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ISBN : 2072746469
Éditeur : Gallimard (05/10/2017)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Voici donc des histoires croisées, celle de Jérémie, en quête de Raphus cucullatus, alias l'oiseau de nausée, le dodo mauricien jadis exterminé par les humains, et celle de Dominique, alias Dodo, l'admirable hobo, né pour faire rire. Leur lieu commun est Alma, l'ancien domaine des Felsen sur l'île Maurice, que les temps modernes ont changée en Maya, la terre des illusions :
« Dans le jardin de la Maison Blanche le soleil d'hiver passe sur mon visage, bientôt... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
okada
  01 novembre 2017
D'abord, je précise que je n'aborde pas la lecture du dernier roman de J.MG. Le Clézio en néophyte. J'ai déjà lu une quinzaine d'écrits de l'auteur. D'où peut-être, pour moi, un manque de surprise, un effet de lassitude qui ne touchera pas d'autres lecteurs.
Cela étant posé, je peux commencer par dire ma grande admiration pour cet écrivain, pour son style inimitable, d'une beauté formelle et classique. La parole, est belle, déliée et poétique, à la limite du lyrisme mais pour mieux chanter la richesse et la complexité humaine.
Comme toujours chez Le Clézio ; on retrouve ses descriptions saisissantes, ses litanies de lieux et de noms à la manière d'un Jules Verne contemporain. D'ailleursLe Clézio n'est-il pas une sorte d'écrivain-aventurier que l'introspection et l'inquiétude auraient touché de leurs ailes ?
Une fois encore, Le Clézio explore sa mémoire familiale en partant du « drame » qu'il perçoit comme à l'origine de sa vocation littéraire : la faillite et l'exil en France de son parent issu d'une riche famille mauricienne. Il décale les personnages, enfourche son imagination et nous livre une histoire entre conte et réalité. Autour d'icônes familiales réinventées (Dodo, devenu le clochard exemplaire de son île, une ancêtre chanteuse lyrique, entre autres), le romancier tisse sa toile. Il prend pour prétexte la quête d'une sorte de double de lui-même dont la vie est orientée par la quête des souvenirs. Jérémie Felsen n'a gardé qu'une chose de son passé : une pierre à gésier d'un dodo (cet oiseau disparu, symbole de l'Île Maurice) que son père avait trouvé, enfant, dans les champs de canne. Avant la « déchéance » familiale, avant le départ pour l'Angleterre puis la France…
Jérémie part donc sur l'île de ses ancêtres pour enquêter sur le dodo mais aussi sur les traces de sa famille. Cette quête se transforme en dossier à charge contre la modernisation de l'île et les vices humains… Car d'autres voix vont progressivement émailler le récit. Jérémie raconte ses recherches, ses interrogations ; Dodo le hobo nous narre de sa naïveté d'enfant éternel son histoire ; les figures oubliées des pages les plus noires de l'histoire mauricienne, liées à l'esclavagisme, viennent aussi se présenter à nous, tels des fantômes à la voix d'outre-tombe.
JMG le Clézio livre une histoire plurielle sur les destins humains emportés par la grande roue de l'histoire. On retrouve son sens de la justice et ses grands thèmes : les « petits » écartelés par les riches, l'exil, la prostitution. Ceux qui ont aimé « Poisson d'or », « le Chercheur d'Or » ou « L'Africain » retrouveront tous ce qu'ils aiment chez le Prix Nobel de littérature, de nouveau creusé et approfondi, l'effet de surprise en moins.
La quête du dodo est la nouvelle pièce de ce puzzle toujours refait par l'auteur. On apprend des choses passionnantes sur le sujet, on sent que l'auteur est allé à la source se documenter. Cette chasse au trésor aurait pu s'avérer passionnante, mais le romancier refuse toute construction dramaturgique, tout suspens… Avec un tel sujet, c'est dommage. On imagine ce qu'une Tracy Chevalier aurait fait d'une telle manne… Sur ce même sujet, d'ailleurs, j'ai préféré « Sous la varangue » de Christophe Botti, bien mieux renseigné et finalement plus romanesque alors qu'il s'agit d'un texte de théâtre. On a en effet parfois l'impression, à lire Le Clézio, qu'il oublie ses lecteurs et qu'il n'écrit plus désormais que pour lui… Mais sans doute sa quête est-elle ailleurs, désormais (et notre plaisir de lecteur aussi) : c'est une quête de plus en plus personnelle en même temps qu'une quête littéraire.
En faisant parler les autres, Le Clézio s'interroge sur l'humanité et sur ce qui nous rassemble. Vers la fin du livre, Dodo, l'un des protagonistes principaux en arrive à la même conclusion qu'Alexis, le héros du « Chercheur d'or », roman écrit il y a presque 30 ans : « Les gens croient qu'ailleurs c'est différent. Mais ailleurs, c'est pareil… »
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UnChercheurDOr
  16 octobre 2017
Dans la lignée du "Chercheur d'or" et de "La Quarantaine", un nouveau "roman mauricien du grand Le Clézio.
