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EAN : 978B08K4SP9TV
80 pages
P.O.L. (01/10/2020)
3.94/5   8 notes
Résumé :
Il n'y a rien à savoir de l’amour, et rien à connaître de la mort. On y va en rampant, dans l'ignorance des idées, mais avec un tact infaillible.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Marti94
  07 juin 2021
Voilà ce que j'appelle une belle écriture.
J'ai téléchargé sans le vouloir sur ma liseuse ce court récit intitulé "Suivant l'azur" et je l'ai gardé car j'apprécie les livres de Nathalie Léger. Figurez-vous que le hasard fait bien les choses car je ne connaissais même pas le sujet et j'ai apprécié ce texte poignant.
Nathalie Léger écrit sur la mort de son mari bien que ce soit d'abord un livre sur l'amour. Elle ne le nomme pas mais on sait qu'il s'agit de Jean-Loup Rivière, dramaturge, critique et professeur d'études théâtrales de talent.
Elle va le veiller et comme on dit l'accompagner en fin de vie sans accepter qu'il disparaisse. Tout va très vite alors elle évoque le présent, celui de l'agonie, de la solitude face à la mort impartageable.
A l'hôpital, il l'encourage à écrire sans savoir que les pages raconteraient sa mort. Dans ces moments de douleur et de désoeuvrement, elle appuie son texte sur des références littéraires (Henry James, Gustave Flaubert, Roland Barthes) et cinématographiques (Raoul Ruiz, Mohsen Makhmalbaf, Nick Ray) qu'ils partagent, je devrais dire qu'ils partageaient.
J'aime le style de Nathalie Léger et ses propos sont touchants même s'ils restent très personnels.

Challenge Riquiqui 2021
Challenge Coeur d'artichaut 2021
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
GeraldineBGeraldineB   27 décembre 2020
Ta nuque, tes épaules solides sur lesquelles je m'appuyais souvent. Enfant, je l'avais vu faire à une femme amoureuse: l'homme assis, costaud, et la femme debout, appuyée contre lui, possessive et désinvolte, sachant précisément tout ce qu'elle possède, les mains sur les épaules de l'homme ou les entourant de ses bras, l'embrassant dans le cou, riant, posant sa joue sur ses cheveux tout en parlant.
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PasoaPasoa   26 décembre 2020
Partout des corps trébuchent dans les allées trop étroites, se perdent dans le désordre des dalles, penchés sur les pierres, prenant appui sur les stèles, déchiffrant muettement le grand lexique de noms propres dont l'entassement à perte de vue recouvre et borde et protège ce qui a eu lieu. Ils vont à pas lents, scrutant chaque nom gravé, fixant les dates, faisant les calculs, reconstituant les généalogies, cherchant à deviner dans l'assemblage des lettres le sens épars, inconnu, de ce qui n'est plus. De tout, de l'existence (cette beauté, cette ampleur), le peu qu'il reste, quand il en reste, n'est fait, ne sera fait que de noms, que de mots. Les gardiens sonnent l'heure. Le soir tombe. Je descends encore. Je me glisse parmi les pleins et les vides jusqu'à ton nom secret. J'aperçois en contrebas une eau vive, luisante, restituant les clartés disparues dans l'ombre de la nuit, je descends, je descends encore, je vais au plus concret, au plus limpide, le jour se lève, j'avance dans la fraîcheur d'un ciel inversé, j'avance encore, et je m'élance, suivant l'azur.

Pp. 70-71
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PasoaPasoa   26 décembre 2020
L'avant-dernier matin, il est sorti du sommeil et il a dit, J'ai peur. Implosion sourde au milieu exact de tout ce qui est. J'ai pris très doucement sa main tout en cherchant les mots. Je voulais laver et panser l'horrible blessure de sa peur - on ne peut le faire qu'avec des mots. Je les ai cherchés, et je n'ai pas su les trouver. Le sens d'une vie ne tient pourtant qu'à ça. Que les mots soient dits. La voilà, la trahison. C'est le dernier abri qui nous restait, et je n'ai pas su trouver les mots.

p.23
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PasoaPasoa   26 décembre 2020
À quoi sert la littérature ? À quoi sert cette incongruité sociale ? demande Roland Barthes. Elle sert à moins souffrir. "La nouvelle eau lustrale des mots rénove le pathétique." "La littérature est distance, détachement appliqué par l'excès des mots à la manie poisseuse de souffrir." Dans l'écriture, dit-il aussi, "c'est l'intime qui veut faire entendre son cri face à la généralité".

p.54
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Marti94Marti94   07 juin 2021
De tout, de l’existence (cette beauté, cette ampleur), le peu qu’il reste, quand il en reste, n’est fait, ne sera fait que de noms, que de mots.
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Nathalie Léger Suivant l'azur
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