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EAN : 9782070380824
375 pages
Gallimard (30/11/-1)
3.97/5   478 notes
Résumé :
Le narrateur Alexis a huit ans quand il assiste avec sa sœur Laure à la faillite de son père et à la folle édification d'un rêve : retrouver l'or du Corsaire, caché à Rodrigues. Adolescent, il quitte l'île Maurice à bord du schooner Zeta et part à la recherche du trésor. Quête chimérique, désespérée. Seul l'amour silencieux de la jeune «manaf» Ouma arrache Alexis à la solitude. Puis c'est la guerre, qu'il passe en France (dans l'armée anglaise). De retour en 1922 à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
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Wyoming
  26 décembre 2020
Venant juste de terminer la lecture du "Voyage à Rodrigues", je n'ai pu résister à reprendre celle du "Chercheur d'or", en mode rapide, car, l'ayant lu il y a une vingtaine d'années, et même si j'en conservais le souvenir éblouissant d'un roman extraordinaire, avec la mer omniprésente et la quête d'un trésor imaginaire, il me manquait bien des détails en mémoire et j'ai donc été à nouveau conquis par cette oeuvre -- d'ailleurs comment ne pas l'être en parcourant une écriture tellement riche et puissante qu'elle surclasse la plupart des émotions que peut procurer la lecture?
Les premiers héros de cette belle histoire sont la mer, la nuit, le ciel, les étoiles, les oiseaux, surtout la mer bien sûr que JMG décrit avec autant de variations dans son style qu'elle-même peut en offrir à toutes les heures, toutes les saisons et par tous les temps. Le Clézio livre une sanctification totale des éléments maritimes, avec cette confusion admirable du ciel et de la mer, puis ces constellations qu'il connaît par coeur, particulièrement dans l'hémisphère sud où se situe la plus grande partie de ce roman.
Le lecteur est d'ailleurs saisi par la mer dès la première phrase du livre : "Du plus loin que je me souvienne, j'ai entendu la mer" et ainsi tout au long de cette aventure humaine, jusqu'à la dernière phrase : "Il fait nuit à présent, j'entends jusqu'au fond de moi le bruit vivant de la mer qui arrive".
Ce bruit vivant accompagnera la lecture d'abord dans l'enfance et l'adolescence du héros, marquée par le départ douloureux et contraint de la maison familiale, avec peu après la séparation de ses proches, particulièrement sa mère et sa soeur, Laure.
Puis, c'est le long voyage vers Rodrigues, avec encore le mélange des sentiments sur le bateau, le bruit des voiles, des tempêtes, la houle ou le calme, et toujours ces ciels magiques, visibles uniquement en mer ou en montagne, la Voie lactée et les myriades d'étoiles qui installent les rêves à savourer les yeux ouverts.

Enfin, l'île et la quête du trésor du corsaire, avec des détails techniques sur l'orientation qui ont pu lasser des lecteurs, et que je n'ai ressentis que comme des respirations permettant de reprendre souffle avant d'être à nouveau emporté par la poésie de le Clézio, face à tout ce qu'il voit au-delà des vacoas, des falaises, de la barrière de corail, et dans son imaginaire.
La rencontre avec la jeune fille, Ouma, apporte des moments de plénitude à partager avec le chercheur d'or, Ali, tout en enviant leur idylle, aussi belle que tout l'environnement qui la fait naître.
La guerre, hélas, n'est pas en reste, puisque Ali va revenir pour combattre à Ypres ou dans la bataille de la Somme. Le Clézio en profite pour insister sur l'absence de sens de "la plus stérile des réunions d'hommes".
Enfin, un dernier retour à Rodrigues, pour se convaincre de la vanité de la recherche de l'or et faire partager au lecteur toute la mélancolie du temps, la perte des êtres chers, la perte d'un amour devenu impossible, et admirer encore les ciels étoilés, la nuit, la lumière du soleil et sentir jusqu'à la dernière minute de lecture, la dernière page de bonheur perdu.
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paroles
  13 février 2019
Quelle écriture fascinante ! Elle vous plonge inexorablement dans le tableau dépeint par l'auteur au coeur de l'île Maurice. La nature omniprésente vous fait palpiter le coeur car vous courez vous aussi à travers les champs de cannes à sucre dont les feuilles sèches vous irritent la peau, vous courrez vers l'océan dont vous humez les embruns et dont vous entendez le ressac... La nature transpire en vous, tous vos sens sont incroyablement attirés par elle. Vous aspirez la nuit et son ciel étoilé. Vous respirez les odeurs des arbres, des fleurs et de leurs différentes essences. Vous écoutez et reconnaissez les bruits qu'elle produit... C'est fantastique, magique. Jamais une lecture ne m'avez emportée si loin dans les ressentis. Quel bonheur de lecture, quel plongeon, quelle ivresse !

