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ISBN : 2882504926
Éditeur : Noir sur blanc (04/01/2018)

Note moyenne : 4.41/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Ce soir-là, Louis, seize ans, n’est pas rentré à la maison. Anne, sa mère, dans ce village de Bretagne, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, voit sa vie dévorée par l’attente, par l’absence qui questionne la vie du couple et redessine celle de toute la famille.
Chaque jour, aux bords de la folie, aux limites de la douleur, Anne attend le bateau qui lui ramènera son fils. Pour survivre, elle lui écrit la fête insensée qu’elle offrira pour son retour. T... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  18 janvier 2018
Comment décrire l'émotion qui m'a submergée à la lecture de cet ouvrage de Gaëlle Josse dont j'ai pourtant lu tous les livres?
Elle donne la parole à une mère déchirée, dévorée , coupée en deux par la souffrance et l'attente, Anne Quemeneur, veuve le Floch, dont le fils Louis, seize ans a fugué , dans les années 50 dans un petit village de Bretagne ....
Contrairement à mon habitude je ne m'étendrai pas sur l'histoire que chacun peut découvrir , ce qui m'a touchée au plus profond, c'est la douleur ,la tristesse infinie , le déchirement comme si nous le vivions nous-mêmes, de cette mère , l'immensité de son amour inconditionnel pour son fils.
Le portrait de cette femme est bouleversant , poignant, douloureux.Toute en retenue , pudique, aimante ,sensible,douce, attentive, elle vibre intensément de chagrin à l'intérieur sans en rien montrer aux autres. Elle se réfugie dans son ancienne maison, tiraillée entre l'amour pour son deuxième mari Étienne, ses deux enfants nés de cette union, et l'incompréhension liée au geste de son mari qui l'aime trop .....
L'auteur, avec une sensibilité rare, hors norme, une subtile délicatesse, une écriture ciselée comme un diamant, lumineuse, fine, travaillée à l'égale d'une toile de maître, nous touche au coeur, dévoile les sentiments comme elle sait si bien le faire !

On sent les matinées glacées, l'odeur des hortensias, des embruns, la couleur ambre du sable des sentiers, les cris des mouettes, les odeurs de gazole , des flaques d'huile, dans un encombrement de tôles, de fer, de métal, de caisses, de treuils au milieu des hommes qui crient avec de grands gestes sur le port....
Ces douleurs intimes, une espèce de gouffre, de puits sans fonds ,ne vont -elles- pas dévorer -miner- user-cette mère secrète, généreuse, courageuse et fière, qui délivre et soulage sa souffrance au sein de magnifiques billets , en décrivant les festins à venir si ce fils fantôme revenait un jour.?
Anne incarne et préfigure toutes les mères qui tiennent debout contre vents et marées....
" Je suis seule , au milieu de la nuit, au milieu du vent.
Je devine que désormais, ce sera chaque jour la tempête ."
Un portrait de femme bouleversant, intense, de chagrin et d'amour et une écriture magnifique .La Grâce! Lu d'une traite .
Les mots sont à leur juste place !
Merci madame Gaëlle-Josse . quel talent ! On aimerait vous connaître !
Je remercie ma libraire , Marie !
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fanfanouche24
  04 janvier 2018
Même si j'ai adoré et lu le dernier roman de Gaëlle Josse la nuit dernière, je n'en suis pas moins très embarrassée pour en parler...
Magnifiquement écrit, cette histoire ressemble à une tragédie antique; j'ai "dévoré" cette histoire, mais quelle tristesse, quelles douleurs endurées par cette mère, tiraillée entre l'amour de son second mari et l'adoration pour son fils...
Situons un minimum l'intrigue: une veuve de marin, Anne, se retrouve seule et démunie pour élever décemment son unique fils, Louis., en 1943...
Elle ira à l'usine, gardera dignité et réserve. "Une Mère Courage"... qui se voit demander en mariage après un temps décent de veuvage par Etienne [ Deux années respectées par le soupirant], fils unique du pharmacien. Nous apprenons qu'Etienne, l'un des plus beaux partis du village n'a d'yeux et d'amour que pour Anne, la veuve du marin le Floch, depuis toujours.!
Ils ne sont pas du même milieu social, les villageois cancanent...mais ils s'aiment, l'amour d'Etienne est toutefois trop fort, il ne supporte pas le partage avec son beau-fils, Louis, qu'il a pourtant promis de protéger et d'aimer comme son fils... mais Etienne a présumé de lui-même, et de son attachement exclusif envers Anne...
