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EAN : 9791041411696
240 pages
Points (13/10/2023)
3.81/5   170 notes
Résumé :
Sur un même dossier où n’apparaissent ni preuve ni aveu, un homme de soixante-six ans, après avoir été acquitté en première instance, vient d’être condamné en appel à quinze ans de prison et, du même coup, rayé du monde des vivants. Que l’on « croie » cet homme innocent ou non n’a aucun intérêt : une justice sérieuse et digne, honnête, n’avait simplement pas le droit de l’empêcher de poursuivre librement sa vie, sans raison valable, en faisant mine de s’appuyer sur ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
3,81

sur 170 notes
« … ce livre a simplement pour intention d'essayer de montrer qu'Alain Laprie n'a pas été correctement jugé. Que la gendarmerie et la justice n'ont pas accompli sérieusement la mission qu'elles sont censées accomplir. »
Après La petite femelle, La serpe et Au printemps des monstres, Philippe Jaenada a décortiqué à nouveau une affaire judiciaire. Cette fois-ci, c'est dans l'urgence qu'il a épluché un dossier puis écrit car Alain Laprie est en prison, qu'il souffre quotidiennement de conditions de vie atroces, condamné à quinze ans de réclusion, Sans preuve & sans aveu.
Le mercredi 17 mars 2004, Marie Cescon (88 ans) a été découverte baignant dans son sang, dans sa maison en partie détruite par le feu, à Pompignac, près de Bordeaux. Avec son talent habituel, Philippe Jaenada traite le dossier, raconte, évalue, dénonce, argumente. C'est précis, détaillé et très intéressant à lire.
Une fois de plus, l'auteur prouve qu'une erreur judiciaire s'est mise en place et a été facilitée par des gendarmes et des juges sûrs de leur opinion, s'acharnant sur un homme que toute enquête sérieuse, ne dédaignant aucun détail, permettrait d'innocenter.
L'affaire de l'assassinat de Marie Cescon est avant tout une histoire de famille que Philippe Jaenada détaille parfaitement. On parle d'héritage, d'argent bien ou mal géré, cet argent au sujet duquel toute famille peut se déchirer.
J'apprends qu'Alain Laprie était « le neveu préféré » de Marie Cescon, qu'il était son héritier désigné dans son testament mais que d'autres membres de la famille n'acceptaient pas ce cadeau.
De plus, il y a cet incendie partiel de la maison, le gaz ouvert ou fermé, le feu qui couvait ou non. Tout cela avait une importance capitale pour les horaires de la soirée et rien n'est vraiment tiré au clair.
Alain Laprie subit des gardes à vue, est incarcéré, libéré, acquitté lors d'un premier procès. Hélas, le Parquet fait appel et un second procès est même interrompu, renvoyé pour arriver à celui qui inflige la condamnation facilitée par la projection d'une vidéo. Il s'agit de la confrontation entre Alain Laprie et son oncle, Georges, décédé, frère de Marie Cescon, auteur d'une révélation qui a fait basculer l'affaire sans la moindre preuve.
Il faut lire Sans preuve & sans aveu pour comprendre comment la vie d'un homme peut s'effondrer sur de simples présomptions, des accusations infondées, des rapports d'experts bien arrangeants et sur la négligence d'éléments prouvant l'innocence d'Alain Laprie.
Philippe Jaenada, contrairement à son habitude, évite les longues digressions, pourtant très intéressantes, de ses précédents livres. Malgré tout, cela ne l'empêche pas de glisser quelques clins d'oeil qui font sourire et détendent un peu la lecture.
C'est la vie d'un homme qui est en jeu, toute sa famille qui est brisée Sans preuve & sans aveu. Malgré les belles formules comme la présomption d'innocence ou le bénéfice du doute, la réalité est tout autre. Manque de moyens du système judiciaire, formation insuffisante des gendarmes enquêteurs, les exemples similaires foisonnent et il serait temps de remédier à cela, de faire cesser ces scandales car l'intime conviction ne doit jamais remplacer les faits, les preuves, l'absence d'aveux. Cette solution de facilité cause trop de dégâts humains irréversibles pour être la règle.

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Le 17 mars 2004, à une vingtaine de kilomètres de Bordeaux, deux jeunes gens, Julien et Damien s'apprêtant à aller retrouver des amis, aperçoivent de la fumée, beaucoup de fumée, des flammes aussi, s'élevant du toit de la vieille maison voisine.