Bien sûr il n'y a pas que la fascination de la nature, il y a aussi la quête d'Alexis pour répondre au voeu de son père défunt et ruiné, celle de retrouver l'or du corsaire enfoui à l'île Rodrigues. Des années de recherches dans la quasi-solitude, si ce n'est l'amour partagé avec Ouma, une « marron » vivant loin des hommes blancs et de leur cupidité.

Mais ce roman, c'est aussi un cri poussé contre la bêtise humaine, celle de la colonisation, de la guerre, du massacre des tortues...
Les ouragans et cataclysmes ne sont pas seulement ceux provoqués par la nature.
Il y est montré aussi le désintérêt face à l'argent, aux vêtements, aux possessions de toutes sortes.
Seule la communion avec la nature permet au héros de se retrouver face à lui-même et de découvrir le véritable sens de son existence. Mais un bémol demeure, cette quête est solitaire et ne lui permet pas de s'intégrer au monde qui l'entoure...

J'ai adoré cette lecture qui vous insuffle par tous les sens le bonheur de vivre en harmonie avec la nature.

Lien : http://mespetitesboites.net
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lecassin
  19 janvier 2014
« le chercheur d'or ».
Un superbe roman initiatique… on traverse les mers et le temps. Ainsi passe-t-on de l'île Maurice à Rodrigues, en faisant un détour par Ypres pendant la guerre de 14.
Ainsi aura été la vie D Alexis, né à Maurice, vivant miséreux mais heureux au lieu-dit « l'Enfoncement du Boucan », épris de mer et de liberté…
Alexis sera également chercheur d'or : suivant de vieux papier découverts à la mort de son père, il partira quatre ans à Rodrigues à la recherche du « trésor du Corsaire », caché dans l'anse aux Anglais…
Et puis il y a les cyclones comme autant de virages décisifs dans la vie D Alexis
Au risque de dévoiler un secret de Polichinelle – à moins que tous ne l'aient déjà compris –, Alexis ne trouvera pas le trésor… se trouvera-t-il lui même ? …
On connaît l'attachement de le Clézio pour l'île Maurice, lui qui n'hésite pas à se définir comme « un écrivain mauricien de langue française ». Un attachement qui transparaît à toutes les pages de cet étonnant roman initiatique que pour ma part j'élève au même niveau que le fameux et désormais classique « Vendredi ou les limbes du Pacifique » de Michel Tournier.
Un roman maritime(une île) et tellurique (les tranchées de la Somme), éolien également (les cyclones)… Quand Tournier situe son « Vendredi… » sur une île (Defoe oblige…) ; quand il fait se réfugier Robinson dans un boyau souterrain en position foetale et quand l'Andoar fait jouer le vent dans ses cornes…
Deux chefs-d'oeuvre. Deux classiques…
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Myriam3
  26 juin 2016
Envoûtant et hypnotique, voici ce qui me reste de ce livre. A la fin du dix-neuvième siècle, Alexis, un jeune Mauricien, perd le domaine familial et son père. Il n'aura de cesse suite à ça de chercher le trésor du Corsaire dont son père gardait toutes les indications de lieu.
Le Clézio nous emmène du paradis perdu à Mananava, où Alexis et sa soeur Laure grandissent dans la plus grande liberté, à la ville des Colons, Port Louis, où il travaille pour l'homme qui les a ruinés, puis pour Rodrigues, l'île de tous les espoirs.
La vie D Alexis n'est, en fait qu'une longue errance à la quête d'un trésor inaccessible. Les descriptions sont magnifiques, enchanteresses, on plonge dans la beauté sauvage de ces îles avec Alex, la violence des tornades, la limpidité des lagons, la luxuriance de la végétation.
Mais on assiste aussi à la violence exercée sur les populations dominées et celle, plus latente, sur les femmes en ce début de 20ième siècle qui ne peuvent rien sans homme.
Avec ce roman, Le Clézio retourne sur la terre de ses parents, tous deux Mauriciens, mais se range du côté de l'opprimé. Un beau livre.
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michelekastner
  01 juillet 2013
