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ISBN : 2882504926
Éditeur : Noir sur blanc (04/01/2018)

Note moyenne : 4.36/5 (sur 249 notes)
Résumé :
Ce soir-là, Louis, seize ans, n’est pas rentré à la maison. Anne, sa mère, dans ce village de Bretagne, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, voit sa vie dévorée par l’attente, par l’absence qui questionne la vie du couple et redessine celle de toute la famille.
Chaque jour, aux bords de la folie, aux limites de la douleur, Anne attend le bateau qui lui ramènera son fils. Pour survivre, elle lui écrit la fête insensée qu’elle offrira pour son retour. Te... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (122) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  04 février 2018
Année 50, un village de Bretagne,
Un fils qui disparaît, celui d'Anne,
Un creux,
Un vide,
“Depuis, ce sont des jours blancs.”
“Tu n'aurais pas dû......
Oui, il n'aurait pas dû. Pas dû dégrafer sa ceinture en cuir et en frapper Louis jusqu'à avoir mal au bras.”. Il, c'est Étienne, le mari, Louis, c'est son beau fils, le fils d'Yvon.
Détresse d'une mère, un malheur, ça ne se partage pas......

Que dire de cette écrivaine qui me subjugue....une prose sublime qui illumine un texte dont le fond est pourtant des plus banals ; en un court paragraphe, elle est capable de nous aller droit au coeur avec la simple description du calvaire d'une pension pour garçon, descriptions pourtant déjà faites dans moult récits, “Il y avait le dortoir inhospitalier, avec les draps pleins d'humidité, la couverture trop mince, les ronflements et les halètements obscènes des plus âgés, sous le regard d'un Christ immense, visage de supplicié accroché à son bois,...”.
Le temps d'une lecture, elle m'a fait vivre avec Anne dans ce village, sentant au plus profond de moi-même, ses joies, ses peines, sa longue attente et sa souffrance indicible, qu'on ne peut que partager quand on est mère soi-même.
J'ai adoré Anne , j'ai adoré la fin, sublime !
Ce doit être ça le talent, nous hypnotiser, nous émerveiller, nous lectrices et lecteurs.
« ......cette grotte où nous vivons seuls, où personne ne peut entrer, à cette part obscure et inavouable que nous portons en nous. »

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rabanne
  12 avril 2018
D'abord, j'essuie les larmes qui ont roulé toutes seules sur mes joues durant les dernières pages.
5ème roman de l'auteure et toujours cette sensation de plume-cocon, comme une intime évidence. J'oublie le temps, ce qui m'entoure, une immersion totale dans une atmosphère, une pensée, une voix, un coeur qui saigne : Anne, une femme qui n'attend pas de "voir venir" quelque chose, mais quelqu'un, désespérément. Car c'est un drame, aussi personnel qu'universel, que nous raconte ce récit, la douleur de l'absence, la peur du vide, l'attente inexorable. Une mère amputée mais extraordinairement stoïque, qui survit grâce à la force son espoir...
Aucun pathos, aucun mot de trop. Une extrême justesse des sentiments, une infinie délicatesse, malgré la cruauté et la tragédie. L'on palpe l'enfance meurtrie, la dureté de la guerre, la précarité, l'abandon, l'injustice, la réputation sociale, la fuite, les remords, la culpabilité. L'on ressent aussi puissamment l'amour (maternel, conjugal, incommensurable), le respect, la fierté, la dignité, l'instinct de survie, la communion avec les éléments naturels.
Que dire d'autre que... Juste sublime !!!
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Annette55
  18 janvier 2018
Comment décrire l'émotion qui m'a submergée à la lecture de cet ouvrage de Gaëlle Josse dont j'ai pourtant lu tous les livres?
Elle donne la parole à une mère déchirée, dévorée , coupée en deux par la souffrance et l'attente, Anne Quemeneur, veuve le Floch, dont le fils Louis, seize ans a fugué , dans les années 50 dans un petit village de Bretagne ....
Contrairement à mon habitude je ne m'étendrai pas sur l'histoire que chacun peut découvrir , ce qui m'a touchée au plus profond, c'est la douleur ,la tristesse infinie , le déchirement comme si nous le vivions nous-mêmes, de cette mère , l'immensité de son amour inconditionnel pour son fils.
