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EAN : 9782246758211
944 pages
Éditeur : Grasset (16/08/2017)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 40 notes)
Résumé :
Deux jeunes gens sortent sonnés de la Grande Guerre. L’un, Ernest Schoedsack, a filmé l’horreur dans la boue des tranchées ; l’autre, Merian Cooper, héros de l’aviation américaine, sérieusement brûlé, sort d’un camp de prisonniers. Ils se rencontrent dans Vienne occupée, puis se retrouvent à Londres où naît le projet qui va les lier pour la vie. Comment dire la guerre ? Comment dire ce puits noir où l’homme s’est perdu – et peut-être, aussi, révélé ? Pas de fic... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Franckync
  06 février 2020
Titre : Kong
Auteur : Michel le Bris
Editeur : Grasset
Année : 2017
Résumé : La grande guerre s'achève et laisse derrière elle des milliers de jeunes gens traumatisés par la violence des combats. Ernest et Merian sont de ceux-là. L'un s'est battu dans l'enfer des tranchées tandis que l'autre fut un as de l'aviation américaine. Les deux hommes se rencontrent dans Vienne occupée puis se retrouvent à Londres où le projet de leur vie prendra forme. Pour témoigner des horreurs vécues, pour rendre compte du siècle qui naît, il seront cinéastes. C'est le début des aventures qui les conduiront de Smyrne en Abyssinie et du Siam aux confins du Soudan.
Mon humble avis : Huit ans. Huit longues années. C'est le temps qu'il a fallu à le Bris pour achever ce roman foisonnant qu'est Kong. 944 pages d'émotions, d'entêtement, d'aventures aux quatre coins du monde, de quête d'absolu, de folie parfois. Ce roman est avant tout l'histoire de deux hommes que rien n'arrête, l'histoire de deux folies à peine maîtrisées, une histoire réelle qui dépasse l'entendement. Kong c'est aussi l'histoire d'une époque. La guerre est finie et le siècle panse ses plaies. Des aventuriers, des explorateurs, des inventeurs changent la face du monde et Lindbergh, Mermoz ou Amélia Earhart défient le ciel et ouvrent des horizons jusqu'alors inimaginables. Merian Cooper et Ernest Schoedsack sont de cette trempe, celles des découvreurs, des pionniers. L'histoire de ces doux dingues est ahurissante, plus grande que la vie, plus folle que beaucoup de fictions. Ces deux-là ont trainé leur guêtre dans des régions où aucun occidentaux n'avaient osé s'aventurer, ils ont été témoins de batailles épiques, ont posé le trépied de leur caméra dans des régions inhospitalières, ont traversé des chaînes de montagne qu'on pensait infranchissables. En quelques années, les deux compères sont devenus un duo mythique d'Hollywood et les stars d'un art qui n'en était alors qu'à ses balbutiements. Inspirés par de grands auteurs tels que Jack London, Melville ou Stevenson, les deux héros furent insatiables jusqu'à ce que l'usine à rêves californienne leur mette le grappin dessus. Et là, dans le dernier quart du roman, les deux hommes vont se lancer dans le projet qui fit leur renommée mondiale : l'écriture du scénario et le tournage de l'illustre King-Kong. Vous l'aurez sans doute deviné, j'ai adoré ce pavé, ce monument de près de mille pages. Kong est un grand, un immense roman. Haletant, ample, d'une richesse dingue, ce texte est ébouriffant, jamais ennuyeux et je n'attendrai certainement pas longtemps avant de me replonger dans un bouquin de le Bris. Kong est l'un des meilleurs romans d'aventure qu'il m'ait été donné de lire, un roman à la London, à la Stevenson, excusez du peu. Vous le savez j'ai une tendresse particulière pour ce type de littérature, mais il est rare de tomber sur de telles pépites, rare de lire des romans débordant d'une telle fougue, d'une telle humanité. Kong c'est le souffle d'une folle épopée, le roman optimiste d'une amitié, c'est aussi une leçon de vie donnée par deux trompe-la-mort magnifiques : Merian Cooper et Ernest Schoendsack.