Il faut entrer dans ce livre comme dans la tête d'un auteur qui pétrit depuis des années un matériau intime pour tenter de toucher l'universel.
Le Clézio n'endosse pas le JE, il se crée un narrateur, qui est en fait un double de lui-même puisqu'il reprend ses obsessions pour l"héritage familial bafoué (la maison originelle Eureka dont sa famille a été dépossédée et devenue Alma dans le roman), la difficulté des humains à vivre ensemble et l'injustice sociale (ici les différences de classe entre anciens esclaves et engagés mais aussi entre les différents milieux "blancs" de l'île Maurice) et son plaidoyer pour la planète (thème un peu plus nouveau) au travers de la quête du dodo et le soin que l'auteur prend à nommer les plantes endémiques de son île fantasme (il n'y a jamais vécu puisque sa famille s'est exilée en Europe, en France, avant sa naissance).
Il y a du Jules Verne chez Le Clézio (encore l'enfant lecteur qui sommeille en lui comme si plus on vieillissait, plus on se rapprochait de ce qui nous a fondés enfants), il liste les noms de famille mauriciens, les anciennes propriétés sucrières et les plantes ! Mais il y aussi sa touche personnelle, sa poésie à suivre des personnages en errance (ce n'est sans doute pas un hasard si un de ses précédents romans s'intitulait "Étoile errante"). C'est là où le bas blesse parfois. le roman est construit sur un double récit, le double parcours de deux personnages dont le point commun est le nom de famille. Pour ma part, je trouve que ces deux histoires s'entremêlent maladroitement, un peu comme un prétexte pour raconter deux histoires qui n'ont pas de véritables liens mais que l'auteur veut absolument rassembler. le personnage de dodo, un clochard céleste, termine son parcours en France. Je dois avouer que j'ai trouvé toute cette partie peu claire, des raisons de son voyage jusqu'à ses actions et motivations sur le sol français...
J'ai largement préféré toute la partie mauricienne du récit au côté de ce jeune homme en quête d'identité. Pourtant, même dans cette partie, la quête du protagoniste me semble faible en motivations. Pourquoi revient-il à ce moment précis? Que recherche-t-il vraiment ? Là encore, prétexte à remonter le temps, à écrire des chapitres que j'ai adoré sur la marre aux songes (lieu de recherche sur le dodo) ou sur le premier voyage d'un dodo en Europe. Mais l'ensemble ne tient pas solidement la route en terme de narration.
En résumé, des chapitres avec des fulgurances, une évocation de l'île Maurice qui parlera très fort aux Mauriciens et aux amoureux de Maurice, mais une histoire qui, à mon avis, ne tiendra pas en haleine ceux qui ne sont pas déjà des convaincus de le CLézio.
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gilles3822
  19 octobre 2017
Le Clézio touche à l'universel, autant par ses écrits que par ses (rares) interventions médiatiques. Ce roman clôt un cycle sur Maurice, île qui lui est chère, au travers d'une double quête, identitaire pour l'un, existentielle pour l'autre. Les sujets abordés sont d'une actualité brûlante, cette île concentre à elle seule toutes les problématiques qui hantent nos consciences d'occidentaux, de l'esclavage d'hier aux migrants d'aujourd'hui avec la mauvaise conscience ou la mauvaise foi occidentale, selon la famille dans laquelle on est né. Les drames croisés d'enfants naturels, reconnus ou non, alimentent un malaise persistant, au hasard des bonnes ou mauvaises fortunes. L'île Maurice est un creuset formidable dans lequel se mêlent blancs, noirs, métis, indiens où la hiérarchie des races reste une donnée palpable. La quête de l'homme blanc sur l'île est sans issue, les fantômes sont légions, les traces de ses ancêtres ont disparu, seuls des ombres peuplent les plantations et les sucrières, de la splendeur du passé ne subsiste plus que les discours de vieillards à la mémoire vacillante, il s'en va, penaud, rejeté par une indigène, exotisme de pacotille, même cela, il n'y aura pas droit. Que dire du lépreux, bâtard rejeté chez lui, réduit à une quête d'absolu dans une ville inconnue, Paris, mirage d'un temps, vite disparu dans une réalité grise et sinistre, migrant parmi d'autres compagnons de misère, Maurice est loin mais ici, il semble moins souffrir, soutien occasionnel de pauvres hères, existant à travers leurs regards de désespérés. Rien de très gai dans tout cela malgré quelques belles rencontres, là aussi empreintes d'illusions vite emportées par un vent mauvais.
