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Daniel Struve (Traducteur)
ISBN : 2234054249
Éditeur : Stock (03/10/2001)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 6 notes)
Résumé :

Retiré depuis la mort de Confucius dans un village perdu du centre de la Chine, un vieil homme, Yanjiang (son nom signifie " Vieux Gingembre "), raconte ce que furent les quinze dernières années du grand maître dont il partagea une partie de la vie.

Pourquoi Confucius abandonna-t-il la capitale de sa province où il avait occupé les plus hautes fonctions ? Avait-il un projet secret ? Le dernier disciple du maître tente de donner les clefs ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Bookycooky
  10 août 2017
Deux noms, Confucius et Yasushi Inoué, un auteur que j'adule, donc un livre qui ne pouvait que m'attirer. Inoué comme je m'y attendais ne nous livre pas ici une biographie classique du Grand Maitre. Sur fond de l'une des périodes les plus troublées de l'histoire de la Chine du Ve siècle avant.J.-C, se mettant dans la peau de Yanjiang ( en chinois "Vieux Gingembre") , un homme qui fût au service de Confucius, il nous interpelle indirectement. Trente-trois ans après sa mort, Yanjiang raconte les quinze années passées à ses côtés, en répondant aux questions des membres zélés de diverses sociétés confucéennes.
A partir du Ve siècle avant J.-C, sept grands États émergent en Chine. C'est la période des Royaumes Combattants, qui malgré les guerres incessantes que se livrent ces États, est une période fructueuse, celle de progrès techniques et économiques déterminants et de la naissance dans ce terreau du développement de plusieurs écoles de pensée dont ici le confucianisme. A l'époque, Confucius un haut fonctionnaire de l'Etat de Lu, un savant de renom, décide de quitter son État à cinquante-cinq pour un exil et une mission d'enseignement qui vont durer quatorze ans, avec un but 'humanitaire" afin de mettre un semblant d'ordre au chaos régnant ( " le Maitre pensait qu'il fallait commencer par les fondements mêmes de la société humaine. C'est pour cela qu'il insistait autant sur la "foi", (la crédibilité, qui inspire confiance ) et sur "l'humanité"( considération pour autrui ) " ). C'est durant ce pèlerinage que Yanjiang le rencontre et nous raconte la suite de cette intéressante aventure politique et humaine, qu'il qualifie d'errance somptueuse et qui se terminera avec la fin de son exil et son retour à Lu.
Il nous révèle un homme d'une grande sagesse avec une profonde compréhension du domaine de la vie réelle qui pouvait s'adresser et enseigner à réfléchir aux hommes de tout niveaux d'éducation. Justement "Vieux Gingembre" , le narrateur du livre est initialement un marchand ambulant puis factotum. Sa première rencontre avec Confucius est en tant que factotum et il le restera, bien que le Maitre l'accepte dans son cercle restraint de disciples. Inoué en donnant la parole à ce personnage fictif d'homme simple du peuple, pour narrer ce grand philosophe chinois, nous joue le tour de force de montrer que la philosophie de Confucius est à la portée de tous pourvu qu'on ait la volonté de réfléchir, " Maître ne transmettait ni n'imposait un savoir. Il fournissait matière à réflexion …".
Un livre à lire avec un minimum de connaissance historique sur l'époque, car pas facile de suivre tout ces Etats, ces dirigeants, ces dignitaires nombreux, aux noms chinois courts et faciles à confondre. Sans être une biographie fouillée, Inoué nous donne un aperçu assez précis du Grand Maitre, de la base de sa philosophie, de son amour pour les hommes, de sa passion pour la justice, et de sa volonté obstinée de réduire, ne serait-ce que d'une unité, le nombre de malheureux dans la Chine chaotique de cette ère. De la bouche du malicieux "Vieux Gingembre" qui répond aux questions des zélés ,il fait aussi de nombreuses réflexions sur l'essentiel de ses paroles considérées comme paroles d'évangile.
Confucius, dont la philosophie et les citations ont survécu 2500 ans et sont toujours actuelles ( Eh oui, étrange non , 2500 ans et l'homme en tant qu'âme et esprit n'a pas évolué d'une once ! ) est un personnage complexe, hors norme que seul Inoué avec son érudition, son imagination, son sens de l'analyse et sa prose limpide pouvait le raconter aussi simplement.
Un livre intéressant, déroutant, mais dont la lecture nécessite la patience , car beaucoup de répétitions pour pénétrer lentement dans la pensée confucéenne.
C'est son dernier roman, est-ce son testament, l'homme en quête de paix et d'harmonie comme le prônait son Maître ?

