AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
EAN : 9782868536549
176 pages
Le Temps qu'il fait, 2018 (01/11/2018)
4.25/5   6 notes
Résumé :
La moisson te fait payer très cher ta soif. Le soleil te fait comprendre que l'eau est un trésor précieux. Chaque goutte d'eau est de l'or. J'ai vu des gens pleurer pour avoir de l'eau, abandonner la fourche, et ne pas même se retourner pour récupérer une gourmette en or tombée d'un poignet.
Que lire après L'ange qui boiteVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique

 
Recueil en deux parties :
. Les jours simples
. L'ange qui boite

L'auteur nous invite, avec force langage angélique,
à réfléchir sur notre présence au sein de la nature,
dans laquelle l'arbre fait figure de roi omniprésent.

Des analyses sur les éléments vitaux ‒ feu, eau, terre,
ciel ‒ complètent ce tableau, le tout n'étant pas dénué
d'une lucidité certaine de voyageur-source.

Une mention particulière relevée dans cet aphorisme
terriblement d'actualité, en ce jour du 1er décembre
2018, contenue dans les jours simples :
" La misère n'abandonne point ses pauvres. " p.13.

Dans la seconde partie " L'ange qui boite ",
Jean-Marie Kerwich revient sur la présence,
en tous temps en tous lieux, de dieu, du messie,
de l'ange, et de leur relation avec notre fin de vie.

Enfin des observations sur la poésie, le poème,
complètent agréablement l'ouvrage.



Telles les citations qui suivent imagent le propos :

" Les jours simples
 Il est tard, je ne puis fermer l'oeil. La nuit me
demande de veiller, car elle est seule aussi.
p.11


" Les jours simples
 Un matin d'été, les ronces ont envahi mon
seuil, et de ma main criminelle, je les ai sec-
tionnées à coups de serpe. Mais le temps de
quelques lunes, elles sont revenues toutes
tremblantes pour me pardonner.
p.11


" Les jours simples
 Une tribu de nomades s'est installée sur la
place du village, sous l'ombrage des arbres.
Le surlendemain ils sont partis, mais les arbres
les ont suivis. Car deux jours plus tard, j'ai
retrouvé ces nomades dans un autre village,
sous l'ombrage de ces mêmes arbres.
p.14


" Les jours simples
 Aurais-je la gloire de vieillir, et de compren-
dre enfin le coeur des feuilles mortes ?
p.15


" Les jours simples
   Le feu ne peut brûler le feu, ni l'eau ne
peut noyer l'eau, mais l'homme peut blesser
son semblable.
p.15


" Les jours simples
 Si le feu pouvait pleurer, la pluie ne serait
pas aussi belle.
p.17


" Les jours simples
 Comme la pensée est belle lorsqu'elle se
laisse intimider par le simple regard d'un
arbre.
p.18


" Les jours simples
 Je ne connais pas le nom des arbres. Je ne
connais que la douleur de leur âme d'écorce.
p.29


" Les jours simples
 Parfois, j'aimerais prendre une poignée de
ciel et la jeter à la face de tous ces incroyants.
p.31


" Les jours simples
 Tout à l'heure, j'ai vu une fourmi à mes
pieds, et j'ai eu peur qu'elle ne m'écrase.
p.33


" Les jours simples
 Plus je vieillis et moins j'aime rire. Je crois
que le rire est ridicule. Car dès que j'ai fini
de rire, j'entends le silence qui se moque de
moi.
p.34


" Les jours simples
 Ce matin, une petite goutte de rosée m'a
offert sa jeunesse.
p.37


" Les jours simples
 J'ai posé au ciel mille questions sur la souf-
France et l'injustice. de simples gouttes de
pluie furent sa réponse. Et ce fut à moi de
comprendre.
p.48


" L'ange qui boite
 La poésie choisit son teneur de plume. Elle
ne laisse personne tricher, mais donne toute
son âme aux vrais penseurs.
p.52


" L'ange qui boite
 Je sais qu'en ma tombe je rêverai enfin de
Dieu en toute paix. Et même si les hommes
ne veulent pas fleurir ma tombe, je sais que
la mousse verte ne m'abandonnera pas.
p.59


" L'ange qui boite
 Tiens, un petit moine liseron, vêtu de sa
magnifique tunique blanche ! Il semble prier.
p.62