Ce livre, pour moi, est synonyme de grand bonheur : je l'ai lu il y a quelques années et ce fut un merveilleux voyage, exotique, bercé par la mer et la beauté omniprésente de la nature, dans un pays magique et embaumé, avec des sensations de douceur, chaleur, couleurs. Je l'ai relu aujourd'hui avec le même plaisir : le narrateur se dépouille de tout superflu, vivant au plus près des éléments, les observant sans relâche, les absorbant, sans souci de confort et de tout ce qui peut l'empêcher de ressentir la force qu'ils dégagent. Ce roman me ramène à l'essentiel, à l'innocence, à l'éden, au paradis perdu, à énormément de nostalgie ; je n'aime pas arriver au bout des romans de le Clézio car je sais que je vais sortir de cette bulle de fraîcheur, de pureté, de quête, de sens de la vie, de notre si petit rôle dans cette immensité. J'ai un grand respect pour cet auteur qui jamais ne s'est détourné de son chemin, qui ne se laisse pas perturber par l'effervescence et le tournis du monde et qui a su garder la même capacité d'émerveillement que les enfants, celle qu'on perd si souvent, adultes.
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Citations et extraits (161) Voir plus Ajouter une citation
CephaleeCephalee   14 janvier 2022
C'est un pays qui n'existe pas, il n'y a que pour nous trois qu'il existe. Et je crois qu'à force d'en parler, un peu de cette immortalité est en nous, nous unit contre la mort si proche.
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CephaleeCephalee   14 janvier 2022
Il y a tant de silence ici, tant de solitude ! Seul le passage du vent dans les rochers et les broussailles, apportant la rumeur lointaine de la mer sur les récifs, mais c'est le bruit d'un monde sans hommes.
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CephaleeCephalee   14 janvier 2022
C'est un monde sans mystère, et c'est pour cela que je sens ce regret.
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dolly31dolly31   19 mars 2018
Elle se lève, elle prend la liane où sont accrochés les poissons, son harpon, et elle part, elle marche vite le long du ruisseau, dans la pluie qui faiblit. Je vois sa silhouette souple bondir de pierre en pierre, pareille à un cabri, puis elle s'efface au milieu des fourrés. Tout cela s'est passé si vite que j'ai du mal à croire que je n'ai pas imaginé cette apparition, cette jeune fille sauvage et belle qui m'a sauvé la vie. Le silence m'enivre. La pluie a cessé tout à fait, et le soleil brille avec force dans le ciel bleu. A la lumière, les montagnes paraissent plus hautes, inacessibles. En vain je scrute les pentes des montagnes, du côté du mont Limon. La jeune fille a disparu, elle s'est confondue avec les murailles de pierre noire. Où vit-elle, dans quel village de manafs? Je pense à son nom étrange, un nom indien, dont elle a fait résonner les deux syllabes, un nom qui me trouble. Enfin, je redescends en courant vers mon campement, en bas de la vallée, sous le vieux tamarinier.
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dolly31dolly31   04 juin 2018
C'est ce silence, qui entre en nous au plus profond de notre corps, ce silence de menace et de mort que je ne pourrai pas oublier. Il n'y a pas d'oiseaux dans les arbres, pas d'insectes, pas même le bruit du vent dans les aiguilles des filaos. Le silence est plus fort que les bruits, il les avale, et tout se vide et s'anéantit autour de nous. Nous restons immobiles sur la varangue. Je grelotte dans mes habits mouillés. Nos voix, quand nous parlons, résonnent étrangement dans le lointain, et nos paroles disparaissent aussitôt.
Puis vient sur la vallée le bruit de l'ouragan, comme un troupeau qui court à travers les plantations et les brousailles, et j'entends aussi le bruit de la mer, terriblement proche. Nous restons figés sur la varangue, et je sens la nausée dans ma gorge, parce que je comprends que l'ouragan n'est pas fini. Nous étions dans l'oeil du cyclone, là où tout est calme et silencieux. Maintenant j'entends le vent qui vient de la mer, qui vient du sud, et de plus en plus fort le corps du grand animal furieux qui brise tout sur son passage.
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Videos de J.M.G. Le Clézio (44) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de J.M.G. Le Clézio
#santé #art #CulturePrime
"Un jour on saura peut-être qu'il n'y avait pas d'art mais seulement de la médecine". L'auteur J. M. G. Le Clézio ne croit pas si bien dire. À Montréal, les médecins prescrivent déjà des visites au musée pour certains malades…
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