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EAN : 9782213704999
144 pages
Fayard (23/08/2017)
2.4/5   10 notes
Résumé :
Les souvenirs constitueraient-ils un rempart contre la maladie ? Habitué par des problèmes de santé récurrents aux chambres d’hôpital qui se ressemblent toutes, livré aux mains d’un personnel soignant auquel il est obligé de faire confiance, passif, le narrateur de ce roman ne peut plus compter que sur sa mémoire pour s’arracher à son lit médicalisé, à la lumière des néons, au goutte-à-goutte d’antalgiques. Le corps est immobile, mais l’esprit, lui, peut rejoindre l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Wyoming
  05 avril 2019
Malgré quelques moments peu attrayants à mon goût et malgré quelques longueurs -- ce qui peut paraître étonnant sur un livre aussi court (140 pages) -- j'ai bien aimé cette presqu'île de Vincent Jolit.
Bien sûr, j'ai vite identifié la presqu'île de Giens, endroit magnifique, aux portes maritimes des îles d'or. J'ai aimé le fait que l'auteur ne la nomme pas, laissant ses lecteurs à leur imaginaire, comme il le pratique lui-même.
J'ai aimé ses longues phrases, soigneusement élaborées, émaillées de virgules qui leur donnent une respiration salutaire et entraînent le lecteur au coeur du vécu de Vincent Jolit, de ses descriptions de pièces, d'objets, de fleurs, d'oiseaux. J'ai dû ouvrir mon dictionnaire pour quelques mots et j'ai donc enrichi quelque peu mon vocabulaire encore que "onomastique" ne s'emploie pas aisément au quotidien.
Et puis, toutes ces références à l'enfance, à la grand-mère merveilleuse, au jardin empli d'essences odorantes, toutes ces descriptions, loin d'être fastidieuses, m'ont comblé. Même le club des cinq d'Enid Blyton et les petits chevaux colorés sont là, apportant leur touche légèrement désuète, à un texte tout empreint du passé, passé immobile des objets, de la mer qui pourtant est en mouvement perpétuel, mais aussi passé plus douloureux à travers la guerre, la résistance, la maladie qui, finalement,a favorisé ce temps de recherche du passé pour l'auteur immobilisé à l'hôpital.
Enfin, les références à Pierre Bonnard, ce peintre qui, comme l'auteur, aimait les fenêtres, particulièrement dans les musées, et le mimosa annonciateur du prochain terme de l'hiver.
Alors, merci à ce petit "garri" pour cette belle évasion sur la presqu'île.
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Albertine22
  07 août 2017
le livre de Vincent Jolit est déroutant, plus d'ailleurs par sa forme que par le fond. le narrateur se remet d'une opération délicate et douloureuse à l'oreille. Il a pris soin d'amener avec lui un exemplaire de "La Recherche" de Marcel Proust, mais comme à chaque hospitalisation, il n'en lira pas une ligne. Sa démarche cependant pour échapper à sa chambre, aux machines auxquelles il est relié, est toute proustienne. Il regarde le ciel par la fenêtre et se souvient. le revoilà sur la presqu'île de son enfance, chez sa grand-mère adorée.
Pour ne pas épuiser trop vite son "capital" souvenirs, il se remémore les lieux petit à petit, pièce après pièce. Il détaille, avec un souci qui peut sembler maniaque, cette maison un peu particulière. Restaurant panoramique, reconverti en boucherie, la distribution des pièces est assez curieuse. le narrateur est parfois ramené à la réalité de façon brutale, à la merci d'un soin ou du réveil de la douleur. La narration est alors en suspens, la phrase s'arrête alors qu'elle n'est pas terminée. Quand notre personnage repart au "petit pays" de son enfance, il lui arrive de reprendre un épisode déjà évoqué. Ce n'est jamais réellement une répétition, la mémoire le restitue toujours avec d'infimes variantes.
Dès le début, l'on perçoit l'importance de la grand-mère. le narrateur la fait revivre par touches pointillistes, puis lui accorde des passages beaucoup plus longs. Elle est, pour le garçonnet, comme le mimosa du jardin. Lui seul soupçonne, derrière ses tenues neutres et pratiques, que sa grand-mère est un soleil, le baignant de sa tendre chaleur. L'homme adulte, alité et souffrant, repense aux moments partagées avec elle. Beaucoup sont d'une grande simplicité et me rappellent ma propre enfance. Il a grandi et acquis de nombreuses connaissances. Son goût pour la littérature et la peinture se superpose aux images surgies du passé. le mimosa du jardin de sa grand-mère devient indissociable de celui du tableau de Pierre Bonnard, "L'atelier au mimosa". D'ailleurs Pierre Bonnard et Marcel Proust semblent les deux figures tutélaires de ce singulier roman. Certains passages ressemblent à des esquisses de tableaux, d'autres ont la syntaxe et le vocabulaire riche et précis d'un écrivain érudit.
