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ISBN : 2081411989
Éditeur : Flammarion (14/06/2017)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 49 notes)
Résumé :
Dans cet ouvrage écrit durant l'été 1929, Freud aborde au fil de la plume des thèmes aussi variés que la religion, le bonheur, la morale, l'agressivité, la société... Mais derrière ce propos d'apparence légère et presque décousue, on découvre une ligne de pensée très nette : il ne peut pas exister de société heureuse ; toute culture humaine se fonde sur le renoncement et e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Pavlik
  08 juillet 2014
Le Malaise dans la Civilisation est un des rares ouvrages de Freud où il déplace ses concepts du champ analytique au champ social. Ainsi, même ses plus fervents contradicteurs peuvent éventuellement y puiser quelques réflexions intéressantes. Par ailleurs, comparé à d'autres de ses oeuvres, sa lecture est relativement aisé.
Petite parenthèse, on traduit parfois le titre du livre par le Malaise dans la Culture (en allemand Das Unbehagen in der Kultur), mais c'est bien de la civilisation (à la limite au sens de société) que Freud souhaite nous parler.
La culture, notion qu'il aborde dans son essai, y est vue comme un outil dont la société use pour assurer sa propre cohérence. Elle a deux finalités : protéger l'homme de la nature et réguler ses relations inter-personnelles. Pour Freud elle est avant tout un carcan nécessaire. Carcan car elle est basée sur du renoncement pulsionnel (on gros pour vivre ensemble on doit renoncer à pouvoir faire ce qui nous chante). C'est pourquoi certains individus manifestent de l'hostilité à son encontre, car ils éprouvent des difficultés à renoncer. En effet, dans le développement d'une personne son but ultime est le plaisir, l'insertion dans un groupe n'étant qu'un moyen. Au contraire, dans le processus culturel la finalité est la création et le maintient de la communauté, le plaisir des individus devenant secondaire. Cette cohésion est transmise par tout un discours, que l'on peut qualifier de morale et qui prend place, dans l'organisation psychique proposée par Freud, dans le Surmoi, symbolisé par le père (en tant que fonction) et qui se transmet de génération en génération. le Surmoi est donc un puissant héritage culturel qui, au même titre que le savoir et la connaissance, évite à l'humanité d'avoir à tout recommencer du début à chaque fois.
Mais la simple coercition par la morale, les interdits, ne suffit pas pour assurer la survie de la civilisation. La société doit être en mesure de proposer des satisfactions substitutives aux pulsions : par le travail qui, lorsqu'il est librement consenti, est un moyen très efficace ou encore en permettant l'investissement dans des activités artistiques, scientifiques, dans lesquelles l'homme peut se réaliser. Cependant le moyen définitif de maintenir la cohésion sociale se situe, pour Freud, au-delà du simple intérêt économique, puisqu'il s'agit de l'amour. Si l'Eros, la pulsion sexuelle, est l'ennemie de la civilisation ce n'est pas le cas de l'amour "platonique", ce qu'il nomme l'amour inhibé quant au but. le problème est qu'aimer l'autre n'est absolument pas naturel pour les êtres humains, animés de leurs pulsions libidinales et destructrices. D'où les discours religieux, du type "aimez votre prochain comme vous même". L'équilibre de la société est donc précaire, secoué en permanence par les soubresauts de la lutte entre pulsion de vie et pulsion de mort, source du malaise. Au final il n'est pas inenvisageable pour Freud, qu'à terme, la civilisation finisse par s'auto-détruire.
D'une certaine façon, le Malaise dans la Civilisation est un aveu de faiblesse de la part de Freud. Lui qui, avant la boucherie de la grande guerre, se faisait le chantre du caractère unique et personnel de l'inconscient (s'opposant sur ce point à Jung, qui voyait dans les différents textes sacrés l'expression d'un inconscient collectif), face à l'ampleur de la catastrophe se voit contraint de déplacer ses concepts de pulsion de vie et pulsion de mort sur le champ social. Autrement dit, je ne suis pas certain qu'il l'aurait fait sans l'avènement de la première guerre mondiale. D'un autre côté, on aurait également pu lui reprocher de rester sourd aux turpitudes de l'histoire s'il ne l'avait pas rédigé.
En résumé, cet essai bien construit et relativement accessible est, paradoxalement, une bonne porte d'entrée à l'oeuvre de Freud et porte la réflexion au delà des simples concepts psychanalytiques.
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colimasson
  21 février 2013
Le Malaise dans la Culture pouvait-il naître ailleurs que d'un cerveau qui se savait condamné ? On explique souvent la genèse de ce célèbre essai de Freud par son cancer à la mâchoire. On a beau savoir que physiologie et psychologie s'influencent mutuellement, se serait tout de même cruellement réducteur de s'en tenir à cette seule explication. En revanche, il serait plus honnête d'avouer que les thèses de Freud peuvent aboutir à des conclusions effrayantes qu'il est plus facile de minimiser que de prendre réellement en considération.

