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Sadamichi Yokoo (Traducteur)Sanford Goldstein (Traducteur)Gisèle Bernier (Traducteur)
ISBN : 2253059013
Éditeur : Le Livre de Poche (08/01/1992)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 541 notes)
Résumé :
Tu avais fini de frotter le canon et tu remontais la culasse, que tu avais également nettoyée.
Alors tu levas et abaissas plusieurs fois le fusil en épaulant à chaque fois. Mais peu après le fusil ne bougea plus. Tu l'appuyas fermement contre ton épaule et tu visas, en fermant un œil.
Je me rendis compte que le canon était manifestement dirigé vers mon dos.
Y.L.

Trois lettres, adressées au même homme par trois femmes différentes, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (101) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
  06 janvier 2018
Merci aux amis avisés de m'avoir conseillé la lecture de ce classique de la littérature japonaise !
Un très court roman épistolaire. Trois lettres, de trois femmes différentes, adressées à un seul et même homme, décryptant l'amour et la souffrance avec une infinie délicatesse, énormément de profondeur psychologique, de véracité, de liberté et de poésie...
Il émane des mots de ces femmes une étonnante lucidité, ainsi que beaucoup de respect et un sentiment présent de libération, malgré la pudeur, la blessure, la tristesse, la solitude, les regrets, les remords, la culpabilité. Une émotion absolument palpable, extrêmement prégnante.
Une célébration de la passion, de la beauté, de la douleur, de la vie, de la mort... Universelle et intemporelle !!
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andman
  11 septembre 2013
Les histoires de famille font partie des secrets les mieux gardés et les plus pesants, elles sont souvent inavouables.
Peu de temps après avoir croisé un chasseur mélancolique, le narrateur envoie un poème à une revue de chasse dirigée par un ami. Loin d'être élogieux pour la gente chasseresse, le voilà pourtant publié.
Deux mois plus tard, le narrateur reçoit une lettre étrange d'un l'homme qui s'est reconnu dans le poème. Ce solitaire contemplatif, qui marchait lentement le fusil de chasse sur l'épaule, souhaite partager avec lui le secret qui le ronge.
Ce correspondant anonyme, dont le pseudonyme est Josuke, lui demande simplement de lire, avant de les détruire, trois longues lettres qu'il a reçues dernièrement de son épouse, d'une cousine par alliance et de la fille de cette dernière.
Il propose au narrateur de lui faire parvenir ces lettres dans un prochain courrier.
Ces trois lettres furent comme des uppercuts à la figure de Josuke, son univers intime se disloquant sur-le-champ. Des écrits qui le marqueront à jamais…
Ce court roman de Yasushi Inoué est un petit bijou de concision épistolaire se rapportant à une liaison adultérine de longue durée au sein de la cellule familiale.
Le recoupement de ces lettres, parvenues dans un second temps au narrateur, permet de cerner la personnalité des amants et d'approcher leur entourage.
La grande qualité d'écriture et les détails de l'histoire, subtilement introduits par petites touches, rendent opportune et plaisante une seconde lecture de chaque lettre.
Les blessures par balles sont heureusement absentes dans « le fusil de chasse ». Mais touché en plein coeur par ces trois missives simultanées, les blessures de Josuke n'en sont pas moins douloureuses et durables.
« le fusil de chasse » : deux heures à tuer tout au plus !
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palamede
  14 mai 2016
Un rapprochement fait récemment entre un fusil de chasse et l'isolement d'un être humain l'a décidé. Lui qui ne porte pas d'intérêt à la chasse, il a accepté d'écrire un poème pour la revue cynégétique d'un ami.
Après deux mois sans aucune réaction de la part des lecteurs, il reçoit, d'un homme qui s'est reconnu dans le chasseur de son poème, une missive contenant trois lettres que lui ont adressé son épouse, sa maîtresse et la fille de cette dernière. Chacune raconte, pathétiquement, ce qu'il n'a pu voir ou comprendre.
Avec pudeur et poésie, Yasuki Inoué explore les tourments de l'amour et leurs conséquences. Après l'adultère et un bonheur éphémère, solitude ou mort sont peut-être, pour l'épouse et la maîtresse, le prix à payer pour savoir s'il vaut mieux aimer ou être aimé.
Magnifique.