Je ne suis pas certaine que ce livre trouvera forcément de nombreux lecteurs. Je me demande si d'ailleurs tel est l'objectif de Vincent Jolit. Son roman tient de l'expérience littéraire, mais vibre pourtant d'une poignante sincérité. Je conçois qu'il puisse déconcerter. Moi, j'ai beaucoup aimé. J'ai retrouvé en quelque sorte mon mode de fonctionnement : ce prisme de la culture qui, au coeur des actions les plus quotidiennes, me ramène souvent à un livre, un poème ou un tableau.
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coquinnette1974
  07 juillet 2017
Merci aux éditions Fayard et au site Net Galley de m'avoir permis de découvrir ce roman en avant première, bien avant sa sortie :)
Malheureusement, je ne suis pas du tout charmée par ce livre, et c'est peu dire !
Le narrateur a de graves soucis de santé depuis des années, nous le retrouvons sur son lit d'hôpital, où il cherche à s'évader en pensées. Il aimerait revenir en arrière et s'évader sur cette presqu'île où il a vécu de bons moments.
Je pensais m'attacher au narrateur, me disant qu'un homme qui a de graves soucis de santé, serait surement touchant, que je ressentirais de l'empathie pour lui...
Malheureusement, je n'ai rien ressenti pour cet homme !
Et cela, à cause de l'écriture, que j'ai trouvé très pompeuse et inintéressante. Nous avons une succession de mots plus ou moins compliqués, de phrases plus ou moins longues, pas toujours très compréhensibles... L'ensemble donne un roman qui m'a paru franchement indigeste !
Je ne suis jamais partie dans cette presqu'île avec lui, à aucun moment l'auteur n'a réussi à réellement m'accrocher et j'ai trouvé cette lecture affreusement longue !
Je suis une très grande lectrice, surtout en ce moment où je suis en vacances, mais là qu'est ce que ce roman m'a pesé !
Je mets une étoile, cela m'ennuie car j'ai eu la chance de le lire en avant première, mais je ne peux pas mentir en disant que j'ai aimé ce roman et du coup je ne me vois pas mettre plus d'étoiles.
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virginie-musarde
  27 août 2017
Cloué sur son lit d'hôpital, pour une énième opération (tout dysfonctionne depuis qu'il est enfant), le narrateur se souvient de son enfance et c'est le prétexte pour faire ressurgir le portrait de sa grand-mère adorée, Marinette, figure tutélaire, passionnée de turf.
Dans un style très proustien (de longues phrases parfois et quelques fulgurances colorées), le narrateur évoque les lieux où régnaient Marinette, dans une précision parfois chirurgicale, géographie intime et méticuleuse, se remémore le jardin (lieu de fantasmes avec son roi mimosa qui lui rappelle l'oeuvre picturale de Bonnard, mais aussi lieu d'aventures enfantines à la recherches de billes perdues), les parties de petits chevaux, l'odeur de la boucherie que tenait son oncle, et tous les instants intimes qui peuvent resurgir alors qu'on ne les convoque pas (et sans doute surtout parce qu'on ne les convoque pas !).
Dans une narration est très travaillée, précise à l'extrême, ce roman est un voyage dans les profondeurs du souvenir alors que le narrateur se réveille d'une anesthésie et flotte entre rêve et réalité, ce roman singulier offre de jolis moments de tendresse.
Merci aux Editions Fayard et à Marie-Félicia pour cette lecture en avant-première !
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Tu_vas_voir_ce_que_tu_vas_lire
  24 janvier 2019
On manque tous de temps pour (re)lire Proust... le narrateur de Presqu'île a enfin trouvé l'occasion : puisqu'il doit être hospitalisé, il profitera de sa convalescence pour retrouver Swann et Albertine. Mais dans son lit d'hôpital, son esprit vaque vers ses propres souvenirs, composant une Recherche personnelle. On n'y trouvera pas le parfum de la madeleine mais celui du mimosa d'un jardin oublié, quelque part sur la presqu'île de Giens... Se plaçant dans le sillage de Proust, Vincent Jolit ne renonce pas pour autant à la sincère modestie qui le caractérise, s'essayant au phrasé proustien avec une application d'artisan. Plein de charme et d'émotion retenue, le petit album de souvenirs qu'est Presqu'île (Fayard) vaut bien que l'on repousse, encore une fois, le moment de relire la Recherche...