J'achète ? : Que pourrais-je rajouter pour que tu te précipites sur ce bouquin ? C'est bien écrit, énergique, passionnant. C'est de la lumière, du tumulte et la poésie. Merci infiniment Mr Michel le Bris.
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coquinnette1974
  04 novembre 2017
Autre roman découvert grâce à Net Galley et Grasset : Kong de Michel le Bris.
Cet auteur que je ne connaissais pas du tout m'a permis de découvrir Merian C. Cooper. J'ignorais qui était cet homme, mais en fait nous le connaissons tous car c'est lui le créateur de King Kong. Ce dernier fait toujours les beaux jours du cinéma mondial.
Ce roman est un gros pavé et pourtant il se lit avec plaisir, et assez rapidement.
Je ne suis pas une grande connaisseuse des années 20-30 et là je me suis régalée, j'ai appris plein de choses, et cet ouvrage m'a captivé. Ce n'est pas vraiment un roman, plus un documentaire en fait mais il est tellement bien écrit qu'il se lit comme un roman.
Ce n'est pas un coup de coeur mais j'ai passé un très bon roman avec Kong, à qui je mets avec plaisir quatre étoiles :)
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micetmac
  28 mai 2018
Remontons le temps.
Pas autant que vous pourriez le croire. Arrêtons nous en 1993, pour l'instant. Cette année marque un jalon dans l'histoire du septième art, on corne la pellicule pour marquer le coup. 1993 est l'année de JURASSIC PARK. Des dinosaures plus vrais que nature baguenaudant pesamment (pour certains) dans de verts pâturages contemporains. C'était criant de vérité, peu importe ce que l'on pense du film par ailleurs (un réel savoir faire pour une histoire un brin pauvrette me semble-t-il), Spielberg a institutionnalisé son film dans les bréviaires, il y a eu un avant et un après JURASSIC PARK.
Mais on est loin, très loin, de la sidération, parfois frôlant la pure terreur, qu'éprouvèrent les spectateurs de KING KONG.
Un succès hors norme.
Et le film préféré de Adolf Hitler qui ne dédaignait pas se frapper les pecs en beuglant "je suis Kong", il avait vu la fin ?
Les effets spéciaux révolutionnaires pour l'époque nous apparaissent aujourd'hui datés à nos yeux blasés, gavés de prouesses numériques sur fond vert. Ce que l'on a gagné en réalisme troublant, on l'a perdu en poésie, je suis prêt à le parier.
Comment en vient-on à créer KING KONG ? A porter un tel phénomène ? A l'accoucher contre vents et marées ? Contre les préventions des comptables surtout, en pleine tourmente économique, la grande dépression, le Jeudi Noir, n'étant pas si loin ?
C'est qu'il vient de loin KING KONG. L'idée en a germé dans l'esprits de deux sacrés personnages, azimutés, survivants de la grande guerre et un peu fous, de cette folie qui t'envoient dans des contrées que l'on peine à imaginer... Deux jeunes gens sortent sonnés, hantés, de la Grande Guerre. L'un, Ernest Schoedsack, a filmé l'horreur dans la boue des tranchées ; l'autre, Merian Cooper, héros de l'aviation américaine, sérieusement brûlé, sort d'un camp de prisonniers. Ils se rencontrent dans Vienne occupée, puis se retrouvent à Londres où naît le projet qui va les lier pour la vie. Comment dire la guerre ? Comment dire ce puits noir où l'homme s'est perdu – et peut-être, aussi, révélé ? Pas de fiction, se jurent-ils : le réalisme le plus exigeant.
S'ensuivent des aventures échevelées : guerre russo-polonaise, massacres de Smyrne, Abyssinie, épopée de la souffrance en Iran, tigres mangeurs d'hommes, guerriers insurgés au Soudan… Leurs films sont à couper le souffle. On les acclame : « Les T.E. Lawrence de l'aventure ! » lance le New York Times. Eux font la moue. Manque ce qu'ils voulaient restituer du mystère du monde. Déçu, Cooper renoncera quelque temps – pour créer avec des amis aviateurs rien moins que… la Pan Am ! – avant d'y revenir.
