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ISBN : 2072789931
Éditeur : Gallimard (07/06/2018)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 206 notes)
Résumé :
Dans l'East Texas profond de la Grande Dépression, la pauvreté règne et dévaste la région comme une tornade. Le jeune Harry découvre le corps mutilé d'une femme noire sur le bord de la rivière Sabine. La femme aurait-elle été la victime de l'Homme-Chèvre, un monstre de légende? À bien écouter les vieux du village, le Diable n'est jamais loin des carrefours et des rivières. Bientôt c'est le cadavre d'une seconde femme qu'on retrouve nu dans un arbre. Les esprits s'éc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  05 décembre 2016
Allongé dans la chambre de cette maison de retraite, à plus de 80 ans, attendant qu'on lui serve un repas ou quelque chose qui y ressemble, il se rappelle sa jeunesse...
Au début des années 30, Harry et sa petite soeur, Thomasina surnommée Tom, vivent paisiblement dans ce coin reculé de l'East Texas, dans leur propriété entourée d'arbres et la Sabine qui s'écoulait tout près. Maman au foyer et papa coiffeur, cultivateur et, accessoirement, constable de la petite ville de Pearl Creek, faute de shérif. le jour où Toby, leur chien, se fait écraser par une branche et se trouve ainsi estropié, les deux enfants n'ont d'autre choix, le coeur dans l'âme, que d'achever la pauvre bête souffrante. Les enfants décident d'aller en forêt mais s'amusant et chassant l'écureuil, ils s'éloignent de chez eux et finissent par se perdre. C'est alors que, le long de la berge, Harry aperçoit une masse grisâtre accrochée dans un églantier. La clarté de la lune lui permet d'identifier un visage. le visage d'une femme noire, entièrement nue, le corps tout gonflé et déformé, bâillonnée avec des barbelés. Premier cadavre d'une série qui va bouleverser la petite bourgade...
Dans l'East Texas, là où le KKK est omniprésent et règne en maître, la mort d'une femme noire, qui plus est de petite vertu, ne semble guère ni inquiéter ni émouvoir les habitants de Pearl Creek. C'était sans compter sur certaines personnes qui jugent les actes et sentiments de ce groupuscule violents, inacceptables et condamnables notamment Harry et son père, Jacob. Joe R. Lansdale nous plonge au coeur d'un état dans lequel il ne fait pas bon être noir et décrit parfaitement l'ambiance étouffante et parfois malsaine qui règne dans cette petite de Pearl Creek ainsi que les conditions de vie difficiles des Noirs. Il donne la parole à Harry, jeune adolescent qui, du haut de ses 13 ans, va se rendre compte du malaise régnant et ainsi perdre un peu de son innocence. Avec ce roman profondément noir, l'auteur prend le temps d'installer une intrigue captivante et parfaitement huilée et dresse une galerie de personnages tantôt touchante tantôt inquiétante. Des personnages qui, au fil des pages, s'étoffent et se dévoilent. Un roman à la fois sombre et poisseux, aux dialogues travaillés et à l'écriture maîtrisée.
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Kirzy
  05 janvier 2019
Cela démarre puissamment. Deux enfants, Harry treize ans et sa petite soeur, perdus, errent dans les marécages de l'East Texas ; ils sentent la présence inquiétante de quelqu'un ou quelque chose qui les suit, transformant leur périple en terreur nocturne : est-ce le fameux Homme-Chèvre ? Un « ambulant » ( un mort maudit qui a vendu son âme au diable ) ?
La force de l'irruption du fantastique se heurte rapidement à la découverte très terre-à-terre du cadavre atrocement mutilé d'une femme noire dénudée.
Harry sera nos yeux durant toute le roman selon le principe de l'analepse : c'est un Harry âgé de plus de quatre-vingt ans qui livre aux lecteurs ces souvenirs d'enfant sur cette enquête menée par son père, constable local ( sorte d'officier de police ), durant la Grande Dépression des années 30.
Tout est passionnant dans ce grand roman d'apprentissage proche de Ne Tirez pas sur l'Oiseau moqueur de Harper Lee : un père, ce héros, progressiste, vacillant dans un Etat sudiste et raciste où le Ku Klux Klan sévit comme acteur omniprésent du quotidien. Vouloir la vérité et découvrir le coupable de ce meurtre, c'est considérer qu'une vie noir vaut autant qu'une vie blanche, c'est nier le ségrégationnisme, c'est défier le Klan. le père ne cédera rien et en assumera les conséquences sous les yeux de son fils qui cherche à se construire dans ce monde complexe et violent.
