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Isabelle Maillet (Traducteur)
ISBN : 2743613963
Éditeur : Payot et Rivages (01/04/2005)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 809 notes)
Résumé :
Patrick Kenzie et Angela Gennaro, les deux héros de Dennis Lehane, sont chargés de retrouver une petite fille de quatre ans, Amanda, mystérieusement disparue un soir d’automne. Curieusement, la mère d’Amanda paraît peu concernée par ce qui est arrivé à sa fille, qu’elle avait laissée seule le soir du drame pour aller dans un bar. Sa vie semble régie par la télévision, l’alcool et la drogue. Patrick et Angie découvrent d’ailleurs que la jeune femme dealait pour le co... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
jeranjou
  12 février 2013
Un Lehane beaucoup plus noir, intense et bouleversant que son adaptation au cinéma
Dépêché à la dernière minute, j'accepte ma fonction d'avocat commis d'office pour défendre l'auteur et écrivain Dennis Lehane. Suite à une critique de Mystic River touchant au plus profond l'âme des accros inconditionnels de l'écrivain américain, je me dois de sauver le soldat Lehane de cette qualification de simple "scénariste" de film.
Quel meilleur contre-exemple que « Gone, Baby Gone », justement adapté au cinéma, pour démontrer la simple coïncidence au moment des faits? En effet, ce quatrième roman de Lehane avec les héros Patrick et Angela, prolonge cette série d'enquêtes atypiques, pleines d'humour et parfois violentes je peux le convenir, votre honneur.
Par rapport aux épisodes précédents, l'auteur nous plonge ici dans un univers encore plus bouleversant et déstabilisant, l'enfance, qu'un film, même bien adapté, ne réussira jamais à nous procurer. Mais votre honneur, vous ne savez peut-être pas qu'avant d'être romancier, mon client a été chauffeur livreur, libraire, puis surtout éducateur dans le domaine de l'enfance maltraitée! Je comprends que certains lecteurs refusent d'aller aussi loin dans la déchéance humaine et des dégâts collatéraux qu'ils peuvent engendrer aux enfants.
Très récemment, j'avais d'ailleurs classé cet ouvrage dans la catégorie « chocolat noir » comme l'est également "Ténèbres, prenez-moi la main" par opposition aux romans chocolat blanc, très fleur bleue, dont raffole le grand public. Dans le monde Bostonien de Lehane, les héros de ses romans n'incarnent pas le bien absolu et à l'inverse, les présumés coupables n'incarnent pas le mal absolu non plus.
Dans cet opus, Pat et Angie, doivent retrouver une fille de quatre ans, Amanda McCready, dont la mère, Hélène, alcoolique et droguée, l'a laissée seule le soir de sa disparition, pour aller boire un coup dans un bar. Heureusement, quelques membres de sa famille, Beatrice et Lionel, sont présents pour soutenir Hélène, ne comprenant pas bien ce qui arrive.
La première piste va les conduire à un Cheddar Olamon, dealer entre autres, dont la mère d'Amanda a extorqué deux cent mille dollars. Puis la suite de l'enquête va mener Pat et Angie vers des chemins bien difficiles à prendre… surtout pour notre duo au caractère bien trempé.
Cet épisode m'a paru beaucoup plus violent que les autres, psychologiquement parlant car il se focalise sur des conditions de vie épouvantables, notamment pour les enfants. La description des personnages et des lieux est sans complaisance et non édulcorée comme on peut le lire dans les romans classiques. Porté à l'écran, le film est beaucoup plus abordable que le livre même si j'ai bien apprécié le film tout de même. Un dimanche soir, en écoutant "Le masque et la plume", le but était de critiquer ouvertement l'adaptation du roman de Lehane, porté à l'écran par Ben Affleck avec Casey Affleck et Morgan Freeman. J'étais offusqué par ce contre-sens total sur Dennis Lehane dans l'émission de Jérôme Garcin. Les critiques de cinéma n'avaient manifestement jamais lu Lehane et ne connaissaient en rien son univers noir, très noir, bien loin des tabous que les bien-pensants érigent en barrière. Je pense justement qu'ils ne connaissaient que le film « Shutter Island » de Martin Scorsese
Pour conclure… Non, Lehane n'est pas un simple scénariste même si le gratin des réalisateurs, Eastwood et Scorsese entre autres, a craqué sur ses romans. Ce n'est tout de même pas de sa faute si les meilleurs réalisateurs au monde s'attaquent à ses films ! Pour contredire cette thèse, madame et messieurs les jurés, la lecture de « Gone, baby, gone », difficile à appréhender et des plus perturbantes, est impossible à retranscrire correctement en un film. Les émotions suscitées, l'imagination du lecteur et la prise de conscience en tant que père ou mère de famille, sont infiniment plus développées à la lecture du roman qu'au visionnage du film, je dirai même plus à des années lumières du film de Ben Affleck.
