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Diane Durocher (Traducteur)
EAN : 9782714494610
544 pages
Belfond (25/08/2022)
3.78/5   125 notes
Résumé :
Rythme effréné, personnages détonants, narration addictive, un roman sidérant : par son envergure, par le phénomène qu’il a généré au Japon, par les thématiques qu’il aborde. Un American Psycho japonais, critique féroce et jouissive d’une société enfermée dans ses codes, sa hiérarchie sociale et ses traditions passéistes, qui finit par engendrer des monstres.

De l’avis de tous, Seiji Hasumi est le professeur le plus charmant, le plus séduisant, le plu... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
3,78

sur 125 notes

°°° Rentrée littéraire 2022 # 28 °°°

La quatrième de couverture promet un American psycho à la japonaise et c'est bien le cas. Seiji Hasumi fait énormément penser au Patrick Bateman de Bret Easton Ellis : charismatique, séduisant, ce professeur d'anglais est adulé par ses élèves auxquels il semble totalement dévoué ... une apparence sociale à des années-lumière de ce qu'il est, un monstre total, psychopathe et tueur en série.

Mais contrairement à Bateman qui fantasmait des crimes atroces en un flux de pensée ravageur, Seiji Hasumi les commet réellement et les assume. Aucune ambivalence.

"Tout le monde récolte, au jour le jour, son lot de soucis quotidiens, n'est-ce pas ? Lorsqu'un problème se présente, il faut le régler. La seule chose qui nous différencie, vous autres et moi, c'est que l'éventail de mes possibilités d'action est bien plus vaste ! Dans beaucoup de cas, il s'avère que l'homicide représente la solution la plus simple à un problème donné. Or la majorité des gens hésitent à s'y résoudre. On a peur d'être arrêté par la police, ce genre de choses ... Moi, cela ne me freine pas. Je suis comme les athlètes de sports extrêmes. C'est temporiser, tergiverser, qui est fatal. Mais si on y va à fond, on parvient à se dépasser !"

Malgré une narration distante à la troisième personne, on a l'impression d'être placée dans la tête du psychopathe. Être froid et pervers, Seiji Hasumi est totalement dépourvu à toute empathie ou compassion, simulant une certaine normalité émotionnelle en imitant les réactions de ceux qui l'entoure. Il met sa capacité de raisonnement et son intelligence extrême à percer la psychologie de chacun au service du mal. Pour lui, le médiocre lycée privée dans lequel il exerce n'est qu'un vaste plateau de jeu d'échecs. Collègues et élèves ne sont que des pions à déplacer selon ses intérêts et son bon-vouloir.

Dans la première partie, Yûsuke Kishi prend son temps pour installer les personnages ( nombreux ) et le décor peu reluisant, dressant au passage un tableau bien noir du système scolaire japonais ( quelle ribambelle de profs mauvais ou dangereux pour les élèves ). Il distille très habilement quelques détails dérangeants sur Hasumi. le trouble du lecteur ne fait que grandir avant que le récit bascule réellement lorsque quelques élèves commencent à démasquer le monstre qui se terre derrière leur professeur.

La deuxième partie s'accélère dans un rythme effréné rempli de rebondissements et de surprises, l'auteur éclairant le passé d'Hasumi ou plutôt son parcours de tueur en série fort prolixe. La tension, de plus en plus oppressante, culmine en une nuit d'horreur au lycée, bien gore, jouant avec les terreurs du lecteur, complètement pris par la découpage narratif à la minute (de 18:25 à 22:20) qui le transforme en voyeur addict.

Sur le coup, les presque dernières pages m'ont déçue. Je trouvais le sort fait à Hasumi insatisfaisante ou du moins un peu trop facilement réglé. Jusqu'à ce que les ultimes lignes me réjouissent par leur cynisme ironique. La leçon du mal tend en pleine face un miroir à la fois hyper-réaliste et satirique de notre société ultra-violente. Yûsuke Kishi ne propose aucune solution, facile ou pas, ne délivre aucune information réconfortante ni aucune suggestion pour que l'amour ou la foi en l'homme puissent finir par sauver la situation. Tout ce qui reste, c'est la sensation poisseuse et terrifiante que nous avons créé un monde terrible, terreau fertile pour que les monstres y prospèrent, cachés à la vue de tous.

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Terminé il y a quelques jours et encore sous le choc ! Un thriller éprouvant et remarquable !

Tout commence par le portrait d'un prof d'anglais, dans un lycée d'une petite ville du Kansaï, plébiscité par ses élèves, particulièrement les filles, presque toutes amoureuses du charismatique enseignant. D'autant que face à lui, les adversaires ne sont pas à craindre, un prof de maths dépressif et lunaire et une prof de japonais revêche...

Certes son attitude vis-à-vis du chien de son voisin laisse planer quelques inquiétudes, majorées par le sort qu'il réserve aux corbeaux qui le narguent dans son jardin, mais pourquoi pas ?

Rapidement cependant les mesures prises pour contrôler les agissements des collégiens ou des collègues qui ont le malheur de lui déplaire posent question.

