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Marc de Gouvenain (Traducteur)Lena Grumbach (Traducteur)
ISBN : 2742764941
Éditeur : Actes Sud (23/10/2006)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 62 notes)
Résumé :
Loin de chez lui, Gunnar passe ses journées à jouer du violon au détriment de ses études. Lorsqu'il apprend que le domaine familial est en décrépitude, que sa mère est ruinée, il décide de rentrer, d'oublier sa musique et d'être enfin raisonnable. Confiant, le jeune héritier se met donc au travail en investissant leurs derniers sous dans l'élevage. Mais le troupeau est décimé par l'hiver. Impuissant, désespéré et hon­teux, Gunnar perd la raison.
Devenu colpor... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Meps
  11 mars 2017
Petite lecture d'un court roman qui me réconcilie avec Selma Lagerlof. Là où dans "Le livre de Noël", ses allusions à la religion confinaient parfois au prosélytisme selon ma lecture, ce récit est plus empreint de magie et de légendes locales. Son lyrisme dans la description des paysages se marie très bien avec cette histoire qui s'assume comme un conte où les passages irréels sont assimilés à un rêve mais toujours à la frontière avec la réalité qui permet de brouiller les cartes.
J'ai aussi beaucoup apprécié la position où elle met le lecteur beaucoup plus conscient des enjeux et de la vérité que les personnages eux-mêmes que l'on voit se débattre avec leurs doutes et leurs espoirs.
Même si le personnage principal féminin m'a longtemps irrité, par son côté ingénue qui rend bien malheureusement la seule image de la jeune femme qu'on retranscrivait à l'époque, son évolution laisse aussi espérer une même évolution de l'image de la femme en général.
L'évocation de la folie est également très réussie dans ce roman, toujours sur le fil qui sépare les fous des gens normaux, car rien n'est définitif et il est si facile de basculer du mauvais côté, au moins dans le regard des autres.
Un roman-conte réussi en somme !
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Tempsdelecture
  23 juin 2019
Quel drôle de récit que celui-ci, quelle tristesse! Gunnar Hede est un jeune homme sensible qui a tout du garçon sympathique, quoique très rêveur, idéaliste et excessivement naïf. Peu à peu, il perd tout, son violon, son domaine, sa fiancée, ses chèvres, sa tête, comment ne pas le prendre en pitié? Effectivement, dans ce récit extrêmement court, à peine cent quarante pages, Selma Lagerlöf ne s'embarrasse pas de grandes emportées exaltées, un trait qui caractérise certains auteurs du mouvement romantique où les encyclopédies littéraires ont décidé de la ranger. le violon, et ses envolées lyrique, est là pour instiller cette atmosphère mélancolique, presque dramatique. Ainsi que ce personnage dont la sensibilité et l'intégrité l'entraînent dans les abîmes insondables de la folie.
          La folie représente, il me semble, une des plus grandes tragédies intimes, celle qui touche le plus profondément l'homme. Car Gunnar, exemple parmi tant d'autres en littérature, expérience ici la perte la plus rude qui soit, la perte de lui-même, la perte de son nom, après celle de sa fiancée, de son violon, de ses bêtes, de sa crédulité, de son insouciance. le besoin impérieux d'argent pour conserveur la seule chose qu'il lui restait, le domaine familial et par la même occasion l'instabilité de la situation financière de sa mère, a fini par tourner à l'obsession: la vente de sa marchandise devient l'unique but de sa vie. Jusqu'à l'élément déclencheur, la perte de ses bêtes. Mais comment expliquer un tel changement de personnalité, lui qui a désormais peur de chaque quadrupède qu'il croise? Comment une telle atteinte à son intégrité, à son moi profond est-elle possible?
