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ISBN : 2221156943
Éditeur : Robert Laffont (05/02/2015)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 55 notes)
Résumé :
C'est les vacances scolaires, et dans la tête de Jeanyf, ça se bouscule... Balle aux pieds, Jeanyf, 14 ans, a un talent au-dessus du lot, un genre de don qui le prédestine à une sublime carrière de footballeur. Mais il a un souci, et un souci de taille : il a arrêté de grandir. La tête pleine de questions, Jeanyf court. Il court autour de La Sourle, un village situé " en lisière du trou du cul du monde ", une bourgade semblable à " un nid de taupes perdu dans un gol... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  28 mai 2018
Parmi les 867 habitants que compte La Sourle (dont plus de 500 vieux), il y a un adolescent. Un seul ! Et pas des moindres ! Il s'appelle Jean-Yves. Mais tout le monde l'appelle Jeanyf. Fils d'Yvette, tragiquement décédée d'une longue maladie, et de Pierre-Yves, que tout le monde appelle Pierryf. Neveu de Jacques-Yves, que tout le monde... À 14 ans, le petit Jeanyf (du bas de ses 1m35) rêve de devenir footballeur professionnel. Mais, à La Sourle, loin des montagnes et des côtes, entre les vieux grabataires, un père marionnettiste dépressif qui taille au canif des portraits d'Yvette partout (vraiment partout), un oncle soit-disant herboriste, un cousin, surnommé Soubirou, tout droit sorti d'une déchèterie, il n'y a rien à faire. Heureusement, de nouveaux voisins, pour le moins originaux et excentriques, vont bientôt débarquer et avec eux, une drôle de nana qui va ébranler le petit Jeanyf...

C'est mort à La Sourle, petit village perdu au milieu de nulle part... Heureusement que Jeanyf et consorts sont là pour pimenter un tant soit peu la morosité ambiante. du haut de ses 14 ans, Jeanyf touche presque son rêve ultime de devenir footballeur. N'était sa petite taille qui semble freiner le staff. Qu'importe, Jeanyf court, à perdre haleine. Qu'il est attachant ce petit bonhomme encore perturbé par la mort de sa maman. Faut dire que son père, à exposer des portraits d'Yvette partout, ne fait rien pour l'aider. Ça se bouscule alors un peu dans la tête de Jeanyf. C'est dans une ambiance déjantée et rocambolesque que nous plonge Arnaud le Guilcher. Avec sa galerie de personnages aussi farfelus les uns que les autres, ça swingue à tout va. L'auteur ne manque pas d'imagination et nous offre un roman aussi loufoque qu'émouvant où les situations ne manquent pas de piquant. Les dialogues, jubilatoires, et l'écriture, enlevée et pittoresque, embrassent à merveille ce récit ô combien jouissif.
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palamede
  18 août 2017
Je ne suis pas douée pour raconter des histoires drôles, ce n'est pas vraiment un handicap social sauf quand l'envie se fait trop forte et que je me fourvoie lamentablement en oubliant la chute ou pire en la révélant au début. Bref je ne vais pas vous raconter Ric-Rac.
Ce que je peux quand même vous dire c'est que c'est l'histoire d'un petit gars qui vivait à La Soule, qu'avait un papa qui s'appelait Pierryf, qu'avait plus de maman (qui s'appelait Yvette), qu'avait encore un oncle qui s'appelait Jackyf et un cousin qu'on appelait Soubirou.
La Soule, village de huit cents habitants, presque tous retraités ou alcooliques ou les deux, où Pierryf, papa marionnettiste inconsolable et monomaniaque, sculpte et peint feu maman Yvette partout, pendant que Jackyf, herboriste, soigne tous les maux, et que son illuminé de fils, Soubirou, prie.
Et le p'tit gars Jeanyf dans tout ça ? Il veut devenir footballeur, mais doit grandir, et gérer son amour - mais ne connaît rien à la chose - pour l'adorable Bessie, la fille d'un couple propriétaire du gite sado-maso voisin.
Mais Arnaud le Guilcher vous racontera tout ça beaucoup mieux que moi - à condition que vous le lisiez, ce que je vous conseille si vous aimez les romans drôles, tendres et franchement déjantés - Merci à lolokili pour cette découverte.
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rabanne
  15 février 2018
Merci à Lolokili, Canel et les deux Pascal, entre autres, de m'avoir donné envie de découvrir ce livre et son auteur !
Un ado très attachant, une relation père-fils émouvante, un entourage déjanté, de la folie-douce, mais pas que. Car quand un seul être vous manque, fuir indéfiniment n'est pas la solution...
Cert-IF-ié "bon pour le moral", avec son joli supplément d'âme. Une plume régalante, certes bourrée d'aphorismes, mais à éclater toute seule de rire, ce que j'ai fait les trois quarts du temps !!
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Ziliz
  03 mars 2017
Il est temps d'arrêter de recopier des extraits savoureux, et de me coller à la rédaction d'un avis.
Vous avez lu 'Sukkwan Island' de David Vann ?
'Ric-Rac', c'est un peu la même histoire, sauf que c'est très amusant.
A la place d'une île, un patelin ; à la place des ours, des gens qui picolent sévère ; à la place du bois pour se chauffer, des meubles sculptés à l'effigie d'Yvette.
Dans le rôle de la mère divorcée, restée sur le continent : une mère décédée d'une longue maladie.
Dans le rôle du père déprimé : un père déprimé, mais suffisamment attentif à son fiston, quand même, pour sortir de temps en temps de ses monstrueux délires de veuf inconsolable.
Dans le rôle du fils : Jeanyf qui peut compter sur un oncle herboriste formidable, quand il a des questions, quand le père divague trop, etc.
Parce que Jeanyf a quand même des soucis dans la vie :
- sa maman lui manque
- son père est complètement à côté de ses pompes
- il veut devenir footballeur, il en a les capacités, sauf qu'il plafonne à 1 mètre 30 à quatorze ans
- il n'y connaît rien en sexe alors qu'il vient de tomber amoureux...
Rigolade assurée à chaque page, grâce aux personnages déjantés, aux situations cocasses, aux réflexions et reparties qui claquent, au style vif.
L'humour m'a rappelé celui d'Olivier Maulin, en moins répétitif, et celui de Marie-Sabine Roger, en plus caustique, moins guimauve.
J'ai été surprise par une drôle d'idée aux trois quarts du livre - pourquoi mêler des jeunes adolescents à ce genre de fantaisie d'adultes ? Malaise...
Sans ça j'aurais trouvé ce roman parfait, un bijou de mignonne déconne, et je lui aurais attribué un gros coeur.
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Lolokili
  07 juillet 2017
Ici c'est la fête aux Yves, Yvette, Jean-Yves, Pierre-Yves et autres déryvés déclinés à l'envi. Mais là prononcez yf, comme dans Jeanyf (le narrateur, 14 ans), Pierryf (son paternel un brin dépressyf suite au trépas de sa femme Yvette, mère de Jeanyf de par le fait) ou encore Jackyf, le tonton de compétition.

