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EAN : 9782378801045
Éditeur : L' Iconoclaste (02/10/2019)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 107 notes)
Résumé :
« Parce qu’il était fauché, parce qu’il a couru après l’amour et l’argent, parce qu’il finissait toujours par craquer et s’acheter le beau manteau de ses rêves, parce qu’il refusait d’accepter que certains aient une vie facile et pas lui, parce que, avec La Comédie humaine, il a parlé de nous, j’aime passionnément Balzac. »

Tout le monde connaît Balzac, mais bien souvent son nom reste associé aux bancs de l’école. Avec la drôlerie qu’on lui connaît, T... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (73) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  29 janvier 2020
J'aimais déjà beaucoup Titiou Lecoq, brillante journaliste et essayiste féministe dont je suis les chroniques sur le magazine en ligne Slate.fr, dont j'ai apprécié ses articles parus chez Libération sur les féminicides et les meurtres conjugaux.
J'ai aimé d'emblée la couverture de son Honoré et moi, du orange et violet qui claque, un portrait De Balzac et une phrase drôle « parce qu'il a réussi sa vie en passant son temps à la rater, Balzac est mon frère ».
Souvent, je trouve ça très chiant, les biographies, trop souvent empesées voire ampoulées. J'en lis pour approfondir mes connaissances, certes, mais rarement je m'éclate ! Et là, ça a été l'éclate totale ! Titiou Lecoq a réussi à dépoussiérer complètement le genre pour en faire un récit vivant et très drôle. Et après cette réjouissante opération de décapage, j'ai découvert un Balzac terriblement moderne et attachant.
J'ai appris plein de choses ( je partais de très bas, ne connaissant presque rien de la vie De Balzac ) dans un tourbillon alliant documentation biographique solide et plume allègre maniant sans complexe un vocabulaire actuel volontairement anachronique. En vrac, voici mon top 5 des informations que je retiens :
1- Balzac était le roi de la foirade, obsédé par l'argent, voulant à tout prix devenir riche … mais tout le temps surendetté et acheteur compulsif de fringues extravagantes et d'objets de déco ! Les femmes de sa vie l'ont bien rincé pour éponger ses dettes.
2- Il était ultra complexé, édenté, court sur pattes, joufflu, robuste, avec une tête, selon les critères de ses contemporains, «  à vendre des saucisses sur un marché du Tarn » … bien loin d'un Lord Byron «  beau mec version dépressive ». Déjà qu'on lui reprochait de trop écrire pour des raisons mercantiles …
3- Lui qui était plutôt très réac dans ses idées politiques a été un féministe avant l'heure. Dans son étonnante Physiologie du mariage ( 1831 ), il lance un appel aux maris à ne pas violer leurs jeunes épouses lors de la nuit de noce et enjoint les maris à ne jamais «  se permettre un plaisir qu'il n'ait eu le talent de faire désirer par (leur) femme » !
4- Pour se faire de la thune, il a eu le drôle de projet ( jamais réalisé, ha ha ) de planter chez lui 100.000 pieds d'ananas dans des serres … pour vendre ensuite les fruits dans une sorte de supermarchés tenue par des écrivains, George Sand à la caisse, Théophile Gautier au rayonnage et lui à servir les clients.
5- En 1899, grosse dispute suite à la proposition de la gauche de panthéoniser Balzac , refus catégorique et offusqué de la droite. Cela aurait eu de la gueule, pourtant un triumvirat Hugo-Zola-Balzac dans les cryptes du Panthéon !
Un régal que cette biographie décomplexée et ludique, que l'on soit intéressé ou pas par le personnage De Balzac, ce n'est que du pur plaisir. Personnellement, j'ai comme une envie furieuse de me plonger à nouveau dans un de ces romans ! Suis allée chercher La Femme de trente ans que je n'ai jamais lu.
Lu dans le cadre du jury Grand Prix des lectrices Elle 2020, catégorie Essai
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palamede
  12 décembre 2019
Démythifiant le grand homme, Titiou Lecoq souligne la modernité d'un Balzac qui veut devenir riche et célèbre grâce à sa plume. Qui, s'il estime que les femmes se doivent d'êtres douces (et ce que ne dit pas l'auteure, que son féminisme fait contrepartie à la misogynie de bien de ses textes), prend le parti des femmes, dénonçant leur assujettissement aux hommes. Qui pense aussi (déjà en 1846 !) que le mal qui ronge la société est l'envahissement de la finance. Toutes choses très mal vues à son époque. Mais clairvoyant Balzac ne l'est pas dans tous les domaines. Loin s'en faut. Dépensier et piètre homme d'affaires, Honoré n'a cessé de se lancer dans des entreprises hasardeuses qui l'ont endetté. Dettes qu'il n'honorait pas quand il le pouvait — préférant dépenser son argent à des choses plus frivoles — surtout si le créancier était sa mère, à laquelle il reprocha sa pingrerie, ce qui avouons-le relève de la franche ingratitude !
J'ai beaucoup aimé cette biographie, pour le ton libre de l'auteure, son féminisme de bon aloi, sa connaissance du sujet distillée avec humour et familiarité. Un essai très réussi qui, sans assommer le lecteur avec une science mal digérée et des affirmations péremptoires, instruit (tout en gardant à l'esprit qu'une biographie n'est qu'un point de vue), et donne furieusement envie de relire Balzac.
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Kittiwake
  07 mars 2020
Je me suis fait un nouveau pote! C'est Honoré, qui cache bien son jeu quand on ne se donne pas la peine de fouiller un peu sa biographie. Heureusement qu'il y a des auteures comme Titiou Lecoq, qui se mettent la tâche et explorent la documentation pour en sortir une très intéressante biographie de ce monstre de la littérature classique française.
C'est passionnant, parce qu'on en découvre de belles sur l'auteur de la Comédie humaine, et en particulier sa relation particulière à l'argent, qui lui file entre les doigts. Qu'il en ait ou qu'il n'en ait pas (il a connu des épisodes de vache maigre avant le succès), le résultat est le même, il est poursuivi par des créanciers. Très en avance sur son temps, il a pratiquement créé le concept de surendettement. Au moins il en aura profité, vivant dans un luxe largement au-dessus de ses moyens.
On le connait pour sa capacité de travail hors du commun, mais on sait un peu moins qu'elle était lié à ces besoins urgents de remboursement de ses créanciers, qu'il ne parvenait pas toujours à maintenir à distance.

