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EAN : 9782012791770
620 pages
Hachette (19/01/2005)
4.48/5   143 notes
Résumé :
Rome, maîtresse du monde. Les douze siècles de l'histoire romaine ont longtemps constitué le passage obligé d'une éducation humaniste. Ils pâtissent aujourd'hui des clichés et des anachronismes répandus par le cinéma et le roman. Aristocrates républicains idéalisés en défenseurs des libertés modernes ; empereurs rabaissés au rang de tyrans maniaques ; premiers chrétiens confinés dans l'obscurité des catacombes. Un Constantin le Grand, naguère converti miraculeux, de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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Un excellent ouvrage de vulgarisation où l'auteur s'attaque avec intelligence et humour aux nombreuses idées reçues sur l'histoire de la Rome antique. L'ensemble est écrit simplement avec le souci de s'adresser à tous et pas seulement à des spécialistes. Il est cependant difficile de relater en moins de 600 pages une histoire longue de douze siècles, et le livre tient à la fois du pavé et du survol. La fin de la période avec sa succession d'empereurs donne même le tournis. L'auteur ne considère d'ailleurs lui même ce livre que comme une simple introduction à la Rome antique, et mentionne en fin d'ouvrage toutes les références pour qui veut aller pus loin.
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Reprise d'une critique que j'ai faite sur mon blog en 2013, elle-même déjà une version remaniée de mes notes.

Lucien Jerphagnon (1921-2011) n'est pas un historien, mais un philosophe. Spécialiste de l'antiquité et du moyen âge, il a gratifié les historiens d'une Histoire de la Rome antique fort utile. Il n'aborde pas cette histoire d'un point de vue d'historien, mais d'un point de vue de philosophe. Il utilise, bien sûr, les mêmes méthodes de recherches que celles des historiens, mais il oriente autrement son propos. Il veut aider ses étudiants à contextualiser, à se faire une idée du cadre social, politique et surtout culturel dans lequel vivait Cicéron, Marc Aurèle, et tous les autres.

Trois de ses livres sont, ou seront sans doute des classiques : Histoire de la Rome antique (2002), Les dieux ne sont jamais loin (2006) et Au bonheur des sages (2007). C'est le premier qui va nous intéresser ici. Je l'ai lu relativement vite, avec un réel plaisir, et avec aussi, c'est important, avec cette soif de connaître qui m'anime parfois. le livre n'est pas autre chose qu'une « Introduction à l'histoire de la Rome antique », c'est-à-dire un aperçu, une fresque, et donc, naturellement, et Jerphagnon ne le cache pas, une fresque incomplète.

Le début de l'Introduction donne une idée de ce que veut l'auteur : remettre les choses à leur place en donnant des connaissances aux lecteurs. Pour moi qui en étais au stade des préjugés, c'est un excellent livre. de plus, je dois le dire, j'ai souvent été outré par certains propos tenu sur le moyen âge, les Mérovingiens (des monstres attardés pour certains), etc., etc. Penser que les hommes du moyen âge (période qui s'étale sur dix siècles !) sont tous des pauvres paysans opprimés par des seigneurs féodaux, des pilleurs, des brigands, des incendiaires, reste une vision assez limité de la réalité. Entre Charles Ier le Grand (768-814) et Charles VIII l'Affable (1483-1498) il y a tout de même une différence de culture, d'époque, de manière de penser, de façon d'être en société, etc., etc. C'est cela que Jerphagnon veut nous montrer avec la Rome antique.

De Romulus à César il y a déjà sept siècles de différence, et de César à Clovis il y en a cinq. Si l'on imagine déjà la différence qu'il y a entre l'époque de Charles VIII à celle de Louis XIV (1498 à 1715) elle est énorme. Il y a, nous Français de 2018, presque trois siècles qui nous séparent de la mort de Louis XIV. Il faut retenir de cela que le temps, la notion du temps, c'est quelque chose d'important en Histoire. Il ne faut jamais l'oublier. Cela permet d'éviter les amalgames. Par exemple : César était un dictateur lettré. Napoléon III est le parfait exemple de cet accaparement de l'Histoire pour se forger une image. C'est une récupération. Il est donc nécessaire de faire la part des choses.

