AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782207159163
560 pages
Denoël (07/10/2020)
  Existe en édition audio
3.85/5   108 notes
Résumé :
1952. Une météorite s’écrase au large de Washington, dévastant une grande partie de la côte Est des États-Unis et tuant la plupart des habitants dans un rayon de plusieurs centaines de kilomètres. Par chance, Elma York et son mari, Nathaniel, en congé dans les Poconos, échappent au cataclysme et parviennent à rejoindre une base militaire.
Elma, génie mathématique et pilote pendant la Seconde Guerre mondiale, et Nathaniel, ingénieur spatial, tentent de convain... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
3,85

sur 108 notes

Fifrildi
  27 juin 2021

Gros coup de coeur pour cette uchronie bluffante qui a remporté tous les prix : Hugo, Locus, Nebula et Sidewise.
Le 3 mars 1952, sur fond d'un morceau des Dominoes (Sixty Minute Man)
https://www.youtube.com/watch?v=pJbDHw_qsFs , un astéroïde s'écrase à proximité de Washington D.C. La capitale est rayée de la carte ainsi que plusieurs autres villes proches.
Heureusement pour Elma York et son mari Nathaniel (personnages déjà croisés dans la nouvelle « La lady astronaute de Mars »), ils s'offraient un petit week-end en amoureux dans les montagnes. Ils parviennent à rejoindre une base militaire où les secours s'organisent.
Elma est physicienne (et calculatrice) et son mari est ingénieur à la NACA (ancien nom de la NASA fondé en 1958).
Rapidement, le verdict tombe : le changement climatique consécutif à l'impact va rendre la Terre inhabitable. Ils ont quelques années devant eux pour coloniser la Lune avant qu'il ne soit trop tard. La conquête de l'espace prend donc un peu d'avance. Si je me souviens bien, c'est la mise en orbite de Spoutnik 1 en 1957 qui a été le point de départ de l'exploration spatiale.
On retrouve un peu l'ambiance du film « Les figures de l'ombre » (que j'ai adoré) avec ces femmes qui calculent à la vitesse de l'éclair. Bien évidemment, dans les années 50, les femmes n'étaient pas reconnues à leur juste valeur et encore moins les femmes de couleur.
J'ai appris qu'il existait des femmes pilotes pendant la 2e Guerre Mondiale, les WASP (Women Air Service Pilots). Il y en avait aussi en Russie mais elles étaient appelées les « sorcières de la nuit » par les Allemands. Elles ont la classe :
https://i.pinimg.com/originals/8a/f9/dd/8af9dd52647accfddc7aa38c23fe74b7.jpg
Elma est une de ces pilotes et rêve d'aller dans l'espace mais la lutte sera longue pour y parvenir.
J'ai vraiment beaucoup apprécié le personnage d'Elma et le couple qu'elle forme avec Nathaniel. Les femmes de ce roman sont formidables :
« « … et là, je leur ai dit que s'ils tenaient tant à limiter la charge utile, il suffisait de demander aux astronettes de laisser leur sac à main chez elles. »
Les gars se sont esclaffés. Nicole a levé sa tasse de café vers eux.
« Mais si on fait ça, où allez-vous ranger vos couilles ? » »
Un roman non dénué d'humour.
Bref, à quand la suite ? Je suis impatiente de lire « The fated sky» et de suivre les aventures d'Elma vers la planète Mars.


