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ISBN : 2746731444
Éditeur : Autrement (07/03/2012)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 209 notes)
Résumé :
"Avec Sophie, j’ai tout reçu, et tout perdu. Je me suis cru invincible. Je nous ai crus invincibles. Jamais je n’ai été aussi désarmé qu’aujourd’hui, ni plus serein peut-être."
François Vallier, jeune pianiste célèbre, découvre un jour que Sophie, qu’il a aimée passionnément puis abandonnée dans des circonstances dramatiques, est internée depuis plusieurs années. Il quitte tout pour la retrouver.
Confronté à un univers inconnu, il va devoir se dépouill... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (82) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  21 décembre 2014
François Vallier est un pianiste de renom. de Paris à Moscou, en passant par Carnegie Hall, il voyage au gré des notes de musique. Sur son site internet créé par son agent, il reçoit foule de petits mots gentils. Lorsqu'un jour il tombe sur celui de Philippe, il est abasourdi et étonné. Celui-ci mentionne qu'il l'a connu grâce à l'une de ses patientes de l'hôpital psychiatrique qui l'écoute à longueur de journée interprétant Schumann. Voilà comment il a retrouvé Sophie. Sa douce. Sa Scarlett. Son indéchiffrable amour. Trois ans qu'il attendait de savoir. Dès le lendemain, il quitte Paris et Cristina. Sans un mot. Annule ses concerts. 900 kilomètres plus tard, il est à Valmezan, dans les Pyrénées. Il recherche l'infirmier et lui explique la raison de sa venue. Il veut revoir Sophie à tout prix. Mais, elle ne parle plus et s'est s'enfermée à l'intérieur d'elle-même. Même si une rencontre est possible, comment va-t-elle réagir?

François se livre, se raconte, raconte sa musique et Sophie. Petit à petit, l'on apprend les causes de cette séparation dont François peine à se remettre. Il y a bien eu les concerts et Cristina, la jeune femme reste son orient et son occident. Les personnages prennent de l'ampleur au fil des pages et sont terriblement touchants dans leurs vies tourmentées. Gaëlle Josse joue et nous entraîne dans cette romance qui va crescendo. On se laisse porter par la musique des mots, les vibrations et par cette cadence.
Nos vies désaccordées... un bel accord...
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Eve-Yeshe
  15 septembre 2015
François, pianiste de renommée internationale, est toujours dans un avion entre deux concerts. Sur son site internet, les gens qui l'aiment et apprécie son talent lui envoient des messages pour le remercier, ou le féliciter.
Un jour, c'est un infirmier qui lui laisse un message curieux, expliquant qu'il a découvert sa musique grâce à « une de nos jeunes patientes qui écoute les CD à longueur de journée, ceux de Schumann en particulier ».
C'est ainsi que Sophie, le premier amour de François refait surface et entre dans sa vie par effraction une nouvelle fois après trois ans de silence durant lesquels il n'a jamais pu reprendre contact avec elle.
C'est ainsi que tout l'univers qu'il s'était construit va se trouver chamboulé.
Ce que j'en pense :
Ce roman est très court (123 pages pour être précise), mais très dense. Il secoue en profondeur, l'air de rien, l'auteure assenant des phases choc, brèves mais qui percutent.
On passe par tous les états en voyant évoluer François, avec parfois l'envie de lui donner une gifle pour qu'il se secoue et cesse de se regarder le nombril, regarde un peu plus loin que sa vie dorée qu'il subit. Puis, il s'anime, et devient plus adulte, admet tacitement qu'il ne connait rien, et doit tout apprendre de la vie, la sienne et celle des autres.