Le portrait de cette femme est bouleversant , poignant, douloureux.Toute en retenue , pudique, aimante ,sensible,douce, attentive, elle vibre intensément de chagrin à l'intérieur sans en rien montrer aux autres. Elle se réfugie dans son ancienne maison, tiraillée entre l'amour pour son deuxième mari Étienne, ses deux enfants nés de cette union, et l'incompréhension liée au geste de son mari qui l'aime trop .....
L'auteur, avec une sensibilité rare, hors norme, une subtile délicatesse, une écriture ciselée comme un diamant, lumineuse, fine, travaillée à l'égale d'une toile de maître, nous touche au coeur, dévoile les sentiments comme elle sait si bien le faire !

On sent les matinées glacées, l'odeur des hortensias, des embruns, la couleur ambre du sable des sentiers, les cris des mouettes, les odeurs de gazole , des flaques d'huile, dans un encombrement de tôles, de fer, de métal, de caisses, de treuils au milieu des hommes qui crient avec de grands gestes sur le port....
Ces douleurs intimes, une espèce de gouffre, de puits sans fonds ,ne vont -elles- pas dévorer -miner- user-cette mère secrète, généreuse, courageuse et fière, qui délivre et soulage sa souffrance au sein de magnifiques billets , en décrivant les festins à venir si ce fils fantôme revenait un jour.?
Anne incarne et préfigure toutes les mères qui tiennent debout contre vents et marées....
" Je suis seule , au milieu de la nuit, au milieu du vent.
Je devine que désormais, ce sera chaque jour la tempête ."
Un portrait de femme bouleversant, intense, de chagrin et d'amour et une écriture magnifique .La Grâce! Lu d'une traite .
Les mots sont à leur juste place !
Merci madame Gaëlle-Josse . quel talent ! On aimerait vous connaître !
Je remercie ma libraire , Marie !
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marina53
  24 avril 2018
Avril 1950, dans un petit village de Bretagne. Ce soir-là, Louis n'est pas rentré. Anne, sa maman, fait comme s'il n'allait pas tarder, s'occupant de ses deux plus jeunes enfants. Lorsque son mari, Étienne, rentre de son officine, elle l'informe aussitôt. Malgré les heures à sillonner le village et les alentours, il ne l'aura pas retrouvé. Veillant toute la nuit, sursautant au moindre bruit, Anne espère. Désespérément. le lendemain soir et les jours suivants, Louis ne rentrera pas. Les gendarmes, peu inquiets, supposeront une petite fugue. Après l'espoir vient la colère. Anne reproche alors à son mari son attitude. Parce qu'Étienne n'aurait pas dû frapper son beau-fils cette fois encore. La fois de trop puisque Louis s'est envolé. Pour Anne commence alors une interminable attente...
Quel portrait de femme touchant... Parce que son fils, né d'un premier mariage, s'est enfui, Anne ira guetter, par delà les horizons, son retour, certaine qu'il s'est embarqué sur un cargo. Malgré l'attention d'Étienne, l'amour de ses deux jeunes enfants, Gabriel et Jeanne, elle n'aura de cesse de l'attendre, de l'espérer, se réjouissant par avance de son retour et de la fête qui lui sera donnée en son honneur. Au cours de ces jours interminables, elle se rappelle sa rude jeunesse, son premier mari décédé en mer, son mariage avec Étienne, l'impossible place qui sera faite à Louis. Dans ce roman émouvant, Gaëlle Josse dépeint avec émotion le portrait à vif d'une mère éplorée, écorchée, malheureuse. Elle décrit avec justesse l'espoir infini, l'amour incommensurable, l'attente languissante. Un roman intense et tragique servi par une plume poétique et fragile.
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fanfanouche24
  04 janvier 2018
Même si j'ai adoré et lu le dernier roman de Gaëlle Josse la nuit dernière, je n'en suis pas moins très embarrassée pour en parler...