Challenge SFFF 2021
Challenge pavés 2021
Challenge ATOUT PRIX 2021
Challenge livre historique 2021
Challenge mauvais genres 2021
Challenge plumes féminines 2021
Challenge multi-auteures SFFF 2021
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          4411
boudicca
  01 mars 2021
Parmi les romans qui ont le plus défrayé la chronique au sein de la blogosphère l'an dernier, difficile de passer à côté de « Vers les étoiles », premier tome d'une série éditée par Denoël et signée Mary Robinette Kowal proposant une réécriture de la conquête spatiale. le palmarès des prix reçus par l'oeuvre permet également de se faire une idée de la réception qui a été la sienne aussi bien auprès du public que des critiques littéraires, puisque l'ouvrage a été récompensé par les plus prestigieuses distinctions, à commencer par le rare trio gagnant Locus/Nebula/Hugo. le roman mérite-t-il tout ce battage ? Oh que oui ! Tout commence avec une uchronie qui va faire dévier le cours de l'histoire telle que nous la connaissons : le 3 mars 1952, une énorme météorite s'écrase dans l'océan aux abords de la côte est des États-Unis. L'onde de choc ne tarde pas à se propager et engendre des désastres colossaux dont les effets sont ressentis partout dans le monde : la ville de Washington est entièrement rasée, de même que la majorité de la côte, et les tsunamis causés par l'impact provoquent eux aussi leur lot de destructions et de morts. le bilan humain et matériel est catastrophique, mais il apparaît très vite qu'il ne s'agit pas de la seule tragédie causée par la météorite. Elma York et son mari, respectivement mathématicienne et ingénieur spatial, ont réchappé de peu à la catastrophe et ne tardent en effet pas à se rendre compte que la chute de la météorite dans l'océan va considérablement et durablement modifier le climat de notre planète. A un hiver long et rigoureux de plusieurs années devrait ainsi suivre un éternel été, les températures ne cessant de grimper jusqu'à rendre la vie sur Terre incompatible avec la survie de l'humanité. Bien que pour la grande majorité septique, ce qui reste des autorités américaines accepte alors de mettre une grande partie des ressources du pays au service d'un programme d'exploration spatial ambitieux impliquant l'ensemble des pays ayant accepté de mutualiser leurs efforts dans l'optique de développer des colonies humaines dans l'espace. Un programme dans lequel les femmes jouent un rôle essentiel en tant que calculatrices, mais qui réserve le statut d'astronaute aux seuls représentants de la gente masculine. Or Elma York, elle, compte bien aller dans l'espace, et réalise vite qu'elle est loin d'être la seule à caresser ce rêve.
Parmi les nombreux aspects frappants du roman, la reconstitution par l'autrice de ces États-Unis des années 1950, à la fois très éloignés de ce qu'on connaît car profondément marqués par la tragédie mais indéniablement familiers du point de vue des mentalités, représente un tour de force remarquable. Car si la chute de cette météorite rebat les cartes d'un point de vue politique, économique et écologique (de même que l'élection de Dewey en lieu et place de Truman en 1948), l'autrice s'est de toute évidence minutieusement documentée sur cette période de l'histoire américaine afin de la rendre la plus vivante possible. le spectre de la Seconde Guerre mondiale et de l'holocauste se manifeste par exemple à plusieurs reprises, et ce de manière d'autant plus poignante que le couple au coeur de l'intrigue sont tous deux juifs et ont participé à l'effort de guerre (qui est loin d'avoir mis fin à l'antisémitisme, y compris dans le camp des vainqueurs, comme le constatera amèrement Elma). L'autrice choisit également de faire de son héroïne une pilote ayant servi dans le WASP (Women Airforce Service Pilots), une organisation para-militaire réunissant pour la première fois des femmes pilotes civiles, ce qui lui permet là aussi d'aborder un aspect trop méconnu de l'époque. Mais là où Mary Robinette Kowal s'est surpassée, c'est incontestablement du point de vue de la documentation scientifique. Difficile à croire en lisant sa postface que l'autrice n'y connaissait pas grand-chose avant d'entamer son roman tant celui-ci fourmille de références pointues (et revérifiées par de vrais astronautes). Des références qui, loin de perdre le lecteur peu initié à ce sujet (dont je suis) permettent au contraire de renforcer son immersion dans ce petit microcosme dont il faut apprendre les codes, le vocabulaire, les spécificités. Alors certes, certains passages sont parfois un peu ardus (j'ai réussi à ne pas tomber dans les pommes en entendant parler de « vecteur vitesse de fusée », de « fréquence Doppler », d'« équation différentielle » ou d'« approche V-bar ou R-bar »), mais l'ensemble reste malgré tout très agréable et remarquablement vulgarisé. La plupart des concepts compliqués qui pourraient laisser sur la touche une partie des lecteurs sont ainsi exposé de manière ludique et variée, l'autrice alternant entre passages chez une star du petit écran adepte de vulgarisation scientifique, conversations entre spécialistes ou même scène d'action.