À l'intérieur, est retrouvée, la tête ensanglantée, Marie Cescon, 88 ans. Inanimée, elle est saisie par ses voisins et extraite de la maison. Les pompiers ne pourront pas la réanimer...
Les enquêteurs se focalisent dès le départ sur un homme Alain Laprie, le neveu préféré de Marie.
Mis en garde à vue le 22 juin 2004, il est remis en liberté 11 heures après.
Quelques années plus tard, pour se délivrer d'un lourd secret dit-il, son oncle Georges, un frère de Marie, intéressé par l'héritage, l'accuse. Il déclare aux gendarmes que son neveu s'est confié à lui quelques jours après le décès de l'octogénaire, qu'il lui a révélé être l'auteur du crime : « C'est moi qui ai fait le coup », cette confession de l'oncle sera répétée devant le juge d'instruction.
Le procès prévu à Bordeaux le 20 juin 2016 est annulé et renvoyé au 26 novembre 2018. Alain Laprie est acquitté au bénéfice du doute, le témoignage bien tardif de l'oncle, décédé en 2014, et nié par l'accusé, étant le seul élément du dossier.
Dix jours plus tard, le parquet général fait appel de la décision.
Après seize années d'instruction, le 17 février 2020, au palais de justice d'Angoulême, sans témoin, sans preuve et sans aveu, la cour d'assises condamne Alain Laprie à 15 ans de réclusion criminelle.
Il est remis en liberté le temps que la justice examine son pourvoi en cassation. La cour de cassation rejette le pourvoi et il dort en prison depuis le 2 septembre 2021.
En août 2021, alors que le dernier (et excellent) roman de Philippe Jaenada vient de paraître, roman sur lequel il a passé près de quatre ans à travailler, celui-ci souhaite passer à autre chose et peut-être arrêter avec ce genre de sujet.
Et à quelques jours de l'incarcération d'Alain Laprie, c'est à l'issue d'une signature au Cap Ferret, que son ami libraire lui parle de cette histoire de fous, de cet ami qui a un gros problème avec la justice et il le lui présente.
Touché par cet homme et son histoire, l'auteur ne se contente pas de sa seule intuition et se plonge dans le dossier d'instruction de l'affaire, dossier qui va le convaincre qu'il ne peut s'agir que d'une erreur judiciaire.
Décortiquant et épluchant minutieusement le dossier judiciaire comme il l'a déjà si bien fait dans ces précédents bouquins que ce soit dans La petite femelle pour réhabiliter Pauline Dubuisson, dans La Serpe pour Henri Girard ou Au printemps des monstres pour Lucien Léger, cette fois sans digressions sur ses problèmes de santé ou la vie de ses proches, sans se rendre sur les lieux, sans rencontrer personne, il écrit ce livre, dit-il, dans l'urgence afin de réhabiliter un innocent accusé dans une affaire où l'enquête a été menée entièrement à charge. Un acharnement de l'instruction pour pouvoir le déclarer coupable sans pour autant qu'il y ait la moindre preuve, notamment avec cette histoire de feu qui a couvé.
Dans ce dossier de rivalités familiales, maintes choses l'ont interpellé et Philippe Jaenada explique et décrit tout cela très bien. C'est assez technique et parfois, de longues phrases ont été nécessaires pour bien faire visualiser et comprendre, un schéma des lieux en début d'ouvrage permet de bien suivre le cheminement de sa pensée. Pas la moindre preuve. le témoignage de son oncle, sur lequel vont s'appuyer les jurés est complètement invraisemblable. de nombreux éléments sont en sa faveur et il a notamment un alibi. Mais, persuadés qu'ils ont trouvé le coupable, les gendarmes et les juges d'instruction se fiant à leur intime conviction vont s'acharner sur lui pour démontrer que ce ne peut être que lui.
C'est ainsi qu'une dernière expertise finit par mettre en avant que le feu a pu couver, contrairement à ce qu'avaient conclu les experts précédents et ce pour que cela puisse coïncider avec la présence d'Alain Laprie dans la maison. Autre acharnement avec la bouteille de gaz ouverte...
