AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2818045126
Éditeur : P.O.L. (03/05/2018)

Note moyenne : 4/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Mai 68 a été une immense prise de parole dans toute la société française, entre étudiants et ouvriers, entre jeunes et vieux, entre femmes et hommes. On a parlé de tout, de tout, de tout, de la politique comme de la sexualité, des revendications comme des désirs, et ce mouvement culturel qui contestait la société capitaliste marchande dans son ensemble et dans ses détails nous a légué des outils pour penser aujourd'hui, et d'abord, pour continuer d'explorer la parol... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
EcureuilBibliophile
  12 mai 2018
J'avais été très touchée par l'excès-l'usine de Leslie Kaplan, qui a initié tout un travail sur le roman social et politique.
J'avais beaucoup aimé J'ai toujours été une femme, pièce de la même auteure.Je n'ai pas lu le reste de son oeuvre, mais j'en ai envie !
En avril sortait Mai 68, le chaos peut être un chantier chez P.O.L. (comme les deux ouvrages mentionnés précédemment). Il s'agit de la transcription d'une « conférence interrompue ». Elle a été « jouée » au colloque « L'Alternative du commun » (à la demande de Christian Laval) puis pour les 10 ans de Médiapart.
J'avais un peu peur de l'effet « anniversaire de 68 », on est abreuvé d'ouvrage sur la question pour « fêter l'évènement » et j'avoue que j'étais un peu inquiète. Finalement je me suis laissée tenter sur le nom de l'auteur, sur les bons retours que j'en avais lu…
Elle réfléchi ici à ce que Mai 68 nous a laissé : la prise de parole. La possibilité de verbaliser ce qui ne nous va pas dans la société. Notamment sur des questions sexuelles qui étaient jusque là totalement occultées du débat public. Cette parole écrase le silence lourd qui régnait jusque là.Cependant on sent bien que tout n'est pas résolu, que non ce n'est pas fini et que la plupart des problèmes sociétaux ont juste glissés pour se cacher un peu mieux derrière une exploitation économique.
« Les mots devenus des produits de consommationOn a l'équation : mots de la pub + vide autoritaire = civilisation de clichéAvec le discours violent de l'establishment, des injonctions partoutDes paroles « d'experts », un entre-soi complice »
On plonge directement au coeur de la question : on parle : ok. Mais on parle quand même pas mal dans le vent !
Elle nous évoque sa propre expérience d'adolescente enthousiaste : « une usine occupée, des femmes assises, dans la cour, discutant, regardant le ciel, tricotant… ne faisant rien, questionnant tout… »Et j'avoue que les souvenirs de blocage. Lorsqu'elle évoque des profs d'université au coeur des usines, des étudiants s'activant c'est… tentant. On sait pourtant les difficultés de remettre tout cela en branle !Peut être un chantier, parce que oui le but est de construire quelque chose, quelque chose d'autre et de nouveau si ce qui existe actuellement ne nous convient pas. Quand on dit qu'il faut refonder l'université.. L'urgence de trouver un élan pour sortir de l'enlisement devient urgent. Mais peut-être en parlerai-je ailleurs, revenons à notre conférence interrompue !
Elle n'évoque ni les oppositions avec les forces de l'ordre ni le conflits internes. Pas un mot des blocks (ni black ni pink). Kaplan nous parle de ses souvenirs, de sa perception personnelle de l'évènement qui est forcément tronquée et bien idéalisée avec le temps mais on en sent d'autant plus son humanité.
Mon vrai plaisir dans ce texte, je l'avoue a été de retrouver la langue de l'auteure. On. Saute d'un fragment à l'autre au rythme de l'enchainement de pensée qui lui permet de nous plonger dans son expérience à elle. On perçoit à peine, du bout des concepts son expérience et par la même on peut la « faire notre ». On ne vit jamais rien dans sa totalité, Alors fragmenter le temps et les perceptions en découpant la phrase, en malmenant la continuité de dialogues esquissés. Je ne veux pas analyser trop ce qui fait que cette écriture me remue et me plait autant, j'ai bien trop peur d'en perdre la magie…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
Marti94
  19 août 2018
Cette année est celle de la commémoration du 50ème anniversaire de Mai 68. J'ai donc choisi un livre pour marquer l'événement.
