence, contraintes, manipulations, véhémences, malentendus; ça ne va peut-être plus passer! Frédéric Haltier va-t-il survivre face à sa parano? Lisez... Bonne lecture et bonne chance.
Lien : http://passion-romans.over-b..
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bibliomanu
  19 février 2012
Permettez-moi de vous présenter, Frédéric Haltier, l'un des personnages de roman que j'ai sans doute le plus détesté mais avec lequel, néanmoins, j'ai accepté de partager la proximité quelques heures durant. Et quelle proximité !
Frédéric Haltier travaille pour une émission de télé-réalité, Destins croisés, dont le concept est de réunir sur un même plateau de télévision les victimes et les bourreaux d'une tragédie. le voyeurisme dans ce qu'il a de plus ignoble. Frédéric Haltier a deux filles dont il ne s'occupe guère. Depuis la mort de leur mère, il s'est empressé de les placer dans un internat prestigieux. Elles ne représentent rien pour lui. A leur égard, il ne témoigne que de l'indifférence. Pour Frédéric seul semble compter le nombre de nanas qu'il pourra s'envoyer, quitte pour cela à jouer de son statut, dévoiler le nom d'Auriol, le présentateur de l'émission à même d'ouvrir les portes de la célébrité. A la source de son plaisir : la violence. C'est d'ailleurs à travers l'expression de celle-ci, en participant aux rassemblements musclés des hooligans lors des matchs de football du PSG, qu'il pense favoriser le déclin de la société. Sans jamais se douter que lui-même pourrait flancher...
Il n'aura sans doute échappé à personne qu'il existe une mode (ne rien voir de négatif dans ce terme) dans le roman policier actuel : celle de nous faire entrer dans la peau de tueurs abjects lesquels nous livrent sans fards leurs pensées et leurs actes. Et, sous couvert d'un certain humour ou de leur parcours, leur histoire, leurs créateurs parviennent à susciter une certaine empathie, plus ou moins assumée, à leur égard. En tant que lecteur, j'ai eu l'occasion de renconter certains d'entre eux : Dexter de Jeff Lindsay, Joe Middleton de Paul Cleave, Kurtz de Jérôme Camut et Nathalie Hug, Ernesto Perez de Roger Jon Ellory... Tous ces personnages dont certains sont vraiment bien conçus, obéissent aux codes du genre, s'inscrivent dans une sorte de pacte passé avec le lecteur : vous voulez des sensations fortes, du divertissement, vous allez en avoir... de ce fait, il y a de part et d'autre, de l'auteur et du lecteur, une acceptation de l'artificialité mise en place.
En terme de sensations fortes, et comme son titre l'indique, vous ne serez pas en reste avec Trash Circus. En revanche, pas d'empathie et pour le côté artificiel, pas la peine de le chercher non plus, il n'y est pratiquement pas. Joseph Incardona a pris soin de le gommer le plus possible, de le réduire à sa plus simple expression pour coller au plus près à notre réalité. le récit tire donc ses racines dans notre époque, dans la puanteur ambiante qui gangrène notre société. Pour ce faire, il passe par le prisme de la télé et du foot. le malaise est là. Prégnant, intense, permanent.
J'ai bien été tenté de laisser tomber le livre en rapport à l'aversion que le personnage m'inspirait, à l'univers pétri de superficialité dans lequel il évoluait. Tout psychanalyste s'en donnerait à coeur joie avec le cas Frédéric Haltier, un homme guidé par son individualisme, par l'exercice et l'emprise du pouvoir sur les autres, par l'indifférence, par un sentiment d'invulnérabilité que rien ne semble jamais devoir remettre en cause, et pour finir, par le sexe – il n'y a presque pas de pages où les émotions de Frédéric Haltier ne soient pas décodées puis restituées par le biais du sexe. Cependant, pas besoin d'être psychanalyste pour apprécier l'oeuvre malgré l'aversion qu'elle peut susciter. Et c'est bien cela qui m'a empêché d'abandonner le livre car le dégoût ne porte justement pas sur l'oeuvre elle-même mais sur ce qu'elle révèle et dénonce à la fois, la décadence d'une société empêtrée dans ses contradictions. Et ça il fallait, il faut, le lire jusqu'au bout.