Ce sera pour oser la fiction la plus radicale, le film le plus fou, pour lequel il faudra inventer des techniques nouvelles d'animation. Un coup de génie. Une histoire de passion amoureuse, mettant en scène un être de neuf mètres de haut, Kong, que l'on craint, qui épouvante, mais que l'on pleure quand il meurt… le film est projeté à New York devant une foule immense, trois semaines avant qu'Hitler ne prenne les pleins pouvoirs.
Il en faut du talent pour nous harponner sur un tel quintal littéraire, plus de 900 pages au garrot. de la première scène saisissante : une avant première du film tiré des romans de Conan Doyle LE MONDE PERDU...
... A celle de KING KONG qui sauvera presque la RKO à lui tout seul ; nous non plus on n'aura pas lâché ces deux affamés d'absolu qui auront su nous faire oublier l'illusoire petitesse de notre existence.
Illusoire car KONG nous redonne le gout de l'aventure, elle ne se trouve pas qu'au Kilimandjaro mais aussi au coin de la rue.
OK...
Peut-être celle d'après...
Lien : https://micmacbibliotheque.b..
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94sophie947708
  30 octobre 2017
Un roman qui doit se lire doucement, afin de s'imprégner de son histoire, de ses personnages, du contexte et des évênements historiques.
On y suit l'histoire de deux soldats, rescapés de la première guerre et qui deviennent amis: Cooper et Shooty.
Ils ont tous deux l'envie de montrer par des films les effets de la guerre, telle qu'elle est vécue au quotidien.
C'est ainsi que débute leur carrière, puis ils parcourent le monde, pour filmer des endroits, des personnages méconnus.
En revenant aux USA, ils mettent en place avec leur équipe, le projet gigantesque d'un film inédit ; KING KONG.
Un genre nouveau est né : le film avec des effets spéciaux, des frissons, une gigantesque marionnette articulée, et une histoire romantique.
Le succès est au rendez-vous, mais avec la deuxième guerre, qui se profile, il faut gérer le succès et la suite du parcours des studios de cinéma, et de la maison de production, dont ils sont les dirigeants.
C'est bien écrit, facile à lire, intéressant, riche en rebondissements, aventures, et documenté, avec les faits et le contexte de l'époque.
Ne vous laissez pas rebuter par les 900 pages, elles se lisent vite, et sont vivantes et lumineuses.
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Ecureuil
  21 juin 2020
King Kong. Un mythe. Un monument. Un film inoubliable. Un chef d'oeuvre.
Écrite comme un roman, on découvre ici la genèse de ce film de 1933. Cooper et Shoedsack se sont rencontrés sur le front européen pendant la Première Guerre Mondiale. Et depuis, ils ne se quittent plus. Ils parcourent le monde pour y tourner des films documentaires plus ou moins romancés, scénarisés. Ensemble, ils recherchent la nature humaine. Et King Kong n'est que ça : plus humain, mais pas plus sauvage que l'espèce humaine.
Le style de l'auteur est assez déroutant au début, mais je m'y suis fait, et je suis venu à bout de ce monumental ouvrage. de quoi vous donner envie de voir et revoir le film.
