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EAN : 9782290169827
Éditeur : J'ai Lu (13/02/2019)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.18/5 (sur 516 notes)
Résumé :
Ce soir-là, Louis, seize ans, n’est pas rentré à la maison. Anne, sa mère, dans ce village de Bretagne, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, voit sa vie dévorée par l’attente, par l’absence qui questionne la vie du couple et redessine celle de toute la famille.
Chaque jour, aux bords de la folie, aux limites de la douleur, Anne attend le bateau qui lui ramènera son fils. Pour survivre, elle lui écrit la fête insensée qu’elle offrira pour son retour. Te... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (203) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  04 février 2018
Année 50, un village de Bretagne,
Un fils qui disparaît, celui d'Anne,
Un creux,
Un vide,
“Depuis, ce sont des jours blancs.”
“Tu n'aurais pas dû......
Oui, il n'aurait pas dû. Pas dû dégrafer sa ceinture en cuir et en frapper Louis jusqu'à avoir mal au bras.”. Il, c'est Étienne, le mari, Louis, c'est son beau fils, le fils d'Yvon.
Détresse d'une mère, un malheur, ça ne se partage pas......

Que dire de cette écrivaine qui me subjugue....une prose sublime qui illumine un texte dont le fond est pourtant des plus banals ; en un court paragraphe, elle est capable de nous aller droit au coeur avec la simple description du calvaire d'une pension pour garçon, descriptions pourtant déjà faites dans moult récits, “Il y avait le dortoir inhospitalier, avec les draps pleins d'humidité, la couverture trop mince, les ronflements et les halètements obscènes des plus âgés, sous le regard d'un Christ immense, visage de supplicié accroché à son bois,...”.
Le temps d'une lecture, elle m'a fait vivre avec Anne dans ce village, sentant au plus profond de moi-même, ses joies, ses peines, sa longue attente et sa souffrance indicible, qu'on ne peut que partager quand on est mère soi-même.
J'ai adoré Anne , j'ai adoré la fin, sublime !
Ce doit être ça le talent, nous hypnotiser, nous émerveiller, nous lectrices et lecteurs.
« ......cette grotte où nous vivons seuls, où personne ne peut entrer, à cette part obscure et inavouable que nous portons en nous. »

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rabanne
  12 avril 2018
D'abord, j'essuie les larmes qui ont roulé toutes seules sur mes joues durant les dernières pages.
5ème roman de l'auteure que je lis, et toujours cette sensation de plume-cocon, comme une intime évidence.
J'oublie le temps, ce qui m'entoure, une immersion totale dans une atmosphère, une pensée, une voix, un coeur qui saigne : Anne, une femme qui n'attend pas de "voir venir" quelque chose, mais quelqu'un, désespérément.
Car c'est un drame, aussi personnel qu'universel, que nous raconte ce récit, la douleur de l'absence, la peur du vide, l'attente inexorable. Une mère amputée mais extraordinairement stoïque, qui survit grâce à la force son espoir...
Aucun pathos, aucun mot de trop. Une extrême justesse des sentiments, une infinie délicatesse, malgré la cruauté et la tragédie.
L'on palpe l'enfance meurtrie, la dureté de la guerre, la précarité, l'abandon, l'injustice, la réputation sociale, la fuite, les remords, la culpabilité.
L'on ressent aussi puissamment l'amour (maternel, conjugal, incommensurable), le respect, la fierté, la dignité, l'instinct de survie, la communion avec les éléments naturels.
Que dire d'autre que... Juste sublime !!!
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Annette55
  18 janvier 2018
Comment décrire l'émotion qui m'a submergée à la lecture de cet ouvrage de Gaëlle Josse dont j'ai pourtant lu tous les livres?
Elle donne la parole à une mère déchirée, dévorée , coupée en deux par la souffrance et l'attente, Anne Quemeneur, veuve le Floch, dont le fils Louis, seize ans a fugué , dans les années 50 dans un petit village de Bretagne ....
Contrairement à mon habitude je ne m'étendrai pas sur l'histoire que chacun peut découvrir , ce qui m'a touchée au plus profond, c'est la douleur ,la tristesse infinie , le déchirement comme si nous le vivions nous-mêmes, de cette mère , l'immensité de son amour inconditionnel pour son fils.
Le portrait de cette femme est bouleversant , poignant, douloureux.Toute en retenue , pudique, aimante ,sensible,douce, attentive, elle vibre intensément de chagrin à l'intérieur sans en rien montrer aux autres. Elle se réfugie dans son ancienne maison, tiraillée entre l'amour pour son deuxième mari Étienne, ses deux enfants nés de cette union, et l'incompréhension liée au geste de son mari qui l'aime trop .....
L'auteur, avec une sensibilité rare, hors norme, une subtile délicatesse, une écriture ciselée comme un diamant, lumineuse, fine, travaillée à l'égale d'une toile de maître, nous touche au coeur, dévoile les sentiments comme elle sait si bien le faire !