Il maltraitera, frappera, disputera Louis; Anne essaye de temporiser, de compenser cette exclusion, car elle est tiraillée entre ses deux amours... Et puis un jour, elle arrive trop tard; une correction de trop... et Louis part, prend la mer comme son vrai père et restera absent durant des années interminables où la mère est littéralement déchirée en deux...
Elle assume sa nouvelle vie avec Etienne, ses deux autres enfants, Jeanne et Gabriel...au prix d'efforts inimaginables...
Grâce, entre autres à son jardin secret, qui atténue quelques instants cette douleur insupportable de l'absence de son aîné, Louis... Elle essaye de taire le manque, en écrivant , en imaginant des retrouvailles "merveilleuses" avec son fils adoré, un jour prochain !.
Ce jardin "secret" ce sont des retraits "solitaires" dans son ancienne petite maison de pêcheur, modeste mais contenant l'essentiel ,le "noyau" de ce qu'elle est en profondeur... même si elle devenue l'épouse respectable et aisée du pharmacien ... son coeur et son âme sont contenus "ailleurs"...
Même si elle continue d'aimer Etienne, elle se sent étrangère dans sa propre demeure... Seuls les câlins, la tendresse déployée pour Jeanne et Gabriel l'aident à "rester debout envers et contre tout !
Toujours une émotion personnelle intense à lire les paysages, les odeurs, les embruns, les couleurs de la lande et des horizons bretons...
...Et on ne peut être que bouleversé par l'immensité de cet amour maternel, amour infini, difficilement exprimable...Il en faut du talent pour écrire, garder en haleine le lecteur sur un sujet, que l'on pourrait traiter de "banal", d'ordinaire...
Un sujet si ténu, universel que les liens uniques entre une mère et son enfant... Un très beau portrait de femme...fière, aimante ,discrète et courageuse...
"Car toujours les mères courent, courent et s'inquiètent, de tout (...)
Elles s'inquiètent dans leur coeur pendant qu'elles accomplissent tout ce que le quotidien réclame, exige, et ne cède jamais. Elles se hâtent et se démultiplient présentes à tout, à tous, tandis qu'une voix intérieure qu'elles tentent de tenir à distance, de museler, leur souffle que jamais elles ne cesseront de se tourmenter pour l'enfant un jour sorti de leur flanc." (p. 147-148)
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mumuboc
  19 janvier 2018
'ai découvert Gaëlle Josse l'année dernière, au hasard d'une lecture (Le dernier Gardien d'Ellis Island) et depuis je lis tous ses romans avec un plaisir immense, jamais déçu et je parle beaucoup autour de moi de cette auteure si discrète.
Janvier 2018 : nouveau roman..... je me précipite dessus bien sûr : que nous a-t-elle réservé, où va-t-elle nous embarquer ? Et bien me voici sur la côte bretonne, battue par les vents, dans les années 50, le pays vient de sortir de la guerre et se remet tout doucement de ces années d'épreuve. Anne l'héroïne, la principale narratrice, après une période difficile avec la perte de son premier mari pendant le conflit, pense avoir trouvé un peu de stabilité, de confort pour elle et son fils Louis auprès d'Etienne, le pharmacien du village. Mais Louis va disparaître et une longue attente va commencer pour elle, partagée entre l'amour maternel et l'amour pour son mari.
Je ne suis qu'une déchirure. (p79)
Comme pour les fois précédentes, un court roman mais tellement riche, direct, précis, sans broderies inutiles.
Tous les jours je dois m'inventer de  nouvelles résolutions, des choses pour tenir debout, pour ne pas me noyer, pour me réchauffer, pour écarter les lianes de chagrin qui menacent de m'étrangler.(p82)
Le thème est l'attente, insoutenable, difficile, le manque de l'absent et pour le retrouver elle hante les lieux qu'ils ont partagés, eux, tous les deux, seuls avec leur misère mais heureux d'être ensemble et de leur vie simple, où le moindre objet a une histoire, est un souvenir.
 Bien sûr elle aime l'homme qui partage sa vie mais d'un autre amour et puis il y a le déchirement lorsqu'il provoque le départ de Louis. Elle évoque leur vie, son changement de statut dans le village, elle, la veuve remariée au plus beau parti, elle dont l'enfance n'a pas été douce, elle que la vie a malmenée.
Je me demande pourquoi il m'aime tant, et ce qu'il peut bien trouver à une femme comme moi, habitée d'absents, cousue d'attentes, de cauchemars et de désirs impossibles.(p106)
Anne, elle, a ses solutions pour tromper l'attente, sa petite maison, son antre,  ses lettres à Louis, là où il peut être, pour lui parler du jour de son retour et de la grande fête et du repas qu'elle prépare, car il reviendra, elle ne sait pas quand, elle espère, elle, la douce Anne mais qui guette comme une bête le retour de son petit.