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critiques presse (6)
Culturebox   13 décembre 2017
Sur neuf cents pages, Michel le Bris déroule l'entre-deux guerres, le vent de folie artistique, la soif de nouveaux horizons, et et la magie du cinéma, où tant reste à inventer.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeMonde   16 octobre 2017
Dans « Kong », récit endiablé, Michel Le Bris revient sur la gestation du monstre mythique à travers le destin de ses pères, Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Bibliobs   29 septembre 2017
Après huit années de recherche et d'écriture, Michel Le Bris publie “Kong”. C'est un monstre.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro   04 septembre 2017
Comme ses deux protagonistes, Le Bris admire et connaît par cœur Stevenson, Melville, Conrad et London. Avec Kong, roman d'aventures comme on n'en fait plus, il est parvenu à égaler ses maîtres.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Culturebox   04 septembre 2017
Ce roman aux scènes dantesques fait voyager le lecteur d'une Abyssinie inconnue aux altitudes enneigées de l'Iran, pour finir par la pire des jungles, Hollywood. Huit ans de labeur ont accouché d'une oeuvre à la hauteur.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaLibreBelgique   23 août 2017
Michel Le Bris retrace le parcours torrentueux de Cooper et Schoedsack.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   28 décembre 2017
Théo est devenu un autre homme, effaçant chaque jour un peu plus les derniers vestiges de sa vie d’escroc à la petite semaine. Au fur et à mesure, il se transforme, adoptant les gestes, les manières de penser, jusqu'à l'accent, ciselé et pointu. « Etre parisien ça n'est pas être né à Paris, mais y renaître », disait Sacha Guitry. Bien sûr, tout ne va pas sans mal ; la langue française et ses subtilités, ses jeux de mots, la logique mathématique derrière les chiffres 70, 80 et 90 lui posent encore problème. De même que la bise aux femmes. « Chez nous c’est deux, en partant de la gauche », lui rappelle son mentor. Il n'empêche, son initiation semble en bonne voie. Il est plus sophistiqué, plus confiant, moins innocent peut-être. La douce naïveté laisse peu à peu la place à la critique, toujours plus acerbe, voire parfois méprisante. Surtout envers les gens de la province environnante, ces paysans mal dégrossis.
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rkhettaouirkhettaoui   28 décembre 2017
Les Allemands, aux termes de l’armistice, renonçaient aux territoires qu’ils occupaient depuis plus d’un siècle et retiraient progressivement leurs troupes, remplacées non sans heurt par des troupes polonaises. Mais les Russes, ne s’estimant pas tenus par le pacte, faisaient mouvement, eux aussi, de plus en plus nettement, à mesure qu’ils en finissaient avec leur guerre civile.
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rkhettaouirkhettaoui   28 décembre 2017
Les spécialistes se chamaillaient sur la nature des bêtes aperçues, cet ancêtre du rhinocéros était de toute évidence un tricératops, les deux autres monstres un brontosaure, dinosaure saurischien, et un allosaure, dinosaure théropode comme chacun savait, comment pouvait-on être à ce point ignare ? Nous étions peut-être au seuil d’un continent nouveau de l’esprit humain, déclarait un philosophe, ce film ouvrait des perspectives immenses : si en nous était la mémoire enfouie, non seulement des premiers âges de l’homme, mais aussi de la longue chaîne de l’évolution, ne pouvait-elle pas se trouver en effet réactivée par ce que Doyle disait un pouvoir « psychique » ?
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rkhettaouirkhettaoui   28 décembre 2017
D’honneur. Si un mot n’avait plus de sens, là-bas, c’était bien celui-là. Polonais, Russes, Allemands, Tchèques, Lituaniens, Ukrainiens, Silésiens, tous se battaient les uns contre les autres. Ou entre eux, Russes blancs contre bolcheviks, catholiques contre orthodoxes, nationalistes contre nationalistes. Dans la boue et la neige, tous crevant de froid, décimés par les épidémies, tous pillant, tuant, violant, emportés dans un vertige de destruction. Plus de civils et de militaires : le grand chacun pour soi. Un seul mot d’ordre, survivre. Qu’avait à faire l’honneur, dans ce cauchemar ?
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rkhettaouirkhettaoui   28 décembre 2017
À l’instant de se quitter, Lisa lui avait glissé dans la main le livre qui l’avait accompagnée dans le train. La couverture toilée gardait de son parfum, et il s’était plongé dans le roman dès son retour en cellule, pour prolonger un peu sa présence, oublier les barreaux. Combien de fois l’avait-il lu, depuis ? De Conan Doyle, il connaissait quelques aventures de Sherlock Holmes, comme tout le monde, mais ce Monde perdu était différent : sinon un chef-d’œuvre, une vision d’une telle puissance qu’elle lui avait mis l’esprit en feu.
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Festival Étonnants Voyageurs à Saint-Malo du 19 au 21 mai 2018.
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