Cette enquête focalisée sur une seule personne montre de nombreuses incohérences. de graves insuffisances également sont à déplorer. Aucune analyse d'ADN n'a été faite auprès des voisins ou de l'entourage, pourtant, sur un mégot retrouvé près du corps, il y avait un ADN n'appartenant ni à Alain, ni aux cousins…
Pourquoi Alain Laprie pour lequel aucune preuve ni aveu n'est dans le dossier a-t-il été condamné ?
La présomption d'innocence comme c'est le cas dans cette affaire, qui est prévue par le code pénal, ne doit-elle pas, au bénéfice du doute, bénéficier à l'accusé et l'empêcher d'être condamné ?
Mais l'on sait malheureusement qu'il existe de nombreuses histoires comme celle-ci, où le bénéfice du doute et la présomption d'innocence n'existent pas.
Cette affaire révèle les failles d'un système judiciaire fort mal en point, en train de se déliter par manque de moyens, d'énergie et de volonté.
J'ai été convaincue par l'analyse méticuleuse et détaillée du dossier de cette affaire menée avec tellement de précision et de sérieux par Philippe Jaenada et été entièrement persuadée de sa sincérité.
J'ai été scandalisée et bouleversée à la lecture de ce livre, incrédule et atterrée devant la manière dont a été menée cette enquête et effarée sans pour autant être complètement surprise par l'inefficacité de notre système judiciaire. En effet, des erreurs judiciaires ont déjà été commises, on le sait et une amie avocate à qui l'écrivain parlait du projet de son livre confirme : « C'est loin d'être rare, crois-moi. »
Sans preuve & sans aveu, selon son auteur a pour seul objectif d'obtenir la réhabilitation d'un innocent. Mais ce livre propose en fait une profonde réflexion sur le fonctionnement de la justice.
En attendant, un homme est privé de liberté et croupit en prison, laissant femme et enfant désemparés tandis que le ou les coupables courent toujours.
Seul un fait nouveau permettrait un procès en révision mais l'espoir est ténu car l'on sait qu'il s'agit d'une procédure qui aboutit rarement.
Incompréhension et colère sont les sentiments qui m'ont animée tout au long de ma lecture et ne sont pas prêts de s'éteindre.

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Sans preuve & sans aveu, c'est du Philippe Jaenada, qui fait du Jaenada sans en faire.
Comprenez qu'ici, point de pavé de 600 pages, pour un roman à rallonge dans lequel il arrive que le lecteur vienne se perdre.
Non, là, notre écrivain va à l'essentiel ("enfin !" s'écrient les mécréants qui se lassaient de ses digressions habituelles).
L'affaire Alain Laprie dont il s'empare ici, ça ne vous dit peut-être rien ?
À lui non plus, jusqu'à ce qu'il le rencontre.
À moi, encore moins, jusqu'à ce que je lise cet ouvrage.
Laprie vient d'être condamné à 15 ans de prison pour le meurtre de sa tante Marie en... 2004.
Oui, la justice aura pris son temps, on peut le dire.
Lui reprocherait-on, s'il n'y avait et Jaenada s'emploie ici à le démontrer, bien des zones d'ombre dans cette affaire.
Enquête mal menée (et, ici, malmenée par l'auteur) et justice aveugle et sourde (c'est le moins que l'on puisse dire tant les incohérences sont nombreuses).
Tout ceci pour aboutir à une condamnation très lourde qui brise un homme et une famille, qui crient à  pleins poumons à l'innocence.
Jaenada, pas plus que le lecteur, ne s'érige en justicier.
Il s'étonne, simplement, de la façon dont a été traitée cette affaire :
De l'évidence de certains oublis, de la charge menée contre un seul homme sans preuves ni aveux, ou de témoignages que l'on pourrait qualifier de douteux.
Philippe Jaenada, là on le reconnaît bien, décortique, éléments par éléments, toutes les invraisemblances qui ont conduit Laprie derrière les barreaux.
Il crie à l'injustice.
Il hurle à la justice.
Le lecteur, lui, abasourdi, tente de se faire une idée.
Je me suis demandé ce qu'avaient bien pu faire les défenseurs de l'accusé. Pourquoi, eux n'avaient pas relevé tout ce qu'a trouvé l'enquêteur Jaenada.
C'est un homme en colère qui écrit, révolté par la tournure qu'a pris cette dramatique affaire.
N'oublions pas qu'il y a une mort, au départ de tout ça.
Il y a donc un (une ? des ?) coupable.
Laprie ?
Peut-être.
Mais, et si ce n'était pas lui ?