On en sait aussi un peu plus sur sa famille, qui a sans aucun doute subi les conséquences de la légèreté de l'acheteur compulsif qu'il fût .
C'est écrit avec humour, Titiou Lecoq utilise ce ton familier que l'on réserve le plus souvent à des proches, ce qui rend le propos drôle en plus d'être instructif. Il est probable qu'à la lumière de ces révélations, certains personnages des romans De Balzac apparaissent sous un nouveau jour.
Dès que j'en aurais fini avec Emile, j'attaque Honoré!

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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nadiouchka
  09 novembre 2019
« Je venais de finir l'écriture d'un essai sur les femmes, les maisons et les tâches ménagères. Je me sentais vide et désoeuvrée. (…) Un matin, quelqu'un évoqua la maison De Balzac, à Passy. Je sentis un frémissement. Balzac, c'était le grand amour de ma jeunesse.  (…) Et si j'y allais ? » (p.9) D'ailleurs, pour elle : « Parce qu'il a réussi sa vie en passant son temps à la rater, Balzac est mon frère. »
Et voilà comment une jeune journaliste, née à Paris, blogueuse sur « Girls ans Geeks », se retrouve à écrire une biographie sur son cher Honoré : « Honoré et moi ». Mais elle a également, à son actif, d'autres ouvrages où, parfois, elle a mené un combat féministe.
Pour son évocation de Honoré de Balzac, c'est, pour le lecteur, revenir à de nombreuses années en arrière et, dans mon cas, voir ma collection (très ancienne) de ses ouvrages.
Dans cette biographie, on y voit le rapport spécial De Balzac avec les femmes, ses dettes alors qu'il avait de l'argent - mais comme on dit : « plus on en a et plus on en veut. » Et puis Monsieur ne se prend pas pour n'importe qui…. : au diable les créanciers et vive le luxe !
Avec Titiou Lecoq, ce que j'ai apprécié, c'est son humour qui parsème tout le récit – j'ai aimé toutes ses allusions sur les autres écrivains, sur toutes les femmes qui ont payé pour lui afin de l'aider – j'ai découvert ses défauts – bref, tout un pan de sa vie que j'ignorais.
Avec sa plume acérée et franchement jubilatoire, j'ai lu cet ouvrage en riant. J'ai également bien aimé quand elle parle d'un certain de nos ministres (je ne le nomme pas mais ça vaut le détour).
Quelle bonne idée de nous raconter tous les déboires de cet écrivain que fut Honoré de Balzac : détails de ses dépenses – du mal à rembourser les dettes et moins de mal en contracter : « on ne prête qu'aux riches ! », alors autant le paraître – les mille et une façons d'échapper aux créanciers….
Mais il faudrait que j'arrête d'en dire plus. Sauf, que cet ouvrage m'a ravie et, en me tournant vers une de mes bibliothèques, je vois ses livres, ce qui me donne envie de les relire.
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Giraud_mm
  17 octobre 2019
Merci à Babelio et à L'Iconoclaste de m'avoir permis de découvrir ce livre.
Nous connaissons tous Honoré de Balzac, génial auteur de la Comédie humaine. Nous connaissons moins bien l'homme.= qui se cache derrière l'écrivain.
Avide d'argent mais piètre gestionnaire, ils vivra lourdement endetté toute sa vie.
Amoureux transis tout autant qu'infidèle, il mettra des années à conquérir les femmes de sa vie.