De courtes phrases qui se précipitent parfois comme lorsqu'on est sur le fil du rasoir, que l'esprit galope, se perd, tente de comprendre mais surtout quand il est submergé par l'angoisse. 
Et puis toujours avec Gaëlle Josse, une pirouette, un emballement et comme dans ses précédents récits on est fauché, déstabilisé. Il ne faut s'attendre à rien avec elle car c'est elle qui décide du moment, du lieu, de la manière.
J'ai dévoré les 130 pages la gorge nouée par les sentiments maternels si bien exprimés, le décor de Bretagne, les paysages, la mer, les sentiments humains et la vie de cette femme sont si biens écrits, on respire l'iode, on sent le vent sur la peau, on voit les bateaux rentrés au port, tous les sens sont sollicités, et l'on ne peut que penser qu'il y a du vécu là-dedans ou pour le moins un gros travail d'observation.
A cette grotte où nous vivons seuls où personne ne peut entrer, à cette part obscure et inavouable que nous portons en nous.(p113)
J'ai rencontré il y a quelque temps l'auteure qui expliquait qu'elle partait d'un détail, d'un lieu pour construire ses histoires mais moi j'ai le sentiment que cette femme a eu mille vies pour pouvoir nous faire partager tant d'émotions, tant de voyages et moi c'est ce que je demande en premier en littérature. Merci Madame.
Lien : http://mumudanslebocage.word..
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fuji
  22 janvier 2018
Bretagne en 1950, dans la famille Quémeneur, Anne, la mère est fébrile, elle attend Louis son adolescent de seize ans qui, à la nuit tombée, n'est toujours pas à la maison. Cette attente est palpable, qui mieux qu'une mère peut ressentir ces choses-là, l'indicible de l'absence, pas un petit retard, non le vide qui s'immisce comme le froid pénètre vos vêtements.
Les frissons de la peur sous la peau, le corps qui se tétanise dans une attente infinie…
« Ce soir, Louis n'est pas rentré. Je viens d'allumer les lampes dans le séjour, dans la cuisine, dans le couloir. Leur lumière chaude et dorée, celle qui accompagne la tombée du jour, si réconfortante, ne sert à rien. Elle n'éclaire qu'une absence ».
Cet incipit est le premier point d'Alençon fait à l'aiguille par la dentellière Gaëlle Josse.
Le dessin artistique de l'auteur : « Je n'ai pas encore fermé les volets, je ne peux m'y résoudre, ce serait murer la maison, ce serait dire à Louis qu'il ne peut plus entrer, que la vie s'est retranchée à l'intérieur et que personne ne doit désormais en franchir le seuil. »
Le piquage, cette perforation régulière de l'ouvrage, se fait naturellement en laissant glisser les mots d'une mère : « Je suis seule, au milieu de la nuit, au milieu du vent. Je devine que désormais, ce sera chaque jour tempête. »
Ensuite, la trace : « Son absence est ma seule certitude, c'est un vide, un creux sur lequel il faudrait s'appuyer, mais c'est impossible, on ne peut que sombrer, dans un creux, dans un vide. »
De son aiguille, elle effectue les réseaux, ces points spécifiques au décor réalisés de mailles plus ou moins espacés pour créer des ombres : « Depuis ce sont des jours blancs. Des jours d'attente et de peur, des jours de vie suspendue, de respiration suspendue, à aller et venir, à faire cent fois les mêmes pas, les mêmes gestes, à essayer de reconstituer les derniers moments de la présence de Louis à la maison, à tenter de me souvenir des derniers mots échangés, de les interpréter, d'y trouver un sens caché. »
Anne s'interroge, voit sa vie défiler, et de son aiguille effectue les points spécifiques au relief réalisés sur la trace, que les dentellières appellent le brode. « Dans ces temps-là, je me disais que peut-être, les courants froids et les vents contraires pouvaient être domptés, apaisés, évités. Et une autre voix murmurait, très loin en moi, qu'un jour les courants et les vents domptés, apaisés, se réveilleraient et viendraient demander leur dû. »
De ce travail minutieux, « la belle ouvrage » prend un semblant de vie : « Désormais, les jours se ressemblent, les saisons ne se distinguent que par l'ajout d'un manteau, d'une écharpe, ou par le retrait d'une épaisseur, d'une paire de bottes, par un ajustement auquel je m'efforce pour aller sur le chemin sans trop y souffrir du froid, du vent, de la pluie ou de la chaleur, et ils se fondent en une suite indistincte qui ne me laisse aucun souvenir. »
Il est temps d'exécuter le levage, détacher la dentelle du parchemin à l'aide d'une lame de rasoir et de prendre sa petite pince pour l'éboutage, c'est-à-dire détacher les brisures de fils avec minutie : « Car toujours les mères courent, courent et s'inquiètent, de tout, d'un front chaud, d'un sommeil agité, d'une fatigue, d'un pleur, d'une plainte, d'un chagrin. Elles s'inquiètent dans leur coeur pendant qu'elles accomplissent tout ce que le quotidien réclame, exige, et ne cède jamais. Elles se hâtent et se démultiplient, présentent à tout, à tous, tandis qu'une voix intérieure qu'elles tentent de tenir à distance, de museler, leur souffle que jamais elles ne cesseront de se tourmenter pour l'enfant un jour sorti de leur flanc. »
Une fois encore j'avais rendez-vous avec Gaëlle Josse, cela fait sept ans que ce rendez-vous a lieu.