Mais l'aspect qui m'a le plus enthousiasmée et qui a sans aucun doute le plus contribué au succès du roman tient à la place prépondérante accordée par l'autrice aux femmes en générale, et aux minorités en particulier. « Vers les étoiles » est ainsi moins le récit d'une nouvelle conquête de l'espace que de la lutte menée par des femmes pour accéder, au même titre que les hommes, au droit de se rendre dans l'espace. A travers son roman, l'autrice se livre à une critique acerbe du patriarcat, de ses contradictions et de son hypocrisie, le tout avec force et subtilité. Ici pas de grands discours : il ne s'agit pas de théoriser sur le sexisme mais de le mettre bien en vue sous le nez du lecteur. Difficile de contenir sa colère face à l'avalanche de petites phrases anodines qui remettent en permanence en compte les compétences de l'héroïne et de ses homologues. Ou aux commentaires déplacés sur sa tenue vestimentaire. Ou à l'attitude sans cesse condescendante et paternaliste des hommes qui l'entourent (son mari excepté, et leur relation d'amour et d'amitié constitue d'ailleurs une grande réussite du roman). Quoi qu'elle fasse, Elma est sans cesse renvoyée à son genre, et aux limites ou aux comportements que cette appartenance est censée conditionner. Une femme ne supporte pas la pression. Elle est trop émotive. Un homme fera toujours mieux le même travail… C'est épuisant à vivre pour les personnages et cela le serait également à lire pour le lecteur si l'autrice n'avait pas, en parallèle, mis en avant les liens de sororité qui unissent toutes ces femmes déterminées à aller dans l'espace. Avec tour à tour colère, humour ou ironie, les héroïnes du roman dénoncent et se moquent des contradictions inhérentes au patriarcat, affirment leur volonté, et se serrent les coudes. Loin d'être décourageant, le roman est ainsi au contraire extrêmement mobilisateur et aborde des questions évidemment toujours d'actualité. Son attention toute particulière posée à la double discrimination subie par les femmes de couleur s'inscrit dans la même lignée et est à saluer.
Mary Robinette Kowal signe avec « Vers les étoiles » un premier tome remarquable tant par la qualité de sa documentation (historique et scientifique) que de ses personnages. La question du sexisme est au coeur du roman et est traité avec beaucoup d'habilité par l'autrice dont l'oeuvre serait tout à fait à même de susciter des vocations. Je vais dès à présent m'empresser de découvrir les nouvelles écrites par l'autrice dans le même univers parues dans le recueil « Lady astronaute » (Folio SF).
Lien : https://lebibliocosme.fr/202..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          251
JustAWord
  04 octobre 2020
Après avoir subjugué la presse américaine, The Calculating Stars, premier volume de la trilogie Lady Astronaute, arrive enfin en France !
Publié quasi-simultanément que Lady Astronaute chez Folio-SF, court recueil de nouvelles dans le même univers, le roman de l'américaine Mary Robinette Kowal joue la carte de l'uchronie militante pour emporter les lecteurs au plus près de l'Histoire et des étoiles.
Et tout commence par un météore…
Changement de trajectoire
Nous sommes le 3 Mars 1952 et l'histoire bascule.
Un immense météore percute la Terre et vaporise instantanément Washington et une bonne partie de la côte est des États-Unis.
Si tout le monde croit alors que l'U.R.S.S s'est enfin décidé à ouvrir les hostilités, Nathaniel York, spécialiste en fusée et ingénieur de renom, pense le contraire. Rapidement, avec l'aide de sa femme, Elma York, mathématicienne au NACA, il prouve à ce qu'il reste du gouvernement américain que c'est un météore et non une bombe atomique qui a engendré la catastrophe.
Mais c'est Elma qui découvre alors le danger que tous ont loupé : les conséquences à long terme de cette collision et un réchauffement climatique inéluctable qui mènera à une hausse dramatique des températures terrestres.
Que faire pour éviter l'extinction de l'espèce humaine ?
Ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier !
Devant cette menace, les États-Unis et l'ONU s'engagent dans une course pour la conquête spatiale afin de sauver l'humanité.
Vers les étoiles commence donc comme le récit d'une apocalypse mais change très rapidement son fusil d'épaule pour livrer une uchronie où l'U.R.S.S se disloque et où les ressources de la planète se consacrent entièrement à la conquête spatiale ! de quoi donner un sérieux coup d'accélérateur historique !
Avec une précision et un rythme diaboliques, Mary Robinette Kowal déroule un récit haletant où la rigueur scientifique et les péripéties s'enchaînent de façon fluide et passionnante. Tout ici est crédible, des vols de Mustangs aux épreuves de sélection des astronautes en passant par les divers lancements de fusées. On est happé dès les premières pages par la capacité narrative bluffante de l'autrice non seulement capable de marier l'Histoire avec un grand H et l'histoire fictionnelle de ses personnages mais également de s'engager sur des pistes militantes sans jamais oublier la trame globale qui sous-tend son roman.
Féminisme avant l'heure
Vers les étoiles ne laisse guère entrevoir le véritable plaidoyer féministe qui se cache derrière son titre (contrairement à son titre original The Calculating Stars). Pourtant, c'est le coeur du roman de Mary Robinette Kowal.
Notre narratrice, Elma York, est une des fameuses calculatrices du programme spatial américain, véritable génie des mathématiques capable de calculer trajectoire de vol et vecteurs d'entrée dans l'atmosphère.
Mais Elma reste, avant tout, une femme.
Pour qu'on respecte ses théories et ses compétences, elle doit lutter contre les préjugés de son époque. Une femme, normalement, c'est pour entretenir le domicile familial et élever des enfants. Il faut être belle et aider son mari.
Et sans l'ouvrir si possible. Voire avec l'aide d'un peu d'anxiolytiques.
Mais Elma n'a pas l'intention de se taire, cela malgré sa pathologie. Atteinte d'un trouble panique, elle multiplie les crises d'angoisses et développe ses propres moyens contraphobiques à base de décimales du chiffre Pi et de liste de nombres premiers qu'elle se récite mentalement pour se calmer.
Victime d'une misogynie ordinaire, elle n'abandonne pourtant pas. Épaulée par son mari, allié bienveillant et amoureux touchant (pour une magnifique histoire d'amour de la première à la dernière page), et par d'autres calculatrices dont Myrtle, une femme noire qui lui donne un toit dès après la catastrophe.
Vers les Étoiles illustre le combat d'une femme… non, des femmes !… pour devenir l'égal des hommes dans la conquête spatiale et plus encore. L'entêtement d'Elma York esquissé par la plume militante mais subtile de Mary Robinette Kowal fait des merveilles. En rappelant le harcèlement sexuel et les préjugés misogynes, l'autrice n'oublie pas surtout une chose fondamentale pour sortir de cette ornière : l'importance du modèle.
Elma York deviendra vite la Lady Astronaute, icône pour petites filles et jeunes femmes en manque d'héroïne. Mary Robinette Kowal montre ici sans équivoque que sans modèle, sans montrer que c'est possible, les choses ne changent pas pour les générations futures. En cela, l'américaine pense en trois dimensions temporelles : le passé, le présent et le futur !
Question raciale et climatosceptiques
Non content de ce aspect féministe intelligent et nuancé, Vers les Étoiles intègre d'autres combats essentiels. Comme le signale à plusieurs reprises notre héroïne, si elle n'avait pas rencontré Eugène et Myrtle, le couple noir qui l'héberge après la chute du météore, aurait-elle remarqué que le programme spatial n'incluait aucune femme de couleur ?
Plus discret que l'aspect purement féministe, la question raciale infuse le parcours d'Elma en permettant aussi de rendre honneur aux femmes noires qui ont oeuvré pour la conquête spatiale (à l'image du film Hidden Figures). C'est par la solidarité d'ailleurs que ces combattantes d'un nouveau genre parviennent à être traitées en égaux ou presque, car pour la lutte noire, il reste encore beaucoup à faire dans le monde d'Elma York.