Pour tous ceux qui se sont arrêtés à Mystic River ou Shutter Island, peut-être grâce (ou à cause) des films, ne manquez pas Gone, baby, gone, qui se termine par une chute aussi inattendue que bouleversante, un véritable cas de conscience. Chacun pourra alors se faire sa propre opinion sur le sujet…
Autant dire pour moi que Lehane reste un des tous meilleurs auteurs de «polars », avec son univers bien à lui, une très bonne intrigue à chaque fois, des dialogues bien maitrisés et rythmés, qui plus est avec une tonne d'humour en supplément. Mais ce n'est qu'un homme, capable de trébucher parfois, comme le démontre Moonlight Mile, la suite logique de ce roman, très en dessous de « Gone, baby, gone » malheureusement.
A la fin de cette plaidoirie, j'espère, amis lecteurs, que sera réhabilité l'écrivain Lehane dans toute sa dimension. le monde du 7ième art, c'est une chose, le monde des livres, dit aussi 5ième art, en est une autre. Comme le dit le proverbe, « Chacun son métier, les vaches seront bien gardées »!
Jugez en votre âme et conscience. Et surtout, très bonne lecture…
PS : Cette plaidoirie ne m'empêche pas de penser que l'adaptation de Scorsese sur Shutter Island réussit totalement à retranscrire l'atmosphère du roman de Lehane, qui n'est pas le meilleur selon moi. Mais, vous comprendrez que je ne peux pas concéder cet aveu devant le juge en tant qu'avocat à la cour.
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Marple
  01 novembre 2016
Waou, Baby, waou !
Plus encore que dans les 3 tomes précédents des aventures de Kenzie et Gennaro, Lehane réussit dans Gone, Baby, Gone à mêler enquête policière, critique sociale, réflexion sur le bien et le mal et même quelques touches d'humour.
Très sombre, le roman a plusieurs niveaux et plusieurs thèmes : les disparitions d'enfants, le rôle des policiers face aux différents visages de l'horreur, les rapports entre la loi et la morale, la misère sociale de ces junkies qui s'intéressent plus à leurs doses ou à leurs émissions télé qu'à leurs enfants, les pédophiles...
Heureusement, Kenzie et Gennaro sont là pour apporter un peu de joie et d'espoir avec leur amour, leur humour... et leurs amis déjantés plus ou moins honnêtes et plus ou moins violents.
Alors ne pleure pas, petite Amanda, Kenzie et Gennaro reviendront bientôt.
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Hugo
  28 septembre 2017
Avoir un enfant est la chose la plus difficile que l'on puisse ne pas deviner avant de le subir, c'est un changement radical de l'enfance aux responsabilités, les poches sous nos yeux ébahis d'amour ne laisse planer aucun doute, on est parents étouffés d'un altruisme sincère, nous ne sommes plus seules, notre égoïsme se meurt aux sourires et aux pleurs…
Ta vie change, ton couple change, même si on ne s'imagine que non, il change, se transforme, tu n'es plus l'unique aux yeux de l'autre, les bisous, les câlins et les sorties s'oublient, s'espacent dans le temps qui s'égrène au fil des nuits agitées, ton enfant grandit et toi tu vieillis…
- Tu dis quoi papa ?
- Euh non rien je parle tout seul
- Pourquoi tu parles tout seul ?
- Tu comprendras quand tu seras plus grande
Voilà que je parle comme mes parents, qui fraichement divorcés, entre deux claques dans la gueule, justifiaient leur maturité par des explications que je ne comprendrais que bien plus tard, murmuré des années après à l'oreille endormi d'un Psy, qui d'un oeil bienveillant me facturera son silence de quelques paquets de clopes.
Quand t'as un gosse faut faire gaffe :
- Tu fais quoi au cul cul à maman ?
- Ah putain rien…je lui décoince le dos
- Ah ???