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marina53
  21 novembre 2014
Le fusil de chasse, un poème publié dans la revue "Compagnon du chasseur" ... Son auteur, considérant ce genre de poème inapproprié pour ce magazine, s'apprête à recevoir quelques lettres de mécontentement ou de protestation. Mais il n'en fut rien. Deux, trois mois plus tard, il fut surpris de trouver dans sa boîte aux lettres non pas ce genre de missive mais un courrier dans lequel un homme, Josuke Misugi, lui avoue s'être reconnu en la personne qu'il décrit. Il lui fait joindre trois autres lettres, de trois femmes différentes et lui demande de les bruler après lecture. Etonné par ce geste, l'auteur s'y plonge, l'une après l'autre, certain de partager avec cet homme un lourd secret... Trois lettres de sa femme, Midori, sa cousine par alliance et maîtresse, Shaïko et la fille de celle-ci, Shoko... Trois lettres comme autant de confessions...
Dans ce court roman épistolaire, à la construction originale, Yasushi Inoué nous plonge au coeur des sentiments amoureux, de la passion, de la jalousie, des secrets et des révélations. Ces trois femmes brisées par le même homme se révèlent au grand jour, dévoilant leurs sentiments, leurs rancoeurs ou leurs amours. Elles prennent la plume pour rompre le silence, sans qu'aucune forme de réponse ne soit attendue de la part de Josuke Misugi. Au fil des ces lettres, Yasushi Inoué tisse les liens entre ces trois femmes de manière subtile. L'écriture est douce, poétique et tout en retenue, à l'image de ces femmes.
Le fusil de chasse vous touchera en plein coeur...
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jeranjou
  23 mai 2014
Une véritable chasse à l'homme…
N'ayant jamais encore lu de roman d'Inoué, je me lance la fleur au fusil dans la découverte de ce court roman japonais, histoire de changer de mes lectures habituelles.
Ne croyez pas non plus que je suis devenu un Kamikaze, qui à bord de son avion de chasse aurait visé sur une cible au hasard. Non, non, je vous rassure, j'ai juste emprunté... un fusil de chasse.
Enfin… je veux dire…pas un fusil, juste le livre épistolaire… d' Yasushi Inoué.
Houlà là ! Non, non, je ne suis pas... chasseur. Me réveiller à quatre heures du matin le dimanche, ce n'est pas pour moi.
Non, moi je préfère rester dormir tranquillement dans mon lit, en chien de fusil ; alors évidemment, je ne saurai jamais si le chasseur sachant chasser chasse sans son chien… mais à coup sûr, je sais qu'il chasse avec son fusil !
Bref, tout ça pour dire que le sujet principal du livre n'est pas à proprement parler du fusil de chasse mais … de la solitude du chasseur qui fut jadis un homme en chasse…de femmes.
En effet, suite à l'écriture d'un poème pour une revue de chasse, le narrateur du roman reçoit à sa grande surprise un courrier d'un homme Josuke Misugi qui croit se reconnaître dans le portrait du chasseur (dressé dans le poème).
Plus intrigant encore, Misugi transmet au narrateur trois lettres, touchant à sa propre intimité qui devrait être chasse gardée théoriquement.
Trois courriers provenant de trois femmes, de la fille de sa maîtresse Shoko, de sa femme Midori et enfin de sa maîtresse Saiko juste avant avant de mourir. Trois véritables coups de fusils… en plein coeur !
Avec très peu de mots, l'auteur réussit à dresser le portrait de cet homme dont les mensonges et les trahisons le mèneront à sa perte.
Après avoir terminé la lecture de la dernière lettre, je me suis surpris à relire entièrement le poème du début et les deux précédentes lettres pour savourer pleinement la puissance de ce roman.
Ayant pris un grand plaisir à goûter à l'écriture nippone d'Inoué, je vous invite grandement à découvrir le magnifique fusil de chasse.
Pour ma part, je retourne à ma littérature de prédilection, le roman noir avec « Triple Crossing » à la frontière mexicaine. Vous ne croyez tout de même pas que cet intermède épistolaire me ferait changer mon fusil d'épaule !
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Citations et extraits (96) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   12 juin 2014
« Il va me tirer dessus ? » me demandai-je. Bien sûr, le fusil n’était pas chargé, mais il m’intéressait de voir si tu voulais me tuer. Je pris un air indifférent et fermai les yeux.
« Vise t-il mon épaule, mon dos, ou ma nuque ? » pensai-je.

