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Gilles Berton (Traducteur)
ISBN : 2702424260
Éditeur : Le Masque (25/05/1994)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.81/5 (sur 102 notes)
Résumé :
Septembre 1938. Tandis que la ville croule sous la chaleur, les Berlinois attendent avec anxiété l'issue de la conférence de Munich. Engagé par une riche veuve pour retrouver l'individu qui la fait chanter, le détective privé Bernhard Gunther se trouve plongé, lui, dans les méandres de la médecine psychiatrique moderne...

Avant de se voir contraint par Heydrich de prendre les rênes d'une enquête bien particulière : retrouver le tueur en série qui hant... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  14 septembre 2018
Excellent second tome de La trilogie berlinoise, dont la documentation historique est éblouissante, dans lequel la petite histoire policière et la grande Histoire sont indissolublement liées, et dans lequel Bernie et son humour caustique, ses métaphores subversives, sont au mieux de leur forme.
A la demande non négociable du pouvoir en place, Bernie est sommé de réintégrer pour un temps la Kripo en qualité de Kriminalkommissar temporaire, faute de quoi, s'il refuse, il perd sa licence de détective privé, son port d'armes, son permis de conduire et qui sait, la vie. Sa mission, puisqu'il l'accepte, est de mettre la main sur un tueur qui trucide des jeunes filles parfaites représentantes de la race aryenne. Si les nazis souhaitent que cette enquête soit menée discrètement, c'est d'abord parce qu'ils ne veulent pas passer pour des truffes après 5 meurtres non élucidés, mais aussi et surtout parce qu'ils craignent, au cas où le meurtrier serait juif, des débordements populaires néfastes à leur politique. En effet, ce sont eux et eux seuls, et non pas la rue, qui doivent rester aux manettes de la planification économique et exterminatrice. Si la foule se déchaîne, ce ne sont pas seulement les boutiques juives qui en pâtiront mais aussi les magasins « allemands », sans parler du fait que les assurances devront indemniser tous les propriétaires. Le peuple doit rester soumis, manipulé, méprisé, anesthésié et silencieux.

Pour Bernie, l'assassin n'est qu'un psychopathe de plus dans un pays où ils abondent depuis l'avènement d'Hitler. Ce second tome permet au lecteur de découvrir le contexte historique de 1938. Le IIIème Reich atteint sa vitesse de croisière, toutes les administrations sont verrouillées, d'innombrables polices sont en place, des décrets quotidiens sont pondus, certains autorisant l'eugénisme, masqué sous les formulations absconses du Ministère de l'Intérieur. L'enquête plonge également le lecteur dans le monde de la médecine psychiatrique revue et corrigée par les nazis, ainsi que dans celui de l'occultisme, largement utilisé par les autorités pour leur propagande. Des spirites triés sur le volet, dirigent des séances consacrées au « spiritualisme et la mémoire de la race », « l'antisémitisme en tant que legs théocratique », « le culte de Wotan » ou «les vraies origines du christianisme », et n'hésitent pas à faire parler les morts qui dénoncent des juifs s'adonnant à des meurtres rituels.

