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EAN : 9782072900891
Gallimard (07/01/2021)
3.56/5   53 notes
Résumé :
Que peut-on dire, que peut-on faire sous la tyrannie ? Autour du sénateur Publius Cornelius les gens tombent et il se sent menacé. Il n'est pas encore écrivain, il ne s'appelle pas encore Tacite. La scène est à Rome, au Ier siècle de notre ère, à l'automne 93, sous le règne de Domitien. L'empereur est en conflit avec les sénateurs : ils ont condamné son ami Baebius Massa pour prévarication et il a commencé à en liquider certains pour rétablir son autorité. Il hésite... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
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sur 53 notes
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colka
  06 octobre 2021
J'avais été très impressionnée par le roman phare d'Hédi Kaddour : Waltenberg. Un mélange des genres inhabituel, un entrelacs déroutant de péripéties au niveau de l'intrigue, des personnages hauts en couleurs. A mes yeux, une vraie pépite romanesque. Dire que je n'ai pas retrouvé ces mêmes qualités dans son dernier roman : La nuit des orateurs serait excessif mais je suis un peu restée sur ma faim en ce qui concerne la construction romanesque...
On retrouve pourtant les mêmes ingrédients : un contexte historique très ciblé, celui de la Rome impériale, sous le règne de Domitien qui fait partie de cette lignée d'empereurs qui ne sont pas morts dans leur lit et pour cause ! le fil de l'intrigue du roman repose en effet sur l'ombre de la mort planant sur Publius Cornelius Tacitus et son épouse Lucretia ainsi que sur Pline le jeune. Leur crime ? Avoir plaidé contre Massa, gouverneur d'une province romaine, la Bétique, pour extorsion et bien d'autres forfaits. Ce qui ne pourrait n'être qu'un acte de justice va en fait devenir une épée de Damoclès au dessus de leur tête car ils ont franchi une ligne rouge invisible , celle qui fait que s'attaquer à un favori de Domitien équivaut à signer son arrêt de mort...
Un personnage on ne peut plus complexe que Domitien car il incarne toutes les facettes souvent contradictoires de la tyrannie.
Ce paranoïaque qui vit dans la terreur du complot sait aussi faire preuve d'une cruauté implacable et imprévisible. C'est d'ailleurs ce qui plonge son premier cercle dans une insécurité permanente car d'aucun sait que rien ne le protège définitivement : ni le rang, ni la fortune, ni les caresses sur le bras de l'Empereur. le plus sûr moyen de rester en vie dans ce contexte de terreur est de devenir délateur professionnel au service d'un régime impérial où ce mode de relations devient systémique. Autre moyen de se préserver, se retrancher dans un prudent quant à soi comme le fait Publius. Attitude un peu lâche qui n'est pas celle de son épouse Lucrétia, un beau personnage féminin dont la présence éclaire toute la première partie du roman. Une matrone romaine, hors du commun , car étonnante de lucidité et de courage si l'on en juge par la hardiesse avec laquelle elle va défier Domitien dans une joute verbale dont elle sortira gagnante !
Passionnant d'ailleurs est le pouvoir du verbe dans le roman. L'éloquence est parfois non seulement une arme de pouvoir mais aussi le plus sûr moyen de sauver sa tête sur un simple bon mot ! Hédi Kaddour excelle à nous faire partager dans des scènes très théâtrales ces moments de forte tension dramatique. Cette qualité on la retrouve également dans des scènes très cinématographiques qui nous donnent à voir, à sentir une ambiance avec une acuité qui doit tout à la plume de l'auteur. Qu'il s'agisse de la traversée de Subure, par la litière de Lucretia, "le quartier du vin, des instincts, des niches à 2 as le coït, quartier dangereux [où] beaucoup de gens n'ont rien à perdre" ou de cette autre scène qui nous transporte dans l'amphithéâtre de Rome avec une description très réussie d'une foule en délire, réduite à ses instincts animaux les plus bas, on est dans chacun de ces grands tableaux emporté par un flux constant d'émotions et d'évocations visuelles qui fouettent notre imaginaire.