Il est parti pour une tournée au Japon laissant Sophie désorientée fragilisée. Il le savait intimement, mais il a préféré la fuite car il ne semblait pas y avoir de solution. Et, à ce moment-là Sophie a implosé et son frère l'a fait admettre en hôpital psychiatrique, dans un endroit tenu secret pour éloigner François qu'il jugeait irresponsable…
François comprend brutalement ce qu'est la solitude, la perte de l'être cher. « Je n'avais pas imaginé, non plus, que l'être dont on partage la vie puisse vous être enlevé ainsi. Il me restait beaucoup à apprendre ». P 37
Il apprend que les actes ont des conséquences tout autant que le fait de ne rien faire pour regarder la réalité en face. « J'ai réalisé ensuite qu'on entend uniquement ce qui nous convient ou nous rassure ». P 38
Que dire de ce frère peu sympathique qui m'a fait penser à Claudel faisant interner sa soeur Camille qui lui faisait de l'ombre. La folie, on la cache, ainsi elle n'existe pas.
Sophie n'a plus prononcé une parole depuis le jour de son internement, elle écoute les CD de Schumann en boucle et « peint une toile de deux mètre sur deux, installée dans sa chambre. Elle la peint en blanc et quand elle a fini, elle la recouvre de noir. Puis, de blanc. »
Sophie, on se l'imagine dans le regard que lui porte François, jeune femme fragile, hypersensible, artiste (elle travaille dans l'atelier d'un luthier lors de leur rencontre, elle est peintre), on perçoit ses fêlures, ses chagrins…
Les personnages sont bien étudiés, la démarche de François pour revoir Sophie, en quittant tout brutalement (sa compagne, ses engagements professionnels…), essayant de convaincre le psychiatre de sa bonne foi, de son désir de faire passer l'autre avant lui, même si ce n'est pas toujours très réaliste… toute l'histoire est belle.
Gaëlle Josse fait une place importante à la musique, le rythme de l'écriture, la tristesse… on se laisse porter, on sent les touches du piano, sous les doigts, les notes qui s'égrènent, rendant un hommage à Schumann qui est omniprésent… les touches noires et blanches comme ce que Sophie peint sur sa toile, comme la mélancolie ; les couleurs ont-elles disparu avec la vie ?
Une lecture émouvante, dans laquelle j'aime replonger pour en sortir des petites phrases que je cite plus bas… j'ai bien aimé. Gaëlle Josse a su me convaincre par sa sensibilité, sans mièvrerie, car elle ne dilue jamais l'émotion, elle la laisse nous pénétrer et me donne envie de continuer à explorer sons univers.
Note : 8,2/10

Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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isabelleisapure
  24 juin 2014
142 pages pour une telle histoire, est-ce assez ou trop peu ?
Assez si l'on considère que les plus belles choses sont celle que l'on ne dit pas, celles qui sont seulement suggérées.
Trop peu, si l'on est comme moi envoutée, emportée par la douceur et la poésie d'une écriture, bercée par une musique de Schumann qui rend à la fois heureux mais fait remonter tellement d'émotion que l'on se surprend à avoir envie d'écraser une petite larme.
Je parlerai volontairement très peu de l'histoire.
François, célèbre pianiste apprend par hasard que Sophie la femme qu'il a passionnément aimée et quittée en plein désarroi est en traitement dans un hôpital psychiatrique. Il met alors sa carrière entre parenthèses pour tenter de réparer les erreurs du passé.
Une lecture qui fut pour moi profondément bouleversante.
Je termine ainsi car il me vient une folle envie de m'isoler pendant deux heures pour recommencer ce livre en écoutant cette fois-ci cette merveilleuse pièce pour piano de Robert Schuman « Papillon » que tout comme moi Sophie aimait tant.
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diablotin0
  29 avril 2018
Si je devais n'écrire qu'un mot pour parler de ce livre, je dirais « déchirant ».
Si ce livre est triste, car le thème l'est, Gaelle Josse n'est jamais dans l'exagération et sa plume est, et reste poétique. On est face à des êtres blessés, meurtris, brisés, d'où la folie pour un et le besoin de réparation pour l'autre.