Jamais César n'aurait pu prévoir que 19 siècles plus tard il servirait de modèle aux bonapartistes. le contexte politique, économique et social était différent. La mentalité était différente. Les moeurs et coutumes étaient différentes. le droit était différent. La langue et la religion était différentes, etc., etc. En un mot, rien ne relie César à Napoléon. Rien ? Si pourtant. Une sorte de fascination de Napoléon pour l'idéologie de César. D'ailleurs, les historiens qualifient le régime de Napoléon III de "césarisme".

Le livre de Jerphagnon n'est donc pas un simple livre d'Histoire, même si le style, celui du philosophe, est parfois jargonneux, mais c'est un véritable voyage dans le temps vitesse grand V...

« Cela dit, nous explique notre auteur, je serais atterré qu'on me prêtât la prétention de présenter ici le livre idéal qui suffirai à tout : "Prenez et lisez, etc." Par tous les dieux ! Il faudrait être paranoïaque ou à peu près inculte. Plus modeste infiniment est mon intention : offrir quelque chose comme une approche de la Rome antique. Je la destine non point à mes collègues spécialistes, qui n'en ont aucun besoin, mais à tous ceux qui auraient envie de prendre une vue cavalière sur ces douze siècles qui préludent à notre propre civilisation. (...) Voilà pourquoi j'ai essayé d'être aussi complet que possible, et moins ennuyeux qu'il se pouvait. (...) Cela devait être rédigé aussi simplement que possible, comme une histoire qu'on raconte, afin que tout être raisonnable pût y avoir accès, et peut-être même y trouver plaisir. » (p. 17, 18-19)

L'Introduction a été écrite en mars 1987 comme l'indique l'ouvrage... Seulement, le contenu du livre a été revu et complété par l'auteur pour cette édition de 2002 (celle que j'ai lu). Il y a eu d'autres éditions avant la mort de l'auteur et je ne sais pas si elles sont aussi revues et corrigées.

Le monde des idées et des pensées côtoie le monde des dates, des grands hommes, et cela avec une facilité déconcertante... Par exemple, voilà ce qu Jerphagnon écrit sur le siècle d'Auguste (le Ier après notre ère) : « Peu de siècles, quand on y songe, auront rassemblé autant de cartes maîtresses, autant de gloires dans les lettres, les arts, l'histoire et ce qu'on peut appeler, toutes choses égales d'ailleurs, la science. C'est vraiment le Grand Siècle. » (p. 222)

Après Auguste, et ce siècle d'or, Tibère. le IIe siècle apporte un autre style, une autre manière de penser : c'est l'époque du prince-philosophe Marc Aurèle, dont Ridley Scott raconte avec quelques fantaisies la mort. En effet, dans le film il meurt étranglé par son fils dans cette Germanie barbare, alors que, en réalité, il meurt de la peste à Vienne.

« La postérité n'a pas été tendre pour le fils de Marc Aurèle. Avec Caligula, Néron, Domitien et quelques autres, Commode est membre du club des princes maudits, voués aux zones les plus désolées des Enfers. Renan, par exemple, le voit comme un "équarrisseur de bêtes, un gladiateur", et les manuels vont répétant qu'il fut une sombre brute, sans se donner la peine d'aller plus loin. »

Toutefois, il est vrai que le Sénat ne l'aimait point, que sa soeur Lucilla conspira contre lui... Ainsi, le film de Ridley Scott, Gladiator, est une illustration parfaite des amalgames, du mélange entre le mythe et la vérité, que l'on peut faire perdurer. Si vous avez regardé le film, sans doute ne vous êtes vous jamais demandé si c'était vrai ou faux. Penser que Marc Aurèle fut assassiné est bien plus romanesque que de penser, comme c'est le cas, qu'il est mort de la peste.

