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EAN : 9782221156940
270 pages
Robert Laffont (05/02/2015)
3.94/5   84 notes
Résumé :
S'appeler Jeanyf et courir.
Courir après ses quatorze ans.
Courir après son avenir.
Courir après le fantôme d'Yvette, sa mère.
Courir après Pierryf, son père, un doux dingue qui ne se remet pas de la mort de sa femme.
Courir après les tisanes de Jackyf, son oncle herboriste et rebouteux.
Courir après les visions de Soubirou, son cousin illuminé.
Courir après les nouveaux voisins du gîte rural sadomaso.
Cours, J... >Voir plus
Que lire après Ric-RacVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
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Parmi les 867 habitants que compte La Sourle (dont plus de 500 vieux), il y a un adolescent. Un seul ! Et pas des moindres ! Il s'appelle Jean-Yves. Mais tout le monde l'appelle Jeanyf. Fils d'Yvette, tragiquement décédée d'une longue maladie, et de Pierre-Yves, que tout le monde appelle Pierryf. Neveu de Jacques-Yves, que tout le monde... À 14 ans, le petit Jeanyf (du bas de ses 1m35) rêve de devenir footballeur professionnel. Mais, à La Sourle, loin des montagnes et des côtes, entre les vieux grabataires, un père marionnettiste dépressif qui taille au canif des portraits d'Yvette partout (vraiment partout), un oncle soit-disant herboriste, un cousin, surnommé Soubirou, tout droit sorti d'une déchèterie, il n'y a rien à faire. Heureusement, de nouveaux voisins, pour le moins originaux et excentriques, vont bientôt débarquer et avec eux, une drôle de nana qui va ébranler le petit Jeanyf...


C'est mort à La Sourle, petit village perdu au milieu de nulle part... Heureusement que Jeanyf et consorts sont là pour pimenter un tant soit peu la morosité ambiante. du haut de ses 14 ans, Jeanyf touche presque son rêve ultime de devenir footballeur. N'était sa petite taille qui semble freiner le staff. Qu'importe, Jeanyf court, à perdre haleine. Qu'il est attachant ce petit bonhomme encore perturbé par la mort de sa maman. Faut dire que son père, à exposer des portraits d'Yvette partout, ne fait rien pour l'aider. Ça se bouscule alors un peu dans la tête de Jeanyf. C'est dans une ambiance déjantée et rocambolesque que nous plonge Arnaud le Guilcher. Avec sa galerie de personnages aussi farfelus les uns que les autres, ça swingue à tout va. L'auteur ne manque pas d'imagination et nous offre un roman aussi loufoque qu'émouvant où les situations ne manquent pas de piquant. Les dialogues, jubilatoires, et l'écriture, enlevée et pittoresque, embrassent à merveille ce récit ô combien jouissif.
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Je ne suis pas douée pour raconter des histoires drôles, ce n'est pas vraiment un handicap social sauf quand l'envie se fait trop forte et que je me fourvoie lamentablement en oubliant la chute ou pire en la révélant au début. Bref je ne vais pas vous raconter Ric-Rac.

Ce que je peux quand même vous dire c'est que c'est l'histoire d'un petit gars qui vivait à La Soule, qu'avait un papa qui s'appelait Pierryf, qu'avait plus de maman (qui s'appelait Yvette), qu'avait encore un oncle qui s'appelait Jackyf et un cousin qu'on appelait Soubirou.

La Soule, village de huit cents habitants, presque tous retraités ou alcooliques ou les deux, où Pierryf, papa marionnettiste inconsolable et monomaniaque, sculpte et peint feu maman Yvette partout, pendant que Jackyf, herboriste, soigne tous les maux, et que son illuminé de fils, Soubirou, prie.

Et le p'tit gars Jeanyf dans tout ça ? Il veut devenir footballeur, mais doit grandir, et gérer son amour - mais ne connaît rien à la chose - pour l'adorable Bessie, la fille d'un couple propriétaire du gite sado-maso voisin.

Mais Arnaud le Guilcher vous racontera tout ça beaucoup mieux que moi - à condition que vous le lisiez, ce que je vous conseille si vous aimez les romans drôles, tendres et franchement déjantés - Merci à lolokili pour cette découverte.
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Il est temps d'arrêter de recopier des extraits savoureux, et de me coller à la rédaction d'un avis.

Vous avez lu 'Sukkwan Island' de David Vann ?
'Ric-Rac', c'est un peu la même histoire, sauf que c'est très amusant.
A la place d'une île, un patelin ; à la place des ours, des gens qui picolent sévère ; à la place du bois pour se chauffer, des meubles sculptés à l'effigie d'Yvette.
Dans le rôle de la mère divorcée, restée sur le continent : une mère décédée d'une longue maladie.
Dans le rôle du père déprimé : un père déprimé, mais suffisamment attentif à son fiston, quand même, pour sortir de temps en temps de ses monstrueux délires de veuf inconsolable.
Dans le rôle du fils : Jeanyf qui peut compter sur un oncle herboriste formidable, quand il a des questions, quand le père divague trop, etc.
Parce que Jeanyf a quand même des soucis dans la vie :
- sa maman lui manque
- son père est complètement à côté de ses pompes
- il veut devenir footballeur, il en a les capacités, sauf qu'il plafonne à 1 mètre 30 à quatorze ans
- il n'y connaît rien en sexe alors qu'il vient de tomber amoureux...