Autre aspect remarquable, le message sur le réchauffement climatique résonne tout particulièrement à l'heure actuelle : comment convaincre les gens du commun de la réalité d'une chose qui n'arrivera que bien des années plus tard ? Que les adversaires d'Elma et de Nathaniel soient des politiques bornés ou de simples citoyens ignorants, le résultat reste le même.
Au fond, pourtant, le roman de Mary Robinette Kowal lance un message d'espoir : sur l'égalité homme/femme, sur l'évolution des mentalités et sur le futur, tout simplement. La capacité, malgré les obstacles, à faire front et à toucher les étoiles, pour accomplir un rêve à la fois personnel et civilisationnel.
Profondément humaine, l'histoire d'Elma York brille par ses personnages nuancés et dont l'histoire s'explique toujours (même si elle n'excuse rien).
Pour un univers où les étoiles ont disparu, sachez que vous verrez briller les astres d'une intensité étrangement familière et rarement vu ailleurs.
Vers les Étoiles emporte tout sur son passage. le lecteur plonge non seulement dans une excellente uchronie mais également dans un grand roman féministe où la tolérance s'applique à tous, quelque soit sa couleur de peau ou son genre. Intelligent, émouvant, passionnant, grandiose.
Mary Robinette Kowal tutoie les étoiles.
N.B :
Pour ceux qui veulent poursuivre l'aventure de Vers les Étoiles, il faut ABSOLUMENT regarder For All Mankind, l'immense série de Ronald D. Moore (que l'on pourrait presque qualifier d'adaptation non officielle) !
Lien : https://justaword.fr/vers-le..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
gruz
  30 octobre 2020
Il y a des livres qui brillent. Vers les étoiles en est un.
Tout d'abord, grâce à une idée brillante, une uchronie intelligente. Imaginez ce que seraient devenus le monde et la conquête spatiale si une météorite était tombée à côté de Washington au début des année 50, détruisant une bonne partie de cette côte des USA. Et engendrant des changements climatiques catastrophiques et définitifs. de quoi accélérer la volonté d'aller voir au-delà des étoiles (qui ont d'ailleurs disparu de la vue des hommes suite à la catastrophe).
Ensuite, par la manière lumineuse dont le roman est construit. Vu par l'oeil d'une femme, loin de de la testostérone habituelle qui accompagne les récits du genre. Une sorte d'Étoffe des héros version féministe et qui se focalise avant tout sur les personnages.
Enfin par la façon éclatante dont l'histoire est racontée, toujours au plus près des émotions, tout en étant travaillée avec rigueur en matière d'environnement scientifique.
Le livre est bardé des prix les plus prestigieux de la littérature de SF (Hugo / Nebula / Locus / Sidewise), à en donner le vertige. Ces distinctions sont d'autant plus importantes qu'elles consacrent un livre accessible à tous les publics, qui a toutes les qualités pour passionner tous les lecteurs, amateurs de SF ou non. le sacre d'un roman qui fait passer l'humain avant tout, et développe des thématiques fortes et qui parlent à tous.
Vous aimez les aventures autour des prémisses de la conquête spatiale ? Vous allez adorer. Ce n'est pas un sujet qui vous passionne particulièrement ? Vous risquez fort d'adorer tout de même.
Parce que cette course vers les étoiles, brutalement accélérée par un événement majeur, est passionnante à suivre, à une époque où l'ordinateur n'était pas là pour faire le boulot à la place des hommes et des femmes. A une période charnière où l'intelligence et l'ingéniosité étaient des valeurs à chérir.
Encore fallait-il laisser ces connaissances et cette habileté se déployer. En pleine guerre froide, où la peur du nucléaire se retrouve subitement remplacée par des préoccupations climatiques qui n'étaient pas du tout dans l'esprit des gens.
Ce qui était encore moins dans l'air du temps, c'était de donner une autre place aux femmes que celle de s'occuper du foyer. Autant dire que même quand on est une mathématicienne de génie et qu'on rêve d'aller dans l'espace, c'est une envie qui restait proche de l'utopie.
Et quand on est une femme noire, n'en parlons même pas (c'est le cas de plusieurs personnages secondaires)… C'est une époque où on séparait encore les gens par couleurs, sans qu'on imagine parler de ségrégation.