Faire vivre un tel personnage que Frédéric Haltier n'a pas dû être qu'une partie de plaisir, loin s'en faut, mais en se l'appropriant de la sorte, Joseph Incardona confirme la maîtrise dont il fait preuve et la place essentielle qu'il tient dans le roman noir actuel.
Lien : http://bibliomanu.blogspot.com
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miladomilado   31 mars 2013
" Laureen21 : slt sva ?
FreddyKruger00 : cc sva et ti ?
Laureen21 : j m'ennui
FreddyKruger00 : mi 2. tu veux k on se voit
Laureen21 : t direkt ti
FreddyKruger00 : pk pas ? tu me poke, jtkiffe
Laureen21 : thx.on peu km parlé first ? "
Et voilà, rebelote. Derrière l'écran, c'est plus facile, mais c'est quand même et toujours bla-bla en priorité. Des Roxane qui veulent du bon mot, du mot d'esprit, de l'intelligence, se sentir désirées afin de satisfaire leur ego, la chatte étant si précieuse, en quartz, en or, en platine, semble-t-il. Pourquoi les femmes veulent-elles d'abord parler ? Pour dire quoi, pour faire quoi ? Qu'y a-t-il de si important à dire ? Pourquoi la queue est-elle perçue comme une menace ? Qu'ont-elles de si précieux à vendre ?
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lalyMlalyM   06 avril 2018
Et déjà qu'on y est, puisqu'on en est là, à causer humanité rance baisée jusqu'à l'os, je vais te dire, jean-michel, pourquoi ces cons se retrouvent dans un stade. Je vais te dire pourquoi d'autres plus cons encore se donnent rendez-vous pour la baston en marge du football comme d'autres vendent leur cul. Comme pour ton président, le sport, ils s'en foutent, le sport c'est de la merde. C'est ce que les gouvernements promeuvent pour l'unité et la solidarité des peuples, l'équilibre interne de la nation, mais c'est bidon. C'est leur discours pour nous la mettre bien profond, calmer les esprits, favoriser la pseudo-intégration. Fifa, UEFA, Champions League, c'est tout saloperie et compagnie, alors, tu comprends, jean-mich', le foot, ils s'en battent les couilles. Eux, c'est la peur, l'excitation de la peur qui les fait bander ... Les cons dans leurs tribunes sont les derniers à nous rappeler que l'âge de pierre côtoie l'ère numérique quand ils se donnent rendez-vous sur un parking. Ce sont les derniers de la chaîne du libéralisme, les derniers qui n'ont rien et n'auront jamais rien, le fruit pourri dans le panier, la conséquence contre laquelle on envoie les flics, tandis que plus haut, plus haut, très haut, des types organisent une coupe du monde, enculent l'Afrique du Sud et roulent en limousine. Tout ça au nom de la putain d'émancipation et de la liberté. Voilà, jean-mich', pourquoi ils sont là : les derniers ici, mais les premiers dans la jungle. Qui est qui ? Qui est quoi ?
Amen.
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miladomilado   03 avril 2013
Les images du père se précipitant sur le brancard réapparaissent simultanément sur tous les moniteurs, multipliant le malheur. Clément isole sur la bande la partie qui nous intéresse. Le malheur entrera dans tous les foyers. Peinards dans notre fauteuil, on poussera un petit pet, on laissera s'échapper un rot, indifférents. L'horreur a frappé ailleurs...
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miladomilado   04 avril 2013
... Je pense, je n'y pense plus, ce n'est pas le moment.... Ce n'est jamais le moment, à vrai dire, car il faudrait tellement de courage pour se regarder entièrement, intégralement, profondément, tellement de courage pour remuer toute cette vase et attendre de voir ce qu'il en ressortirait une fois que tout serait apaisé...
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CrossroadsCrossroads   12 mars 2012
La journée devrait se dérouler betement , ordinaire administration d'un boulot qui ne me réserve plus vraiment de surprises , étant désormais coutumier de la connerie humaine .
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Videos de Joseph Incardona (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joseph Incardona
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