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Jacques-Alain Miller (Éditeur scientifique)
EAN : 9782020902199
182 pages
Éditeur : Seuil (30/11/-1)

Note moyenne : 4.75/5 (sur 4 notes)
Résumé :

Titre de prime abord énigmatique. Donnons le mot : il s'agit de l'homme et de la femme, de leurs relations les plus concrètes, amoureuses et sexuelles, dans leur vie de tous les jours, oui, comme dans leurs rêves et leurs fantasmes. Cela n'a rien à faire, bien entendu, avec ce que la biologie étudie sous le nom de sexualité. Faut-il pour autant laisser ce domaine à la poésie, au roman, aux idéologies ? On tente... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
colimasson
  10 janvier 2016
J'en reviens encore à cette histoire qu'on considère Jacques Lacan comme un entubeur –parce que cette question m'a turlupinée un moment à ouvrir ses livres une première fois à sec, sans rien comprendre. Mais Lacan se lit avec du lubrifiant, voyez-vous, il faut bien s'humidifier les réseaux neuronaux de ses concepts avant de lire plus loin ses réflexions. Vous n'aviez jamais réussi à vous plonger dans Bambi avant d'avoir lu un Musso, pas vrai ? C'est que chaque chose doit être faite en son temps.

Impossible de penser encore que Lacan nous prend par-derrière lorsqu'on lit ce compte-rendu de séminaire. Déjà, il s'est fait virer de l'université, ce qui est un bon point pour lui. Ensuite, il engueule les connards qui viennent l'écouter sans avoir relu les textes nécessaires à la bonne compréhension de ses explications. Déjà que la vérité est imbaisable, comment essayer de lui mettre un doigt si on ne fait aucun effort pour sortir de sa condition d'imbécillité ?

Il est beaucoup plus facile, à la limite, de s'extasier sur le « Ceci n'est pas une pipe » de Magritte. Au collège, j'avais même une prof de français qui faisait du prosélytisme auprès de la caillera inculte en nous donnant à étudier des tableaux avec une petite phrase écrite en-dessous plutôt que de nous forcer à nous cramer les neurones sur Racine ou Corneille (pour des gamins de douze ans, ça peut être difficile). Tout le monde trouvait ça génial, le Magritte, mais quand c'est Jacques qui dit : « Nous ne pouvons omettre que c'est un fait de langage que de dire Ça. Ce que je viens de désigner comme Ça, ce n'est pas mon cigare. Ça l'est quand je le fume, mais quand je le fume, je n'en parle pas», tout le monde fait genre de trouver ça difficile. En fait, c'est « ne pas comprendre » qui est normal, ça veut dire que ça chemine dans la tête de ceux qui en ont une. On a fait semblant de ne pas remarquer que Lacan est trop clair pour être compris et que tout le langage philosophique né de l'oubli de la chose fondamentale constitue la plus grosse niquerie des siècles : « le baratin philosophique qui n'est pas rien –le baratin, ça baratte, il n'y a pas de mal- a longtemps servi à quelque chose, mais depuis un temps il nous fatigue. Il a abouti à produire l'être-là, qu'on traduit quelquefois en français, plus modestement, par la présence, que l'on y ajoute ou non vivante, enfin bref, ce qui pour les savants s'appelle le Dasein ». On continue, parce que ça fait du bien de rappeler à ceux qui s'imaginent savoir, d'où ils viennent : « Bien sûr, vous avez des pensées, vous avez même, certains d'entre vous, un peu arriérés, des connaissances. Alors, vous vous imaginez que vous vous représentez des mots. C'est à se tordre. »

De là au cul, il n'y a qu'une évidence qui se formule ainsi : « le langage, dans sa fonction d'existant, ne connote en dernière analyse que l'impossibilité de symboliser le rapport sexuel chez les êtres qui l'habitent […] ». C'est peut-être pour ça que dans le sexe, ce qu'il y a de plus excitant c'est encore d'inviter le mystérieux pour aller boire un verre dans la nuit jusqu'au lever du jour : « C'est toujours le même rendez-vous, quand les masques tombent, ce n'était ni lui ni elle ».

Comme je lisais Vincent de la Soudière au même moment, j'aurais pu relever ces quelques aphorismes pour marteler un peu les mots du brave Jacques : 1) « La Grande Rencontre n'a pas eu lieu –n'aura sans doute jamais lieu. Je vis du poids de son attente ». Pourquoi : 2) « Nous nous sommes refusés nos mystères réciproques ». Et puis plus loin c'est écrit : 3) « le sexe ? Vous voulez rire ! Je suis tellement au-dessous de cela ! » le 3) découle du 2) qui est lié à l'impossibilité du 1). CQFD. C'est plus ou moins tout ce que Jacques a voulu faire comprendre là-dedans, modulo cette assertion : « Quelque chose auquel on ne comprend rien, c'est tout l'espoir, c'est le signe qu'on en est affecté. Heureusement qu'on n'a rien compris, parce qu'on ne peut jamais comprendre que ce qu'on a déjà dans la tête».