Cette tension dramatique, cette peinture si expressionniste d'ambiances diverses, je ne les ai pas retrouvées dans la deuxième partie du roman beaucoup plus analytique. Hédi Kaddour nous plonge dans la psyché des protagonistes de l'histoire ce qui paradoxalement les rend plus lointains. de même, nous perdons également le fil de l'intrigue qui se distord tant et si bien que la fin du roman m'a vraiment étonnée...
En dépit de ses qualités, ce ne fut donc pas pour moi le vrai coup de coeur que j'avais éprouvé pour Waltenberg. Mais je continuerai à lire d'autres roman de cet auteur car j'apprécie sa manière de camper puissamment des contextes historiques et aussi le côté très acéré de sa plume !
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Archie
  14 décembre 2021
Roman historique très imprégné de lyrisme, La Nuit des orateurs révèle, chez son auteur, une érudition et un travail d'écriture hors du commun. Romancier après avoir été poète, Hédi Kaddour, un Franco-tunisien que son prénom n'a pas empêché d'être en son temps reçu premier à l'agrégation de lettres, est une grande figure de la littérature française, qu'il a enseignée à l'Ecole Normale Supérieure et aux États-Unis. Mais à mon grand embarras, je dois avouer que la lecture de son livre m'a déconcerté. Il va falloir que je m'en explique.
Nous sommes à Rome, à la fin du premier siècle de notre ère, sous le règne de l'empereur Domitien, dont l'un des favoris vient d'être condamné pour prévarication, après les accusations – justifiées – d'un sénateur. Ce dernier a ensuite multiplié les provocations indirectes à l'endroit de l'empereur, au risque de se voir inculper pour lèse-majesté, un crime passible de la peine de mort. Deux amis, Publius et Pline, jeunes notables proches du pouvoir, pourraient être convaincus de complicité et promis au même sort. Tout se jouera au cours d'une nuit, dans le premier cercle des fidèles de l'empereur, tandis que la vie mondaine et culturelle de Rome bat son plein.
L'auteur nous plonge au coeur des rivalités entre les élites de l'Empire, de leurs luttes pour la survie dans l'entourage d'un empereur tout-puissant, qui s'arroge droit de vie et de mort sur ses sujets, et en abuse. Chacun revient sur ses atouts personnels, affute sa stratégie pour s'attirer de bonnes grâces ou pour induire en erreur les délateurs. Art de la manipulation, de l'insinuation, de la médisance, de la calomnie. Qu'il s'agisse de rumeurs, de réquisitoires ou de plaidoiries, tout repose sur le choix des mots, sur le choc de l'image de soi. Seul l'empereur peut s'y soustraire : un battement de paupières ou une crispation de la lèvre lui suffisent pour signifier une décision.
Pour dénouer les crises, il faut savoir agir, écouter, bien comprendre les enjeux politiques et historiques. Tandis que les hommes perdent leur lucidité, une femme se mobilise : Lucretia, l'épouse de Publius. Les deux jeunes notables survivront. Signés Tacite et Pline le Jeune, leurs écrits laisseront d'ailleurs la trace de cette affaire et le témoignage de la cruauté sournoise de Domitien.
Le livre brosse un tableau fouillé de la vie quotidienne dans les lieux de pouvoir de la Rome impériale. Une société structurée, où patriciens, plébéiens, esclaves, affranchis et étrangers évoluent dans des castes extraordinairement inégalitaires. le formalisme complexe et intangible des rituels civils et politiques masque en fait le ramollissement des âmes. Les moeurs, incroyablement dissolues, violentes, barbares, détonnent par rapport à l'idée que j'en gardais depuis mes cours d'histoire et de latin.