Une fois le livre acheté, le coeur bat plus vite, l'oeil furète pour lire la quatrième de couv', pour regarder cette belle jaquette …
Et puis chez soi, plonger dans sa lecture comme en eaux profondes, en apnée, car les premiers mots vous happent. Vous ne voulez plus rien savoir, juste éprouver les émotions que les mots de l'auteur instillent en vous. Une lecture où vous êtes juste à l'écoute de vous-même.
La dentelle au point d'Alençon est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, et je n'ai pas trouvé de plus belle comparaison pour qualifier l'oeuvre de Gaëlle Josse. Cet écrivain, fait une oeuvre remarquable avec simplicité et une justesse de mot incomparable. Chaque livre est marqué de son estampille, ce style précis, doux, mélancolique et si raffiné. A chaque roman, elle me surprend, les fins de ses livres sont exemplaires, à chaque fois tellement inédites et authentiques.
Pour moi la lecture c'est cela, savourer chaque mot d'une histoire, éprouver chaque émotion, vivre l'histoire dans ma chair.
En conclusion, mamans du monde, dites et redites à vos enfants « je t'aime » et vous enfants, dites-le-nous, ce mot si doux que nous le gardions comme un trésor.
Chantal Lafon-Litteratum Amor 22 janvier 2018.
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motspourmots
  08 janvier 2018
Chère Gaëlle,
Je me souviens des premières louanges qui sont arrivées à mes oreilles lorsque a paru votre premier roman, Les heures silencieuses. Un bouche-à-oreille de libraires, un livre délicat dont on murmurait le titre, comme un secret à protéger et à ne confier qu'à ceux capables de le recevoir. Je me souviens avoir alors découvert avec délices votre plume délicate, guidée par un regard sensible, une envie d'explorer et de dévoiler au plus juste les sentiments qui font de nous des humains. L'attente déjà. Un portrait de femme tout en pudeur, en recherche d'équilibre. La beauté du décor, le réconfort trouvé dans l'art. Depuis, j'ai tout lu de vous. Et j'attends chaque nouveau roman avec l'appétit d'un amateur de bon vin, prêt à caresser longuement sa bouteille des yeux avant d'en savourer le nectar, délicatement, déjà triste à l'idée d'arriver à la fin. Heureusement, un livre est éternel. Lorsqu'on arrive à la fin, on peut recommencer. Il n'y a que vous qui me donnez envie de relire un livre à quelques semaines d'intervalle, avec un plaisir renouvelé et même magnifié.
J'ai lu Une longue impatience deux fois et j'ai fini en larmes, deux fois.
Chère Gaëlle, je ne sais pas exactement ce que vous avez mis de vous dans ce roman où l'on retrouve bien sûr votre univers mais qui, par la grâce d'une écriture encore plus tenue que d'habitude semble être le résultat d'un désir porté depuis longtemps. Je n'oublierai pas Anne Quémeneur, veuve le Floch. Je n'oublierai pas ce magnifique portrait d'une femme coupée en deux mais toujours digne, mère avant tout mais femme malgré tout, ne cédant jamais à la facilité de renier quelque partie de sa vie. Il passe à travers ce livre, tout le poids d'une époque, celle de l'immédiat après-guerre, des contraintes sociales augmentées par l'indiscrétion des regards dans un village où les discussions sont les principales occupations. Il passe à travers vos mots, l'odeur des embruns de la côte bretonne, les cris des mouettes et l'activité des pêcheurs, les couleurs changeantes au gré des caprices du ciel. Il passe au fil de vos pages, les sentiments contraires d'une femme qui a vécu deux vies, connu deux milieux sociaux et reste viscéralement attachée à son histoire d'origine tout en s'attachant à s'ancrer dans le présent. Anne Quémeneur attend le retour de son fils, Louis parti un soir sans rien dire. Guettant l'horizon telle ces femmes de marins du haut des rochers face à la mer. Imaginant jour après jour la joie des retrouvailles, le festin du premier repas pris ensemble. Tentant d'ordonner les sentiments qui s'emballent et de garder en elle l'unité des deux parties qui la constituent, constamment tiraillées.