"Quand donc les hommes et les États cesseraient-ils de se déchirer ?" p.427




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candlemas
  22 janvier 2018
Déception... je n'ai pas aimé ce livre de Inoué, contrairement à mes lectures précédentes du Loup Bleu et du Fusil de Chasse. J'étais pourtant particulièrement motivé par une découverte de ce penseur qui ambitionnait, dès le VIème siècle avant notre ère, d'éduquer les princes, soit un siècle avant Aristote et près de 2000 ans avant Machiavel.
Je ne peux enlever à Inoué (et à son traducteur Daniel Struve) ce grand mérite de mettre à la portée du lecteur français un peu de cette morale positive, qui trouve dans le consentement à l'ordre, la discipline individuelle et la soumission à l'autorité dans l'intérêt collectif la voie de l'harmonie, intérieure et relationnelle, donc politique.
En suivant les tribulations de ce chinois en Chine ( ; ) ) , l'européen pétri de liberté individuelle, d'esprit critique et de perpétuelle remise en question des dogmes judéo-chrétiens , véritable force centrifuge là où le confucianisme s'efforce de ramener les énergies au coeur, s'étonne et trépigne de voir ce sage prêcher en vain dans le désert avec une patience infinie.
Pourtant, la quête vaine de Confucius pour trouver dans une Chine alors très troublée un prince prenant le temps d'entendre son enseignement au milieu des luttes de pouvoir, et qui ne cesse d'être expulsé pour finalement revenir docilement mourir dans ses terres natales, n'est pas sans rappeler Socrate buvant la ciguë, se soumettant lui aussi à l'ordre terrestre, alors même que l'arbitraire y règne. le sens du devoir, la tolérance et le respect d'autrui prennent parfois des voies insondables pour le profane… mais l'Histoire semble donner raison au sage, puisque l'enseignement du maître, tout comme celui de Socrate, a finalement traversé les millénaires, en imprégnant toute une civilisation.
Inoué parvient donc nous faire passer, dans son roman, finalement fort peu romancé et clairement bien documenté, à la fois une biographie et un premier aperçu, par l'exemple, de cette philosophie pragmatique agissante. Son slyle à la fois tourmenté et élagué, sa poésie (très présente dans le Fusil de Chasse), ne se retrouve qu'incidemment dans ce roman, qui est avant tout historique. Il nous dévoile le tout par touches concentriques sur 440 pages .
J'ai lu depuis que ce roman s'ouvrait au lecteur curieux et patient… sans doute ai-je manqué du second : pour moi le sujet est intéressant, et l'auteur le connaît parfaitement ; mais le roman est long, redondant, sans action, sans passion, et a suscité un mélange étrange d'intérêt et d'ennui chez l'européen que je suis… ce n'est pas la première fois que j'ai cette sensation en lisant un roman venu d'orient, peut-être comprendrai-je un jour pourquoi… quoiqu'il en soit, le Fusil de Chasse m'avait séduit, le Loup Bleu satisfait… voici que Confucius me laisse un goût désagréable dans la bouche ; merci donc à Inoué pour cette digne introduction aux analectes, mais je crois qu'une petite pause s'impose dans notre relation… sauf peut-être prendre quelques nouvelles de temps en temps…
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
candlemascandlemas   23 janvier 2018
Jamais, en quelque circonstance que se soit, le Maître ne perdait un seul instant la pleine maîtrise de lui-même. Bien d'autres particularités entraient dans son caractère, mais, lorsque je pense à lui aujourd'hui, plus de trente ans après sa mort, c'est en fin de compte ce sang-froid imperturbable qui me frappe comme le trait le plus extraordinaire de sa personnalité hors du commun.
"Veiller à ce que le peuple ait son dû, respecter les démons et les dieux tout en gardant ses distances avec eux, voilà ce qu'on peut appeler sagesse".
C'est la réponse que le maître donna à son vieux disciple Fan Chi qui l'interrogeait sur ce que devait être un gouvernement sage.
"vous ne savez encore servir les hommes, comme sauriez vous servir les esprits ?"
Réponse à Zilu qui avait interrogé le maître sur le culte à rendre aux esprits des morts.
"Vous ne connaissez pas encore la vie, comment pourriez vous connaître la mort ?
Suite de l'entretien précédent . Zilu avait cette fois demandé ce qu'était la mort.
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BookycookyBookycooky   10 août 2017
Il semble parfois y avoir, parmi les hommes politiques ou parmi les fonctionnaires, des hommes qui se donnent pour tâche la mise en pratique de la vertu d'humanité . Ils sont peu nombreux, mais tant qu'il en existe ne serait-ce qu'une poignée, on peut garder espoir dans ce monde troublé. p.368
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BookycookyBookycooky   10 août 2017
" Zigong demanda: " Peut-on en un mot formuler une règle pour la vie entière?" Le Maître répondit:" La considération peut-être ? N'impose pas aux autres ce dont tu ne veux pas toi-même." p.318
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candlemascandlemas   23 janvier 2018
La voie est-elle pratiquée ? cela dépend du destin. Est-elle méprisée ? Cela dépend encore du destin. (...) Que la voie de la justice soit pratiquée dans la société ou qu'au contraire elle soit abandonnée et que le monde retourne au chaos ne dépend que du Ciel, et les faibles forces de l'homme n'y peuvent à peu près rien. Dans une telle situation il ne nous reste qu'à exercer le peu de forces que nous possédons en vue de promouvoir ce que nous croyons être juste.
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Vidéo de Yasushi Inoué
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