Dans cette folie qui a saisi son pays, Bernie n'est pas un surhomme ni un chevalier blanc, mais il n'apprécie ni les lynchages ni la loi de la jungle. Il est juste usé, aux prises avec une notion devenue vague, qu'on appelle, osons le mot, Moralité. Ses questionnements sont ceux d'un homme ordinaire plongé dans une Histoire qui le dépasse : Comment en est-on arrivé là ? La souffrance des juifs rend-elle la vie des allemands plus douce ? Le sentiment de liberté est-il affermi par leur persécution ? Le récit s'achève sur la Nuit de Cristal : « mort d'une centaine de juifs, 177 synagogues incendiées, 7 000 magasins détruits. La quantité de verre brisé cette nuit-là est estimée à la moitié de la production annuelle de la Belgique, pays d'où la majeure partie de ce verre a été importée (note de l'auteur) »
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Ichirin-No-Hana
  30 avril 2017
La pâle figure est le deuxième volet de la trilogie berlinoise. Nous retrouvons notre détective privé Bernhard Gunther en 1938, deux ans après l'intrigue du précédent volume, L'Été de Cristal. Devenu détective privé après avoir quitté la police car dégoûté par les méthodes employées par les nouveaux dirigeants, il se retrouvera, bien malgré lui, obligé (on ne dit pas non aux nazis) de réintégrer la Kripo (La Kriminalpolizei, la police criminelle). L'arrivée d'un violeur et tueur en série de jeunes femmes aryennes qui commence de plus en plus à faire peur aux hautes instances le condamne à reprendre du service en tant que Kommisar.
Encore une fois avec ce deuxième tome, Philip Kerr nous propose un roman de grande qualité. le côté policier est un plus présent dans ce tome-ci. Malgré la corruption et le manque de conviction de la majorité des policiers de cette époque-là (qui iront à la solution la plus simple : accuser le juif du coin), Bernie va tenter de comprendre le réel fin mot de cette histoire.
Le côté historique, l'époque dans laquelle se situe l'histoire, reste le gros point fort de cette série policière. L'année 1938 est une année forte en événement en l'Allemagne. En plus de la tension omniprésente, l'auteur aborde, en fond d'intrigue, la crise des Sudètes et la préparation (de moins en moins cachée) de Hitler pour son entrée en guerre contre la France et l'Angleterre.
Après deux premiers volumes de même qualité, je suis très curieuse de découvrir le troisième et dernier tome de la trilogie.
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Mimeko
  29 septembre 2015
Berlin 1938, une riche allemande charge Bernard Gunther d'enquêter sur un maître chanteur qui menace de révéler l'homosexualité de son fils; lors de la filature son associé est assassiné. Ce meurtre étant rapidement (trop rapidement) élucidé, Gunther va être approché puis fermement invité à reprendre du service à la Kripo pour élucider une série de meurtres : de très jeunes filles aryennes sont retrouvées égorgées et vidées de leur sang après avoir été suspendues par les pieds. Bernie Gunther va devoir naviguer dans les méandres des services de police nazie qui se tirent dans les pattes.
La pâle figure est le deuxième volet de La trilogie berlinoise et l'on retrouve avec toujours autant de plaisir Gunther redevenu commissaire sous la contrainte; et comme dans l'été de cristal la reconstituion de l'époque est remarquable et l'humour de Gunther permet de contrebalancer la pesanteur de cette fin des années 30 à Berlin.
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Bigmammy
  04 avril 2012
Deuxième épisode des faits d'armes de Bernhardt Gunther, détective privé, travaillant à Berlin, avec pour associé un de ses anciens collègues de l'Alex (la police criminelle, installée Alexander Platz) : Bruno Stahlecker.
L'histoire commence le vendredi 26 août 1938. Alors qu'un black-out total a été fait sur une série de meurtres de jeunes filles, Bernie est sollicité au plus haut niveau de la hiérarchie nazie pour reprendre du service à la Kripo (police criminelle) afin de résoudre cette énigme.
Les pauvres petites sont enlevées sans apparente brutalité, puis violées, égorgées après avoir été pendues par les pieds, complètement vidées de leur sang. Elles sont enfin retrouvées dans des lieux très difficile à perquisitionner : sous une pile de vieux pneus, dans un tonneau au fond d'une brasserie, dans une malle de belle facture laissée en souffrance à la consigne. Toutes ont un point commun : environ quinze ans, blondes, typiquement aryennes. Quelques unes sont membres de la BdM (Ligue des Femmes allemandes)
Le roman prend fin le 10 novembre, après la Nuit de Cristal, où des émeutes contre les Juifs, leurs établissements commerciaux et religieux et leurs biens, ont été orchestrées après le meurtre à Paris du diplomate allemand von Neurath par un jeune juif réfugié en France.
Ce qui me plait, dans ce roman, outre la reconstitution minutieuse du contexte historique, c'est l'humour décapant du héros, et ses comparaisons désopilantes. Un peu moins, sa quête incessante des belles filles qui ne lui réussit pas toujours, à elles non plus, comme on le voit aussi). Pourtant, il n'y a pas de quoi rire dans cette ambiance où tout le monde, y compris et peut-être surtout au plus haut niveau, s'épie, se hait, cherche à s'évincer pour être au plus près du Führer. Là, on nous plonge dans l'univers des psychothérapeutes, adeptes ou opposants aux théories de Freud – puisqu'il est juif – au mieux inspirés de Carl Jung, homosexuels non avoués, manipulateurs de parents des petites victimes, amateurs de pseudo sciences occultes, runes et religion germanique mal digérée.