Puisque le monde n'est qu'un grand brouhaha difficile à décrypter, la grille de lecture que nous propose Freud à travers son Malaise dans la Culture n'est pas plus inappropriée qu'une autre pour nous permettre de comprendre certains phénomènes des civilisations. Pour résumer, et afin de montrer que Freud n'était pas aussi pessimiste qu'on voudrait bien le faire croire : la culture apporte des bienfaits qui lui sont propres et qui ne seraient accessibles d'aucune autre façon, en contrepartie de quoi elle freine les hommes dans la réalisation de leur but ultime –l'accès au bonheur. Mais l'homme est un joueur espiègle qui essaie de contrer cet obstacle en se comportant de diverses manières, que Freud a répertoriées en trois catégories : la distraction, la substitution, la stupéfaction.

Outre la présentation de thèses qu'il serait dommage de réduire au désespoir d'un homme, Freud introduit dans cet essai des notions importantes en psychanalyses : surmoi, sentiment de culpabilité, sublimation font leur apparition grandiose dans des exemples appliqués qui trouvent leur source dans le quotidien de tout homme. Parler de la culture, c'est en effet évoquer des sujets aussi vastes que la famille, la religion, l'art ou encore les sentiments.

Freud avait deviné que son essai ne laisserait pas indifférent et s'attirerait certaines foudres. Loin de s'en excuser, et maniant avec agilité les esprits, il prévient ces réactions et les intègre à sa théorie comme naturelles et découlant logiquement de ses propos :

« Aussi le courage me manque-t-il pour m'élever en prophète devant mes semblables, et je m'incline devant le reproche qu'ils me feront de ne savoir pas leur apporter du réconfort, car au fond, c'est ce qu'ils réclament tous, les révolutionnaires les plus sauvages avec non moins de passion que les croyants les plus pieux et les plus paisibles. »