- et je crois que ta mère a un putain de lumbago, et moi un putain de tassement bital…
Aujourd'hui c'est la rentrée des classes, première réunion parents/élèves, le coup de vieux te fouette la gueule, il y 32 ans j'étais moi-même dans cette même salle de classe, le sol n'a pas changé, le dortoir n'a pas changé, les maitresses elles sont plus jeunes que moi, elle me surnomme monsieur, « appelez-moi jeune homme je vous en supplie, punissez-moi, ce coin-là m'ira très bien… » Les maitresses sont timides, trop de maturité dans cette salle, nous sommes tous en rond assis sur des chaises miniatures à parler comptines, programmes, et plan vigipirate…
« Putain » que j'ai dit, qui c'est le cerveau qui a pondu l'organisation du plan anti-parents, celui ou tu glisses ton môme de trois ans qui chiale sa détresse par une porte de 80 cm, au milieu d'un amas parental désabusé, tous attroupés devant l'entrée interdite d'un non-sens absurde justifié par le ministère de l'éducation nationale…
« Ouvrez votre sac SVP »
Euh oui, la bêtise est dans le double fond, palpez-moi le dos j'adore ça, avec vos ongles, et vous deviendrez ma bien aimée… « Ah non que le sac, vite fait, il va de soi bien évidement que je ne vais pas aller buter ma gosse, mais pourquoi pas celui des autres c'est vrai, oui naturellement, je comprends le respect des institutions supérieures… »
Bon du coup je ne me suis pas réconcilié avec l'éducation nationale, les maitresses sont mignonnes, le problème c'est que tu ne les vois plus, pour leur parler c'est un demi RTT, Les horaires sont intransigeants, bref je sens que je vais m'éclater…
Alors ma gosse je l'emmène le matin à la garderie, c'est plus humain là-bas, bizarrement t'as le droit de rentrer, les méchants commencent le taf à 8h20 visiblement, alors sur le chemin que nous traversons à pied, ma fille et moi partageons quelques bavardages sur le fait que l'école ça pue du cul, que la cantine on a pas envie d'y trainer sa gastronomie, mais elle est souriante, pleine de vie :
« Papa attention la voiture » elle me tire par la main de toute ma force, elle est drôle cette gamine, elle en sort des bonnes :
« Mais qu'est ce que c'est que ce con ? »
« Je vais t'éclater Papa. »
« tu veux mon doigt. »
« Rhooo tu me soules, tu me soules. »
« t'es mon amour et mon petit coeur »
Faut reconnaitre que c'est difficile un gosse, faut le désirer pour en saisir tout l'amour, et le don de soi, mais bon hein, il y a quand même pire dans la vie…
- Allo je peux venir te décoincer le dos
- Euh non du coup j'ai pris rendez-vous chez le docteur…
Faites des gosses putain…
A plus les copains
C'est un bon roman, pas très original mais efficace, une bonne plume ce "LEHANE" je vous le dit, il ira loin...
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darkmoon
  21 mars 2014
Un roman d'une noirceur étouffante qui ne laisse aucun répit jusqu'au dénouement final, lumineux et obscur à la fois, et qui ne peut que vous laisser dans les brumes.
Patrick est un jeune détective qui a grandi dans les quartiers pauvres d'une banlieue de Boston. Aidé par son associée Angela, il mène une enquête parallèle et en collaboration avec la police pour retrouver la petite Amanda, kidnappée chez elle. Seulement l'entourage de la petite est loin d'être clean, à commencer par sa mère Helen ; toxico et alcoolo à souhait. Drogués, dealers et gangsters sont dans l'entourage de cette famille. En ville rôde également un pédophile. Une liste de suspects se dresse donc. Collaborant avec la Police, Patrick et Angie vont devoir se faire leur propre idée, et se méfier de chacun, de même qu'ils devront jouer leurs opinions parfois contradictoires, au risque de mettre leur relation en péril.
D'abord engagé pour suppléer une police inefficace, Patrick met à profit sa connaissance des lieux et de ses habitants pour dénicher des informations, avant de faire une affaire personnelle de la résolution de l'affaire. Laquelle apparaîtra en 3 temps, mais se révélera moins intéressante que le chemin emprunté pour y parvenir, ainsi que les conséquences de l'enquête sur le jeune homme. Car si c'est bien beau de s'imaginer jouer les héros, la réalité des rues de Boston va vite le refroidir : alors que la vérité se dessine et que l'ombre d'un acte de pédophilie commence à grandir, c'est moins le coupable que sa propre conscience qui se trouve inquiétée, lorsqu'il se trouve amené à faire des choix aptes à remettre en cause ses convictions morales et religieuses, et que se brouille la frontière séparant le Bien et le Mal. Deux notions au centre d'un roman très noir, relevé d'une pointe de constat social déprimant, et au cours duquel Lehane, juge moins qu'il ne s'adresse à notre conscience : qu'aurai-je fait à sa place ? le Bien a-t-il nécessairement des conséquences positives ?