En recherche de reconnaissance et de pouvoir, il ne se satisfera jamais de ce qu'il avait acquis.
Egoïste, puéril et ingrat, il rejettera toujours la responsabilité de ses échecs sur les autres, notamment sa famille et particulièrement sa mère...
C'est cette homme là que nous raconte Titiou Lecocq avec sa gouaille. Elle nous le décrit sans chercher à embellir son caractère ou travestir ses actes. Mais elle y met tant d'amour, qu'elle finit par nous le rendre sympathique, ce diable d'Honoré !
Avec son langage et son sens de la narration, elle nous dessine le portrait jubilatoire d'un écrivain de génie qui n'a pas su surpasser ses démons pour s'imposer comme un homme d'influence, à l'image de Hugo ou Zola, au cours de sa courte vie.

Lien : http://michelgiraud.fr/2019/..
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Citations et extraits (62) Voir plus Ajouter une citation
antigoneCHantigoneCH   03 novembre 2019
L’un de nos plus grands écrivains a eu une vie d’emmerdements assez classiques, la vie d’un homme avec ses soucis d’argent, ses rêves de devenir propriétaire, ses problèmes de travaux, son goût des fringues, ses pulsions d’achat, ses humiliations, ses espoirs que l’avenir serait meilleur, ses insomnies, ses migraines, ses brûlures d’estomac, sa mort.
Pourtant, il était bien un peu génial, Honoré ? Evidemment. Mais son génie ne reposait pas sur un pouvoir magique ou une essence supérieure. Il y a des êtres qui ont plus manifestement la capacité à penser, librement, et c’est cette liberté, hors des cadres préconçus qui laisse leur chance aux possibilités, en ouvre les champs. C’est cela, ajouté à la certitude de son propre talent, à la capacité à s’autolégitimer, et l’aide de certaines circonstances, qui amène Honoré Balssa, petit-fils de paysans du Tarn, à concevoir La comédie humaine.
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palamedepalamede   14 décembre 2019
Dans l’un de ses derniers romans, l’extraordinaire ‘Cousine Bette’, Balzac fait le constat écœuré de l’emprise de l’argent sur l’ensemble de la société, au détriment des valeurs morales.
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palamedepalamede   11 décembre 2019
Balzac est convaincu que l’institution du mariage telle qu’elle fonctionne — tout pour le mari, rien pour les femmes — est une aberration injuste et socialement dangereuse qui vire à la guerre des unes contre les autres.
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palamedepalamede   10 décembre 2019
Je n’ai qu’une seule bonne qualité, c’est la persistance des rats, qui rongeraient l’acier s’ils vivaient autant que les corbeaux.

Honoré de Balzac ; Lettre à Zulma Carraud ; 28 août 1837
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OgrimoireOgrimoire   28 janvier 2020
En 1837, il doit en réalité 139 000 francs, soit environ 417 000 euros, sans compter les 40 000 francs de dettes auprès de sa mère. Alors il réécrit l’histoire. Rien n’est de sa faute. Sa famille l’a abandonné, il a voulu venir en aide à un ouvrier typographe nommé Barbier, les éditeurs l’ont volé, les libraires sont des monstres, les journalistes s’acharnent contre lui, tout le monde le déteste et conspire contre lui.
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