Rigolade assurée à chaque page, grâce aux personnages déjantés, aux situations cocasses, aux réflexions et reparties qui claquent, au style vif.
L'humour m'a rappelé celui d'Olivier Maulin, en moins répétitif, et celui de Marie-Sabine Roger, en plus caustique, moins guimauve.
J'ai été surprise par une drôle d'idée aux trois quarts du livre - pourquoi mêler des jeunes adolescents à ce genre de fantaisie d'adultes ? Malaise...
Sans ça j'aurais trouvé ce roman parfait, un bijou de mignonne déconne, et je lui aurais attribué un gros coeur.
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Ici c'est la fête aux Yves, Yvette, Jean-Yves, Pierre-Yves et autres déryvés déclinés à l'envi. Mais là prononcez yf, comme dans Jeanyf (le narrateur, 14 ans), Pierryf (son paternel un brin dépressyf suite au trépas de sa femme Yvette, mère de Jeanyf de par le fait) ou encore Jackyf, le tonton de compétition.

N'allons pas plus loin dans la généalogie pittoresque, la galerie à elle seule mérite l'entière lecture de ce petit récit tant l'auteur maîtrise (entre autres) l'art du portrait qui ébouryf.

En outre et contrairement aux apparences on n'est pas à Gif (sur Yvette) mais à La Sourle. Et La Sourle, pour situer, c'est comme qui dirait nulle part. Genre 800 pécores sur un terrain vague avitaillé par les choucas. Plus paumé ça peut pas. Et question climat, rien à voir avec les Maldyf.
Le kif.

Ne manquait plus que cet opus à ma Guilchermania et me voilà pas loin de penser que c'est l'un des meilleurs. Le plus tendre aussi, qui cette fois met en scène l'éveil d'un enfant parmi des adultes tous plus barrés les uns que les autres.
Un bonheur.
Que j'en viens à me demander si Marie-Sabine Roger n'aurait pas un jour fauté avec Michel Audiard et engendré un rejeton clandestin prénommé Arnaud...
A voir.

En attendant on n'ira pas jusqu'à réserver ses vacances à La Sourle, mais pour un été d'hilarité ne pas hésiter à consulter Le Guilcher.
Avis ferme et définityf.



Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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Mon deuxième Arnaud le Guilcher et soyez certains que ce ne sera pas le dernier. Même si je dois dire que celui-ci m'a un tout petit peu moins épatée que "Du tout au tout". Et, j'ai bien dit "un tout petit peu moins" car, cette fois encore, j'ai passé un savoureux moment, truffé d'éclats de rire, toute seule en tête-à-tête avec mon bouquin.
Mention spéciale pour les personnages de Soubirou et sa Pocahontas. Tellement improbables, totalement à la masse et pourtant si attachants. Enfin... attachants mais de loin, parce qu'ils schlinguent un peu quand même, hein !