Malin ou seulement pertinent ?
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aaahhh
  30 avril 2012
Dans cet essai assez court mais très riche, Freud aborde le thème de la culture. Placé dans le cadre de sa deuxième théorie des pulsion et de l'appareil psychique, ce texte aborde la culture comme le résultat d'un renoncement pulsionnel. Décrivant de manière approfondie l'instance surmoïque comme garant des valeurs morales humaines, il explique comme celle-ci se manifeste dans la morale et la religion.
Autour de ce thème, Freud aborde ici des sujets divers comme l'origine du besoin religieux ou les solutions à la portée de l'homme pour supporter les souffrance engendrées par la vie.
Même si ce texte date de 1929, je trouve saisissant de constater comme il reste d'actualité en ce début de XXIème siècle. Il est en ce sens très intéressant à lire et à penser car c'est sans doute en comprenant l'homme et la société qu'il se fabrique qu'on est le plus à même de l'accepter et de vivre au mieux avec.
"Le malaise dans la culture" est l'un des textes fondamentaux de Freud, à lire absolument si l'on s'intéresse à sa psychanalyse!
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Tatooa
  17 juin 2013
Un des rares livres de Freud avec lequel je suis en accord... Je ne le trouve pas pessimiste, mais réaliste. le parallèle entre culture (ou société) et les phénomènes régissant l'être humain est bien trouvé, et il est évident de toute façon que nous avons les sociétés que nous "méritons".
L'observation de nos cultures, de nos sociétés, et de l'être humain en général n'incline pas à l'optimisme, me semble-t-il...
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jeanparapluie
  15 mars 2013
J'ai lu ce livre sous le titre "Malaise dans la civilisation", une autre traduction. J'ignore l'allemand et ne sais donc pas si cette nouvelle traduction est meilleure que l'ancienne, mais je trouve que le terme de "civilisation" s'adapte mieux au contenu de l'ouvrage, tel que je l'ai compris, que celui de "culture".
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   04 avril 2011
La vie telle qu’elle nous est imposée est trop lourde pour nous, elle nous apporte trop de douleurs, de déceptions, de tâches insurmontables. Pour la supporter, nous ne pouvons nous passer de moyens palliatifs […]. De tels moyens, il en est peut-être de trois sortes : de puissances diversions qui nous font mépriser notre misère, des satisfactions de substitution qui la réduisent, des stupéfiants qui nous y rendent insensibles.
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PoiesisPoiesis   13 septembre 2012
Jamais nous ne sommes davantage privés de protection contre la souffrance que lorsque nous aimons, jamais nous ne sommes davantage dans le malheur et le désaide que lorsque nous avons perdu l'objet aimé ou son amour.
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colimassoncolimasson   21 février 2013
L’agression est introjectée, intériorisée, mais renvoyée à vrai dire là d’où elle est venue, c’est-à-dire retournée contre notre propre moi. Elle y est prise en charge par une partie du moi, le surmoi, qui s’oppose au reste et exerce en tant que « conscience morale » la même sévère agressivité contre le moi que celle que le moi aurait volontiers satisfaite sur d’autres individus étrangers. La tension entre le sévère surmoi et le moi qui lui est soumis, nous la nommons conscience de culpabilité ; elle se manifeste comme besoin de punition.
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colimassoncolimasson   22 février 2013
Le surmoi est une instance déduite par nous, la conscience morale une fonction que nous lui attribuons parmi d’autres, qui doit surveiller et juger les actions et les intentions du moi, et qui exerce une activité de censure. Le sentiment de culpabilité, la dureté du surmoi, sont donc la même chose que la sévérité de la conscience morale, il est la perception impartie au moi d’être ainsi surveillé, l’évaluation de la tension entre ses aspirations et les exigences du surmoi, et la peur de cette instance critique, peur qui est au fondement de toute la relation ; le besoin de punition est une manifestation pulsionnelle du moi devenu masochiste sous l’influence du surmoi devenu sadique, c’est-à-dire qu’il utilise une part de la pulsion présente en lui, de destruction interne pour en faire une liaison érotique au surmoi.
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colimassoncolimasson   24 février 2013
Mais on affirme que chacun de nous, sur un point ou un autre, se comporte comme le paranoïaque, corrige par une formation de désir un aspect du monde qui lui est intolérable, et inscrit ce délire dans la réalité. Il est un cas qui revêt une importance particulière, lorsqu’un assez grand nombre d’hommes font ensemble la tentative de s’assurer du bonheur et de se protéger contre la souffrance par une reconfiguration délirante de la réalité. C’est comme un tel délire de masse que nous devons aussi caractériser les religions de l’humanité. Naturellement, on ne reconnaît jamais le délire quand on y participe.
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>Philosophie et théorie>Systèmes, écoles>Systèmes psychanalitiques (329)
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