Magnifiquement écrit, cette histoire ressemble à une tragédie antique; j'ai "dévoré" cette histoire, mais quelle tristesse, quelles douleurs endurées par cette mère, tiraillée entre l'amour de son second mari et l'adoration pour son fils...
Situons un minimum l'intrigue: une veuve de marin, Anne, se retrouve seule et démunie pour élever décemment son unique fils, Louis., en 1943...
Elle ira à l'usine, gardera dignité et réserve. "Une Mère Courage"... qui se voit demander en mariage après un temps décent de veuvage par Etienne [ Deux années respectées par le soupirant], fils unique du pharmacien. Nous apprenons qu'Etienne, l'un des plus beaux partis du village n'a d'yeux et d'amour que pour Anne, la veuve du marin le Floch, depuis toujours.!
Ils ne sont pas du même milieu social, les villageois cancanent...mais ils s'aiment, l'amour d'Etienne est toutefois trop fort, il ne supporte pas le partage avec son beau-fils, Louis, qu'il a pourtant promis de protéger et d'aimer comme son fils... mais Etienne a présumé de lui-même, et de son attachement exclusif envers Anne...
Il maltraitera, frappera, disputera Louis; Anne essaye de temporiser, de compenser cette exclusion, car elle est tiraillée entre ses deux amours... Et puis un jour, elle arrive trop tard; une correction de trop... et Louis part, prend la mer comme son vrai père et restera absent durant des années interminables où la mère est littéralement déchirée en deux...
Elle assume sa nouvelle vie avec Etienne, ses deux autres enfants, Jeanne et Gabriel...au prix d'efforts inimaginables...
Grâce, entre autres à son jardin secret, qui atténue quelques instants cette douleur insupportable de l'absence de son aîné, Louis... Elle essaye de taire le manque, en écrivant , en imaginant des retrouvailles "merveilleuses" avec son fils adoré, un jour prochain !.
Ce jardin "secret" ce sont des retraits "solitaires" dans son ancienne petite maison de pêcheur, modeste mais contenant l'essentiel ,le "noyau" de ce qu'elle est en profondeur... même si elle devenue l'épouse respectable et aisée du pharmacien ... son coeur et son âme sont contenus "ailleurs"...
Même si elle continue d'aimer Etienne, elle se sent étrangère dans sa propre demeure... Seuls les câlins, la tendresse déployée pour Jeanne et Gabriel l'aident à "rester debout envers et contre tout !
Toujours une émotion personnelle intense à lire les paysages, les odeurs, les embruns, les couleurs de la lande et des horizons bretons...
...Et on ne peut être que bouleversé par l'immensité de cet amour maternel, amour infini, difficilement exprimable...Il en faut du talent pour écrire, garder en haleine le lecteur sur un sujet, que l'on pourrait traiter de "banal", d'ordinaire...
Un sujet si ténu, universel que les liens uniques entre une mère et son enfant... Un très beau portrait de femme...fière, aimante ,discrète et courageuse...dans un style inégalable, d'une poésie , d'une légèreté et d'une émotion , à nulle autres pareilles !
"Car toujours les mères courent, courent et s'inquiètent, de tout (...)
Elles s'inquiètent dans leur coeur pendant qu'elles accomplissent tout ce que le quotidien réclame, exige, et ne cède jamais. Elles se hâtent et se démultiplient présentes à tout, à tous, tandis qu'une voix intérieure qu'elles tentent de tenir à distance, de museler, leur souffle que jamais elles ne cesseront de se tourmenter pour l'enfant un jour sorti de leur flanc." (p. 147-148)
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critiques presse (3)
Actualitte   16 août 2018
Avec Une longue impatience, j’ai compris que le temps est la meilleure arme des écrivains. Il les fait mûrir doucement, les saupoudre de grâce, leur tisse une longue toile sur laquelle s’appuyer. On appelle cela une œuvre. Et c’est ce qu’est en train de construire Gaëlle Josse.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeMonde   02 mars 2018
Dans « Une longue impatience », Gaëlle Josse convoque le roman réaliste du XIXe siècle pour raconter la mise à mort sociale d’une femme.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Lexpress   15 janvier 2018
Une longue impatience donne la parole à une mère dont le fils a fugué, dans la Bretagne des années 1950. Un portrait de femme bouleversant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (150) Voir plus Ajouter une citation
NathalCNathalC   25 juillet 2018
Car toujours les mères courent, courent et s'inquiètent, de tout, d'un front chaud, d'un toussotement, d'une pâleur, d'une chute, d'un sommeil agité, d'une fatigue, d'un pleur, d'une plainte, d'un chagrin. Elles s'inquiètent dans leur coeur pendant qu'elles accomplissent tout ce que le quotidien réclame, exige, et ne cède jamais. Elles se hâtent et se démultiplient, présentes à tout, à tous, tandis qu'une voix intérieure qu'elles tentent de tenir à distance, de museler, leur souffle que jamais elles ne cesseront de se tourmenter pour l'enfant un jour sorti de leur flanc.