On sent les matinées glacées, l'odeur des hortensias, des embruns, la couleur ambre du sable des sentiers, les cris des mouettes, les odeurs de gazole , des flaques d'huile, dans un encombrement de tôles, de fer, de métal, de caisses, de treuils au milieu des hommes qui crient avec de grands gestes sur le port....
Ces douleurs intimes, une espèce de gouffre, de puits sans fonds ,ne vont -elles- pas dévorer -miner- user-cette mère secrète, généreuse, courageuse et fière, qui délivre et soulage sa souffrance au sein de magnifiques billets , en décrivant les festins à venir si ce fils fantôme revenait un jour.?
Anne incarne et préfigure toutes les mères qui tiennent debout contre vents et marées....
" Je suis seule , au milieu de la nuit, au milieu du vent.
Je devine que désormais, ce sera chaque jour la tempête ."
Un portrait de femme bouleversant, intense, de chagrin et d'amour et une écriture magnifique .La Grâce! Lu d'une traite .
Les mots sont à leur juste place !
Merci madame Gaëlle-Josse . quel talent ! On aimerait vous connaître !
Je remercie ma libraire , Marie !
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marina53
  24 avril 2018
Avril 1950, dans un petit village de Bretagne. Ce soir-là, Louis n'est pas rentré. Anne, sa maman, fait comme s'il n'allait pas tarder, s'occupant de ses deux plus jeunes enfants. Lorsque son mari, Étienne, rentre de son officine, elle l'informe aussitôt. Malgré les heures à sillonner le village et les alentours, il ne l'aura pas retrouvé. Veillant toute la nuit, sursautant au moindre bruit, Anne espère. Désespérément. le lendemain soir et les jours suivants, Louis ne rentrera pas. Les gendarmes, peu inquiets, supposeront une petite fugue. Après l'espoir vient la colère. Anne reproche alors à son mari son attitude. Parce qu'Étienne n'aurait pas dû frapper son beau-fils cette fois encore. La fois de trop puisque Louis s'est envolé. Pour Anne commence alors une interminable attente...
Quel portrait de femme touchant... Parce que son fils, né d'un premier mariage, s'est enfui, Anne ira guetter, par delà les horizons, son retour, certaine qu'il s'est embarqué sur un cargo. Malgré l'attention d'Étienne, l'amour de ses deux jeunes enfants, Gabriel et Jeanne, elle n'aura de cesse de l'attendre, de l'espérer, se réjouissant par avance de son retour et de la fête qui lui sera donnée en son honneur. Au cours de ces jours interminables, elle se rappelle sa rude jeunesse, son premier mari décédé en mer, son mariage avec Étienne, l'impossible place qui sera faite à Louis. Dans ce roman émouvant, Gaëlle Josse dépeint avec émotion le portrait à vif d'une mère éplorée, écorchée, malheureuse. Elle décrit avec justesse l'espoir infini, l'amour incommensurable, l'attente languissante. Un roman intense et tragique servi par une plume poétique et fragile.
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Eric76
  26 avril 2020
Un roman sur l'amour maternel ; cet amour inconditionnel, absolu, et souverain ; cet amour de toute une vie, des petits riens et des grands moments de l'existence ; cet amour qui protège, soigne, console, transmets et encourage ; cet amour empli de vigilance et d'inquiétudes, de caresses, de rires, de nuits blanches…
Un roman sur la douleur de l'attente. Cette souffrance insupportable durant les moments de longs silences et de solitude, qui vous grignote le coeur, vous étouffe, occupe toutes vos pensées, finit par vous rendre fou…
Un roman sur le remord, sur la faute commise qu'on ne peut réparer, qui ruine une vie, poursuit, harcèle, blesse, laisse les bras ballants, désarme, rend impuissant…
Un roman sur le retour arrivé bien trop tard, sur les souvenirs qui vous poignent le coeur, font couler des ruisseaux de larmes et trembler les mains…
Un roman sur les regrets, et tous ces moments à jamais perdus, envolés aux quatre vents…
Le roman de toute une vie, avec ses flamboyances, ses drames, ses broutilles et ses zones d'ombre.
Un roman qui m'a subjugué et m'a « parlé » bien au-delà du raisonnable.

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critiques presse (3)
Actualitte   16 août 2018
Avec Une longue impatience, j’ai compris que le temps est la meilleure arme des écrivains. Il les fait mûrir doucement, les saupoudre de grâce, leur tisse une longue toile sur laquelle s’appuyer. On appelle cela une œuvre. Et c’est ce qu’est en train de construire Gaëlle Josse.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeMonde   02 mars 2018
Dans « Une longue impatience », Gaëlle Josse convoque le roman réaliste du XIXe siècle pour raconter la mise à mort sociale d’une femme.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Lexpress   15 janvier 2018
Une longue impatience donne la parole à une mère dont le fils a fugué, dans la Bretagne des années 1950. Un portrait de femme bouleversant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (222) Voir plus Ajouter une citation
NathalCNathalC   25 juillet 2018
Car toujours les mères courent, courent et s'inquiètent, de tout, d'un front chaud, d'un toussotement, d'une pâleur, d'une chute, d'un sommeil agité, d'une fatigue, d'un pleur, d'une plainte, d'un chagrin. Elles s'inquiètent dans leur coeur pendant qu'elles accomplissent tout ce que le quotidien réclame, exige, et ne cède jamais. Elles se hâtent et se démultiplient, présentes à tout, à tous, tandis qu'une voix intérieure qu'elles tentent de tenir à distance, de museler, leur souffle que jamais elles ne cesseront de se tourmenter pour l'enfant un jour sorti de leur flanc.