Je crois qu'au final, le lecteur partage les convictions de l'auteur et qu'il souhaite un miracle pour sauver le soldat Laprie...
Ce bouquin est une bombe, explosera-t-elle ?

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Pour rester dans le registre de la justice, j'ai terminé l'année avec ce drôle de livre de Philippe Jaenada dont j'avais beaucoup aimé La petite femelle et La serpe et qui a pour spécialité de reprendre d'anciennes affaires judiciaires.
Ici, l'affaire n'est pas ancienne et elle est venue à lui, en la personne d'Alain Laprie, purgeant actuellement une peine de prison de 15 ans pour le meurtre en 2004 de sa tante, meurtre qu'il nie avoir commis. Ce dernier, désespéré à quelques jours de sa détention, prend contact avec l'auteur pour lui demander son aide. Il est passé trois fois devant les tribunaux, acquitté en 2018, le deuxième procès est reporté, puis il est condamné en 2021 sans possibilité de faire appel.
Philippe Jaenada, comme il l'avait fait dans ses précédents livres, et avec le talent de limier qu'on lui connaît, s'empare du dossier et traque ses incohérences, et Dieu sait s'il y en a des incohérences, des erreurs, des lacunes dans l'enquête des gendarmes et dans la procédure des magistrats, lesquelles manquent toutes deux d'impartialité et chargent Alain Laprie, au mépris de tout bon sens et sans aucune preuve.
Il s'agit d'une vilaine histoire de jalousie, de paranoïa et d'héritage, comme il en existe dans certaines familles. Une vieille femme qui a un peu d'argent, des testaments successifs, de nombreux frères et soeurs qui lorgnent sur le magot, des clans rivaux, un neveu préféré qui s'occupe de sa tante... Tout cela débouche sur un assassinat sordide dans une maison à moitié brulée.
Malgré le travail minutieux et impressionnant de reconstitution de l'enquête où l'ensemble des pièces du volumineux dossier est passé au peigne fin, la démarche louable de l'auteur est un peu vaine, voire pathétique, car il ne peut parvenir à infléchir le cours de la justice. Il est convaincu de l'innocence de l'accusé, semble avoir quelques idées sur les présumés meurtriers, mais ne peut aller plus loin.
Un livre agréable à lire comme un thriller, avec le style inimitable mais allégé de Jaenada, qui met le doigt sur les failles du système judiciaire français.
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Prise de position très dynamique et pourquoi pas un polar.
D'entrée de jeu, Philippe Jaenada déstabilise par rapport à ce que je croyais connaitre de lui, et cela même si, comme nombre d'écrivains, il a probablement encore quelques belles facettes cachées.
Il prend la parole, en son nom, en son âme et conscience.
Dès les premières pages les faits et les détails sont minutieusement répertoriés, un peu façon rapport. Mais le coeur y est déjà, ça c'est indéniable.
Toujours cette écriture au style parfait à mes yeux. Toujours cette conviction de tout ce qu'il défend : la justice. Et dans « Sans preuve & sans aveu » on est bien entre justesse des mots et justice pour tout homme.
Au début on pense qu'on va se perdre avec tous ces noms de personnages gravitant autour du décès de Cescon Marie, 88 ans, retrouvée ensanglantée et sortie trop tard du feu de sa maison. Mais, comme j'ai réussi à suivre, tout le monde y arrivera :-)
La vie et l'emploi du temps d'Alain Laprie, le suspect de cette fin tragique, sont minutieusement décortiqués. Ils ne collent pas au montage qu'en font les enquêteurs : travail d'enquêteurs que Jaenada présente respectueusement et sans les attaquer frontalement. Il observe, constate leur travail. Tous les rapports, toutes les expertises, ainsi que la motivation du jury, s'accrochent à un fait qui est sensé démontrer la culpabilité de cet homme de 66 ans. Et cela Philippe Jaenada le réfute.
Imbroglios familiaux et héritages sont inévitablement abordés.
Une autre chose marquante, la stupéfiante densité des recherches. Une somme de données vérifiées qui ne peut que confirmer que cet auteur sait ce que préparer son sujet veut dire.
Ce livre a été rangé sous des notions comme « erreurs judiciaires » et « récits personnels ». Pour ma part je trouve qu'il aurait autant sa place sous « romans policiers ». Oui, pas polars contemporains, mais romans policiers.