"Parfois je me dis que le chemin qui me happe chaque jour est comme une ligne de vie, un fil sinueux sur lequel je marche et tente d'avancer, de toutes les forces qui me restent".
Chère Gaëlle, votre livre est tout simplement bouleversant. Vous parvenez à nous faire approcher au plus près de l'intimité des sentiments d'Anne Quémeneur. Une femme simple, un roseau plié par les bourrasques, malmené par les vents violents, une femme qui puise dans sa terre et dans l'amour niché au creux de son ventre la force de vivre. Une femme qui vibre intensément à l'intérieur sans laisser aucune prise au regard des autres.
"Je m'invente des ancres pour rester amarrée à la vie, pour ne pas être emportée par le vent mauvais, je m'invente des poids pour tenir au sol et ne pas m'envoler, pour ne pas fondre, me dissoudre, me perdre. Toutes ces choses ténues, dérisoires, je m'y accroche pour repousser le prénom qui cogne à mes tempes, à mon coeur, à tout mon corps, pour tenir à distance ce halo d'ombre qu'il agite autour de moi."
Chère Gaëlle, je vous imagine fébrile, un peu inquiète d'avoir livré votre bébé à vos lecteurs, mais heureuse de ce partage. Je vous souhaite un beau parcours Anne et vous, de belles rencontres chargées en émotions à l'image de celles que véhiculent ce livre et que chacun recevra et vivra selon sa propre histoire. Et puis, merci. Merci pour cette longue impatience.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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critiques presse (1)
Lexpress   15 janvier 2018
Une longue impatience donne la parole à une mère dont le fils a fugué, dans la Bretagne des années 1950. Un portrait de femme bouleversant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
itzamnaitzamna   21 janvier 2018
Chaque jour je continue à aller sur le chemin, à guetter les bateaux qui arrivent au port, là-bas, à la grande ville ; j'avance dans le criaillement des goélands, des sternes, dans leurs aigus désespérés, dans un parfum d'iode et de sel qui me prend comme une étreinte. C'est une stridence qui m'enveloppe, je ne les entends plus, tant ce cri fait partie de moi, depuis toujours. Parfois il devient douleur, comme s'il me réveillait et me déchirait le crâne. Alors je voudrais disparaître pour ne plus les entendre, pour ne plus rien entendre.
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mumubocmumuboc   19 janvier 2018
cette grotte où nous vivons seuls où personne ne peut entrer, à cette part obscure et inavouable que nous portons en nous.(p113)
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Annette55Annette55   18 janvier 2018
"Et il n'y aura plus jamais d'hiver dans mon cœur , ni de questions sans réponses.
Je me laisserai soulever, écraser, broyer contre le torse de mon enfant réapparu.
Et je lui dirai, comme pour m'en assurer une fois encore, "Tu es là, Mon Fils "......
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Nat_85Nat_85   18 janvier 2018
Car toujours les mères courent, courent et s'inquiètent, de tout, d'un front chaud, d'un toussotement, d'une pâleur, d'une chute, d'un sommeil agité, d'une fatigue, d'un pleur, d'une plainte, d'un chagrin. Elles s'inquiètent dans leur coeur pendant qu'elles accomplissent tout ce que le quotidien réclame, exige, et ne cède jamais. Elles se hâtent et se démultiplient, présentes à tout, à tous, tandis qu'une voix intérieure qu'elles tentent de tenir à distance, de museler, leur souffle que jamais elles ne cesseront de se tourmenter pour l'enfant un jour sorti de leur flanc.
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mumubocmumuboc   19 janvier 2018
Je me demande pourquoi il m'aime tant, et ce qu'il peut bien trouver à une femme comme moi, habitée d'absents, cousue d'attentes, de cauchemars et de désirs impossibles.(p106)
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Vidéo de Gaëlle Josse
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