          Ce roman a de grandes allures de conte, philosophique, fantastique, un mélange des deux, ne serait-ce que par la longueur du texte. On y retrouve également quelques motifs typiques du monde-là: les personnages (le héros qui porte un surnom d'animal, la petite fille, la vieille femme au milieu de la forêt, la marâtre que la petite fille fuit parce que moins aimée que les enfants naturels, les êtres imaginaires - trolls), le schéma narratif, le merveilleux (le château ensorcelé, etc). Et, surtout, cette atmosphère fantasmagorique qui confère au périple du Bouc et de sa jeune compagne de route une certaine forme d'onirisme. J'ai particulièrement apprécié cette collusion ente réalité et rêve, rêverie, Gunnar vs le Dalécarlien, le Bouc, un motif récurrent en littérature. Cet onirisme-là sert à la fois à souligner, et peut être atténuer, la tragédie de la condition de ces deux jeunes gens, en perte totale de repères, condamnés à errer dans un monde qui n'est visiblement pas le leur. Leur rencontre est opportune puisque leur solitude, et le mal-être qui les assaille, font qu'ils se complètent: d'une part, Ingrid pleine de vie tout autant que jeune fille spectrale et d'autre part Gunnar l'étudiant et le Bouc.
          Au niveau de l'atmosphère fantastique, ce récit n'est pas sans rappeler, à mes yeux en tout cas, à d'autres récits, d'autres auteurs que j'aime lire, Edgar Allan Poe, Théophile Gautier. Finalement la dimension onirique de ce conte n'est pas aussi plaisante qu'elle semble l'être car c'est bien dans leur réalité que Gunnar retrouve sa réelle identité, qu'Ingrid n'est plus cette ombre qui semble constamment être sur le point de faillir. La paix ne peut être trouvée que dans ce monde-là, loin de la fantasmagorie des rêves.
         Le traitement de la folie, la façon dont sont considérés les individus qui ont le malheur de sortir du lot est à la fois très touchant et déstabilisant, pas vraiment différent du traitement qui est réservé aujourd'hui à ceux qui ne rentrent pas dans le moule de la "normalité". C'est un conte écrit d'une bien jolie façon, qui a pour point d'appui la folie et le basculement dans la déraison. Conte philosophique, conte fantastique, l'auteure joue du folklore suédois pour dénoncer les vicissitudes qu'en tant que conteuse populaire elle a pu relever en étudiant les siens et en réempruntant aux mythes de sa région natale, la province de Värmland, située à l'ouest du pays.
          L'art de Selma Lagerlöf qui est celui de remettre à jour le modèle littéraire du conte est un pari réussi, en revanche il sera peut-être moins évident de l'apprécier tout en dégageant tous les enjeux de son écriture, il m'a fallu une bonne relecture pour mieux assimiler la portée de son récit, la profondeur de sa réflexion. Utiliser ce mode de récit en mettant à l'honneur sa culture populaire est, à mes yeux, une habile façon pour dénoncer le matérialisme ambiant en affichant, sur un mode métaphorique, son inanité. le motif de la folie pour transmettre le message de son conte est décidément intemporel et même avec nos yeux de lecteurs du XXIe siècle, ce mal que la conteuse dessine colle parfaitement à l'air de notre temps, là où les troubles mentaux ne sont qu'un épiphénomène parmi d'autres de la manifestation du mal-être grandissant de notre société. En tout état de cause, le terrible coup du sort de Gunnar Hede donne à réfléchir.
Lien : https://wordpress.com/post/t..
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kathy
  17 août 2011
Gunnar Hede, étudiant, féru de violon, apprend que le domaine familial de Munkhyttan est sur le point d'être vendu, faute d'argent. Afin de payer les dettes et de sauver la ferme, Hede jette tous ses précédents projets par-dessus bord et décide de prendre la route comme colporteur.
C'est ainsi qu'il sillonne les routes de la région.
Après avoir porté sa hotte de colporteur une année durant, il lui vint l'idée de gagner une grosse somme d'argent d'un seul coup en achetant un grand troupeau de chèvres qu'il mènerait dans une grande foire dans le Värmland, afin de les revendre deux fois plus cher. Mais le troupeau fut décimé par le froid, la neige et la tempête. Impuissant, désespéré et honteux, Hede sombre dans la folie.
Des années plus tard, Hede parcourant toujours la région avec son éternel violon tel un mendiant halluciné, se réfugie dans un cimetière. Apaisé, rassuré par ce lieu, il se mit à jouer du violon…. « Celle qui était dans le cercueil, à côté de lui, morte en apparence, avait entendu jouer le violon. Les notes l'avaient fait rêver, et ce qu'elle avait vu en rêve l'avait émue si fort que son coeur s'était remis à battre, que son sang avait circulé, et qu'elle s'était réveillée ».