J’attendis impatiemment d’entendre le claquement sec de la gâchette dans la quiétude de la pièce, mais il ne retentit jamais. Si je l’avais entendu, je serais tombé raide, car j’avais envisagé d’agir ainsi si j’avais été la cible chérie de celui qui avait été toute ma vie pendant des années…

A la longue, la patience m’abandonna, et précautionneusement, j’ouvris les yeux afin de te regarder en train de me viser. Je restai ainsi un certain temps. Mais, tout à coup, cette comédie me parut ridicule, et je fis un mouvement. Et quand mon regard se porta vers toi, tu détournas vivement de moi le canon du fusil. Tu te mis à viser les roses alpestres que tu avais rapportés du mont Amagi et qui avaient fleuri cette année pour la première fois, et enfin tu pressas la détente. Pourquoi ne pas avoir tué ta volage épouse ? Je méritais, assez, je pense, à cette époque, d’être abattue. Tu avais clairement l’intention de m’assassiner et pourtant tu n’as pas pressé la détente. […]
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joedijoedi   28 septembre 2015
Sa grosse pipe de marin à la bouche,
Un setter courant devant lui dans l'herbe,
L'homme gravissait à grandes enjambées, en ce début d'hiver,
Le sentier du mont Amagi,
Et la gelée blanche craquait sous ses semelles.
Il avait vingt-cinq cartouches à la ceinture,
Un manteau de cuir, marron foncé,
Une carabine Churchill à canons jumelés ...
Mais d'où venait son indifférence, malgré son arme de blanc et brillant métal,
À ôter la vie à des créatures ?

Fasciné par le large dos du chasseur,
Je regardais, je regardais.

Depuis ce temps-là,
Dans les gares des grandes villes,
Ou bien la nuit dans les quartiers où l'on s'amuse,
Parfois je rêve,
Je voudrais vivre sa vie ...
Paisible, sereine, indifférente.

Par instants change la scène de chasse :
Ce n'est plus le froid début d'hiver sur le mont Amagi,
Mais un lit asséché de torrent, blanc et blême.
Et l'étincelant fusil de chasse,
Pesant de tout son poids sur le corps solitaire,
Sur l'âme solitaire d'un homme entre deux âges,
Irradie une étrange et sévère beauté,
Qu'il ne montra jamais, quand il était pointé contre une créature.
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marina53marina53   21 novembre 2014
Tout ce qui dans la nature frappe mon regard se colore de tristesse quand j'essaie de parler. Depuis le jour où j'ai lu le Journal de Mère, j'ai remarqué que la Nature changeait de couleur plusieurs fois par jour, et qu'elle en change soudainement, comme à l'instant où le soleil disparaît, caché par des nuages. (...)
Le saviez-vous ? En plus des trente couleurs au moins que contient une boîte de peinture, il en existe une, qui est propre à la tristesse et que l'oeil humain peut fort bien percevoir.
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WolandWoland   08 octobre 2015
[...] ... Je m'aperçus soudain que je les tenais tous les deux dans la ligne de mire de mon fusil. Je ne sais pas moi-même depuis combien de temps j'étais ainsi mais, quand je m'en aperçus, je sursautai et ôtai la main droite de mon fusil pour essuyer sur mon pantalon la sueur qui poissait ma paume.

Devant mes yeux, le canon en acier de mon arme s'allongeait démesurément puis se rétrécissait jusqu'à ne plus être qu'un point noir. Et au bout de ce point noir, je voyais ce couple, immobile comme une statue.

Ce fut un moment d'indicible malaise. Si l'un des deux avait bougé à ce moment-là, fût-ce imperceptiblement, je crois que j'aurais appuyé sur la détente. Je les tenais tous deux en joue mais n'avais aucune intention de les tuer. Les petits plombs de chasse se seraient contentés de blesser ces deux impudents au bras ou à la jambe. Mon adresse au tir me permettait de le faire sans aucune difficulté.

Ne pouvant supporter davantage l'état de tension dans lequel je me trouvais, je relevai la tête. Ma vision de la scène se modifia, et la frêle silhouette de Chikako, dans une attitude implorante d'amour, et celle, maladroite, de Samio Egawa, raidi par la gêne, détournant le regard, me parurent alors ridiculement enfantines. Une émotion violente s'éleva en moi. Mais étrangement, ce n'est pas la colère que je sentis alors jaillir en moi ... C'était un ... - comment dire ? - un sentiment de tristesse exaspérante et insupportable. ... [...]
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andmanandman   14 septembre 2013
Comme on voit se refroidir le fer porté au rouge, tu te conduisis d’abord avec froideur et je répondis par une froideur égale ; alors tu accentuas encore ton attitude raide, et, de fil en aiguille, nous avons atteint cet actuel degré de froideur, ce merveilleux esprit de famille, si glacial que l’un et l’autre nous avions souvent l’impression que nos cils étaient raidis par le givre.
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Videos de Yasushi Inoué (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yasushi Inoué
Le fusil de chasse de Yasushi Inoué (extrait lecture scénique 2011)
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