Il ne s'agit donc pas d'un roman policier où l'enquête et le déroulement de l'intrigue prennent le pas sur les personnages, le roman s'attache avant tout à décrire l'évolution des mentalités des protagonistes confrontés à des choix extrêmes. Lehane installe une ambiance souvent glauque, nous offrant au passage une description étonnante de réalisme de la misère aux USA, sans rien cacher mais sans forcer le trait. Les personnages évoluent dans une atmosphère oppressante, avançant à l'aveuglette dans un jeu de piste macabre. Si le livre débute par la mise en place de l'enquête, très vite c'est le combat moral du héros qui prend le dessus sur l'intrigue. Les personnages s'approfondissent au fur et à mesure que le récit avance pour finalement se dévoiler dans les derniers chapitres. On comprend alors l'illusion de choix créée par l'auteur, le héros est entraîné au cours du roman dans une spirale de culpabilisation qui l'amène à commettre l'irréparable. le roman ne montre pas une alternative entre deux solutions, le chemin parcouru par le héros et les doutes auxquels il a été confronté l'amènent logiquement à la seule conclusion possible, fixant ainsi clairement, peut-être trop, une frontière entre le bien et le mal, entre ce qui est acceptable pour la société et ce qui est immorale malgré les bonnes intentions évidentes.
Un roman d'une grande richesse grâce à la pluralité des thèmes abordés, qui laisse les lecteurs en plein questionnement : Aurions-nous fait pareil ? Faut-il appliquer la loi à la lettre ? Ou bien avons-nous le droit à faire des écarts ? Sommes-nous en droit de juger à la place du juge?
" La tragédie sur terre, c'est que chacun a ses raisons." Jean Renoir
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Gwen21
  18 mai 2018
Bien construit, ce polar mettant en scène le couple de détectives privés Patrick Kenzie et Angie Gennaro créé par Dennis Lehane fonctionne bien malgré cent premières pages un peu poussives et donc une action un peu lente à se mettre en place.
Mais une fois au coeur de l'action, nous en avons pour notre argent, si vous me passez l'expression. le scénario, les personnages, les décors se prêtant fort bien à l'adaptation cinématographique, il est aisé pour le lecteur de se projeter dans les ruelles sombres de Boston, dans ses carrières désaffectées ou encore dans ses pubs sordides en compagnie des enquêteurs. Et comme dans tout film d'action, ça bastonne et ça tire dans tous les coins, les retournements de situation garantissent un rythme enlevé, et certaines scènes particulièrement intenses et violentes font naître la tension aux bons moments.
Mon seul réel problème avec ce polar reste donc, une fois de plus hélas, d'avoir découvert très tôt - trop tôt - le pot-aux-roses. du coup, ça revient un peu à voir le film après avoir lu le roman, ou inversement ; ça gâche une bonne partie du suspense, ce qui à mon avis n'est pas le but recherché par l'auteur.
Toutefois, j'ai eu plaisir à retrouver Kenzie et Gennaro, ainsi que leur acolyte Bubba, découverts en ce qui me concerne dans "Ténèbres, prenez-moi la main". Il est possible que je les retrouve plus tard dans une autre de leurs enquêtes mais il faudra qu'elle me tombe dans les mains, n'étant pas assez accro pour aller au-devant d'elle.

Challenge USA
Challenge MULTI-DÉFIS 2018
Challenge des 50 OBJETS 2018 - 2019
Challenge PAVES 2018
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Citations et extraits (70) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   14 août 2015
Là, je me suis assis dans la pénombre sur le premier banc, j'ai humé l'air imprégné de traces d'encens mêlées au parfum des chrysanthèmes, contemplé plusieurs saints figurant sur des vitraux et dont les yeux en losange ressemblaient à des pierres précieuses, puis regardé les flammes des petites bougies votives se refléter sur la balustrade d'acajou devant l'autel en me demandant pourquoi on avait autorisé un enfant de huit ans à vivre juste assez longtemps pour connaître toute l'atrocité de l'existence.
J'ai levé la tête vers le Jésus de verre coloré, les bras ouverts au-dessus du tabernacle en or.
- Huit ans, ai-je chuchoté. Expliquez-moi ça.
"Je ne peux pas."
Vous ne pouvez pas, ou Vous ne voulez pas ?
Pas de réponse. Dieu n'a pas son pareil pour se fermer comme une huître.
Vous offrez huit ans de vie à un enfant. Vous permettez qu'il soit kidnappé, torturé, affamé et violé pendant quatorze jours - soit plus de cent trente heures, dix-neuf mille huit cent minutes interminables -, et puis Vous lui donnez à emporter comme ultime image celle du visage de ces monstres qui lui ont transpercé le cœur, lacéré la figure et ouvert la gorge sur le carrelage d'une salle de bains.