Avec ces quelques lignes vous aurez compris que j'ai bien aimé ce livre et je ne peux que le conseiller à ceux qui veulent s'instruire sans dépenser trop d'énergie (même si certains passages sur la philosophie romaine sont parfois ardus).
Lien : http://le-cours-du-temps.ove..
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Une merveille d'érudition !

Et l'histoire de Rome est passionnante (on en fait même des séries télé !).
En plus, Jerphagnon est drôle. Au détour d'une phrase il sait balancer de petites piques qui font toujours mouche. J'ai vraiment ri en lisant ce petit bijou.

C'est LE livre à amener sur la plage cet été. Je vous assure que ça se lit tout seul.
Et franchement, ça fait classe au camping !
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C'est un excellent livre pour apprendre à connaitre l'histoire Romaine. Ce livre fait surtout référence à l'histoire politique de Rome et l'histoire de la pensée et de l'art de la Cité Éternelle. L'auteur nous met souvent en garde contre les parallèles et les conclusions trop faciles. de plus, il met à la disposition des lecteurs une énorme bibliographie qui permettra d'approfondir certains sujets à ceux que ça intéresse. Comme plusieurs livres d'histoire, l'auteur passe par dessus certains sujets et fait un survol rapide sur d'autres. Il faut se dire qu'on ne fait pas le tour d'au dessus de 1000 ans d'histoire en 600 pages. Des choix se sont imposés et je crois personnellement qu'il a fait les meilleurs en fonction d'une bonne vulgarisation. Cela permettra aux lecteurs qui connaissent peu l'histoire de la Rome Antique de ne pas trop se perdre. En conclusion, je recommande ce livre à tout ceux qui veulent vraiment découvrir cette période d'histoire.
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La Rome antique, c'est plus de mille ans d'histoire ! Trois régimes politiques (Royauté, République, Empire), des guerres de conquête, des guerres civiles, des bouleversements sociaux et religieux, de l'art et de la littérature. Les témoignages d'époques ainsi que les vestiges archéologiques sont suffisamment nombreux pour alimenter une foultitude d'ouvrages et de thèses de spécialistes. L'amateur d'Histoire sera d'abord tenté de lire une bonne synthèse, ou peut-être un ouvrage de "vulgarisation". Cet ouvrage de Jerphagnon conjugue les deux à la perfection. Mais sa prouesse est véritablement de rendre sa lecture ludique grâce à la vivacité de sa plume (et parfois même sa causticité) donnant vie à cet immense empire, bien loin de la froideur des colonnes de marbre auquel on pourrait l'associer. Avant tout lui-même philosophe, Jerphagnon s'épanche sur les grands philosophes romains, sans non plus en surcharger son récit. Même le plus réfractaire à la philosophie ne pourra que sentir happé par les portraits esquissés par l'auteur. C'est une de ses principales victoires : non seulement l'histoire de Rome se révèle passionnante sous sa plume, mais Jerphagnon nous donne l'envie de nous confronter aux sources (les fameux philosophes et autres littéraires) ainsi que d'approfondir certains points en lisant des ouvrages spécialisés. La bibliographie en fin de livre est ainsi tout à fait pertinente.

Lire ce Jerphagnon, ce n'est pas prendre une porte d'entrée vers la connaissance de l'Empire Romain, non, c'est passé directement sous son Arc de Triomphe !
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
[Relax67: Lucien Jerphagnon commente les légendes sur les premiers rois de Rome]
Il ne serait évidemment pas raisonnable de prendre au pied de la lettre ces légendes, dont on se trouva bien jusqu'au milieu du XVIIIe siècle... On serait pourtant mal inspiré de les rejeter en bloc, et cela pour deux raisons. D'abord parce que certains de leurs éléments ont trouvé dans l'archéologie moderne une confirmation. Mais surtout, à mon sens, parce qu'elles nous délivrent un enseignement plus important qu'on ne le pense souvent. L'ouvrage d'Alexandre Grandazzi, "la Fondation de Rome" (1991), l'a confirmé: entre le "tout est vrai" et le "tout est faux", il y a la conquête des certitudes partielles.
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"Si Rome m'était contée..." C'est vrai : depuis l'enfance, j'y ai pris un plaisir extrême - et aussi, depuis l'âge mûr, quelques coups de sang toutes les fois qu'il me faut constater l'insignifiance ou la niaiserie de ce qu'on entend dire couramment "des Romains". Considérés en bloc, bien sûr, toutes époques, toutes origines, toutes catégories sociales confondues. Rome avait pourtant, elle aussi, ses propriétaires et ses prolétaires, ses directeurs de sociétés et ses manœuvres-balai. Ils ne buvaient pas le même vin, ne mangeaient pas la même cuisine et leurs enfants ne faisaient pas précisément les mêmes études. Faute de le dire, que de clichés passe-partout ! Imaginez plutôt ce qu'on racontera "des Français" dans vingt siècles, si du moins on en parle encore. On mêlera les troubadours, les chauffeurs-livreurs, les seigneurs féodaux, les poilus de 14-18, et tout ce monde évoluera dans un temps fait de toutes les époques superposées : celle de Jeanne d'Arc, de Charles de Gaulle, du bon roi Dagobert. C'est exactement ce qu'on fait à propos de la Rome antique : douze siècles d'Histoire, si complexes, si délicats à cerner, réduits à quelques fadaises, inusables poncifs à base d'orgies, de gens couronnés de roses et qui se font vomir, de premiers chrétiens dans leur catacombes et d'amphithéâtres bourrés de lions. A part quelques noms : Jules César (à cause des "chaussés" ? A cause d'Astérix ?), Néron, bien sûr, avec sa lyre et son incendie, et pour les plus âgés, Vespasien, je ne vois pas grand monde émerger, au hasard des conversations, des ruines de cette civilisation dont la langue même est en train de mourir pour la seconde fois faute d'être plus largement enseignée.
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On manque de bonne vulgarisation. Trop de nos savants collègues la jugent aujourd'hui au dessous de leur génie. Pourtant, on écrit pour être compris et pas seulement de l'Institut.
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Au temps des Sévères, une secte parmi beaucoup d'autres, en ce monde cosmopolite qui en comptai tant, commençait à devenir pour beaucoup un sujet d'intérêt, voire de préoccupations. On les appelait les chrétiens, du nom d'un certain Chrestos ou Christus, crucifié à Jérusalem sous Tibère, et qu'ils adoraient comme un dieu sauveur. Des chrétiens, on ne savait pas grand chose et nonobstant, on en disait pas grand bien. mais le nombre sans cesse croissant de leurs adeptes, leur présence un peu partout et jusque dans les hautes sphères, l'activité bienfaisante qu'ils dépensaient volontiers en faveur des pauvres, l'entêtement aussi qu'ils mettaient à refuser toute participation aux cérémonies publiques et aux sacrifices en l'honneur des dieux, tout cela les mettait à part, et donc les rendait tout à la fois mystérieux et suspects. La secte, à ses débuts, s'était infiltrée sans bruit dans l'Empire, et dans l'indifférence générale. Un dieu de plus ou de moins dans un monde qui ne les comptait plus risquer tout au plus de passer inaperçu. S'ils