A partir de là, l'évocation de son histoire personnelle laisse planer le doute, d'autant que son parcours atypique compte de nombreuses zones d'ombres.

Au rythme des révélations, le lecteur assiste à une escalade dans la noirceur ! Chaque page en révèle un peu plus et nous entraine dans un cauchemar inimaginable ! On finit en apnée, partagé entre le désir de découvrir le dénouement et l'envie de fermer les yeux pour ne plus voir les phrases qui traduisent l'horreur.

Même si les personnages sont un peu caricaturaux, ce roman est recommandé à tous les amateurs de frissons !

Merci à Netgalley et aux éditions Belfond

544 pages Belfond 25 Août 2022

Traduction (Japonais (Diane Durocher)

#LaLeçondumal #NetGalleyFrance


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Hasumi est un professeur adoré par ses élèves, surtout les filles d'ailleurs, auxquels il enseigne l'anglais, animant en parallèle des ateliers de conversation. Il a décidé de faire également partie de l'équipe de surveillance.

Bref, en apparence, c'est le professeur idéal que tous les élèves rêvent d'avoir, son enseignement est interactif, loin du cours magistral classique. Une véritable « armée » d'élèves s'est constituée autour de lui, regroupant les fans de la première heure, prête à tout pour lui, y compris aller faire un tour dans son lit.

Toutes les filles ? Il semblerait que non, une des élèves, de nature hypersensible, sent bien que le tableau n'est pas aussi idyllique que cela et le comportement de Hasumi l'angoisse ; elle reste donc sur ses gardes.

Tout n'est pas aussi simple, en effet. Hasumi a été prié de quitter son précédent établissement pour des raisons qu'il préfère minimiser : plusieurs élèves s'étant suicidés mais il a été blanchi, mais pourtant envoyé dans un autre lycée. Il suffit aussi de voir le sort qu'il réserve à un couple de corbeaux qui s'approche trop près de lui, ou encore son comportement avec le chien du voisin, qui lui a bien flairé la personnalité trouble du professeur…

Certes, il est compréhensible que les élèves pour la plupart, soient en admiration devant ce professeur charismatique, car les autres enseignants sont ternes sinon monstrueux : le professeur de sport qui se livre à des attouchements sur les filles, le professeur de maths qui est attiré par la dive bouteille…

Yûsuke Kishi nous entraîne en fait dans une descente aux enfers, ou une escalade de la violence, comme on préfère, avec une description magistrale de la manipulation, à travers ce professeur trop poli, trop bienveillant pour être honnête, et ceci pour notre plus grand plaisir.

J'ai adoré me faire manipuler par l'auteur, fasciné par ce personnage machiavélique, dont je n'avais qu'une envie, qu'il s'en sorte pour que mon plaisir de lecture dure encore un peu, tant ce roman est addictif. On sait comment ça va se terminer, mais c'est un régal de voir comment fonctionne ce personnage pervers à souhait, (individu que dans la vie de tous les jours je déteste, je précise pour qu'il n'y ait pas de malentendu !). La presse a souvent évoqué « American psycho » en parlant de cet OVNI de la rentrée littéraire…

Une scène m'a beaucoup intéressée : la mort violente des parents de Hasumi et comment il a réagi, mais je n'en dirai pas plus…

J'ai bien aimé aussi la fascination de Hasumi pour « l'opéra de quat'sous » de Brecht dont il siffle souvent la « complainte de Mackie » notamment dans les moments où sa violence augmente et dont l'auteur partage le texte avec nous.

Un grand merci à NetGalley et aux éditions qui m'ont permis de découvrir ce roman et ainsi que l'univers de son auteur dont j'aimerais bien lire d'autres livres.

#LaLeçondumal #NetGalleyFrance !


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Le très charmant professeur d'anglais, Seiji Hasumi, n'a aucun mal à résoudre les problèmes de l'établissement où il travaille. Alors que ses élèvent l'adulent — il excelle dans sa profession — trois d'entre eux sont plus méfiants. Puis les choses commencent à déraper, d'abord à cause de deux corbeaux qu'ils ne supportent pas, puis avec un père d'élève qui l'irrite. Pas si gentil que ça, finalement.

Si j'ai apprécié la première partie, très intriguée par le personnage, la deuxième m'a franchement ennuyée. Les actes du professeur sont « inimaginables » comme le dit si bien la quatrième de couverture, au point de ne pas être crédibles.

Les rebondissements sont nombreux, le personnage d'Hasumi est fascinant en tant que psychopathe de compétition et le basculement du charmant professeur en terreur est parfaitement amené.

Merci aux éditions Belfond et à NetGalley pour cette lecture.