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Gwen21Gwen21   19 mai 2018
Je l'ai contemplé de l'autre côté de la table tandis qu'un barbare choisissait dans le juke-box un titre des Smiths. Je hais les Smiths. Je préférerais encore me retrouver ligoté sur une chaise et obligé d'écouter un medley des chansons de Suzanne Vega et Natalie Merchant pendant que des génies de l'art conceptuel se déchirent les parties génitales à coups d'ongles plutôt qu'écouter trente secondes de Morrissey et son groupe chanter d'un ton geignard leur angoisse d'anciens des beaux-arts répétant combien ils sont humains, combien ils ont besoin d'amour, etc. Je suis peut-être cynique, mais si on s'abstient de geindre, on a plus de chances de baiser, ce qui peut constituer une première étape prometteuse.
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jeranjoujeranjou   12 février 2013
Dans ce pays, deux mille trois cents enfants sont portés disparus chaque jour. […] Pour la plupart, ils sont ramenés dans leur foyer au bout d’une semaine.[…] Ils sont environ trois cent à disparaître définitivement chaque année.[…]
Où qu’ils aillent, ces trois cent jeunes ne réapparaissent pas. Pendant un certain temps, leur souvenir hante les étrangers au courant de ces affaires ; ils hantent leurs familles beaucoup plus durablement.
Sans un corps abandonné derrière eux, sans une preuve de leur décès, ils ne meurent pas. Ils ne font qu’aviver notre conscience du vide.
Et de leur éternelle absence.

Lehane, prenant directement la parole dans son récit pour manifester son intérêt et son émotion sur les disparitions d’enfants aux Etats-Unis
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ladesiderienneladesiderienne   11 août 2015
Suite au déclin de l'industrie du granit, les carrières sont devenues au fil des années l'endroit idéal pour se débarrasser de divers encombrants : voitures volées, cuisinières et réfrigérateurs cassés, cadavres. Tous les deux ou trois ans, quand un enfant se volatilise après s'y être aventuré ou quand un détenu de Walpole avoue à la police avoir précipité du haut d'une falaise une prostituée portée disparue, le site est passé au peigne fin et les journaux publient des cartes topographiques et des photos sous-marines révélant un paysage submergé des plus tourmentés : massifs montagneux, rochers brisés, pics déchiquetés s'élevant des profondeurs, soudaines avancées pierreuse. Autant de formes spectrales évocatrices d'une Atlantide noyée sous trente mètres d'eau de pluie.
Parfois, on retrouve les corps. Parfois, non. Les lacs des carrières, agités par des tempêtes subaquatiques de limon sombre provoquant de brusques changements dans leurs relief, riches de surplombs et de crevasses inexplorées, révèlent leurs secrets aussi facilement et fréquemment que le Vatican.
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la_fleur_des_motsla_fleur_des_mots   19 décembre 2013
Ces quatre dernières années, j’avais abattu deux hommes. J’avais assisté en spectateur impuissant à la mort de mon plus vieil ami et d’une femme que je connaissais à peine. J’avais vu des bambins bafoués de toutes les manières possibles, rencontré des hommes et des femmes pour qui tuer s’apparentait à une sorte de réflexe, noué des liens qui n’avaient pas résisté à l’atmosphère de violence dont je savais si bien m’entourer.
Et j’en avais assez.
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Videos de Dennis Lehane (89) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dennis Lehane
QUAND TOUT LE SYSTÈME EST POURRI, AUTANT JOUER SELON SES PROPRES RÈGLES
Denny Malone est le roi de Manhattan North, le leader charismatique de la Force, une unité d?élite qui fait la loi dans les rues de New York et n?hésite pas à se salir les mains pour combattre les gangs, les dealers et les trafiquants d?armes. Après dix-huit années de service, il est respecté et admiré de tous. Mais le jour où, après une descente, Malone et sa garde rapprochée planquent pour des millions de dollars de drogue, la ligne jaune est franchie. Le FBI le rattrape et va tout mettre en ?uvre pour le force à dénoncer ses coéquipiers. Dans le même temps, il devient une cible pour les mafieux et les politiques corrompus. Seulement, Malone connaît tous leurs secrets. Et tous, il peut les faire tomber?
À travers une narration abrupte et remarquablement réaliste, faisant écho à l??uvre de Dennis Lehane comme aux films de Martin Scorsese, James Gray et Brian de Palma, Don Winslow livre un roman policier magistral, tableau étourdissant du crime organisé, actuellement en cours d?adaptation au cinéma par James Mangold (Copland).
https://www.harpercollins.fr/livre/11158/harpercollins-noir/corruption
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