Que reste-t-il de cette belle île, avec ces oiseaux disparus, qu'un paradis bleu turquoise pour touristes de passage, artifice ultime conjurant le sort d'un monde à jamais disparu.
Les personnages se traînent un peu mais l'humanité qui se dégage de ce texte emporte l'adhésion, par delà la moiteur ambiante.
Le Clézio est un grand écrivain même alangui dans la douceur tropicale.
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Marti94
  06 novembre 2017
"Alma" c'est le genre de livre que l'on n'a pas envie de quitter, qu'on lit avec attention en retenant son souffle. C'est le dernier roman de Jean-Marie Gustave le Clézio, prix Nobel de littérature 2008.
Alma c'est l'ancienne propriété de la famille Felsen à l'île Maurice.
L'ile Maurice j'y suis allée et j'ai vu la maison familiale des Le Clézio. Je m'imagine donc le décor de cette histoire de famille, celle de blancs Mauriciens, comme la sienne.
Ce roman c'est d'abord deux destins croisés. Il y a Dominique, le perdi bande, celui qui n'a plus de visage, rongé par la maladie et qui s'exilera en France pour devenir vagabond et y mourir. Et il y a Jérémie à la recherche de ses racines et des secrets de sa famille. Il fera le chemin inverse de celui de Dominique en allant à l'Ile Maurice pour trouver des réponses sur ses origines.
Le passé de l'île c'est le Dodo, gros oiseau qui ne peut pas voler, aujourd'hui disparu et dont il cherche les traces. C'est un fossile qui était vivant à l'époque où les premiers humais sont arrivés à l'île Maurice. C'est une figure tragi-comique attachante, décrite un peu comme un humain, un peu ridicule et en même temps touchant, quand on le capture il pleure, il se laisse mourir de faim si on l'enferme, il ne peut pas vivre sans sa compagne et il est condamné.
Mais l'île est marquée par d'autres fantômes du passé car elle a été une plaque tournante de l'esclavage. D'ailleurs, Jean-Marie Gustave le Clézio commence par évoquer les esclaves en leur donnant une identité. Il explique que quand il s'agissait de baptiser des esclaves, on leur donnait pour nom de famille le nom du bateau dans lequel ils étaient arrivés, L'hirondelle, La sémillante, le Redoutable. le vol de leur nom, c'était le vol de leur existence.
Le Clézio sait aussi parler de façon admirable des gens d'aujourd'hui dans ce grand roman sur la filiation, les origines et l'ascendance qui n'est pas sans rappeler sa propre histoire.
Lu en octobre 2017
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SabiSab28
  02 novembre 2017
Alma où la quête d'une histoire de famille, entre mythes ensorcellants, passé douloureusement esclavagiste et desctruction massive d'une île foisonnante de beautés florales.
Le Clézio nous ramène dans son île Maurice pour à partir à la recherche du fameux dodo disparu, éteint par la faute des hommes. Mais, cette recherche ira au-delà d'un simple animal. C'est toute une dynastie qui aura disparu au gré de l'histoire, les esclavagistes, les noirs, les marrons, les riches, les pauvres, ceux qui font parler leur coeur et non leur sang, ...
L'un court vers son île pour comprendre sa lignée, son père, lui-même, pour retrouver ses racines, son histoire et l'autre la quitte pour se retrouver au milieu des siens, les nantis, les exclus, ... Lequel en sera le plus apaisé à la fi de sa vie ...

La plume de le Clézio est toujours aussi poétique, emprunt d'une beauté naturelle que ce soit pour parler de la magnificence de l'île ou des monstruosités humaines, qu'elles soient anciennes ou contemporaines.
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critiques presse (9)
LePoint   30 octobre 2017
Dans "Alma", J. M. G. Le Clézio, Prix Nobel de littérature, nomme les parts manquantes de l'île dont sa famille est issue. Biographie et poésie.
Lire la critique sur le site : LePoint
Culturebox   25 octobre 2017
On retrouve avec "Alma" l'ample prose poétique de Le Clézio, et aussi tous les thèmes qui jalonnent son oeuvre : l'océan, la nature, l'oppression, et au cœur de tout : les mots et la langue. Un cadeau.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeMonde   23 octobre 2017
Avec « Alma », le Prix Nobel 2008 retourne à la terre de ses aïeux et y fait converger quelques-uns des grands thèmes de son œuvre.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaLibreBelgique   17 octobre 2017
Très beau roman de Le Clézio sur le retour à l’île Maurice, ses fantômes, sa douceur, ses malheurs. Le dodo, l’oiseau mythique, y a été exterminé comme le fut largement ce paradis du Sud.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro   16 octobre 2017
Dans son nouveau roman, sorti le 5 octobre dernier, le Nobel de littérature nous transporte vers la terre de ses ancêtres.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaCroix   13 octobre 2017
À travers l’histoire d’une famille déchue, J.M.G. Le Clézio fait entendre les voix perdues de l’île Maurice, où il a ses racines.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LaCroix   13 octobre 2017
Alors que sort son dernier roman, Alma, récit croisé des derniers rejetons d’une famille ancienne de l’île Maurice, l’écrivain prix Nobel de littérature en 2008, revient sur l’importance de ses racines mauriciennes.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Liberation   09 octobre 2017
Retour pour J. M. G. Le Clézio à l’île Maurice, où le passé esclavagiste est enfoui sous l’éden touristique.