Et ce livre est celui de Leslie Kaplan, auteure que j'apprécie d'autant plus qu'elle a été encensée par Marguerite Duras.
On retrouve le style de Leslie Kaplan dans ce texte hors norme écrit à l'occasion d'un colloque sur l'alternative du commun qui s'est tenu à Cerisy en 2017 et intitulé "Mai 68, le chaos peut-être un chantier".
Elle a choisi d'illustrer l'idée de commun par une pièce de théâtre dans laquelle le personnage principal fait une conférence sur la prise de parole en 1968. La conférencière commence par parler du silence qui a été rompu. le silence c'est avant tout celui de ce qui n'est pas dit, en particulier la torture pendant la guerre d'Algérie.
La révolution culturelle de Mai 68 s'est faite par la parole qui a permis à des inconnus de se rencontrer dans une volonté de connaître les autres, même différents.
Mais ce qui est surprenant et très original c'est l'interruption régulière de cette conférence. Deux femmes vont discuter de choses et d'autres, sérieuses ou pas, parfois très drôles sur le quotidien ou leur vision de la vie.
On retrouve un peu les personnages de "Louise, elle est folle" que j'ai vu au théâtre.
Il y a des bizarreries que l'on retrouve aussi dans le titre mais qui donnent de la profondeur aux propos car on comprend bien le chaos de Mai 68 qui est un grand bouleversement et le chantier puisque il y a encore un impact de cette période aujourd'hui.
Lu en août 2018
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
stekasteka   15 juin 2018
Mais qu'est-ce qu'un dialogue ?
Comment est-ce qu'on signifie à l'autre qu'on veut vraiment lui parler, qu'on lui parle vraiment, qu'on ne fait pas semblant, qu'on ne lui donne pas des mots pour rien, des mots creux, des mots vides, des mots pour en finir, pour finir de lui parler, pour passer à autre chose, de plus important, de plus urgent.
Commenter  J’apprécie          40
Marti94Marti94   18 août 2018
Mai 1968 est une révolution culturelle contre la production industrielle de masse contre l'idée que la seule chose qui compte, c'est ce qui se compte.
Commenter  J’apprécie          40
EcureuilBibliophileEcureuilBibliophile   27 mai 2018
Les mots devenus des produits de consommation
on a l'équation : mots de la pub + vide autoritaire = civilisation du cliché
avec le discours violent de l'establishment, des injonctions partout
des paroles d'"experts", un entre-soi complice
jusqu'à l'aplatissement des niveaux public/privé, jusqu'à la perte du symbolique le parole d'un sujet qui s'engage comme sujet est devenu le talk-show, le reality show, jusqu'à Trump, leur vérité, ou l'inverse
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Marti94Marti94   18 août 2018
Je n'ai jamais vu quelqu'un avoir la tête si remplie. La tête d'André me fait penser à un caddie dans un supermarché la veille de Noël.
Commenter  J’apprécie          10
Marti94Marti94   18 août 2018
Alors en mai 1968, à l'opposé du silence mortifère, fait irruption la parole, une PRISE de parole.
Commenter  J’apprécie          10
Lire un extrait
Videos de Leslie Kaplan (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Leslie Kaplan
Leslie Kaplan Désordre éditions P.O.L : où Leslie Kaplan tente de dire de quoi et comment est comment composé son nouveau livre "Désordre" et où il est question notamment d'un conte et d'une colère, de gilets jaunes et de mai 68, et où, aussi, Leslie Kaplan quelques pages de son livre, à l'occasion de la parution de "Désordre" aux éditions P.O.L, à Paris le 2 mai 2019 - "ça suffit la connerie." "Le mois de mai, tout le monde s?y attendait, fut explosif."
autres livres classés : mai 68Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
1741 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre