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EAN : 9782378801045
L' Iconoclaste (02/10/2019)
4.22/5   185 notes
Résumé :
Parce qu'il a réussi sa vie en passant son temps à la rater, Balzac est mon frère.

Il y a bien plus que vous ne le pensez entre une jeune femme d’aujourd’hui, féministe, écrivaine, blogueuse, et Honoré de Balzac…

À la suite du succès de son livre Délivrées ! Titiou Lecoq ne va pas bien. L’époque lui dicte de réussir, elle réussit. Mais pourquoi est-ce que cela ne la rend pas heureuse ? Elle ne sait pas quoi faire. Un jour, pour tromper ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (97) Voir plus Ajouter une critique
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sur 185 notes
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Kirzy
  29 janvier 2020
J'aimais déjà beaucoup Titiou Lecoq, brillante journaliste et essayiste féministe dont je suis les chroniques sur le magazine en ligne Slate.fr, dont j'ai apprécié ses articles parus chez Libération sur les féminicides et les meurtres conjugaux.
J'ai aimé d'emblée la couverture de son Honoré et moi, du orange et violet qui claque, un portrait De Balzac et une phrase drôle « parce qu'il a réussi sa vie en passant son temps à la rater, Balzac est mon frère ».
Souvent, je trouve ça très chiant, les biographies, trop souvent empesées voire ampoulées. J'en lis pour approfondir mes connaissances, certes, mais rarement je m'éclate ! Et là, ça a été l'éclate totale ! Titiou Lecoq a réussi à dépoussiérer complètement le genre pour en faire un récit vivant et très drôle. Et après cette réjouissante opération de décapage, j'ai découvert un Balzac terriblement moderne et attachant.
J'ai appris plein de choses ( je partais de très bas, ne connaissant presque rien de la vie De Balzac ) dans un tourbillon alliant documentation biographique solide et plume allègre maniant sans complexe un vocabulaire actuel volontairement anachronique. En vrac, voici mon top 5 des informations que je retiens :
1- Balzac était le roi de la foirade, obsédé par l'argent, voulant à tout prix devenir riche … mais tout le temps surendetté et acheteur compulsif de fringues extravagantes et d'objets de déco ! Les femmes de sa vie l'ont bien rincé pour éponger ses dettes.
2- Il était ultra complexé, édenté, court sur pattes, joufflu, robuste, avec une tête, selon les critères de ses contemporains, «  à vendre des saucisses sur un marché du Tarn » … bien loin d'un Lord Byron «  beau mec version dépressive ». Déjà qu'on lui reprochait de trop écrire pour des raisons mercantiles …
3- Lui qui était plutôt très réac dans ses idées politiques a été un féministe avant l'heure. Dans son étonnante Physiologie du mariage ( 1831 ), il lance un appel aux maris à ne pas violer leurs jeunes épouses lors de la nuit de noce et enjoint les maris à ne jamais «  se permettre un plaisir qu'il n'ait eu le talent de faire désirer par (leur) femme » !
4- Pour se faire de la thune, il a eu le drôle de projet ( jamais réalisé, ha ha ) de planter chez lui 100.000 pieds d'ananas dans des serres … pour vendre ensuite les fruits dans une sorte de supermarchés tenue par des écrivains, George Sand à la caisse, Théophile Gautier au rayonnage et lui à servir les clients.
5- En 1899, grosse dispute suite à la proposition de la gauche de panthéoniser Balzac , refus catégorique et offusqué de la droite. Cela aurait eu de la gueule, pourtant un triumvirat Hugo-Zola-Balzac dans les cryptes du Panthéon !
Un régal que cette biographie décomplexée et ludique, que l'on soit intéressé ou pas par le personnage De Balzac, ce n'est que du pur plaisir. Personnellement, j'ai comme une envie furieuse de me plonger à nouveau dans un de ces romans ! Suis allée chercher La Femme de trente ans que je n'ai jamais lu.
Lu dans le cadre du jury Grand Prix des lectrices Elle 2020, catégorie Essai
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palamede
  12 décembre 2019
Démythifiant le grand homme, Titiou Lecoq souligne la modernité d'un Balzac qui veut devenir riche et célèbre grâce à sa plume. Qui, s'il estime que les femmes se doivent d'êtres douces (et ce que ne dit pas l'auteure, que son féminisme fait contrepartie à la misogynie de bien de ses textes), prend le parti des femmes, dénonçant leur assujettissement aux hommes. Qui pense aussi (déjà en 1846 !) que le mal qui ronge la société est l'envahissement de la finance. Toutes choses très mal vues à son époque. Mais clairvoyant Balzac ne l'est pas dans tous les domaines. Loin s'en faut. Dépensier et piètre homme d'affaires, Honoré n'a cessé de se lancer dans des entreprises hasardeuses qui l'ont endetté. Dettes qu'il n'honorait pas quand il le pouvait — préférant dépenser son argent à des choses plus frivoles — surtout si le créancier était sa mère, à laquelle il reprocha sa pingrerie, ce qui avouons-le relève de la franche ingratitude !
J'ai beaucoup aimé cette biographie, pour le ton libre de l'auteure, son féminisme de bon aloi, sa connaissance du sujet distillée avec humour et familiarité. Un essai très réussi qui, sans assommer le lecteur avec une science mal digérée et des affirmations péremptoires, instruit (tout en gardant à l'esprit qu'une biographie n'est qu'un point de vue), et donne furieusement envie de relire Balzac.
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Kittiwake
  07 mars 2020
Je me suis fait un nouveau pote! C'est Honoré, qui cache bien son jeu quand on ne se donne pas la peine de fouiller un peu sa biographie. Heureusement qu'il y a des auteures comme Titiou Lecoq, qui se mettent la tâche et explorent la documentation pour en sortir une très intéressante biographie de ce monstre de la littérature classique française.
C'est passionnant, parce qu'on en découvre de belles sur l'auteur de la Comédie humaine, et en particulier sa relation particulière à l'argent, qui lui file entre les doigts. Qu'il en ait ou qu'il n'en ait pas (il a connu des épisodes de vache maigre avant le succès), le résultat est le même, il est poursuivi par des créanciers. Très en avance sur son temps, il a pratiquement créé le concept de surendettement. Au moins il en aura profité, vivant dans un luxe largement au-dessus de ses moyens.
On le connait pour sa capacité de travail hors du commun, mais on sait un peu moins qu'elle était lié à ces besoins urgents de remboursement de ses créanciers, qu'il ne parvenait pas toujours à maintenir à distance.

On en sait aussi un peu plus sur sa famille, qui a sans aucun doute subi les conséquences de la légèreté de l'acheteur compulsif qu'il fût .
C'est écrit avec humour, Titiou Lecoq utilise ce ton familier que l'on réserve le plus souvent à des proches, ce qui rend le propos drôle en plus d'être instructif. Il est probable qu'à la lumière de ces révélations, certains personnages des romans De Balzac apparaissent sous un nouveau jour.
Dès que j'en aurais fini avec Emile, j'attaque Honoré!

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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ithaque
  08 janvier 2022

Un livre qui vaut vraiment le coup, bien documenté mais particulièrement distrayant, nous attachant inexorablement à ce Balzac de panache et de fougue. L'auteur rechigne à finir son livre, elle veut rester encore un peu avec Honoré ! Et bien nous aussi.
Elle s'imagine discutant le bout de gras avec lui , affalé dans un fauteuil crapaud couinant sous son poids généreux et partageant quelques boutades bien senties sur la petite bourgeoisie éternelle.

Il s'agit bien d'un livre sur Honoré , plus que sur Balzac-écrivain ; pas de prétention à l'exégèse, pas de biographie exhaustive non plus, mais un ton familier et drôle pour parler d'un personnage qui passa toute sa vie la tête plongée dans des soucis triviaux, comme vouzémoi .

Il courra après l'argent toute sa vie, enchaînant avec une constance remarquable plans foireux (culture d'ananas et mines d'argent !) et faillites fracassantes, poursuivi de près par la tête chercheuse d'une scoumoune surnaturelle qui ne le lâchera jamais, tout comme la horde de ses créanciers sur les dents.
L'argent il adore ça , ça l'attire énormément, tout comme la célébrité le fait rêver. Il semble que ses fiascos à répétition n'aient pas anéanti sa bonhomie constitutive et son optimisme increvable . Et elles auront eu le mérite de le contraindre à écrire au kilomètre, une de ses qualités étant son énorme capacité d'écriture, heureusement d'ailleurs car bien souvent il avait déjà dépensé l'argent des livres qu'il n'avait pas encore écrits.
Il adore également d'autres formes du superficiel, fringues, tapis, bibelots, meubles, un véritable décorateur d' intérieur doté de plus de talent dans ce domaine que dans celui de la finance où il était une bille complète.

Rondouillard comme une bille justement, il l'était aussi, teint rosé, dentition fantaisiste, Honoré n'a pas un physique facile . Mais, foin du cliché du grand écrivain ascétique et lointain plein de componction, il suscite la sympathie par l'effet petit-gros-jovial. On était frappé aussi apparemment par l'éclat de ses yeux où pulsait une véritable chaleur tournante.
Il captivait par ce regard, séduisait même.
Il sera aimé, son souhait le plus ardent, quoi d'autre ?
Par des Victor Hugo ou Théophile Gautier, reconnaissant son talent et sa finesse d'analyse des jeux sociaux. Par des femmes surtout (riches... !), aiguillonnées par son insolente passion de vivre.
Décrivant sans concessions la réalité peu reluisante que vivent les femmes de son époque, réduites à de pâles moitiés, il émet des voeux clairs pour une nouvelle place pour elles, reprenant la main sur leur vie sociale et amoureuse.
A moins que ce ne soit une ruse attrape-mouche supplémentaire ? Et si l'écriture n'était elle même qu'un faire-valoir pour ses ambitions ? Peu importe, une oeuvre est née de cette énergie exubérante et insubmersible et il aura livré un portrait acide et lucide de la société de son époque.

Cupide et dépensier compulsif, Balzac cultive également une mauvaise foi fascinante . Notamment à l'égard de sa mère qui se dévouera et se ruinera pour son fils avec une phénoménale ingratitude en retour.
Oui, Honoré fut parfois détestable; mais ce que Titiou Lecoq a tant apprécié chez lui, c'est sa ténacité à poursuivre ses envies, quitte à les vivre sous sa plume, il lui faut de la démesure , du désir, et on peut constater que jamais il ne plia échine devant la réalité et ses fâcheuses contrariétés. le contraire d'une vie au petit-pied, mesurée et frileuse, échappant au poste de clerc de notaire qu'on lui destinait.