Racisme, féminisme, climat, des thématiques qui résonnent beaucoup aujourd'hui, et cette vision d'un passé proche nous fait comprendre pourquoi on en est là et tout le chemin qu'il reste à parcourir.
Mais ce livre est tout sauf moralisateur. C'est une photographie d'un monde chamboulé et qui se retrouve dans l'obligation de s'entraider, de coopérer, de se coaliser. Par la force des choses. Et c'est là que le génie inné de l'être humain prend tout sa valeur.
Vers les étoiles est une formidable aventure, une épopée racontée au plus près des personnages, de leurs vies, leurs doutes, leurs espoirs, leurs luttes. Au quotidien.
Mary Robinette Kowal a un immense talent pour parler de génies qui sont avant tout des femmes et des hommes. Elle a cette étincelle d'inspiration qui rend son roman impossible à lâcher et si attachant.
Voilà ce que doit être, à mon sens, la SF d'aujourd'hui : parler du monde qui se délite, parler des humains qui se battent pour avancer. Une lueur d'espoir à travers cette histoire aussi distrayante que parlante. Épatant !
Lien : https://gruznamur.com/2020/1..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          262
Le_chien_critique
  14 décembre 2020
Prix Hugo, Prix Locus, Prix Nebula, Prix Sidewise,
De quoi te mettre des étoiles pleins les yeux,
d'ici quelques tomes...
Cela commence sur les chapeaux de roues, alors qu'un couple s'ébat dans une résidence secondaire, une météorite s'écrase non loin de là, ravageant une partie des États Unis. On suit notre couple de scientifiques qui a la catastrophe aux fesses.
Et là, c'est le drame. A vouloir précipiter les événements, il arrive la mésaventure des coureurs de fond partis comme une fusée, le souffle devient court après quelques centaines de mètres, on fait du sur place.
Mais que c'est long ! Je venais de terminer le Bifrost consacré à Shirley Jackson, et j'ai eu l'impression de lire le même genre, de la domestic fiction. Même si son mari est sympathique, il reste un homme des années 50, très peu pour lui le ménage, la cuisine et la paperasse, c'est le rôle de Madame. Et Madame est épuisée, alors elle oublie de payer la facture d'électricité. Mais son mari est compréhensif, il ne lui jettera pas l'opprobre. Bref, une femme d'intérieur épuisée.
Par contre, elle trouve un peu de reconnaissance dans son boulot de calculatrice, même si il faut parfois se payer quelques mains aux fesses. Mais là aussi, son mari veille au grain et comme il est un de pontes de cette pseudo NASA, gare aux mains baladeuses. le problème principal d'Elma, c'est le public et le stress, elle aime pas cela Elma, un peu du style agoraphobe (ou autisme de haut niveau ?). Alors elle vomit. Beaucoup, souvent. Pas glop, mais son mari est compréhensif, ou plutôt aveugle sur ce coup là, car malgré des années de vie commune, il ne connaissait pas son point faible.
Donc entre les factures et les vomis, cela n'avance pas, les étoiles sont toujours aussi loin dans le ciel, la catastrophe météoritique passe à l'arrière plan. le fond est plutôt pas mal dans cette uchronie, l'ambiance, le style, on y parle racisme, égalité des sexes et on se doute que tout cela va changer avec le temps. Mais les étoiles restent toujours aussi haut dans le ciel, et moi je n'arrête pas de me dire : envole toi, Elma, envole moi !
En fait, c'est une uchronie très ancrée dans notre réalité, je pense connaitre comment tout cela va se dérouler, d'autant que j'avais déjà regardé la série For all mankind qui parlait à peu près du même sujet, avec aussi parfois les mêmes écueils, trop ancré sur les personnages, pas assez dans l'espace. Arrivé à la moitié, et au vue des 2 tomes supplémentaires parus en langue original (merci pour l'info Mr Denoël !) et les autres nouvelles dans le même univers, je me dis que le chemin va être décidément très long vers les étoiles et préfère arrêter là mon désintérêt croissant.