" L'ange qui boite
 Pour voir le royaume du messie, il suffit
d'être seul et triste.
p.79


" L'ange qui boite
 Qui prétend que la mort est cruelle ? Le
bois mort donne naissance au feu. Si nos
âmes avaient la foi du bois, nous retrouverions
la vie en mourant.
p.81


" L'ange qui boite
 Une roulotte de bohémien est un château
au pied d'un arbre.
p.82


" L'ange qui boite
 J'ai vu un ange qui boitait. Il m'est apparu
simplement : j'étais assis sur un banc et je
voulais allumer du tabac. L'ange me vit et
vint allumer mon tabac. Je sais maintenant
que tous les hommes devraient boiter. Mais
qui en ce monde mériterait d'avoir cette
magnifique démarche ? Les prétentions, les
audaces, les parades sont à présent à mes
yeux les vraies infirmités.
p.84
Commenter  J’apprécie          472
Jean Marie Kerwich, mort en 2018, est né à Paris dans une famille de gitans piémontais.

Il nous livre dans ce recueil de petits textes, petits, tout petits...mais, bon sang qu'ils sont beaux, qu'ils font mouche.

Bing!
En plein coeur

Ce Tsigane savait voir l'âme du vent, des arbres, d'une goutte d'eau, d'une fleur, de la lumière, de la nuit, des feuilles mortes et même l'âme de la tristesse. Et je sens cette âme simple qui s'enroule à la mienne et le sacré qui sert les liens.

Et je n'ai rien d'autre à dire de peur de ternir ce petit miracle.
Commenter  J’apprécie          395

Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
Extrait 7


De fatigue je me suis assis sur une roche. Mes mains
soutenaient ma tête désolée, car aucun de mes sem-
blables n’avait d’indulgence pour moi. J’entendis une
voix douce me dire : «Tu n’es plus seul mon frère».
Cette voix était celle d’un petit cours d’eau.
Commenter  J’apprécie          330
Extrait 14


En cette matinée hivernale, je marchais sur un petit sentier
de campagne quand me vint l’envie de  chercher un trèfle
à quatre feuilles.  Ainsi j’inclinais mon corps vers  l’herbe
gelée de décembre. Je fus ébloui de voir de petites gouttes
de givre sur l’herbe fine ainsi qu’une petite châtaigne cachée
sous l’âme chaude d’une  feuille morte. Toute une colonne
de petits trèfles semblait se tenir par la  main, comme s’ils
voulaient protéger le trèfle à quatre feuilles. Mais soudain
le tonnerre se fit entendre et la pluie vint au  secours des
trèfles que je piétinais. Elle fut si forte qu’elle  me chassa
de ce lieu, et ainsi le trèfle à quatre feuilles  fut sauvé de
l’impitoyable chance que je cherchais.
Commenter  J’apprécie          80
Extrait 15

L’Arabe portait un vieux costume. Il n’avait pas de chemise
mais un col roulé avec un vieux foulard de laine.  Sa barbe
formait comme une haie d’honneur en l’honneur de ses rides.
C’était une vraie barbe d’homme, non celle des intellectuels ou
des acteurs. Comme il était beau en descendant du train. Il sur-
vivra à cet Occident misérable.  Il survivra car il fera survivre
Dieu.
Commenter  J’apprécie          80
Ce matin je suis entré dans une église. De nombreux fidèles suivaient la messe. Mais nul ne savait que Dieu se promenait dehors.
Commenter  J’apprécie          272
Extrait 5


J’ai posé ma joue contre la joue de ma pensée,
et tout m’a semblé moins désespérant. Nous
regardions le ciel gris. Nos yeux touchaient de
leurs larmes cette parcelle d’univers qui nous
regardait avec ce regard magnifique qu’on ne
voit jamais. Ma pensée est une douce inconnue,
une grande amie de ma tristesse.
Commenter  J’apprécie          80

autres livres classés : aphorismesVoir plus
Les plus populaires : Littérature française Voir plus


Lecteurs (22) Voir plus



Quiz Voir plus

Testez vos connaissances en poésie ! (niveau difficile)

Dans quelle ville Verlaine tira-t-il sur Rimbaud, le blessant légèrement au poignet ?

Paris
Marseille
Bruxelles
Londres

10 questions
1202 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , poèmes , poètesCréer un quiz sur ce livre

{* *}