Alors, oui, je suis bien partie pour tous les lire, les Le Guilcher. Parce qu'ils me font du bien. Comme les apéros déjantés sous ma glycine avec les potes où l'on oublie les horreurs du monde, où l'on est tout simplement peinards, heureux d'être ensemble sans la moindre prétention de changer quoi que ce soit au cours des choses, où l'on part dans de doux délires, où l'on a le rire gras et l'humour graveleux, où notre plus grande intelligence est d'être conscients que la vie n'est pas sérieuse et qu'il est salutaire pour notre équilibre mental de s'offrir des plages de "lâcher prise".
J'ai un nouveau copain de "lâcher prise", il s'appelle Arnaud le Guilcher, il est complètement barré et il me fait un bien fou !
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Citations et extraits (70) Voir plus Ajouter une citation
Je cours pour essayer de faire corps avec la nature. Quand j'atteins le moment où ma foulée rejoint le rythme des battements de mon cœur, je suis heureux. Je suis quasiment jamais heureux, alors j'en profite. Cet instant, c'est souvent celui où le bruit du vent s'harmonise avec le chaos que fait mon sang quand il cogne dans mes tempes.
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"Pugnace". C'est tout moi. Quand je me prends une mandale par la vie, je me frotte la joue pour évacuer la douleur et je repars à l'assaut. C'est ma façon de dire : ne jamais capituler.
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- Vous aimez bien le prénom Yves, vous...
- Oui, beaucoup. À toutes les sauces en plus. On en a regroupé là, sur le mur, les Yves qui honorent notre prénom.
- Cette passion, ça a à voir avec saint Yves, le saint patron de la Bretagne ?
- Non. Du tout. Tous les bretons s'appellent pas Yves, si ?
- Non.
- Tous les Yves sont pas bretons, non plus... Yves Saint Laurent, il est pas né dans le pays bigouden, que je sache.
- C'est sûr. C'est qui, lui ?
- Le monsieur avec la blouse ?
- Yves Rocher.
- Ah ? C'est vrai qu'on connaît pas sa tête...
- Il était discret monsieur Rocher. Un ami des plantes vertes et un amoureux des femmes. Un grand homme...
(…)
- Pourquoi pas Yves Klein ?
- Yf qui ?
- Klein. Un artiste peintre. L'inventeur du bleu Klein.
- Connais pas.
- Vous aimez la peinture pourtant, on dirait.
- Oui mais pas trop le bleu.
- Vous aimez l'art naïf ?
- Comme ça...
- Et le cubisme ?
- Je préfère le cubi.
- C'est bien aussi.
- Un verre ?
- Pourquoi pas... on a ramené du Cristal, sinon.
- Ainsi va la vie. Nous, c'est du Pyrex.
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A la maison, on a pas de télévision et pas d'Internet. Notre demeure est un château fort et, pour y pénétrer, la pornographie n'a pas encore forcé le pont-levis. Mon père ne me parle quasi pas, alors je le vois mal débarquer, au petit déj, avec sous le bras le sujet de conversation suivant : 'Un père doit parler de ces choses-là à son fils. Assieds-toi, mon Jeanyf, nous allons avoir une discussion d'adultes. Aujourd'hui : de l'art de se polir le chinois.'
Mes potes du foot [quatorze ans] constituent la seule fenêtre ouverte sur le monde du sexe. Autant vous dire que c'est pas folichon. Ni subtil. Ni scientifique. Ni même documenté. On regarde quelques photos sur des portables. Des bouts de film. Ils se font passer pour des explorateurs d'un pays dont nous ignorons tout, alors qu'ils n'ont pas le moindre début de passeport. [...]
En gaudriole, je suis ignare, naïf, béotien. Je suis parfaitement tout ça. Je n'ai aucun mal à le reconnaître. Et encore, ça va mieux... En arrivant il y a deux ans, c'était pire. Un gars du foot m'avait demandé si les filles, ça me faisait bander. Pour moi bander, c'est faire partie d'une bande et si possible d'une bande de potes. Je lui avais répondu que je préférais traîner avec mes copains.
(p. 86-87)
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— Je venais juste vous présenter Pocahontas, ma fiancée.
— Où ça une fiancée ?
— Ben là.

Il dit ça en désignant la bête du Gévaudan. Tout en aidant mon père à regagner la terre ferme, je considère l’animal plus en détail, les yeux froncés. C’est vrai, qu’en cherchant un peu et en faisant preuve d’imagination, je parviens à discerner la silhouette d’un être humain au milieu de cette forme bizarre. De là à s’aventurer à lui donner un sexe…
Des cheveux longs. Une peau de bête. Des vêtements sales. Des sabots. Un mètre quatre vingt dix. Une centaine de kilos. En léger contre jour, comme ça, Pocahontas ressemble à s’y méprendre à un bison qui ferait le beau.

— Elle parle ?
— Bien sur.
— Elle dit quoi ?
— Ce que tu veux.
— M’en fous. Je suis pas orthophoniste.
— Ok, dis quelque chose Pocahontas.

La créature prend son souffle et articule : CHAU-DI-E-RE

— Pourquoi elle dit chaudière ?
— Elle a toujours aimé ce mot, je crois.
— Aussi intelligente que belle… Tu te refuses rien Soubirou.
— Oui. Je l’ai rencontrée alors que je traversais une crise mystique d’une incroyable intensité.
— Ca doit expliquer pas mal de trucs.
— Pocahontas aime ma lumière intérieure.
— C’est vrai que dans son intérieur à elle, ça n’a pas l’air d’être la fête des lampions. Elle est en train de baver là, non ?
— Non, elle s’humecte les commissures.
— Mon dieu… Tu sais, si elle est garantie, faut surtout pas hésiter à la ramener.
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Videos de Arnaud Le Guilcher (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Arnaud Le Guilcher
A l'occasion de la 11ème édition du salon international du livre en format livre de poche Saint-Maur En Poche, la journaliste Mélanie Morin recevait sur la scène de la Griffe Noire deux auteurs auteurs français Arnaud le Guilcher et Nicolas Robin...
Une folie passagère de Nicolas Robin aux éditions Anne Carrière https://www.lagriffenoire.com/144001-divers-litterature-une-folie-passagere.html
Roland est mort de Nicolas Robin aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/79241-divers-litterature-roland-est-mort.html
Du tout au tout de Arnaud le Guilcher aux éditions Robert Laffont https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=102122&id_rubrique=338
Pas mieux de Arnaud le Guilcher aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/21718-poche-pas-mieux.html
La culture décontractée !!!!! ABONNEZ-VOUS A NOTRE CHAINE YOUTUBE ! http://www.youtube.com/user/griffenoiretv/featured (merci) La boutique officielle : http://www.lagriffenoire.com
#soutenezpartagezcommentezlgn Merci pour votre soutien et votre amitié qui nous sont inestimables. @Gérard Collard @Jean-Edgar Casel
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