Si l'enquête en elle-même est somme toute assez prévisible dans sa résolution, le final est d'une rare intensité sur les traces de la Nuit du chasseur : un fleuve, la nuit, deux enfants, un tueur.
Un polar profond, poisseux, résolument sombre.
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Crossroads
  12 septembre 2014
Y en a qui trouvent des oeufs de Pâques et puis y en a qui trouvent des cadavres. Harry et sa petite soeur se situeraient plutôt dans la deuxième catégorie. Jamais bon d'aller trainer dans les marais. La mauvaise nouvelle, ce corps mutilé qui fait un peu tâche dans le paysage. La bonne, il est noir. Et dans cette région du Texas où le KKK sévit majoritairement, ce serait même plutôt Noël avant l'heure.
Le père de Harry est coiffeur de métier, constable à temps partiel. Pas de shérif à déclarer dans cette petite bourgade, trop de responsabilités.
Son défaut, vouloir faire la lumière sur ce qui apparaît être le crime d'un "ambulant " alors que n'importe quel nègre ferait l'affaire et occasionnerait ainsi une pendaison digne de ce nom. C'est qu'on a placé très haut le niveau de marrade dans le coin.
La chance, ça va un temps. Aussi, dès que les macchabées commenceront à tirer sur le clair, les joyeux encagoulés et leur clique débilitante, paradoxalement, verront noir au point de réclamer enfin un coupable digne de ce nom !
Chacun connait l'univers impitoyable de Dallas, mais ça, c'était avant de percuter frontalement celui de Lansdale.
Un racisme pleinement reconnu et assumé, des crimes en série, des marais tout plein de gens qui font rarement marrer, amis de la gaudriole et de la dérision, bonsoir !
En ce début des années trente, Lansdale y décrit magistralement la délicate condition de noir perçu bien moins qu'une bête et tout juste bon à se balancer au bout d'une corde. Qu'y a t-il de plus détestable qu'un noir, un blanc qui épouse leur cause. Jacob, devenu shérif à temps plein et moderniste avant l'heure, s'y brûlera les ailes.
Le contexte est étouffant, la région n'incite pas au tourisme. L'auteur fait de ces marécages un personnage incontournable de ce grand roman, ajoutant encore un peu plus à ce sentiment d'oppression diffus au fil des pages.
Lansdale s'attache également à la perte de l'innocence. A ce virage de l'adolescence attaqué pleine bourre par un gamin insouciant qui vit là ses premières désillusions.
Attaquer Les Marécages, c'est se préparer à une sale apnée et une remontée sans paliers de décompression.
Quelques rares personnages viendront cependant apporter un peu de douceur dans ce monde de brutes mais de façon bien trop sporadique pour éprouver finalement la moindre empathie envers un genre humain en-dessous de tout.
Le constat est sans appel, noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir...
4,5/5
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jeranjou
  07 juin 2013
Mettez-vous dans la peau d'un enfant à la recherche d'un tueur en série !
Si vous n'avez jamais lu cet auteur américain, J. R. Lansdale, deux genres de romans s'offrent à vous.
Vous adorez le genre désopilant, déjanté et un peu vulgaire. Foncez tout droit vers les aventures des deux personnages Hap, le blanc hétéro et Leonard le noir homo, dans « L'arbre à bouteilles », « Tape-cul » ou autre « Bad Chili » par exemple.
Vous préférez les polars plus classiques ! Outre « Juillet de sang » qui tient la route, je vous entraine vers «Les Marécages», dont le récit se déroule dans les années 1930, sur fond de racisme anti noir encore très fort à cette époque aux Etats-Unis.
En lisant ce récit, j'ai tout de suite pensé au roman de C. J. Box « Meurtres en bleu marine » qui mettait en scène deux enfants, Annie et son frère William, témoins d'un meurtre également.
Dans «Les Marécages», Lansdale place le narrateur dans la peau du fils du shérif Harry de la petite ville de Pearl Creek, dans l'East Texas. Ainsi, Harry et sa petite soeur Tom vont devenir les héros de ce récit se déroulant près d'une rivière « la Sabine », lieu inhospitalier où un serial killer va sévir durant des mois.