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
WyomingWyoming   03 avril 2019
Je sais que personne ne me force ni ne me conseille, mais je ne sais pas ce qui me pousse un jour à entrer dans le bureau pour extraire de la modeste bibliothèque une aventure du Club des cinq que j'emporte dans la grande pièce en configuration automnale -- dépouillée et muette -- où je m'installe à la table et me mets à lire. De ce volume comme de tous ceux qui lui succéderont, j'ai oublié le titre et ne me souviens plus de l'histoire -- un effacement qui s'explique certainement par le caractère consommable de cette collection et la boulimie avec laquelle je la consomme. Je ne retiens le nom que de deux personnages : Claude et son chien Dagobert. Parce que l'aspect bougon et rebelle de celle-ci m'intrigue et l'intrépidité de celui-là -- c'est lui, je crois, qui sort la bande d'une mauvaise passe à chaque fin d'épisode -- m'enthousiasme. Ne demeure qu'une vague impression générale, une succession d'images floues conçues à la va-vite durant mes lectures -- d'éphémères contextualisations qui ont tout de même réussi à trouver une place pérenne dans ma mémoire : des bicyclettes sur un sentier herbeux, des châteaux et des cachots, un ciel gris recouvrant la lande, un bord de mer que je situe à l'époque en Bretagne. Mais, en fait, tout cela n'a que peu d'intérêt. Seule m'importe cette sensation inédite et jouissive rencontrée à chaque livre. Un plaisir si fort que je m'y abandonne toute la journée, avalant volume après volume jusqu'au tarissement de la source (la modeste bibliothèque du bureau), installé en journée seul dans la grande pièce où je sais que je ne serai pas dérangé, ou bien dans mon lit, le soir, jusqu'à ce que je m'endorme épuisé en plein milieu d'une phrase...
...Cette ivresse de lecture, je ne l'ai plus jamais retrouvée.
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WyomingWyoming   04 avril 2019
Derrière, tandis que débute la pente caillouteuse qui mène au jardin, une rangée de pittosporums aux émanations mielleuses et vanillées est tenue -- peut-être même surveillée -- par deux majestueuses colonnes que forment, à gauche, une impressionnante glycine aux fleurs raisins d'un violet pictural et, à droite, un longiligne figuier de Barbarie aux fruits inaccessibles et défendus (par les épines ou le souvenir terrorisant de l'atterrissage journalier et cannibale des goélands sur le toit du préau de l'école que jouxte le cactus).
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WyomingWyoming   04 avril 2019
Pas encore le jardin, donc, mais un rectangle de terre où resplendissent des plantes qui, par leur beauté impérissable, semblent être, chacune d'elles, la quintessence de leur espèce (l'originelle, la mère, la matrice) : massif d'arums projetant leurs épis phalliques enveloppés d'une spathe vaginale dont le parfum mortuaire nargue les roses aux larges pétales de chou, strélitzias géants arborant leurs folles et sublimes têtes de hérons roux, jasmin sauvage et fuyant cherchant à rejoindre le buisson de pyracantha dont les minuscules fleurs blanches -- avant de devenir d'ardentes baies rouges -- répandent leur senteur poivrée...
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WyomingWyoming   05 avril 2019
Les petits chevaux courent encore et ne cesseront jamais de courir, traçant sur la piste des lignes jaunes, rouges, vertes et bleues, comme autant de sillons, d'empreintes brûlantes dessinant ou plutôt gravant, dans le marbre et ma mémoire, les après-midi de la presqu'île...
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WyomingWyoming   03 avril 2019
Ou la forte odeur (justement) du café préparé lourdement une fois pour toutes le matin et qui ne cesse d'être réchauffé à la casserole, cuit et recuit -- "bouillu" -- à chaque heure de la journée jusqu'à devenir un liquide noir épais, une mélasse âpre et brûlée que l'on boit parce que c'est chaud et qu'on y est habitué, parce qu'on n'a jamais bu d'expresso et que le goût du café, c'est ça, quelque chose de désagréable, d'amer, de rude, mais qui réveille et permet de tenir, de faire ce que l'on a à faire.
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Videos de Vincent Jolit (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Vincent Jolit
Nadia Butaud présente "Un ours qui danse" de Vincent Jolit .Nadia Butaud vous présente "Un ours qui danse" de Vincent Jolit. Parution le 18 août aux éditions La Martinière. Rentrée littéraire 2016. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/jolit-vincent-ours-qui-danse-9782732480527.html Notes de Musique : t don't mean a thing by ProleteR . Free Musique Archive. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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