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Professeur d'anglais jeune et charismatique, adulé par ses élèves et reconnu par ses collègues pour sa capacité à gérer les situations difficiles, Seiji Hasumi est, a priori, un homme sur lequel on peut compter et s'appuyer… Par ailleurs, dans une société où il ne faut surtout pas faire de vagues, cet homme discret et secret est très apprécié pour ces deux qualités. Mais, ne vous a-t-on jamais dit qu'il fallait se méfier des apparences car elles peuvent s'avérer trompeuses? Ce vieux proverbe n'a jamais semblé aussi juste qu'avec ce personnage glaçant, capable de mettre son intelligence supérieure au service des desseins les plus noirs… Car, pour Seiji Hasumi, le meilleur moyen de régler un problème, c'est d'éliminer sa source et peu importe qu'il s'agisse d'une vie humaine ou animale… Alors, quand le jeune professeur se sent sur le point d'être démasqué, il n'hésite pas à frapper le premier, quitte à provoquer un véritable bain de sang…

Voilà un moment qu'un roman ne m'avait pas pris aux tripes de la sorte! J'ai été littéralement sidérée et glacée par cette surenchère de violence gratuite qui m'a rappelé le souvenir quelque peu traumatisant que m'avait laissé le film “Battle Royale”, adapté du roman de Koshun Takami, quand j'avais 14 ans…

Cela dit, j'ai trouvé le personnage de Seiji Hasumi absolument fascinant. Il incarne la figure du psychopathe dans toute sa splendeur: un esprit brillant et manipulateur, un coeur dénué de la moindre empathie, un individu pragmatique et dépourvu d'émotions, qui suit sa propre logique de manière implacable et qui fait preuve d'une maîtrise parfaite de ses réactions. Bref, tout ce qui fait que l'homme est faillible et vulnérable semble absent chez cet être et fait de lui, par la même occasion, une véritable machine à tuer, impitoyable car dénuée de conscience… Et, même si le lecteur, de par sa position, découvre avec un malaise croissant les facettes insoupçonnées de cet aimable professeur, il n'imagine à aucun moment les proportions et les rebondissements à venir et se retrouve pris, malgré lui, dans une espèce de spirale infernale devenue incontrôlable.

L'effet de surprise tient notamment au rythme de l'intrigue, plutôt lent au début. L'auteur prend le temps de planter son décor en nous présentant un système scolaire japonais assez peu reluisant, ainsi que les nombreux personnages qui le composent (enseignants et élèves compris). Ce n'est qu'à la deuxième partie du roman que le rythme s'accélère et que l'on découvre le passé de Seiji Hasumi. La tension va croissante et les présages quant au drame à venir ne cessent de s'accumuler. le sentiment d'horreur, léger au début, s'intensifie et parvient à nous surprendre, malgré les nombreux indices semés au fil de la lecture… Finalement, la dernière partie s'achève sur une apothéose de violence difficilement imaginable (à moins d'avoir un esprit tordu!).

Ainsi, avec “La leçon du mal”, Yûsuke Kishi nous offre un thriller terrifiant, à la mécanique implacable qui s'avère terriblement efficace et addictif et qui n'hésite pas à bousculer son lecteur.

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critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec
14 novembre 2022
Autant vous prévenir sur-le-champ, ça gicle de tous bords tous côtés et on plonge en plein cauchemar. Car encore plus violent que le Patrick Bateman d’American Psycho, Hasumi ne recule devant rien pour nous faire frémir d’horreur et nous tenir en haleine jusqu’à la dernière page.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Marianne_
28 septembre 2022
C’est un livre qui à chaque page attire l’œil vers la page suivante. On arrive haletant au bout de ces 534 pages. Et inquiet quant au sort de notre progéniture, livrée chaque jour à des enseignants qui peut-être…
Lire la critique sur le site : Marianne_
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation

Ce fut un déferlement de violence sans précédent. Dans les coups des ados, il y avait de la terreur, mais aussi toute la rancœur, toute la haine qu’ils avaient emmagasinée à l’encontre de ce prof qui les humiliait et les maltraitait au quotidien. Certains élèves tentèrent bien de calmer les choses, mais ils ne furent pas entendus.

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Comme tout travail, le meurtre demandait de la passion, du soin, une capacité à toujours se remettre en question et à juger son œuvre d’un œil critique. Ainsi, on s’en sortait avec une série « d’accidents » ou « de suicides » que jamais personne n’aurait l’idée de relier entre eux.

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Les psys qui se lançaient dans l’analyse avec leur empathie, sans connaître la véritable nature de leur patient, étaient aussi vulnérables qu’un ordinateur sans anti-virus ni pare-feu lancé dans la jungle d’internet

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Le proviseur était un homme de belle prestance dont l'apparence soignée n'avait d'égale que sa capacité à endormir les foules. Les lycéens piquaient déjà du nez. C'était pavlovien chez eux : la seule vue du chef d'établissement les plongeait dans un état d'apathie.

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Croââââ !

Croââââ !

Le réveil indiquait 5 heures à peine.

Seiji Hasumi bâilla à s'en décrocher la mâchoire.

Pourquoi diable fallait-il qu'il soit tiré du lit tous les matins à une heure pareille ? Inutile d'essayer de se rendormir... Les oiseaux persisteraient à l'appeler tant qu'il ne leur aurait pas prouvé qu'il était debout. C'était presque un honneur d'être l'objet d'une telle obstination.

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Video de Yûsuke Kishi (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yûsuke Kishi
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