Des jeunes femmes, souvent des prostituées noires, vont être torturées, ligotées et assassinées dans ces marécages. Mais qui est donc ce tueur fou ?
Le père d'Harry va donc enquêter sur ces affaires de meurtres afin d'identifier le meurtrier sachant qu'un mystérieux Homme-Chèvre se cache également depuis des années dans Les Marécages. A vous de deviner qui assassine toutes ce femmes à Pearl Creek !
A travers ce roman, j'ai bien aimé la manière avec laquelle Lansdale dénonce le traitement subi par les noirs à cette époque. Certains passages du livre sont très prenants comme la description de l'autopsie d'une victime faite par Harry à travers un trou de souris sur le toit du bâtiment. En outre, l'arrivée inattendue de cette grand-mère a relancé l'action dans la seconde partie du roman qui commençait à s'essouffler.
Pour les bémols, j'ai été un peu déçu par la lenteur du récit par moment, et l'enchainement des découvertes trop répétitives à mon gout. Il faut donc être en totale empathie avec le jeune narrateur pour profiter pleinement de ce polar, ce que je n'ai pas réussi à accomplir totalement.
Pour conclure, j'ai donc préféré les road trip déjantés de Hap Collins et Léonard Pine plutôt que «Les Marécages» même si ce roman peut plaire à un large public fan de paranormal ou d'histoires un peu fantastiques.
Dans le même genre mais en plus loufoque, « La bouffe est chouette à Fatchakulla » propose également le même genre de phénomène paranormal près de marécages en bord de rivière. Amateurs du genre, précipitez-vous !
PS : note de 3.5.
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Hugo
  30 avril 2015
« Joe R. Lansdale » c'est quand même le texan le plus cool que je connaisse après « Walker texas Ranger », c'est le papa de la série « Hap Collins » le blanc bien beauf, bien grade mais avec un coeur gros comme le tuyau d'arrosage qui sert à arroser les « jetseintes » de ma voisine de couchage et « Leonard Pine » le noir homosexuel ultra violent.
Deux texans pur souche qui mènent les enquêtes avec violence, meurtres, et tortures en tout genre… mes deux enculés préférés, n'y voyez aucun préjugé malsain sur la traite des "derrières", juste un jeu de mot sur les conditions d'entrée pour être pote avec le Léonard… l'autre étant porté sur les rouquines à gros nichons, comme moi, ça marche aussi pour le blondes, brunes, enfin toutes les gonzesses aux cheveux longs… gros kiffe pour les cheveux couleur d'ébène…
Donc sans me méfier et sans lire le résumé j'achète « Marécages »mais cette fois pas de Léonard ni de Hap... Là c'est du sérieux, genre premier degré, pas une touche d'humour dans ce roman, tout est NOIR, des personnages attachants, des autres attachés, des meurtres de prostituées pas claires (donc noire), une relation entre un père et son fils blanc qui mènent l'enquête, de la pauvreté, de la sécheresse, une belle morale sur la tolérance…
Et puis le racisme toujours, la misère intellectuelle de tous ces gens, ceux pour qui nous avons inventé le mot « Amalgame », vous connaissez ce mot que l'on entend à toutes les couleurs et toutes les religions depuis « Charlie » … ce mot à la mode qui me donne des frissons, vous savez pourquoi il me fout les jetons ? Parce qu'il justifie à lui tout seul la bêtise humaine, à partir du moment où tu fais des amalgames, c'est qu'il y a eut un raté, un chainon manquant dans ta tête de con… et donc tu vas raconter un tas de conneries parce que tu sais que dalle, juste ce que te racontent tes parents, les amis de tes parents, et l'histoire se répète, aujourd'hui encore, peut-être que c'est moins pire quoi que…
La couleur ne définit en rien qui on est, par contre ton éducation, ton lieu de naissance, tes fréquentations, ta religion, ta culture va définir le putain de trou de balle que tu vas devenir… le reste n'est qu'une histoire de gêne entre ton père et ta mère, quand papa dans maman a estimé qu'il était temps se retirer… mais trop tard…. Chiotte de bite, j'aurais du la mettre dans ton Derrière allez casse toi maintenant tu me dégoutes…
Au moins le sopalin peut rester au fond de ta poche, quoi qu'attention à cette dernière goutte qui dans un baroud d'honneur transpire le long de ta jambe, avant le déluge d'urine qui mettra fin à cette fuite laiteuse pleine d'ambition… oui une fois que tu fais pipi, plus de souci…
Mais ce fut long pour en venir au bout, et le bout est sensible après autant d'émotions, j'ai besoin de douceur, d'amour de ma prochaine, j'aimerai bien ne plus lire des tas de saloperies sur les noirs, comme se fesse qu'aujourd'hui encore, il y ait autant de racistes, d'intolérance, de violence…
Tout cela m'échappe, on lit, on subit, on voit, on pleure, on oublie mais que la vie est belle quand je te prends en levrette… (si tu as autre chose je suis preneur, je ramène le sopalin…)
A plus les copains blanc, noir, gris, jaune, et religieux de mes deux... de toute façon t'es née et t'es beau comme ça... les autres on s'en branle...
