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EAN : 9782070366415
544 pages
Éditeur : Gallimard (02/12/1974)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 76 notes)
Résumé :
Au huitième étage de la tour, les étudiants, assis dans les fauteuils des mandarins, s'emparaient symboliquement du pouvoir. Au sixième étage, un homme seul luttait contre la mort. Au rez-de-chaussée, une foule d'étudiants et, mêlés à eux, bon nombre de professeurs, à leur insu dépossédés, communiaient dans le culte de la musique classique.
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Belem
  07 mars 2013
En 1968, Robert Merle était enseignant à la faculté des Lettres de Nanterre, qui était alors toute neuve, et accueillait déjà douze mille étudiants. Près de la résidence universitaire se trouvaient les bidonvilles de Nanterre, une véritable petite ville avec ses ruelles, et habités majoritairement par des algériens, des maçons qui partent tôt le matin, pour aller travailler sur tous les chantiers de la région parisienne.
Robert Merle avait déjà le projet d'écrire un livre sur le milieu étudiant depuis la rentrée universitaire, en 1967, et il connaissait donc déjà beaucoup des acteurs de cette journée du 22 mars 1968, au cours de laquelle des centaines d'étudiants envahissent la tour administrative de l'Université, un des facteurs déclenchant de la mobilisation qui suivra.
Il décrit, heure par heure, ce qu'il a vu durant cette journée très agitée, et qui finit, le soir, en apothéose.
Pour les personnages de son roman, Robert Merle s'est donc servi des rencontres et des discussions qu'il a eu avec des tas de jeunes étudiants et étudiantes, qui vivent dans les petites cellules des chambres d'étudiants, mais garçons et filles séparés... Il a changé quelques noms, mais en a aussi conservé certains (comme Daniel Cohn-Bendit, etc.). C'est donc un foisonnement de vies, d'idées, d'aspirations. Bien que romancé, le livre fait donc plutôt office de reportage sur le vif, et les acteurs réels de ces événements sont reconnaissables (à l'époque).
Certains sont très politisés, d'autres pas du tout. Certains rêvent de révolution... sociale, oui, mais aussi (et parfois surtout) de révolution sexuelle. Tout se libère alors, et notamment la parole. Pour certains, tout devient possible, pour d'autres, les aspirations sont plus modestes, comme de trouver du boulot, pour s'émanciper de leurs parents.
Beaucoup ont rejoint les groupes gauchistes, maoïstes, trotskystes, anarchistes, lors des manifestations contre la guerre du Vietnam. Ils contestent la société et le capitalisme, et sont plein d'enthousiasmes. Ils veulent aller aux portes des usines, rencontrer les ouvriers.
Robert Merle dresse là un portrait très vivant de la condition étudiante de cette époque, et de cette extraordinaire bouffée de liberté qui envahit toute la vie sociale.
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gill
  27 avril 2012
Dans "derrière la vitre", l'auteur alors professeur à Nanterre, fait revivre heure par heure cette journée du 22 mars 1968 durant laquelle "une poignée de gauchistes" envahit la tour administrative de l'université et occupa quelques heures la salle du conseil.
Robert Merle relate, avec tout le talent qu'on lui connaît et qui fait de lui un des plus grands auteurs français de notre époque, cette journée importante qui donna son nom à un mouvement révolutionnaire de contestation .
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la_fleur_des_mots
  27 janvier 2013
Robert Merle s'est servi de son expérience d'enseignant à la faculté de lettres de Nanterre pour tirer la matière de Derrière la vitre. Ce roman nous fait vivre, heure par heure, une journée, celle du 22 mars 1968, au cours de laquelle 150 étudiants prendront d'assaut la tour de l'Université pour occuper le lieu symbolique qu'est la salle du conseil des professeurs.
Grâce à des récits parallèles et simultanés, le lecteur vit intensément cet événement du point de vue des leaders du mouvement étudiant, des ouvriers immigrés travaillant sur le chantier, des professeurs... Ce roman riche et passionnant mêle personnages fictifs et réels (les étudiants Cohn-Bendit, Tarnero, Duteuil ou Langlade, le doyen Grappin....) et aborde aussi bien les préoccupations de la jeunesse (identité, sexualité, autonomie), que la politisation des étudiants et les luttes entre les différentes sensibilités (anarchistes, maoïstes, communistes, situationnistes) ou encore le sort des immigrés.
Un pur régal !
Lien : http://bloglavieestbelle.ove..