Le climat général est à la méfiance. L'Empire est une dictature et comme dans toutes les dictatures, tous se tiennent les uns les autres par la barbichette de la méfiance. Ils ont tous peur ; depuis l'esclave, qui redoute d'être battu à mort ou envoyé au fond d'une mine, jusqu'au haut magistrat, qui craint que ses faiblesses ne déplaisent à l'empereur, avant de réaliser que ses forces pourraient aussi déplaire à l'empereur. Un empereur cruel, parce qu'il se méfie des complots, jusqu'à en voir partout.
Tout cela est passionnant. Pourquoi alors mon sentiment de déception ? Plusieurs types de difficultés. Une terminologie très spécifique à la Rome antique, ce qui nuit à la fluidité du récit. Et surtout, un texte qui devient très analytique, dès lors que l'auteur s'insère dans le cerveau des personnages. Les réflexions sont énoncées et réénoncées en variations subtiles, sous forme de monologues intérieurs, où chacun fourbit son argumentation, ressassant forces et faiblesses, avantages et inconvénients, chances et menaces. Les phrases deviennent longues, très longues, d'abord isolément, puis en séries. Lorsqu'on en est réduit à des analyses syntaxiques complexes et ennuyeuses, le risque est de perdre le fil général. Plusieurs chapitres m'ont ainsi laissé au bord du chemin.
Un peu comme lorsque, jeune lycéen, je me débattais dans une version latine difficile.
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Litteraflure
  04 février 2021
Absolument passionnant.
Hédi Kaddour nous transporte dans la Rome antique, à une époque où le tyran assassinait comme il respirait, où les poètes payaient cher le prix d'un bon mot… Il est troublant - c'est l'intérêt du roman - de constater que rien n'a changé. « L'amphithéâtre a remplacé le forum, le public a remplacé le peuple » : un écho malicieux aux réseaux sociaux qui proscrivent le vrai débat. « Ce soir, je suis trop républicaine, se dit Lucretia. Nous rêvons tous comme Cicéron d'un prince éclairé, philosophe, modéré, bon orateur, sans prétoriens » : notre République ne fait-elle pas un usage excessif de la répression policière ?
J'ai adoré les pages dédiées à la vie à Rome, au quotidien de ses hommes de lettres et de pouvoir. Mentions spéciales pour la traversée périlleuse de Subure (p42), les agitations d'Aurelius dans l'arène (p104), l'invitation de Lucretia au banquet de Domitien (p123), la lecture fantasque de Pétrone (p159), les ravages de la chiromancie (p248) ou l'intervention du centurion trop zélé (p284). Il en ressort le portrait vibrant d'un empire gangréné par les intrigues de cour et la paranoïa du maître.
Intéressante également la trajectoire de ces esclaves devenus des affranchis riches et méritants - version antique de l'ascenseur social.
J'ai juste deux petits reproches. le premier, c'est que l'auteur tend à répéter la même technique pour parler d'un protagoniste : il parle de lui à la troisième personne du singulier et ne révèle son nom qu'au bout de dix pages, pour ménager le suspense. le second, c'est que, vers la fin du livre, l'auteur se complaît trop à décrire la duplicité du pouvoir, à montrer que chaque décision est l'ombre d'un calcul plus complexe. L'histoire s'en trouve alourdie.
Avant Marx, Machiavel et Tocqueville, les Romains avaient pleinement vécu la comédie (souvent la tragédie) du pouvoir. Hédi Kaddour en fait le récit, citations latines à l'appui.
Bilan : 🌹🌹
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Colchik
  10 avril 2021
L'espace d'une nuit – dans la Rome du Ier siècle ap. J.-C. – pour suivre le sénateur Publius Cornelius Tacitus et son épouse Lucretia Agricola dans leur tentative de sauver la vie et la fortune du futur historien Tacite sur le point d'être accusé de crime de lèse-majesté envers l'empereur Domitien. Il faut l'érudition, le style et la profondeur d'un écrivain tel qu'Hédi Kaddour pour nous entraîner dans l'épaisseur de cette nuit, nourrie de complots, vrais et faux, où les hommes macèrent dans leurs ambitions démesurées et dans la terreur de leur chute.
