AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782070402090
145 pages
Éditeur : Gallimard (04/03/1997)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 50 notes)
Résumé :
En écrivant Le chercheur d'or, J.M.G. Le Clézio s'était inspiré d'aventures vécues par son grand-père. Dans ce Journal, Le Clézio raconte son voyage vers l'île Rodrigues sur les traces de son grand-père et de la légende qu'il a laissée. " Ai-je vraiment cherché quelque chose ? J'ai bien sûr soulevé quelques pierres, sondé la base de la falaise ouest, à l'aplomb des cavernes que j'ai repérées à mon arrivée dans l'Anse aux Anglais. Dans la tourelle ruinée de la Vigie ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
  20 janvier 2014
Pour ceux qui ont aimé « le chercheur d'or », lecture du « voyage à Rodrigues» indispensable. Publié l'année d'après, ce petit roman/journal constitue comme une sorte de grosse apostille au précédent, tout au moins pour sa partie sur l'île de Rodrigues…
L'île de Rodrigues : la plus petite et la plus désertique des îles Mascareignes, auxquelles elle appartient tout en étant rattachée administrativement à l'île Maurice. C'est là que le grand père de l'auteur, un ancien juge banni passera trente ans à la recherche d'un hypothétique trésor de corsaires ; à noter que Maxime, le héros du « Chercheur d'or » n'y passera que quatre ans…
Descendant d'une famille de Bretons émigrés à l'île Maurice au XVIIIe siècle, Jean-Marie le Clézio nous offre un petit (156 pages) roman/journal où il est question de la recherche d'un trésor ; en fait bien plus que ce simple trésor…
Bien entendu, il ne trouvera rien dans l'Anse aux Anglais, si ce n'est bien son grand père, et par là même ses racines…
Comme dit plus haut, ce « Voyage à Rodrigues » constitue un complément indispensable au « Chercheur d'or » : on y observe un parallèle saisissant entre Maxime (le héros du « Chercheur d'or ») et Le Clézio lui-même, dans la mesure où l'un se cherche et l'autre est la recherche de ses origines… mais l'un n'est-il pas consubstantiel à l'autre ?
Bref, un récit d'une grande puissance évocatrice sur fond d'insularité ; vent, embruns, pierres, qui font la spécificité de cette île perdue. le tout porté par le style incomparable de notre dernier prix Nobel de Littérature en date…Superbe.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          330
MicheleP
  08 février 2013
Le grand père de J.M.G le Clézio, après avoir été ruiné à Maurice, est parti trente années de suite à Rodrigues, la plus petite et la plus sauvage des îles Mascareigne, à la recherche du trésor d'un pirate. Une aventure déjà bien farfelue : pendant que l'Europe était déchirée par la première guerre mondiale, cet ancien juge, abandonnant femme et enfants, passait des mois dans une île presque déserte du bout du monde, à essayer de décripter des plans sibyllins et sans doute apocryphe ! (voir "Le chercheur d'or"). Près de 60 ans plus tard, l'auteur, son petit fils, part essayer de retrouver ses traces, effacées par le temps et les hommes.
Le livre vaut par l'évocation de cette aventure saugrenue et de ce demi fou obstiné à creuser comme les Shadoks pompent, par le respect attendri du petit fils, par ce jeu de piste incroyablement sophistiqué pour déchiffrer un paysage à partir des indications d'un plan, jeu auquel se livrent tant le grand père que son petit fils et bien entendu par la somptueuse description de l'île battue par les vents, présents à chaque page.
"Et le vent qui passe, qui balaie, froid, vent d'outremer, passage du vent dans les herbes et sur les pierres, silence, fraîcheur fugitive de l'océan."
Pour avoir lu le livre sur place, je souscris à cette description et à toutes les autres. Magie de l'écriture de le Clézio.
Mais Dieu que cet homme est froid ! Je ne saurais expliquer d'où vient cette impression minérale que je ressens à chacun de ses livres : Le Clézio, c'est le Ingres de la littérature, beau mais glacial.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          143
julien33
  02 février 2014
Il est d'usage de diviser l'oeuvre de le Clézio en deux parties : la première sous le signe de l'angoisse et de la violence, la seconde sous le signe de l'apaisement et de la sérénité. Alors que "le procès-verbal" inaugure la première partie en 1963, "Voyage à Rodrigues" fait clairement partie de la seconde période de l'oeuvre.
Une quête, comme toujours chez Le Clézio. Dans cette seconde période la simplicité et la sobriété de l'écriture donnent toujours un rendu unique, la voix de le Clézio est reconnaissable entre toutes. Un surdoué de la langue française qui saisit toujours la réalité dans ce qu'elle a d'essentiel.
Ecoutons donc :
"Le paysage est d'une pureté extraordinaire, minéral, métallique, avec les arbres rares d'un vert profond, debout au dessus de leurs flaques d'ombres, et les arbustes aux feuilles piquantes, palmiers nains, aloès, cactus, d'un vert plus aigu, pleins de force et de lumière."
Commenter  J’apprécie          120
michdesol
  24 juillet 2020
Le Clézio nous raconte ici l'histoire de son grand-père, un homme qui, après avoir tout perdu, pour se refaire poursuivra pendant des décennies, le rêve de trouver un trésor. Ce trésor, quelques documents lui disent qu'il est sur l'île de Rodrigues. Il s'y rendra depuis Maurice à de multiples reprises, exploitant ces documents sibyllins, creusant, perforant la roche. Inutilement. L'auteur refait le voyage, met ses pas dans les pas de son aïeul, restitue sa quête et le fait revivre, bel hommage.
Il nous fait découvrir Rodrigues, cette île perdue dans l'Océan Indien, à travers de très belles pages. J'avoue que l'exploitation des documents anciens cryptés m'a vite lassé.
Commenter  J’apprécie          130
Cacha
  13 mai 2015
L'écriture miraculeuse de l'auteur m'a permis d'apprécier ce court roman où J. M. le Clézio tourne pourtant en rond autour d'un ravin dans une île perdue sur les pas de son aïeul, ruiné et à la recherche d'un hypothétique trésor.
La forme du récit compte plus que le fond, , ou plutôt la forme donne à voir le fond de cette minutieuse description.
Commenter  J’apprécie          30

Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
michdesolmichdesol   24 juillet 2020
La fin des voyages est toujours triste, parce que c'est la fin des rêves. Quand mon grand-père renonce à retourner à Rodrigues, un peu avant 1940, c'est moins à cause de l'âge (il a tout de même plus de soixante-dix ans) que par découragement, parce qu'il sent qu'il est allé au bout de cette aventure. Il sait qu'il ne découvrira pas le trésor. Il le sait depuis qu'il a mis au jour les deux caches vides au fond du ravin, et que s'est ainsi déjà annulé l'incroyable calcul géométrique qui durera pendant trente ans.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
michdesolmichdesol   24 juillet 2020
N'est-ce pas ce passé extraordinaire qui est au cœur du trésor, le secret de ces mouvements de digestion du monde de l'Europe triomphante ? Aller à la recherche de ces mers et des îles où passèrent autrefois les navires, parcourir l'immense champ de bataille où s'affrontèrent les armées et les hors la loi, c'était prendre sa part du rêve de l'Eldorado, chercher à partager, près de deux siècles plus tard, l'ivresse de cette histoire unique : quand les terres, les mers, les archipels n'avaient pas encore été enfermés dans leurs frontières, que les hommes étaient libres et cruels comme les oiseaux de la mer, et que les légendes semblaient encore ouvertes sur l'infini.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
michdesolmichdesol   24 juillet 2020
Je marche sur ses traces, je vois ce qu'il a vu. Il me semble par instants qu'il est là, près de moi, que je sais le trouver assis à l'ombre d'un tamarinier, près de son ravin, ses plans à la main, interrogeant le chaos de pierres hermétiques. C'est cette présence qui me donne sans doute ce sentiment de déjà vu. Parfois, mon regard s'accroche à un détail, le trou d'une grotte au loin, ou bien une roche étrange, une couleur différente de la terre, près du lit de la rivière. Cela fait bouger quelque chose d'imperceptible au fond de moi, à la limite de la mémoire. L'ai-je vu ? L'ai-je su ? L'ai-je rêvé ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
lecassinlecassin   20 janvier 2014
Maintenant je le sais bien. On ne partage pas les rêves.
Commenter  J’apprécie          110
lecassinlecassin   20 janvier 2014
Il y a un hors du temps ici, à Rodrigues, qui effraie et tente à la fois, et il me semble que c’est bien le seul lieu au monde où je puisse penser à mon grand-père comme à quelqu’un de vivant.
Commenter  J’apprécie          20

Videos de J.M.G. Le Clézio (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de J.M.G. Le Clézio
Jean-Marie Gustave le Clézio, prix Nobel de littérature, a passé quelques étés en Bretagne alors qu'il était enfant. Dans "Chanson bretonne, suivi de L'enfant et la guerre", publié aux éditions Gallimard, l'écrivain nous livre deux contes remplis d'images, et des impressions qu'elles ont laissées en lui.
Jean-Marie Gustave le Clézio nous a fait l'immense honneur de répondre à quelques-unes de nos questions. Ici, il nous parle notamment de sa méfiance envers la mémoire, du pouvoir de l'imagination, de la richesse de la langue bretonne, des sensations et du caractère précieux de l'enfance.
Pour retrouver son livre, c'est ici : https://www.librairiedialogues.fr/livre/16461617-chanson-bretonne-suivi-de-l-enfant-et-la-guerre-j-m-g-le-clezio-gallimard
Et pour nous suivre, c'est là : INSTA : https://www.instagram.com/librairiedialogues/ FACEBOOK : https://www.facebook.com/librairie.dialogues/ TWITTER : https://twitter.com/Dialogues
**** À bientôt ! ****
+ Lire la suite
autres livres classés : voyagesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox






Quiz Voir plus

Voyage au pays des arbres

Quel est le personnage principal ?

Jules
Pierre
Mathis

3 questions
7 lecteurs ont répondu
Thème : Voyage au pays des arbres de J.M.G. Le ClézioCréer un quiz sur ce livre