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valreine
  30 janvier 2018
trouvé grâce au désherbage d'une bibliothèque bretonne, ce roman-documentaire de Robert Merle est une très bonne introduction à une année 2018 - cinquantième anniversaire de Mai 68. il relate la journée du 22 mars 1968 à l'Université de Nanterre, qui se termina par l'occupation de la salle de réunion des professeurs par les étudiants. tout en étant encore un chantier boueux dans une banlieue encore "d'après guerre" avec vue sur le bidonville, l'Université fonctionne, les schémas traditionnels se fissurent. d'après l'entretien donné à la fin du roman il semble qu'il a été mal accueilli à sa sortie, et je ne saurais me replacer dans le contexte de cette époque où je n'étais qu'une enfant. mais lu depuis 2018, je l'ai trouvé vraiment intéressant, plein d'humanité sans tomber dans la mièvrerie où il y aurait les bons d'un côté et les méchants de l'autre :) les relations entre les professeurs (les mandarins, les assistants...), la vie des étudiants écartelés pour certains entre les études, l'envie "que ça change" aussi bien pour la fac que pour les parents! et les sentiments qui finalement ne changent pas à la même vitesse, la proximité avec la "réalité sociale" pas jolie jolie ... tout est là, derrière la vitre.
Lien : https://www.babelio.com/monp..
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isabelledesage
  14 octobre 2018
Un beau roman sur la fracture sociale en 1968 dans le milieu universitaire de Nanterre. L'auteur montre deux mondes distincts : celui des jeunes gens aisés et celui des ouvrier Algériens construisant pour ces derniers la nouvelle université. Mais ces deux mondes vont se rencontrer grâce à l'intelligence et l'humanité d'étudiants ayant pour ami Daniel Cohn-Bendit, qui vont héberger et instruire un de ces jeunes ouvriers
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
gillgill   27 avril 2012
La conception de ce roman ne date pas de la crise de Mai. Elle lui est antérieure. En novembre 67, plusieurs mois, par conséquent, avant les barricades, je confiai à mes étudiants le projet de ce livre, et leur demandai de m'aider à mieux les connaître : il s'agissait pour eux de venir me parler d'eux-mêmes, sans fard ni tabou.
Accord d'abord réticent, mais de plus en plus enthousiaste au fur et à mesure que parmi eux le bruit se répandait de l'intérêt de ces entretiens.
Je remarquai alors, non sans un retour ironique, qu'un professeur n'a pas besoin d'ouvrir la bouche pour être "intéressant" : il lui suffit d'écouter...
(extrait de la préface de l'auteur insérée en début du volume paru chez "Folio" en 1974)
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sandpicsandpic   16 mars 2011
Dans une société industrielle, où il s'agit de vendre plus pour multiplier les profit, une publicité obsessionnelle inculque au public une faim insatiable de nouveautés. Par contagion, par habitude d'esprit, parce que nous baignons dans cette mystique de la consommation, la soif de gadgets inédits gagne de proche en proche des domaines qui, comme l'art ou la littérature, se situent pourtant, dans une large mesure, en dehors du progrès technique. La mode alors, apparaît d'autant plus tyranique et sacrée qu'elle est plus arbritraire
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la_fleur_des_motsla_fleur_des_mots   27 janvier 2013
Vous contestez et votre contestation est aussitôt récupérée par le régime. La stratégie du capitalisme libéral consiste à capitaliser la violence des opposants pour effrayer les classes moyennes et se consolider au pouvoir par la peur
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la_fleur_des_motsla_fleur_des_mots   27 janvier 2013
J'ai désiré décrire la vie quotidienne à Nanterre au long d'une journée ordinaire, mais qui s'achevait par une soirée exceptionnelle par ceux qui la vécurent.
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lucettegardoulucettegardou   14 avril 2020
Il leur manquerait toujours le stock culturel et les richesses de vocabulaire de la bourgeoisie, le « gout » et la « nuance » impliqués dans les jolies hypocrisies du langage, la sacro-sainte finesse et les habiletés linguistiques apprises dès le premier biberon.
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Videos de Robert Merle (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Merle
https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=64092
Pour que la chirurgie orthopédique ait pu atteindre son degré actuel de fiabilité, il a fallu une organisation hospitalière nouvelle, la création de la spécialité, son enseignement à grande échelle, la pratique d'une délibération collective rigoureuse et honnête de chaque indication opératoire, y associer médecins experts et anesthésistes, exiger une pratique opératoire efficace et applicable par tous, publier les résultats sans masquer les échecs. Tout cela, nous le devons à un assembleur. Robert Merle d'Aubigné est celui auquel les chirurgiens orthopédistes français actuels doivent de pratiquer aujourd'hui.
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Roman historique lauréat du prix Goncourt publié en 1949 racontant la retraite d'un groupe de soldats français lors de la défaite franco-britannique lors de la seconde guerre mondiale. Mon titre est "week-end

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