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EAN : 9782070387748
144 pages
Gallimard (07/05/2009)
3.1/5   24 notes
Résumé :
De sa plume affûtée comme un scalpel, Jauffret dissèque la vie conjugale et familiale pour en extraire le foisonnement des sentiments, tantôt émouvants, tantôt burlesques ou cruels. À chaque page, il décortique l'amour et le désir pour en révéler les espoirs comme les fêlures. Près de quarante textes très courts, d'une grande force, pour découvrir le fourmillement de la vie selon Régis Jauffret.
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Malaura
  24 novembre 2012
Extraites du gros recueil « Microfictions », ces nouvelles brèves ne dépassant pas une ou deux pages veulent rendre compte du sentiment amoureux dans ce qu'il a de plus noir, de plus abject ou décadent.
L'Amour chez Régis Jauffret ne rime pas avec toujours, il ne s'associe pas à la perception éthérée du Beau, ni ne s'auréole de pensées harmonieuses ou de sentiments purs et immaculés.
Ici nul romantisme, nul abandon, nulle inclinaison aimable.
L'amour y est assorti de sentiments vils, méprisables et dégradants. le désir y est sale, honteux et sordide.
Les hommes y sont des monstres, des pervers ou des chiffes molles.
« le sexe a toujours eu peu d'importance pour ma femme. Elle a fait coudre le sien. Elle espérait qu'il finirait par se cicatriser et disparaître sans laisser de trace. »
Les femmes y sont mesquines, dénuées de scrupules ou pétries de ressentiment.
« Mon mari ne me tue pas, mais il gagne si mal sa vie qu'il ne vaut guère mieux qu'un meurtrier. Il m'assassine à petit feu avec son salaire miteux. Je suis pourvue de cinq enfants adorables que je laisserais volontiers sur le bord de la route en échange d'une dent en céramique et d'un rendez-vous chez le coiffeur. »
Tous sont acculés par des désirs malsains, ou bien par un manque de désir et un rejet de l'Autre qui confinent à l'obsession.
Misère sexuelle et morale, dénigrement, avilissement et rancoeur, expulsés comme un flot de bile à la face du lecteur en séquences brèves certes, mais si dures et si violentes que l'on ne peut lire que peu à peu, avec parcimonie, une histoire à la fois, sous peine d'en avoir la nausée, écoeuré par cette indigence de sentiments qui rend les êtres pitoyables, pathétiques et rebutants.
Régis Jauffret fait exploser ces petits éclats de vie misérable comme on se sert d'un pistolet à grenaille, en canardant le lecteur à coup d'histoires déprimantes et monstrueuses dans ce qu'elles mettent en scène d'individus infâmes, hélas si proches de la réalité.
Malgré la qualité d'écriture, toujours aussi puissante et percutante, on en ressort déstabilisé, endolori, avec la sensation douloureuse du pigeon mitraillé de plomb.
La concision des nouvelles (pas plus de quelques lignes parfois) n'a n'égale que la brusquerie et la férocité avec lesquelles l'auteur du magistral « Claustria » nous les assènent, avec la volonté de faire mal et de nous malmener.
Sèches, coupantes, lapidaires, exécrables de tant de médiocrité, impeccablement écrites mais par trop désespérantes.
« L'amour, marché de dupes, où je n'ai que trop longtemps vendu mes charmes et ma jeunesse, et pleuré des jets d'eau comme si j'avais voulu rincer le trottoir après que tous les étals eurent été démontés. »
Ce que c'est que l'amour selon Régis Jauffret ? Un sentiment cruel et impitoyable qui ne donne qu'une envie, celle de s'enferrer dans la solitude…
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POY1
  21 décembre 2019
Ce livre est un « tu l'amour ». Quarante nouvelles qui traitent de l'amour dans sa forme la plus odieuse, la plus dépravée et la plus décadente, et finalement la plus déplacée.
Régis Jauffret dépeint le côté sombre de la relation amoureuse comme la jalousie, l'avilissement, la violence, la lassitude et la séparation. Que l'approche est vulgaire. Cela met mal à l'aise. Cela révèle des réalités, mais que leurs descriptions sont laides. Dérangeant parce que les mots décrivent des pensées tabous. Peut-être. Mais pas que cela.
Je pensais y trouver des bons mots, je n'y ai trouvé que des ordures.
Attention, si vos relations sentimentales battent de l'aile, abstenez-vous de cette lecture !
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araucaria
  14 mars 2014
Mon premier livre de cet auteur. Un recueil de près de quarante textes courts, trop courts peut-être à mon avis, car ils n'ont pas le temps d'exhaler toutes leurs émotions... Un livre que j'ai lu jusqu'à la fin, mais qui me laisse un avis mitigé. Je ne sais pas si je relirai du Régis Jauffret.
Lien : http://araucaria20six.fr/
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AmandineMM
  12 août 2011
Recueil regroupant une infime partie (38 sur 500) des Microfictions de Régis Jauffret, sélectionnées par un regroupement thématique: l'amour et le couple. Ces mini-nouvelles font entre une page et une page et demi, jamais plus, et saisissent donc un instant dans la vie d'une multitude de personnages à l'identité assez vague, mais déterminée par un trait mis en scène: dans cette sélection, c'est surtout leur rapport à l'amour, au sexe et à leur conjoint/compagnon/amant (au masculin ou au féminin). Dans l'ensemble, le ton est plutôt désabusé, désillusionné ou pragmatique ; assez négatif. Jauffret dissèque la société et les individus pour en montrer chaque organe ou membre vicié, pourri de l'intérieur. Cela donne un style assez particulier que j'ai eu du mal à apprécier la première fois, mais qui m'a davantage plu cette fois par sa brièveté et sa capacité à captiver en si peu de mots. Malgré tout, à la longue (peut-être à cause de ce regroupement thématique?), cela finit par me lasser, voire me dégoûter un peu: une lecture moins rapide m'aurait sans doute évité ce désagrément.
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listesratures
  05 septembre 2009
Ces nouvelles de deux pages dissèquent la férocité des émotions, des fantasmes, des bassesses et des frustrations qui peuplent la vie de couple.
A la manière d'un samourai qui dans un seul mouvement dégaine, tranche et remet son sabre au fourreau, Régis Jauffret décapite avec détachement toute illusion de bons sentiments sous le vernis des conventions.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
araucariaaraucaria   14 mars 2014
- Je t'ai oublié à présent.
En tout cas, tu n'es plus qu'un souvenir. Tu es enfermé dans une boîte au fond de ma mémoire, et je n'éprouve que rarement le désir de l'ouvrir pour te regarder. On m'a dit que tu étais malade, que tu étais marié, que tu étais mort. Je n'ai pas cherché à connaître la vérité. Nous nous sommes quittés sur le perron, j'ai entendu ta voiture patiner sur une plaque de neige qui n'avait pas encore fondue dans l'allée. Dès lors, tu n'étais plus que du passé, et tu emportais comme un bagage notre avenir annulé.
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POY1POY1   21 décembre 2019
Il est une torture. Un feu qui me consume et que je ne laisserai pas s'éteindre. Je le garde en moi, je l'attise de ma colère, de mon amour, de la haine de ceux qui n'oublieront jamais qu'ils ont aimé, et je préfère encore souffrir que de lui pardonner. Si je le croisais, je souffrirais trop pour le voir, le reconnaître, et il s'éloignerait comme une vague traînée, de celles que laisse la gomme après avoir effacé un trait de crayon. [p. 18]
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listesratureslistesratures   05 septembre 2009
"Ma femme est une harpie. Je suis un monstre. Nous nous aimons."
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Videos de Régis Jauffret (54) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Régis Jauffret
RÉGIS JAUFFRET – LE DERNIER BAIN DE GUSTAVE FLAUBERT Rencontre animée par Marie-Madeleine Rigopoulos
« Conçu à la mi-mars 1821 d'un coup de reins que j'ai toujours eu quelque peine à imaginer, je suis né le mercredi 12 décembre à quatre heures du matin. Il neigeait sur Rouen, une légende familiale prétend que ma mère se montra si stoïque pendant le travail qu'on pouvait entendre tomber les flocons sur les toits de la ville. Quant à moi, je serais bien resté quelques années de plus dans le ventre à l'abri de l'imbécillité du monde.
Désespéré de naître j'ai poussé un atroce hurlement. Épuisé par mon premier cri, je semblais si peu gaillard qu'on attendit le lendemain pour me déclarer à l'état civil car si j'étais mort entre-temps on en aurait profité pour signaler mon décès par la même occasion. »
Le 8 mai 1880 au matin, Gustave Flaubert prit un bain. Il décéda peu après dans son cabinet de travail d'une attaque cérébrale sans doute précédée d'une de ces crises d'épilepsie dont il était coutumier. Allongé dans l'eau, il revoit son enfance, sa jeunesse, ses rêves de jeune homme, ses livres dont héroïnes et héros viennent le visiter. Il se souvient d'Élisa Schlésinger, la belle baigneuse de Trouville qui l'éblouit l'année de ses quinze ans, de Louise Colet dont les lettres qu'il lui adressa constituent à elles seules un chef-d'oeuvre mais aussi de l'écrivain Alfred le Poittevin qui fut l'amour de sa vie.
À lire – Régis Jauffret, le dernier bain de Gustave Flaubert, Seuil, 2021.
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