Lien : http://colimasson.blogspot.f..
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didpot
  29 décembre 2016
"mon" Séminaire préféré
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Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   04 octobre 2017
La lettre qui fait rature s’y distingue d’être rupture, donc, du semblant, qui dissout ce qui faisait forme, phénomène, météore. […] Mais du même coup ça doit être aussi d’en congédier ce qui de cette rupture ferait jouissance, c’est-à-dire d’en dissiper ce qu’elle soutient de cette hypothèse […] de la jouissance, qui fait le monde en somme […].
Eh bien, ce qui de jouissance s’évoque à ce que se rompe un semblant, voilà ce qui, dans le réel […], se présente comme un ravinement.
C’est là vous définir par quoi l’écriture peut être dite dans le réel le ravinement du signifié, soit ce qui a plu du semblant en tant que c’est ce qui a fait le signifié. L’écriture ne décalque pas le signifiant. Elle n’y remonte qu’à prendre son nom […].
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colimassoncolimasson   30 octobre 2017
L’écriture n’est jamais […] que quelque chose qui s’articule comme os dont le langage serait la chair. C’est bien en cela qu’elle démontre que la jouissance, la jouissance sexuelle, n’a pas d’os, ce dont on e doutait par les mœurs de l’organe qui en donne chez le mâle parlant la figure comique.
Mais l’écriture, elle, pas le langage, l’écriture donne os à toutes les jouissances qui, de par le discours, s’avèrent s’ouvrir à l’être parlant. Leur donnant os, elle souligne […] que le rapport sexuel fait défaut au champ de la vérité, en ce que le discours qui l’instaure ne procède que du semblant […].
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colimassoncolimasson   27 janvier 2016
Le phallus, en mettant l’accent sur un organe, ne désigne nullement l’organe dit pénis avec sa physiologie, ni même la fonction qu’on peut, ma foi, lui attribuer avec quelque vraisemblance comme étant celle de la copulation. […] Il vise de la façon la moins ambigüe son rapport à la jouissance.
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colimassoncolimasson   10 octobre 2017
[En quoi le langage ne rend pas compte du rapport sexuel ?]

Il n’en rend pas compte en ceci, que de l’inscription qu’il est capable de commenter, il ne peut faire que cette inscription soit ce que je définis comme inscription effective de ce qui serait le rapport sexuel en tant qu’il mettrait en rapport les deux pôles, les deux termes qui s’intituleraient de l’homme et de la femme […].
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colimassoncolimasson   19 octobre 2017
Ce que l’hystérique articule, c’est bien sûr que, pour ce qui est de faire le touthomme, elle en est aussi capable que le touthomme lui-même, à savoir par l’imagination. Donc, de ce fait, elle n’en a pas besoin. Mais si par hasard ça l’intéresse, le phallus –à savoir ce dont elle se conçoit comme châtrée […]-, […] elle n’en a que faire, puisque cette jouissance, il ne faut pas croire qu’elle ne l’a pas de son côté. Si par hasard le rapport sexuel l’intéresse, il faut qu’elle s’intéresse à cet élément tiers, le phallus. Et comme elle ne peut s’y intéresser que par rapport à l’homme, en tant qu’il n’est pas sûr qu’il y en ait même un, toute sa politique sera tournée vers ce que j’appelle en avoir au moins un.
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Videos de Jacques Lacan (48) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacques Lacan
Montrer l'importance de la spécificité de la sublimation dans la psychanalyse par rapport aux oeuvres d'art ou scientifiques habituellement prises comme exemple.
Après le ravissement de Lacan (érès, 2015) et La sublimation, une érotique pour la psychanalyse (érès, 2018), Erik Porge définit ce qui fait la spécificité de la sublimation pour la psychanalyse : sa fonction curative du symptôme, ainsi qu'un renouvellement de la conception de la fin d'une analyse et une articulation avec le discours analytique dans le public. Cette spécificité se produit dans la cure même (psychanalyse en intension) et elle concerne son achèvement ainsi que le passage de l'analysant à l'analyste. Elle doit aussi être reliée aux façons dont le psychanalyste intervient dans le discours public (psychanalyse en extension). Elle se pose comme articulation temporelle du désir de l'analyste (soutenu par un fantasme) à son identification sexuée, pulsionnelle sans refoulement.
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>Philosophie et théorie>Systèmes, écoles>Systèmes psychanalitiques (329)
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