Quelle plume ! Quel homme respectable vous nous donnez à voir, cher monsieur Jaenada !
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
Là encore, le juge d’instruction et les gendarmes vont tout tenter pour obtenir quelques billes à mettre dans leur sac, en ratissant soigneusement la vie privée d’Alain. La justice est malheureusement en faillite, c’est une triste certitude, mais quand elle veut, parfois, elle met la gomme et se donne à fond les ballons. Ils ont patiemment interrogé un nombre considérable de personnes, les amis d’Alain et ceux de sa femme, sa belle-famille, les habitants du village où il a passé sa jeunesse, les voisins de ses parents, et même ses lointains copains de collège ou un vieil instituteur d’école primaire, en retraite depuis bien longtemps, sans doute pour savoir si son petit élève ne manifestait pas déjà un tempérament de criminel en CE2 ou CM1. (le verdict chevrotant du vieux maître tombera comme un couperet : « Excellente conduite et bonne moralité.)
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Maria est née le 29 novembre 1915 à Sarmede, en Italie, dans la province de Trévise, au nord de Venise. Son futur mari, Benvenuto Cescon, avait alors six ans et vivait à une quinzaine de kilomètres de là. Quinze ans plus tard, ils se sont peut-être croisés dans un bal de village, ou peut-être – je ne sais pas – un peu plus tard encore, en France, du côté de Marmande. Car au début des années 1930, comme toute un vague d’Italiens alors, qui fuyaient le régime fasciste, la pauvreté, le manque d’avenir, la famille de Maria a migré vers le Sud-Ouest français, le Gers et le Lot-et-Garonne, où elle a retrouvé beaucoup de compatriotes, loin de chez eux mais regroupés, réconfortés.
(page 51)
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L’intime conviction, qui ne doit en théorie prendre le pas sur tout le reste, les faits, les preuves, les aveux, que par défaut, si j’ai bien compris, devient souvent – faute de moyens, de temps (pourtant, cette fois, il n’a pas manqué), de lucidité, d’impartialité – la règle, l’arme bien pratique, le glaive mou toujours à portée de main. L’intime conviction est la facilité.
(page 247)
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On peut chipoter, mais ce sont en fin de compte des détails – et c’est toujours comme ça, très rares sont les affaires judiciaires dans lesquelles quelques trucs ne choquent pas, ne grincent pas, ne restent pas pour toujours incertains et bancals. Il faut décider, c’est ce qu’on demande aux jurys populaires, c’est le seul moyen, il faut s’enfermer dans une pièce pour délibérer, en essayant de se concentrer sur l’essentiel, le solide, le plus sûr – et décider. L’intime conviction sert à ça.
(page 98)
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… car ce n’est pas une affaire de défense comme une autre, il n’y a logiquement plus rien à faire pour son éventuel client, hormis tenter d’obtenir une révision du procès mais on sait que c’est souvent illusoire, la justice est une vieille et grosse dame pas facile à bouger, il faut apporter un « élément nouveau » et ce n’est pas peu dire, les révisions sont rarissimes. La vieille dame n’aime pas qu’on lui cherche des poux dans la tête, elle donne des coups de canne.
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Videos de Philippe Jaenada (64) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Jaenada
Son rapport à la famille, au VIH SIDA, sa réussite personnelle, la plus belle remarque qu'on lui a faite sur son livre, découvrez l'entretien avec Anthony Passeron, dixième et dernier épisode de cette première saison Filature.
Anthony Passeron enseigne les lettres et l'histoire-géographie dans un lycée professionnel. Il est né à Nice en 1983, une région qui est au coeur de son premier roman, paru aux éditions Globe, dans lequel il revient sur l'histoire familiale et la figure de son oncle Désiré, mort prématurément du sida et dont le destin tragique a longtemps été occulté. Une véritable révélation littéraire.
Filature, la nouvelle série du Média de la Fête du Livre de Bron présente 10 podcasts où Florence Aubenas, Sébastien Joanniez, Victor Hussenot, Jeanne Macaigne, Corine Pelluchon, Michka Assayas, Kamel Benaouda, Seynabou Sonko, Philippe Jaenada, Anthony Passeron se laissent aller au fil des mots. 10 formats courts de 4 minutes à écouter sur le Média et les réseaux sociaux de la FdLB.
© Collectif Risette/Paul Bourdrel/Fête du Livre de Bron 2023
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