étaient facilement superstitieux, les Romains n'avaient rien de sectaire : de ce point de vue, Rome était une ville ouverte. Dès lors qu'on ne se faisait pas remarquer, qu'on ne troublait pas l'ordre public, on pouvait bien adorer qui on voulait. Pour autant qu'on y ait prêté attention, ces gens passaient pour venir du lointain Orient hébraÏque, et l'opinion les confondait avec les juifs dont ils partageaient le monotheisme strict. Ils eussent sans doute continué à être pris pour une secte juive si l'on ne s'était pas aperçu que les Juifs, qui jouissaient dans l'Empire d'un statut particulier, s'en démarquaient avec énergie comme des dissidents à ne pas fréquenter.
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Cela dit, César, méritait-il pour autant de se
faire roi, à la façon des Lagides ? Il était bien placé pour
les mépriser et ne s'en privait pas. Se sentait-il assez fort
pour violer cette espèce de tabou qui remontait au premier
jour de la République ? J'en doute : César était trop
romain pour cela. Ce qui est sûr, c'est que les apparences
jouaient contre lui et que ses partisans trop zélés nuisaient
à son image. Le 15 février 44, la vénérable fête des
Lupercales avait donné lieu à une scène ambiguë. Alors
que César présidait, Marc Antoine l'avait couronné d'une
tresse de lauriers liée par un ruban blanc : ni plus ni moins,
en Orient, que le diadème des rois ... Si César avait voulu
opérer un sondage d'opinion, réalisé sur l'heure:
peu d'applaudissements et pas mal de grognements dans
le public. Cassius avait alors ôté la contestable coiffure, et
Marc Antoine avait eu le mauvais goOt de récidiver. César
avait alors ordonné qu'on portât la couronne au Capitole ...
où on la vit, le lendemain, ornant la tête de sa statue ! Sur
quoi deux tribuns de la plèbe avaient arraché l'emblème
séditieux, et s'étaient attiré pour cela les foudres du dictateur qui les avait traités d'idiots. La situation devenait
malsaine, et ce flirt de César avec la royauté n'avait, pour
les conjurés, que trop duré. Paul-Marius Martin a bien
montré comment, chez ces gens, la haine de la royauté
avait tourné à l'idée fixe, autrement dit à l'idéologie.
Une autre circonstance pesa sans doute sur la décision
des conspirateurs : le grandissime projet que caressait
César d'élargir encore le monde romain. Il méditait en
effet une expédition contre les Parthes, pour venger le
désastre où Crassus avait trouvé la mort. C'était déjà un
fameux morceau, mais César avait imaginé de contourner
la mer Noire, de soumettre l'Hyrcanie, au sud et à l'est de
la Caspienne, de dépasser le Caucase et de boucler la
boucle en conquérant la Germanie jusqu'à l'Océan. Projet
dément, bien sûr, et qui montre assez combien lui eussent
été utiles de bonnes cartes d'état-major. Mais on ne prête
qu'aux riches: les conjurés estimaient César fort capable
LES DERNIERS JOURS DE LARÉPUBUQUE 183
de réussir- et alors, il fOt devenu cosmocrator, littéralement maitre de l'univers, donc roi partout. Impensable.
Mieux valait arrêter les frais. On sait le reste, et comment
un mois après les fameuses Lupercales, aux ides de mars
(15 mars 44), César tomba frappé de vingt-trois coups de
poignard. Les conjurés y mirent tant de conviction qu'ils
réussirent même à s'entre-piquer. Les derniers mots de
César furent, dit-on, pour Brutus qu'il avait reconnu
parmi les assassins: «Toi aussi, mon petit ... » Ledit
Brutus fit acclamer Océron, en qui la vieille garde sénatoriale se reconnaissait.
Ainsi, l'ombre des vieux rois étrusques s'était étendue
sur César et l'avait enveloppé de son froid de mort. n
n'y aurait pas de monarchie cette fois-ci encore. Cicéron
respirait, et la nobilitas avec lui. Seulement, la vieille
mécanique ne reprendrait pas pour autant son vénérable
ronronnement. La guerre civile allait se rallumer pour
quinze ans, et c'en serait fait de la République pour toujours. Ou plutôt, elle se survivrait, mais comme mythe.
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