N'allons pas plus loin dans la généalogie pittoresque, la galerie à elle seule mérite l'entière lecture de ce petit récit tant l'auteur maîtrise (entre autres) l'art du portrait qui ébouryf.

En outre et contrairement aux apparences on n'est pas à Gif (sur Yvette) mais à La Sourle. Et La Sourle, pour situer, c'est comme qui dirait nulle part. Genre 800 pécores sur un terrain vague avitaillé par les choucas. Plus paumé ça peut pas. Et question climat, rien à voir avec les Maldyf.
Le kif.

Ne manquait plus que cet opus à ma Guilchermania et me voilà pas loin de penser que c'est l'un des meilleurs. Le plus tendre aussi, qui cette fois met en scène l'éveil d'un enfant parmi des adultes tous plus barrés les uns que les autres.
Un bonheur.
Que j'en viens à me demander si Marie-Sabine Roger n'aurait pas un jour fauté avec Michel Audiard et engendré un rejeton clandestin prénommé Arnaud...
A voir.

En attendant on n'ira pas jusqu'à réserver ses vacances à La Sourle, mais pour un été d'hilarité ne pas hésiter à consulter Le Guilcher.
Avis ferme et définityf.


Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   29 mai 2018
- Vous aimez bien le prénom Yves, vous...
- Oui, beaucoup. À toutes les sauces en plus. On en a regroupé là, sur le mur, les Yves qui honorent notre prénom.
- Cette passion, ça a à voir avec saint Yves, le saint patron de la Bretagne ?
- Non. Du tout. Tous les bretons s'appellent pas Yves, si ?
- Non.
- Tous les Yves sont pas bretons, non plus... Yves Saint Laurent, il est pas né dans le pays bigouden, que je sache.
- C'est sûr. C'est qui, lui ?
- Le monsieur avec la blouse ?
- Yves Rocher.
- Ah ? C'est vrai qu'on connaît pas sa tête...
- Il était discret monsieur Rocher. Un ami des plantes vertes et un amoureux des femmes. Un grand homme...
(…)
- Pourquoi pas Yves Klein ?
- Yf qui ?
- Klein. Un artiste peintre. L'inventeur du bleu Klein.
- Connais pas.
- Vous aimez la peinture pourtant, on dirait.
- Oui mais pas trop le bleu.
- Vous aimez l'art naïf ?
- Comme ça...
- Et le cubisme ?
- Je préfère le cubi.
- C'est bien aussi.
- Un verre ?
- Pourquoi pas... on a ramené du Cristal, sinon.
- Ainsi va la vie. Nous, c'est du Pyrex.
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ZilizZiliz   02 mars 2017
A la maison, on a pas de télévision et pas d'Internet. Notre demeure est un château fort et, pour y pénétrer, la pornographie n'a pas encore forcé le pont-levis. Mon père ne me parle quasi pas, alors je le vois mal débarquer, au petit déj, avec sous le bras le sujet de conversation suivant : 'Un père doit parler de ces choses-là à son fils. Assieds-toi, mon Jeanyf, nous allons avoir une discussion d'adultes. Aujourd'hui : de l'art de se polir le chinois.'
Mes potes du foot [quatorze ans] constituent la seule fenêtre ouverte sur le monde du sexe. Autant vous dire que c'est pas folichon. Ni subtil. Ni scientifique. Ni même documenté. On regarde quelques photos sur des portables. Des bouts de film. Ils se font passer pour des explorateurs d'un pays dont nous ignorons tout, alors qu'ils n'ont pas le moindre début de passeport. [...]
En gaudriole, je suis ignare, naïf, béotien. Je suis parfaitement tout ça. Je n'ai aucun mal à le reconnaître. Et encore, ça va mieux... En arrivant il y a deux ans, c'était pire. Un gars du foot m'avait demandé si les filles, ça me faisait bander. Pour moi bander, c'est faire partie d'une bande et si possible d'une bande de potes. Je lui avais répondu que je préférais traîner avec mes copains.
(p. 86-87)
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TerrainsVaguesTerrainsVagues   26 février 2017
— Je venais juste vous présenter Pocahontas, ma fiancée.
— Où ça une fiancée ?
— Ben là.