+ Lire la suite
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marina53marina53   24 avril 2018
Je vis avec une absence enfouie en moi, une absence qui me vide et me remplit à la fois. Parfois, je me dis que le chemin qui me happe chaque jour est comme une ligne de vie, un fil sinueux sur lequel je marche et tente d'avancer, de toutes les forces qui me restent. De résister au vent, aux tempêtes, au Trou du diable, aux larmes, à tout ce qui menace de céder en moi. Il me faudrait chercher des arrangements pour enjamber chaque jour sans dommage, mais je ne sais rien des arrangements.
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marina53marina53   25 avril 2018
Les saisons passent, reviennent en un immuable cercle. C'est l'été que j'aime par-dessus tout, pour l'abondance de la vie, le miracle de l'eau, de l'air et de la sève, pour la gaieté des couleurs, les seules qui animent mon existence. Le printemps n'est qu'une attente, une espérance, une impatience, et l'automne un déchirement, celui de ne pouvoir retenir la belle saison qui se termine, la lumière qui diminue, les jours qui tombent trop tôt dans la nuit. L'hiver est une blessure, une plaie, un tourment.
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NathalCNathalC   16 juillet 2018
Depuis, ce sont des jours blancs. Des jours d'attente et de peur, des jours de vie suspendue, de respiration suspendue, à aller et venir, à faire cent fois les mêmes pas, les mêmes gestes, à essayer de reconstituer les derniers moments de la présence de Louis à la maison, à tenter de me souvenir des derniers mots échangés, de les interpréter, d'y trouver un sens caché, d'y déceler un message, une intention. A penser à ce qui m'avait échappé, à ce que je n'avais pas su voir, pas su deviner, pas su dire.
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ladesiderienneladesiderienne   18 août 2018
Les yeux de Louis. Son regard. Le regard de mon fils lorsque je suis entrée dans la chambre. Un œil de cheval fou. L’œil rond, l’œil qui tourne, cerné de blanc, l’œil qui enferme une peur sans fond. L’œil qui cherche une issue, n'importe laquelle, même un précipice pour s'y jeter, dans une fuite que personne ne peut entraver, calmer ou raisonner. Plutôt les jambes brisées, l'échine broyée que les coups. J'ai vu ça, enfant. Les antérieurs jetés en avant à cisailler l'air, l'encolure tendue à se rompre, les tendons comme des fils d'acier brûlants, la croupe tremblante, la peau parcourue de frémissements, les sabots qui piétinent le pavé, les fers qui font jaillir des étincelles, comme des flammèches sorties de l'enfer. Et le bras qui abat la cravache jusqu'à ce que la bête fléchisse sur ses jarrets, et dans un ultime tremblement, s'affaisse et renonce. Oui, j'ai vu ça. Comment aurais-je pu imaginer que ce même regard, cette même panique, je les retrouverais un jour chez mon propre fils ?
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Videos de Gaëlle Josse (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gaëlle Josse
http://www.librairiedialogues.fr/ Delphine de la librairie Dialogues nous propose ses coups de c?ur du rayon Littérature : "Là-bas, août est un mois d'automne" de Bruno Pellegrino (Zoé), "Une longue impatience" de Gaëlle Josse (Notabilia) et "Play Boy" de Constance Debré (Stock). Réalisation : Ronan Loup. Questions posées par : Élise le Fourn.
Retrouvez nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues/ Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues/
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