Titiou Lecoq finit sur un magnifique post-scriptum irradiant de sincérité, où elle nous livre au débotté ses conclusions provisoires sur la vie, elles sont décapantes et font mouche. C'est sa fraternité avec Honoré : il lui faut du sens à elle aussi, impérativement, et elle nous convie à faire passer à la question nos choix d' existence pour voir ce qu'ils ont dans le ventre.
Beaucoup de plaisir à lire, une réussite !
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Ileauxtresors
  29 mai 2021
Un bail que j'ai lu Balzac qui m'était resté en tête comme un incontournable du Lagarde & Michard, un forcené de la plume qui nous a légué plus de 90 livres et une flopée de personnages inoubliables. Il aurait été dommage de ne pas faire la connaissance de ce « roi de la foirade » au destin drôle et tragique !
Titiou Lecoq écrit très bien et sa passion pour Balzac s'est avérée tout à fait communicative. La vie de l'écrivain est incroyablement romanesque et sa personnalité fascinante : une âme d'artiste sensible bien cachée derrière un physique bonhomme ; une fantaisie, une excentricité tape-à-l'oeil si immodérées qu'elles en deviendraient presque drôles ; une envie ardente de faire fortune et une capacité hors-normes à concevoir les idées les plus foireuses, de l'édition d'oeuvres complètes illustrées imprimées tout petit, en passant par la politique et le commerce d'ananas. Ajoutez à cela, face aux échecs, une obstination qui frôle l'acharnement et un art de l'autodérision tout à fait désarmants. Et une manière un brin angoissante (pour le lecteur comme pour l'entourage De Balzac) de justifier constamment de nouvelles dépenses de fringue et de décoration intérieure dignes de son génie et des impératifs de la vie mondaine ! le décor n'est pas en reste : un Paris en profonde ébullition politique, littéraire et intellectuelle en cette première moitié du XIXème siècle.
Mais ce qui est le plus fascinant, c'est la façon dont cette biographie vient éclairer l'oeuvre balzacienne. L'écrivain fait l'amère expérience des enjeux d'argent ? Il les fera entrer en littérature. On se gausse de lui parce qu'il doit vivre de sa plume ? Il assumera de devenir un marchand de livres, voire un épicier des lettres. Il est seul avec ses entreprises ratées ? Il s'inventera les vies qu'il aurait aimé avoir. J'ai été très intéressée par les pistes d'analyse proposées, sous l'angle des questions d'argent, mais aussi des femmes, de l'intime ou de l'ambition littéraire.
Titiou Lecoq brosse un portrait terriblement humain et touchant, « flamboyant contre-exemple » des obsessions contemporaines de réussite absolue. Son livre se parcourt avec beaucoup de plaisir – et donne envie de courir se replonger dans La comédie humaine !
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Citations et extraits (81) Voir plus Ajouter une citation
IleauxtresorsIleauxtresors   25 mai 2021
La perception du réel chez Honoré se plie aux fantaisies de son imagination – y compris dans sa manière d’établir son budget. Pourtant, en matière de principe de réalité, l’argent est une sacrée borne. On ne peut pas inventer de l’argent, on en a ou on n’en a pas, et même avec la plus exubérante imagination du monde, il y a toujours un moment où l’on se heurte à une vérité simple : un franc c’est un franc, ce n’est pas deux francs.
Or, l’étude de la vie de Honoré à travers ses finances montre qu’il a refusé avec obstination d’admettre cette évidence.
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antigoneCHantigoneCH   03 novembre 2019
L’un de nos plus grands écrivains a eu une vie d’emmerdements assez classiques, la vie d’un homme avec ses soucis d’argent, ses rêves de devenir propriétaire, ses problèmes de travaux, son goût des fringues, ses pulsions d’achat, ses humiliations, ses espoirs que l’avenir serait meilleur, ses insomnies, ses migraines, ses brûlures d’estomac, sa mort.
Pourtant, il était bien un peu génial, Honoré ? Evidemment. Mais son génie ne reposait pas sur un pouvoir magique ou une essence supérieure. Il y a des êtres qui ont plus manifestement la capacité à penser, librement, et c’est cette liberté, hors des cadres préconçus qui laisse leur chance aux possibilités, en ouvre les champs. C’est cela, ajouté à la certitude de son propre talent, à la capacité à s’autolégitimer, et l’aide de certaines circonstances, qui amène Honoré Balssa, petit-fils de paysans du Tarn, à concevoir La comédie humaine.
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IleauxtresorsIleauxtresors   28 mai 2021
Balzac se trouve face à un paradoxe notable. On l’encense pour avoir décrypté la pourriture inhérente au système, mais on le punit de ne pas en respecter les règles. Ce que le romancier peut se permettre en y gagnant le respect de la société, l’individu ne peut le faire sans risquer les gémonies des mêmes.
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palamedepalamede   14 décembre 2019
Dans l’un de ses derniers romans, l’extraordinaire ‘Cousine Bette’, Balzac fait le constat écœuré de l’emprise de l’argent sur l’ensemble de la société, au détriment des valeurs morales.
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palamedepalamede   11 décembre 2019
Balzac est convaincu que l’institution du mariage telle qu’elle fonctionne — tout pour le mari, rien pour les femmes — est une aberration injuste et socialement dangereuse qui vire à la guerre des unes contre les autres.
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Vidéo de Titiou Lecoq
Extrait du livre audio "Les Grandes Oubliées" de Titiou Lecoq lu par l'autrice. Parution numérique le 22 juin 2022.
https://www.audiolib.fr/livre/les-grandes-oubliees-9791035409845/
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