Les cadavres pleuvent, de manière un peu excessive, mais là, à la différence du premier épisode, le héros s'en tire plutôt mieux : ni tabassage en règle, ni incarcération par la Gestapo, ni séjour en KZ. Et il a en outre le privilège de se voir offrir des excuses de la part de Himmler, auquel il a gâchée une partie bien organisée … Enfin, pour un cout laps de temps.
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cathe
  27 août 2016
Dans ce deuxième épisode de « La trilogie berlinoise », Nous retrouvons Gunther, détective privé, qui, contraint et forcé, reprend du service comme policier à la police criminelle (Kripo). En effet au plus niveau on compte sur lui pour résoudre une affaire de meurtres : plusieurs jeunes filles d'une quinzaine d'années, de type aryen, sont enlevées, violées puis assassinées et retrouvées pendues par les pieds. Tout indique un rituel juif mais justement Gunther soupçonne une machination contre les juifs pour justifier une répression sanglante. Il va mener cette enquête avec brio, mais bientôt aura quand même lieu la « Nuit de cristal »…
Encore un épisode passionnant sur cette période dramatique mais, heureusement, le personnage de détective désabusé de Gunther donne un peu de légèreté à ces drames ! Je continue avec plaisir la série…
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
Ichirin-No-HanaIchirin-No-Hana   19 avril 2017
- Je sais qu'il y a des risques, mais c'est notre boulot, non ? Les journalistes reçoivent des dépêches, les soldats des balles et les détectives privés des lettres anonymes. Si j'avais voulu recevoir du courrier scellé, je serais devenu un foutu avocat.
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KathleeneKathleene   19 mai 2011
- Grâce à Streicher et à son torchon antisémite, ça serait facile de coller ça sur le dos des juifs, dit Nebe.
- Justement, reprit Heydrich. Je veux éviter à tout prix une émeute anti-juive dans cette ville. Elle offenserait mon sens de l’ordre public. Elle m’offenserait en tant que policier. Le jour où nous déciderons de nous débarrasser des juifs, ce sera fait avec méthode, non en faisant appel à la populace. Il ne faut pas perdre de vue les implications commerciales. IL y a deux ou trois semaines, quelques abrutis ont décidé de saccager une synagogue à Nuremberg. Une synagogue qui était assure auprès d’une bonne compagnie allemande. La compagnie à dû débourser des milliers de marks de dédommagement. Croyez-moi, les émeutes raciales ne sont pas bonnes pour les affaires.
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OrchydOrchyd   01 septembre 2013
Les bâtiments publics de cette ville étaient incroyables. Ils ressemblaient à d'immenses montagnes de granite gris, une énormité destinée à rappeler l'importance de l'Etat et la quantité presque négligeable que représente un pauvre individu.
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alainmartinezalainmartinez   24 juillet 2017
— Quelqu’un a dû penser que son cerveau manquait d’air, alors on lui a fait un joli trou d’aération. Du beau travail. Juste entre les deux yeux.
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KathleeneKathleene   19 mai 2011
Cinq années s’étaient écoulées depuis le jour de juin 1933 où, incapable de tolérer plus longtemps les purges qu’opérait Goering au sein de la police, j’avais renoncé à mon titre de Kriminalinspecktor pour devenir le détective de l’hôtel Adlon. Quelques mois de plus et ma hiérarchie m’aurait, de toute façon, renvoyé. Si quelqu’un à l’époque m’avait dit que je reviendrais à l’Alex sous une casquette d’officier supérieur de la Kripo alors qu’un gouvernement national-socialiste était toujours en place, je l’aurais traité de fou.
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Videos de Philip Kerr (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philip Kerr
Emmanuel Couly reçoit Anne Martinetti pour son livre, "Mortels Cocktails" aux Editions du Masque, au Duke's bar de l'Hôtel Westminster, 13 rue de la Paix, 75002, Paris. « le vrai crime, c?est de ne pas savoir préparer un martini. » Francisco G. Haghenbeck, L?affaire tequila de Philip Kerr à Patricia Cornwell en passant par Ian Rankin, Stephen King, Fred Vargas ou l?éternelle Agatha Christie, les maîtres du genre vous servent leurs meilleurs cocktails et vous invitent à replonger dans leur univers? le temps d?un verre. 50 recettes de cocktails pétillants et dangereusement exquis à savourer comme un bon polar !
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Bernie Gunther, un privé chez les nazis...

"Je ne suis pas un nazi. Je suis un Allemand. Ce n'est pas la même chose. Un Allemand est un homme qui arrive à surmonter ses pires préjugés. Un nazi, quelqu'un qui les change en lois" On m'a viré de la Kripo en 1934, et comme il faut bien vivre, je me suis retrouvé déguisé en privé dans l'établissement le plus select de Berlin :

Hôtel Savoy
Hôtel Berlin
Hôtel Regent
Hôtel Adlon
Hôtel Otto

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