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Eric76Eric76   19 avril 2020
Au sol, ces courtes herbes sèches, couleur de sable clair, qu'on nomme queues de lièvre, pour leur plumet d'une infinie douceur. Louis m'en cueillait des bouquets entiers, que je gardais de longs mois, et aussi ces herbes terminées par de petites grappes jaunes et sèches, à la senteur persistante d'épice indienne. Ce parfum, c'est pour moi celui de l'enfance de Louis, de la mienne aussi. Je ne suis qu'une coureuse de lande, une escaladeuse de rochers ; l'enfance m'a façonné des jambes musclées, des chevilles déliées, des pieds secs et étroits, marqués de cicatrices claires, des pieds pour courir sur la grève et garder entre les orteils des grains de sable sec, des pieds trop vivants, trop rebelles pour les bottines cambrées que je porte maintenant.
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Eric76Eric76   23 avril 2020
Et s'il veut la veuve Le Floch dans son lit, c'est son affaire après tout, peut-être bien qu'elle lui fait des choses qu'on ne peut pas dire, des choses qu'on imagine même pas, ou qu'on imagine trop au contraire. Les choses des corps et de la nuit, des lèvres, des langues et des mains, de salive, de sueur, de peau, les choses obscures qui font crier et gémir. Les choses du feu, de la langueur et des tremblements ; celles de la transe archaïque et éternelle, des corps qui se cherchent, qui dansent, luttent et s'épuisent, des griffures, des morsures, et le poids léger des lèvres posées sur les paupières, les tressaillements de la peau qui brûle, les effleurements et les gorges qui rugissent. Les odeurs lourdes, tenaces, des corps et des ventres. Ou elle lui a jeté un sort pour l'avoir.
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Eric76Eric76   18 avril 2020
C'est le temps des mots secrets, ceux qui permettent de dénouer la journée, de la reposer dans ses plis avant de la laisser s'enfuir, se dissoudre, c'est le temps d'apprivoiser la nuit, c'est le temps des mots sans lesquels le sommeil ne viendrait pas. Je plonge le visage dans la tiédeur des cous, des oreilles, des bras qui veulent me retenir, des doigts légers, un peu collants, qui caressent mes joues, je sombre dans la douceur des cheveux lavés, du linge frais. "Chut maintenant. Il faut dormir." Une fois franchie leur porte, j'entre dans ma nuit, à la rencontre de ma vie qui vient de brûler.
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ZilizZiliz   18 avril 2019
[L'école], j'en garde des souvenirs blessants, mais je n'aime pas trop en parler. C'est un soulagement pour moi de voir que les petits semblent heureux de s'y retrouver, qu'ils apprennent facilement, sans cette angoisse qui me saisissait au ventre dès le matin au moment de partir, avec cette hantise de ne pas savoir répondre, de ne pas comprendre, avec la peur des heures de retenue, le soir, dans la salle de classe sans feu, ces heures perdues qu'on me reprochait à la maison, comme si je cherchais là un moyen d'éviter le travail domestique. Je partais tôt, le matin, pour terminer d'apprendre mes leçons en marchant, avant d'arriver, ou pour finir le livre que je devais rendre à la bibliothèque, sous peine d'une amende que je n'aurais pas pu payer.
Ma peur s'était transformée en mutisme, en hostilité, en rage. Une colère rentrée, de celles qui consument de l'intérieur et incendient le regard. On me trouvait sauvage, rebelle, alors qu'un mot, un geste aurait suffi à faire céder toute cette tension qui me dévorait.
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Videos de Gaëlle Josse (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gaëlle Josse
Masterclass avec Gaëlle Josse
« du matériau iconique au roman »
Une femme en contre-jour est le 9ème roman de Gaëlle Josse (Notabilia 2019). L'auteur dans cet ouvrage traque les traces, relie les pointillés, cherche à comprendre Vivian Maier, une nurse d'enfants, qui consacra toute sa vie à la photographie de rue et mourut dans le plus grand anonymat.
« le travail de Vivian Maier me renvoie, de façon frontale, impérieuse, à ce que je poursuis en écrivant. Faire passer un peu de lumière dans l'opacité des êtres, dans leur mystère, leur fragilité, dans leurs errances, et dire ce qu'on entrevoit, ce qu'on devine, ce qui se dérobe. »
Masterclass organisée par Aleph-Écriture.
À lire – Gaëlle Josse, Une femme en contre-jour, coll. « Notabilia », Noir sur blanc, 2019. Le Samedi 14 décembre 2019 - 10H00
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