PS : https://www.youtube.com/watch?v=bIbTbMFqklk

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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
jeranjoujeranjou   07 juin 2013
Je suppose que certains avaient de l’argent à l’époque, mais pas nous. C’était la Grande Dépression.

Et de toute façon, si on en avait eu, il n’y avait vraiment pas grand-chose à acheter, ces années-là, à part des cochons, des poulets, des légumes et des denrées de base ; et puisqu’on produisait les trois premiers, c’étaient celles-là qui nous intéressaient, et parfois on faisait du troc pour se les procurer.
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ZilizZiliz   23 juin 2016
[autopsie, années 1930]
- [...] je dirais qu'elle a été violée. Son sexe est tout déchiré, donc elle a été forcée. Une fois que le gars a eu terminé, il l'a encore découpée un moment. Elle était toujours vivante. Et son clitoris a disparu.
- Son quoi ? demanda mon père.
- Son clitoris. C'est une partie du sexe féminin. Quand on le frotte, sur une femme vivante, ça l'excite vraiment.
- Ah ouais ? fit papa.
- Ouais. C'est un minuscule bout de chair qui roule sous votre pouce ou sous vos doigts. C'est un truc que tout homme devrait connaître, si vous comprenez ce que je veux dire.
Papa hocha de nouveau la tête, comme s'il réfléchissait à un grand mystère - ou plutôt à une information élémentaire qui, d'une façon ou d'une autre, lui avait été refusée. Je me promis, moi aussi, de m'en souvenir, même si, à ce moment-là [treize ans], je n'étais pas certain d'en avoir besoin un jour.
(p. 104-105)
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marina53marina53   05 décembre 2016
- J'étais au salon de coiffure de mon fils, à discuter avec des hommes, et c'est évident, ils ne connaissent rien à rien.
Maggie sourit.
- Je ne vous le fais pas dire, miss June.
Mémée continua l'étendage et ajouta :
- Ouais, ils croient tout savoir, alors qu'ils ne savent même pas par quel bout de leur personne sort leur merde.
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ZilizZiliz   24 juin 2016
Puis mémée annonça qu'on devait rentrer. Miss Maggie mit le reste des pâtisseries dans un moule métallique qu'elle emballa dans du papier marron.
« - Comme ça, il faudra me rapporter mon moule, déclara-t-elle. Je pourrai sans doute supporter votre compagnie. J'apprécie ma vieille mule, mais elle ne dit pas grand-chose.
- Un peu comme certains hommes que j'ai connus, approuva mémée. »
Miss Maggie laissa échapper un petit rire. On ramassa les tartes, on la salua et nous voilà partis.
(p. 236)
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santorinsantorin   03 décembre 2018
Des cerfs aussi, rôdaient dans ces bois. Il y en avait peut-être moins qu'aujourd'hui, maintenant que les viandards les font pousser comme du blé pour les moissonner avec leurs gros calibres pendant la saison, planqués dans leurs huttes et bourrés comme des coings. Ils les gavent de maïs et ils les habituent à l'homme pour pouvoir les descendre plus facilement et se donner l'impression d'être de grands chasseurs. Flinguer un cerf, transporter sa dépouille dans un pick-up et faire empailler sa tête leur coûtent plus cher qu'une visite chez le boucher du coin où ils pourraient acheter une quantité équivalente de steaks. Ces gars-là aiment bien se barbouiller le visage avec le sang de leurs victimes et prendre des photos, comme s'ils étaient de vrais guerriers. On jurerait que ces foutues bêtes, en face d'eux, étaient armées et dangereuses.
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