On retrouve dans ce livre un univers magique, fantastique, poétique. Un conte de fée avec en filigrane des thèmes comme l'amour, la vie, l'exil, la mort, la folie, la différence, l'art : la musique. Musique, qui par le biais du violon, nous raconte des histoires féériques, bienveillantes et salvatrices; histoires fortement imprégnées des légendes et récits värmalandais (région de Suède) qui ont abreuvé l'enfance de Selma Lagerlöf.
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mimifasola
  17 avril 2014
En Suéde, Gunnar jeune étudient, amoureux du violon contraint - suite à la faillite de sa famille- de quitter ses études et surtout d'oublier sa musique pour sauver le domaine familiale.
Son entreprise (acheter pour revendre un grand troupeau de chèvres) échoue (le troupeau est décimé en route par le rude et précoce hiver). Impuissant et désespéré Gunnar perd la raison.
Après des années d'errance dans la région tel un mendiant avec son violon, une étrange rencontre dans un étrange endroit marquera le début de son salut.

Une très belle et magique histoire d'amour digne d'un conte de fée. Très agréable et facile à lire.

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Lounima
  11 janvier 2014
A Uppsala, l'étudiant Gunnar Hede préfère passer ses journées à jouer du violon plutôt qu'à se plonger dans ses livres jusqu'au jour où il apprend que sa famille est ruinée et que, pour survivre, il faudrait vendre le domaine familial. Mais, très attaché au domaine, Gunnar ne peut s'y résoudre et investit le peu qu'il lui reste dans l'achat d'un troupeau de chèvres. Lorsqu'un rude hiver détruit l'ensemble du troupeau, Gunnar sombre peu à peu dans la folie.
Plusieurs années plus tard, devenu colporteur, Gunnar a gagné suffisamment d'argent pour rembourser ses dettes mais sa folie ne lui permet pas de le comprendre et il continue "d'aller de ferme en ferme, imbécile et fou, n'ayant plus à l'esprit qu'il était quelqu'un de distingué." (Babel - p.28) jusqu'au jour où il s'arrête dans un cimetière et joue du violon devant la tombe d'une jeune fille...
C'est un peu par hasard que je suis tombée sur ce court roman de Selma Lagerlöf. le libraire avait mis ce titre en avant sur son comptoir, la couverture m'a plu et, comme je me suis plus ou moins lancée le défi personnel de lire au moins un livre de chacun des prix Nobel de littérature, l'occasion m'a semblé bonne... Et le hasard dans ce cas a terriblement bien fait les choses parce que j'ai beaucoup aimé cette lecture qui peu à peu nous emmène aux portes du fantastique sans jamais perdre de vue la réalité. Et voilà qu'on se prête à croire aux contes de fées de notre enfance : que l'amour est plus fort que la folie (ou est-ce l'amour qui conduit à la folie ?), que la musique guérit tous les mots et qu'à la toute fin "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants"...
Cela peut paraître bien niais raconté comme cela mais ce roman vaut vraiment le détour : il est court, l'écriture est très belle et l'histoire nous embarque dans les belles campagnes de Suède, que demander de plus ? Moi, j'ai été conquise et, assurément, je relirai cette auteur... ;-)
Lien : http://loumanolit.canalblog...
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
TempsdelectureTempsdelecture   23 juin 2019
Ingrid et la mère Anna Stina marchaient dans les bois sombres. Elles marchaient depuis quatre jours et avaient dormi trois nuits dans des bergeries. Ingrid était épuisée, son visage était d’une pâleur transparente, ses yeux creux brillaient de fièvre. La mère Anna Stina jetait de temps à autre à la dérobée un regard inquiet sur elle et priait Dieu qu’Il maintienne les forces de la jeune fille, afin qu’elle n’aille pas s’affaisser sur une touffe de mousse avec l’idée d’y mourir. Régulièrement aussi, la vieille ne pouvait s’empêcher de regarder derrière elle d’un œil farouche. Car elle avait la désagréable sensation que la Faucheuse les suivait dans la forêt pour reprendre celle que les paroles du pasteur et les pelletées de terre lui avaient offerte.