Il dit ça en désignant la bête du Gévaudan. Tout en aidant mon père à regagner la terre ferme, je considère l’animal plus en détail, les yeux froncés. C’est vrai, qu’en cherchant un peu et en faisant preuve d’imagination, je parviens à discerner la silhouette d’un être humain au milieu de cette forme bizarre. De là à s’aventurer à lui donner un sexe…
Des cheveux longs. Une peau de bête. Des vêtements sales. Des sabots. Un mètre quatre vingt dix. Une centaine de kilos. En léger contre jour, comme ça, Pocahontas ressemble à s’y méprendre à un bison qui ferait le beau.

— Elle parle ?
— Bien sur.
— Elle dit quoi ?
— Ce que tu veux.
— M’en fous. Je suis pas orthophoniste.
— Ok, dis quelque chose Pocahontas.

La créature prend son souffle et articule : CHAU-DI-E-RE

— Pourquoi elle dit chaudière ?
— Elle a toujours aimé ce mot, je crois.
— Aussi intelligente que belle… Tu te refuses rien Soubirou.
— Oui. Je l’ai rencontrée alors que je traversais une crise mystique d’une incroyable intensité.
— Ca doit expliquer pas mal de trucs.
— Pocahontas aime ma lumière intérieure.
— C’est vrai que dans son intérieur à elle, ça n’a pas l’air d’être la fête des lampions. Elle est en train de baver là, non ?
— Non, elle s’humecte les commissures.
— Mon dieu… Tu sais, si elle est garantie, faut surtout pas hésiter à la ramener.
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ZilizZiliz   28 février 2017
Il ne reste que deux cafés dans le village.
Un premier café s'appelle 'La joie de vivre'. Vu l'ambiance du lieu, 'L'envie de se foutre une bastos entre les mirettes' aurait été plus juste.
Le plus gros buveur de l'endroit en est aussi le patron. Depuis que je le connais, il n'arrête pas de verdir, un Ricard à la main, en se demandant quand il se transformera, une bonne fois pour toutes, en cirrhose du foie. Il aime son prochain comme lui-même, à savoir assez peu, et ça finit par se sentir : tout est tellement sordide dans son bistrot, que si le désespoir lui-même venait à franchir son pas-de-porte, il y refuserait la tournée du patron. Par crainte du coup de cafard de trop.
C'est dans l'autre troquet que bat le coeur du bled. Dans tous les bourgs du monde, le café collé à la poste s'appelle le 'Café de la Poste'. Partout dans le monde, quand on peut faire simple, on fait simple. Ici, non. A la Sourle, le café adossé à la poste s'appelle le 'Café de la Mairie'... Depuis des années, on s'interroge sur la raison de ce baptême. Même le patron est bien dans le flou. Il a repris l'affaire à quelqu'un qui, lui non plus, n'avait pas la moindre idée sur la question.
(p. 17)
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MarymaryMarymary   25 novembre 2016
Je cache mon intimité avec ma main libre et en contrejour, dans le carré de la porte, je discerne deux silhouettes ultra-inquiétantes. Mon père n'avait pas menti : on est en plein dans une rencontre du troisième type. La première créature ressemble à un homme et la seconde à une femme. Les deux sont des mélanges entre les personnages de Matrix, Pascal Obispo période "Tombé pour elle" et un mastard chargé de la sécurité personnelle de Poutine. Longs manteaux en cuir noir sur des corps longilignes, un tiers chair, deux tiers os, cheveux peroxydés, peau blanche et lunettes de soleil aux verres bleus.
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