N'attendez pas un roman historique là où Hédi Kaddour se livre à une réflexion sur le pouvoir. D'un côté, le pouvoir impérial incarné par Domitien et son exécuteur des basses besognes, Norbanus, le préfet de la garde prétorienne. de l'autre, le pouvoir sénatorial représenté par Tacite, Pline le Jeune et Senecio, tous trois défenseurs des intérêts de la province de Bétique contre son ancien gouverneur Baebius Massa, protégé de Domitien. Mais, pour Senecio, la chute de Massa n'est peut-être que la première étape pour provoquer celle de l'empereur et le retour aux institutions et aux valeurs de la République ?
Kaddour se livre à une réflexion sur le pouvoir politique, mais aussi sur l'insatiabilité des classes dominantes dans l'accumulation de richesses et d'honneurs. Les sénateurs ont perdu leur influence au profit d'un enrichissement sans commune mesure avec ce qui était pratiqué sous la République où les valeurs morales primaient sur la fortune.
Rome, ville monde, est aussi une société du spectacle livrée aux jeux grandioses du cirque. le peuple aime Domitien à condition qu'il lui offre des émotions toujours plus fortes. le poète Aurelius est envoyé chanter l'histoire d'Orphée dans le grand amphithéâtre ; devant un parterre de bêtes sauvages, sa voix médiocre trouve dans l'angoisse de la mort une beauté soudaine, mais la foule ne se satisfait pas de si peu et sa cruauté trouvera à s'assouvir tout en flattant l'orgueil de Domitien.
Rome est enfin une société esclavagiste et la condition d'esclave libère les pulsions les plus violentes et les plus malsaines chez les maîtres. du haut en bas de l'échelle sociale, les esclaves assurent le fonctionnement de la vie quotidienne, mais aussi celui du palais, et encore l'exploitation des domaines agricoles, des mines, des moulins, des ports. Doté des meilleures intentions, soucieux d'humanité, plein de compassion, le maître n'en demeure pas moins le maître et ne peut toujours réprimer l'envie de punir, de soumettre, d'humilier.
Que reste-t-il dans un monde perverti ? La subversion opérée par la littérature. Dans un formidable chapitre montrant une soirée littéraire chez Titinius Capito, responsable du courrier impérial, Pétrone, jeune inconnu, protégé de Pline, livre à un auditoire incrédule des fragments de son Satyricon.
Comment ne pas voir dans la peinture extrêmement noire et violente de cette nuit romaine une métaphore de ce qui est à l'oeuvre dans nos sociétés modernes : confiscation du pouvoir par des élites, accaparement des richesses par quelques individus au détriment de l'intérêt public, assujettissement des plus faibles et des plus vulnérables, divertissements avilissants...
Texte exigeant, traversé de fulgurances, ourlé d'un latin qui n'est jamais là pour en mettre plein les yeux, mais pour coller au plus près de la pensée d'une époque, ce livre réussit une remarquable plongée dans le passé pour nous faire sentir nos errements du présent.
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Ogrimoire
  14 décembre 2021
Dès les premières pages de ce roman, je comprends que tout est réuni pour me plaire… Hédi Kaddour nous embarque pour une balade dans la ville impériale en prenant grand soin de ne pas épargner à son lecteur la pauvreté, la violence, le stupre qui y règnent. Ici, on saisit très vite que l'empereur Domitien oscille perpétuellement entre violence et paranoïa. Sa personnalité tyrannique, ses terribles accès de fureur font que l'avenir des trois accusateurs de Massa ne tient qu'à un fil…
Le décor est posé, je sens que l'auteur va me tenir en permanence dans un état de stress et va jouer avec mes nerfs au sujet de la sanction des trois accusateurs ! J'aime cette sensation, j'aime naviguer en eaux troubles et ne pas avoir toutes les réponses à mes interrogations dans les premières pages. Pour un roman historique, je trouve que Hédi Kaddour propose quelque chose d'assez novateur et qu'il réussit pleinement son pari !