La mère Anna Stina était petite et trapue, avec un grand visage carré si plein de sagesse qu’il en devenait beau. Elle n’était pas superstitieuse, elle habitait seule sans craindre ni les trolls ni les mauvais génies des bois mais, marchant là à côté d’Ingrid, elle sentait, aussi nettement que si on le lui avait dit, qu’elle côtoyait quelqu’un qui n’appartenait pas à ce monde. Et cela elle l’avait perçu dès qu’elle avait découvert Ingrid chez elle le lundi matin.

Si elle n’avait pas regagné sa maison le dimanche soir, c’était qu’au presbytère la maîtresse de maison était tombée gravement malade, et mère Anna Stina savait si bien s’occuper des malades qu’elle était restée pour la veiller. Toute la nuit, elle avait entendu l’épouse du suffragant répéter dans son délire qu’elle avait vu Ingrid revenir. La vieille, cependant, n’en avait pas cru un mot.

Et, quand enfin elle était rentrée chez elle et y avait découvert la jeune fille, la vieille voulut sans tarder retourner au presbytère pour leur dire que ce n’était pas un fantôme qu’elles avaient vu. Pourtant, quand elle avait informé Ingrid de son projet, cette dernière s’était montrée si affolée que la mère Anna Stina n’avait pas osé mettre son projet à exécution. La vie avait presque quitté la jeune fille, comme la flamme d’une bougie prête à s’éteindre dans un fort courant d’air. Elle aurait pu mourir aussi facilement que cela arrive à certains oiseaux en cage. La mort était sur les traces de cette fille, et il fallait veiller sur elle avec énormément de douceur pour qu’elle reste en vie.
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SachenkaSachenka   01 juin 2016
Le cirque les avait rejetés, racontait Blomgren, mais pas l'art. Ils servaient toujours l'art, et celui-ci valait qu'on lui reste fidèle jusqu'à la mort. Toujours, toujours des artistes!
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LounimaLounima   11 janvier 2014
"Rien n'est plus sûr et certain que le fait que le soleil adore les esplanades dégagées qui s'étendent devant les petites églises de campagne. Y en aurait-il qui n'auraient pas remarqué qu'on ne voit jamais autant de soleil que durant l'office du dimanche devant une petite église toute blanche? Nulle part les rayons ne tissent un réseau aussi dense de lumière, nulle part l'air ne demeure dans une telle immobilité emprunte de respect. C'est comme si le soleil était là pour veiller à ce que les gens ne restent pas sur le parvis à discuter. Il tient à ce que tous soient docilement assis dans l'église pour écouter le sermon, et c'est pour cette raison qu'il inonde à profusion de ses rayons les murs de l'église." (Babel - p.37)
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mimifasolamimifasola   17 avril 2014
Le jour de Pentecôte, Ingrid était à l'église, en compagnie de sa mère adoptive. Un tel jour de fête, elles avaient le droit de prendre la voiture. Autrefois, Ingrid avait adoré arriver au grand galop devant l'église, tandis que ceux qui se tenaient le long du muret de pierre et au bord de la route ôtaient leur chapeau pour saluer, et que ceux qui marchaient sur la route s'écartaient à grands pas comme fascinés. Mais désormais, plus rien ne la réjouissait. "La nostalgie retire à la rose son parfum et à la lune son éclat", dit le dicton.
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michelekastnermichelekastner   26 janvier 2018
Il soupirait fortement, car c'était une tare lourde et contraignante dans la vie que d'avoir comme lui peur de tous les animaux à quatre pattes. A vrai dire, il n'avait peur que des chèvres, et il n'aurait eu peur ni des chevaux ni des chiens ni des chats si seulement il avait pu être sûr qu'ils n'étaient pas quelque espèce de chèvres transformées. Et, de cela, il n'en était jamais certain. De sorte que, finalement, il vivait dans la déraison d'avoir peur de tous les quadrupèdes.
Il ne lui servait à rien de se souvenir de la force qui était la sienne, pas plus que de savoir que ces petits chevaux de paysans étaient en général inoffensifs. Quiconque a laissé entrer la crainte en son âme ne peut plus raisonner ainsi. La crainte est chose difficile, et pesante pour celui en qui elle a élu domicile.
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