Lire la critique sur le site : Liberation
Lexpress   09 octobre 2017
Ceux qui, jusqu'ici, sont restés insensibles à la prose neutre et plutôt ennuyante de J. M.G. Le Clézio ne seront pas non plus conquis par son nouveau roman, Alma.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   30 septembre 2017
Les noms apparaissent, disparaissent, ils forment au-dessus de moi une voûte sonore, ils me disent quelque chose, ils m'appellent, et je voudrais les reconnaître, un par un, mais seule une poignée me parvient, quelques syllabes dérisoires, arrachées aux pages des vieux bouquins et aux dalles des cimetières. Ils sont la poussière cosmique qui recouvre ma peau, saupoudre mes cheveux, aucun souffle ne peut m'en défaire.
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rkhettaouirkhettaoui   25 octobre 2017
Les noms apparaissent, disparaissent, ils forment au-dessus de moi une voûte sonore, ils me disent quelque chose, ils m’appellent, et je voudrais les reconnaître, un par un, mais seule une poignée me parvient, quelques syllabes dérisoires, arrachées aux pages des vieux bouquins et aux dalles des cimetières. Ils sont la poussière cosmique qui recouvre ma peau, saupoudre mes cheveux, aucun souffle ne peut m’en défaire. De tous ces noms, de toutes ces vies, ce sont les oubliés qui m’importent davantage, ces hommes, ces femmes que les bateaux ont volés de l’autre côté de l’océan, qu’ils ont jetés sur les plages, abandonnés sur les marches glissantes des docks, puis à la brûlure du soleil et à la morsure du fouet. Je ne suis pas né dans ce pays, je n’y ai pas grandi, je n’en connais presque rien, et pourtant je sens en moi le poids de son histoire, la force de sa vie, une sorte de fardeau que je porte sur mon dos partout où je vais. M
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rkhettaouirkhettaoui   25 octobre 2017
Alma. Je sais dire ce nom depuis que je suis tout petit. Je dis : Mama, Alma. Mama c’est Artémisia. Maman, je ne m’en souviens pas bien. Elle est morte quand j’ai six ans. Elle est grande et pâle. Il paraît qu’elle est en train de mourir lentement, du sang, ou des os. C’est une grande chanteuse, c’est ce que tout le monde dit, c’est pourquoi mon papa l’aime malgré les gens méchants qui veulent qu’elle parte parce qu’elle est créole, de l’île de La Réunion, avec beaucoup de cheveux frisés. Très maigre, toujours droite. Je me souviens d’elle avant sa mort, elle est debout devant la porte de la cuisine, elle est blanche, vêtue d’une chemise de nuit blanche. Harekrishna le jardinier dit qu’elle ressemble à un fantôme. Où est Artémisia ? Mama, c’est elle que je veux. Je crie vers le fantôme, ce n’est pas toi que j’appelle, c’est Mama, Artémisia, ma nénéne.
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celinefabre27celinefabre27   04 novembre 2017
Moi je ne veux pas pleurnicher, ça sert à quoi de pleurer ? Ils prennent le piano à la maison, mais je garde les notes dans ma tête, et quand je veux, je les fais voler. Sous le manguier, la petite fille mongolienne vient écouter, les notes l'attirent en volant dans les airs, les notes sont de toutes les couleurs, elles ont le goût des bonbons et du miel, mais aussi par moment le goût de la pluie et du vent des cyclones, pour elles je chantonne la musique, même si elle ne comprend pas je crois qu'elle les sent, pas avec des mots, avec des sons, juste à l'arrière de la bouche, les dents serrées, hm-hm, lan lan, hm-hm, les Romances sans paroles de Mendelssohn, ça c'est bien puisqu'elle ne peut pas comprendre les paroles.
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rkhettaouirkhettaoui   25 octobre 2017
Mon père était émigré, on dit maintenant, de la « diaspora » — c’est un mot que je ne lui ai jamais entendu dire, pas plus que le mot « exil ». Il n’en parlait pas, même s’il était imprégné de la plus profonde nostalgie pour son pays natal. Ses regrets, il ne les disait pas avec des mots. Il les extériorisait par ses gestes, par ses manies, par ses fétiches.
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"La responsabilité, c'est une réalité": le vibrant plaidoyer de Le Clézio pour les migrants
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