François peut sembler lâche et provoquer en nous de la colère d'être parti dans un moment où Sophie avait tant besoin de lui, mais c'est le condamner vite et sans doute facilement.
La vie n'est pas aussi manichéenne et si en tant que lecteur ou observateur , il est aisé et presque « naturel » de se sentir en empathie avec la personne qui souffre, il faut, je pense, par équité, prendre tous les paramètres, que l'on a que très rarement, pour pouvoir comprendre une situation.
La culpabilité dans ce livre est omniprésente, tout comme la musique qui rythme ce court mais intense roman.
Si je ne mets pas 5 étoiles malgré toute la sensibilité qui se dégage à chaque page de ce livre c'est sans doute à cause des passages en italiques à la fin de chaque chapitre qui, même s'ils sont très beaux, ne facilitent pas la lecture.
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Annette55
  23 septembre 2014
le célèbre pianiste François Vallier découvre que son ex compagne, Sophie,artiste peintre,abandonnée dans des circonstances tragiques est internée depuis plusieurs années,à Valmeran, dans les Hautes Pyrénées,à 900kms de Paris.
Assommé, abasourdi,il prend la route, il quitte tout brutalement pour la retrouver.
Dans ce livre,lu d'une traite tellement il nous touche, il nous pénétre,il nous saisit, l'expression est simple, on se laisse happer, les phrases courtes, percutantes nous prennent de plein fouet.
François se met à nu,se regarde en face enfin!revit son histoire avec Sophie,il se reconnaît séquentiel,monotâche, binaire, des images désordonnées,les interstices de ses souvenirs,se faufilent dans sa mémoire, telles des immenses zones grises dont il préférerait qu'elles restent dans l'ombre.
Il fait un état des lieux: avant Sophie, ses liaisons successives duraient peu....."j'avais le goût des étreintes rapides",tout change avec Sophie, il se découvre jaloux:" la jalousie, ce monstre aux yeux verts qui se nourrit de poison"
Possessif, " j'étais ignoble, amoureux angoissé et ignoble ""elle m'aimait d'un amour absolu et j'étais le seul à en douter".
Il a aimé Sophie d'un amour exclusif et étouffant, elle même peint, elle est fragile et imprévisible, deux sensibilités artistiques en harmonie mais quand celle- ci a eu besoin de lui il s'est échappé....
Etait - ce de la lâcheté ou de l'inconscience? de l'égoïsme..s'est t- il cru invincible,tout puissant?" Allons nous seulement nous reconnaître mon amour?"
La puissance et la magie de la musique nous enveloppent et nous bercent...c'est une réflexion sur l'abandon, le poids du remords d'un homme, un souffle d'amour
rythmé par Schumann, Schubert et Beethoven,la culpabilité amoureuse, une volonté absolue de rédemption et d'humilité, la vanité de la célébrité, des hommages vains, creux, superficiels ,évanescents,la mémoire affective pour retrouver le sens de la vie...
Sophie pour qui la musique était essentielle, d'une façon charnelle, intuitive sensible est devenue mutique, muette,enfouie dans une sorte d'absence dont rien hormis Schumann qu'elle écoute en boucle,ne peut la déloger. Confronté à cet univers hermétique inconnu, François ose se dépouiller pour tenter de sortir de la nuit celle qu'il n'a jamais oubliée...
L'écriture est fluide, émouvante,ciselée, fouillée, poétique,aérée,sans effet de style,sans pathos,rythmée, une mise à nu salutaire....on retient son souffle...jusqu'au bout...un vrai coup de coeur, une fin que je ne révélerai pas..
Je ne connais pas Gaëlle Josse.
Un magnifique roman d'amour bref et saisissant,une symphonie ...inachevée!