Moi, ce que je voulais, c'était être un peu plus près des étoiles...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230

Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
FifrildiFifrildi   21 juin 2021
- (...) Dans l'immédiat, il n'est pas question d'envoyer n'importe qui dans l'espace. Ni femme, ni homme, d'ailleurs. Mais à titre d'exemple, je me disais qu'on pouvait peut-être envisager certaines pilotes du WASP. Pendant la guerre, on comptait 1027 femmes pour les seuls États-Unis, elles ont chacune accumulé en moyenne sept cent heures de vol. Et parmi elles, 792 ont largement dépassé les mille heures. Le pilote de chasse moyen, en revanche, n'atteint...
- Non.
- Je... Je vous demande pardon?
- Pas question d'envoyer une femme dans l'espace.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
AelinelAelinel   08 novembre 2020
Lors d’une interview opposant les journalistes et les femmes participantes au programme spatial :

« Pourquoi voulez-vous battre les hommes dans la course à la Lune? »
Nicole s’est penchée vers le microphone.
« Je ne veux pas battre les hommes pour la Lune. Je veux y aller pour les mêmes raisons qu’eux. Les femmes peuvent être utiles, dans l’espace. Nous ne sommes pas en compétition pour battre qui que ce soit, dans quel contexte que ce soit. »
(…)
« Qu’allez-vous cuisiner dans l’espace?
– De la Science. » Le mot est sorti de ma bouche avant que j’y pense, et la salle m’a récompensée d’un éclat de rire. « Accompagnée d’un menu très sain, à base de kérosène et d’oxygène liquide. »
Betty s’est penchée au-dessus du micro.
« Et sans gravité. J’ai hâte de faire des soufflés qui ne se dégonfleront pas. »
(…)
« Et votre régime beauté, dans l’espace? Aurez-vous le droit d’utiliser votre bombe de laque? »
Sabiha a secoué la tête.
« Nous serons dans un environnement d’oxygène pur. Non, un spray, ce serait idiot. » (p. 437-438).
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
FifrildiFifrildi   20 juin 2021
Dois-je expliquer l'immense bonheur d'une tasse de café? La vapeur profonde et douce qui s'élevait du mug m'a réveillée avant que la première goutte, délicieuse et amère, effleure mes lèvres. Amère, mais pas seulement, portée par les vagues caressantes d'une sombre intensité. J'ai soupiré, avant de me détendre sur ma chaise.
Commenter  J’apprécie          160
FifrildiFifrildi   24 juin 2021
Le temps est une ressource précieuse, c'est la plus essentielle pour l'humanité. Et comme nous n'avons aucun moyen d'influencer son cours, le seul choix raisonnable consiste à en faire le meilleur usage possible - car nous en avons de moins en moins.
Commenter  J’apprécie          170
FifrildiFifrildi   27 juin 2021
- Vu comme tout le monde s'occupe de lui, on jurerait qu'il a été blessé au combat." Elle a ouvert son classeur en faisant mine d'écouter Clemons. "On murmure qu'il s'est fait opérer pour réduire la taille de son balai dans le cul.
- L'opération a échoué.
- On dirait, oui."
Commenter  J’apprécie          120

Videos de Mary Robinette Kowal (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mary Robinette Kowal
Cette semaine, la librairie Point Virgule prend le chemin des étoiles avec un documentaire, deux romans ado et un recueil de nouvelles SF. Le point commun de ces livres, c'est de nous proposer différentes façons d'explorer l'espace.
- Univers, des mondes grecs aux multivers, Guillaume Duprat, Saltimbanque, 19,90€ - Illuminae, 3 tomes, Amie Kaufman & Jay Kristoff, Casterman, 19,90€ - La honte de la galaxie, Alexis Brocas, Sarbacane, 18€ - Lady Astronaute, Mary Robinette Kowal, Folio SF, 6,30€
autres livres classés : uchronieVoir plus
Notre sélection Imaginaire Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Les plus grands classiques de la science-fiction

Qui a écrit 1984

George Orwell
Aldous Huxley
H.G. Wells
Pierre Boulle

10 questions
3806 lecteurs ont répondu
Thèmes : science-fictionCréer un quiz sur ce livre

.. ..