Ce que j'ai aimé de ce roman, c'est l'impression d'avoir voyagé entre les époques. J'ai parcouru les différentes provinces de l'Empire romain, déambulé dans les rues de Rome en litière, eu l'honneur de prendre un repas aux côtés de l'empereur dans une salle à manger tournante construite par Néron… Je ne pensais que cette histoire allait être une si belle invitation au voyage.
Là où le génie de l'auteur intervient, c'est de parvenir à proposer à son lecteur de revivre des scènes frôlant celles se déroulant dans un théâtre, montrant l'importance du verbe et surtout de l'éloquence de certains grands hommes. Les mots sont des armes et ici, ils peuvent vous sauver la vie ou bien vous condamner en un claquement de doigt.
Tension permanente, scènes théâtrales, immersion au sein du pouvoir, pour moi ce livre est une très belle surprise et l'une de mes plus belles lectures de 2021. Malgré tout, je me dois de faire une petite mise en garde, je trouve que la compréhension peut parfois être un peu délicate si l'on a pas quelques connaissances sur la carrière des honneurs à Rome et sur l'organisation de la société romaine… voire même quelques notions de latin. En effet, de-ci, de-là, quelques expressions non traduites nous sont proposées. Devoir chercher à chaque fois serait probablement assez pénible.
Lien : https://ogrimoire.com/2021/1..
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   26 février 2021
Hédi Kaddour, dans un roman historique, nous plonge dans la nuit de Rome, sous Domitien.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
PrisPris   13 février 2021
la masse d'une assemblée, tant qu'elle ne s'estime pas menacée en bloc, soudée en bloc par la menace, tant que chacun de ses membres peut se dire que la foudre sera pour le voisin, cette masse peut, comme à son habitude, reporter sa réaction ad kalendas graecas, en laissant, dans l'intervalle, et comme on dit, les choses suivre leur cours.
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PrisPris   06 février 2021
Domitien ajoutait que la tragédie s'abat sur les gens parce qu'ils font de petites fautes; les grosses fautes ne sont pas tragiques, elles méritent leur châtiment, elles ne font ni peur ni pitié; les fautes tragiques sont de petites fautes, certains sénateurs en font, ils croient qu'elles sont sans conséquence, ils ne voient pas qu'elles ouvrent la porte à la tragédie. La voix de Domitien avait la lenteur d'une meule.
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PrisPris   06 février 2021
la loi romaine dit que le citoyen est libre, mais nous aurons connu ce qu'il y a de plus servile dans la liberté, la liberté qui reste dans la poitrine, celle qui ne sert à rien... on accepte de perdre la parole et, pour que ce soit moins douloureux, o, voudrait en même temps perdre la mémoire, mais on ne peut pas... la mémoire on la garde, avec les souvenirs de la liberté, qui rendent le silence honteux. Et la honte, à son tour, nous rend inhumains et complices, ce qui nous permet de continuer à faire une belle carrière...
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talou61talou61   21 février 2021
Les yeux de l'empereur avaient fini par s'attarder sur les pieds, les fins orteils de Lucretia, les sandales
à lanières vertes, tandis qu'il ajoutait : "Les deux qualités ensemble… dignitas et venustas...
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OgrimoireOgrimoire   14 décembre 2021
Elle a donné L’ordre de s’arrêter, elle veut respirer l’air du Forum, c’est le centre de tout, de la Ville, de l’Empire, du Monde !
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Videos de Hédi Kaddour (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hédi Kaddour
Que peuvent les mots face aux régimes les plus autoritaires ? Hédi Kaddour tente d'y répondre dans "La Nuit des orateurs", chez Gallimard. Nous sommes à Rome en l'an 93, l'empereur Domitien, un tyran prend plaisir à égorger, voit des complots absolument partout... Deux hommes sont accusés d'avoir comploté, deux grands orateurs et écrivains sont proches de la mort pour avoir plaidé contre un proche de l'empereur, convaincu de corruption. Toute une époque prend vie sous nos yeux, une réflexion sur le pouvoir, les lâchetés, la parole et l'écriture.

Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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