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critiques presse (1)
Lexpress   25 juillet 2012
Fiction aussi brève que saisissante, Nos vies désaccordées explore avec délicatesse les remords d'un homme, rongé par son passé, et sa volonté de rédemption.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (81) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   22 décembre 2014
Je haïssais la campagne, et cette longue traversée autoroutière avait eu tout le temps de me le rappeler. La vraie campagne, j'entends, pas celle que tout le monde aime, la Toscane ou le Lubéron, entre piscines, chianti, cigales et huile d'olive. Je parle de la campagne sinistre d'octobre à mai, plate et nue, ombreuse et détrempée, là où les arbres déplient leurs capillaires sur des ciels blancs, de la campagne grise avec des vaches boueuses et ses bâtiments d'élevage, de ces lieux où l'on attend le printemps comme une délivrance, et un miracle dont on doute, chaque année, le retour.
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Eve-YesheEve-Yeshe   15 septembre 2015
Aujourd’hui encore, je réalise combien ces terres ingrates me sont pénibles à traverser. Ce sont des terres où pendant des siècles les hommes se sont pendus de désespoir dans des granges sombres comme des ventres, et où les femmes, vaincues par l’épuisement, les grosses sans fin et l’absence d’amour, ont un jour préféré le creux d’un puits ou d’un étang.
Du jour où j’ai pu vivre ailleurs, j’ai choisi des lieux où la vie ne s’arrête jamais, rassuré par la disponibilité, l’abondance des êtres et des choses, par l’illusion des innombrables possibles à portée de main, et par l’irremplaçable liberté de l’anonymat. P 16
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TheomaTheoma   22 juin 2012
Et jamais, je crois, je ne l'ai autant aimée que dans ces moments où je la surprenais immergée dans cet univers, intensément attentive, vulnérable. Je réalisais alors combien la musique lui était essentielle, d'une façon charnelle, intuitive, sensible.
Elle avait des rejets, des emballements, des colères, des émerveillements, capable de chercher pendant des heures, parmi les multiples interprétations d'une même pièce, celle qui répondrait enfin à sa perception intérieure.
Quant à moi, la musique de Schumann m'oppressait, je ne pourrais dire autrement. Elle m'était comme une route sans repères, un paysage qui se transforme et s'efface à chaque pas, un pont qui s'effondre sitôt qu'on l'a traversé. D'insoutenables silences, de soudaines dissonances, déchirantes, des répits dont on sait qu'ils précèdent les gouffres. Des explosions de joie naïve et des moments d'une poignante douceur. Je ne pénétrais qu'avec réticence dans ces espaces hantés, incertains, dangereux et sans retour possible. Je demeurais à la lisière de ces lieux dont je devinais la menace, et m'émerveillais de leur beauté. À la différence de Sophie, je voulais rester intact en y pénétrant.
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spleenspleen   09 juin 2015
Dire que la vie avec Sophie fut facile ce serait excessif .Elle fut parfois d'une simplicité déroutante. Un cristal aveuglant . Nous étions accordés au quart ou au huitième de ton, peut-être même aux ultrasons comme les dauphins. Elle ressemblait à un voyage , ou plus précisément à ce moment du voyage où, encore loin de la destination envisagée, tous les repères familiers et les habitudes sont effacés, dilués à un tel point que l'on doute de leur existence. C'est un temps de flottement, d'incertitude mais aussi de ravissement, de curiosité et de totale disponibilité. Nous habitions une poignée de mots. Nos océans .
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myriampelemyriampele   29 septembre 2014
En dépit de sa magnificence, le paysage me laissait indifférent. Le temps s'étirait en un ruban pâle, poisseux. La douceur du soir, la fraîcheur à l'ombre des marronniers, rien ne me touchait. J'aurais voulu Sophie à mes côtés, poser ma veste sur ses épaules et aller dîner avec elle en terrasse, glisser ma main dans la sienne et lui murmurer "on y va"? sitôt le dessert avalé, impatient du clos d'une chambre et des scènes ardentes qui allaient s'y jouer.
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Vidéo de Gaëlle Josse
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