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Isabelle Maillet (Traducteur)
EAN : 9782743613969
554 pages
Éditeur : Payot et Rivages (01/04/2005)
4.08/5   947 notes
Résumé :
Patrick Kenzie et Angela Gennaro, les deux héros de Dennis Lehane, sont chargés de retrouver une petite fille de quatre ans, Amanda, mystérieusement disparue un soir d’automne. Curieusement, la mère d’Amanda paraît peu concernée par ce qui est arrivé à sa fille, qu’elle avait laissée seule le soir du drame pour aller dans un bar. Sa vie semble régie par la télévision, l’alcool et la drogue. Patrick et Angie découvrent d’ailleurs que la jeune femme dealait pour le co... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (70) Voir plus Ajouter une critique
4,08

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Eric76
  07 février 2021
Allez savoir si les personnages de ce livre sont des héros ou bien des salopards ?
Pas de vérités révélées. le bien et le mal, le blanc et le noir, ont une tendance fâcheuse à se mélanger pour devenir ce gris plus ou moins foncé.
Hélène, Broussard, Pool, Doyle... de drôles de paroissiens qui naviguent dans cette éternelle grisaille, dans cette tristesse pesante, à la recherche d'un vague pardon, d'une lumière tremblotante là-bas au loin, où bien pour fuir des douleurs intimes...
Tout commence par la disparition d'Amanda, petit bout de femme innocente et fragile d'à peine cinq ans. Ça continue avec celle de la somme rondelette de deux cent mille dollars, produit de ce trafic de drogue qui salit les rues de la grande ville. Pour un petit coin de paradis, beaucoup de personnes bien intentionnées voudraient bien se l'approprier...
Deux histoires qui vont se mêler, s'entremêler, se croiser, dans un scénario complexe et imprévu. Angela Gennaro et Patrick Kenzie, nos deux détectives privés, suivront ces deux pistes avec beaucoup plus d'intuitions et d'hésitations que d'éléments probants. Ils ne maîtriseront rien d'ailleurs ! Ils se contenteront de suivre les évènements, essayant de ne pas se faire tuer, jusqu'au désastre final...
Un livre où l'humour est omniprésent, mais un humour façon thriller : grinçant, amer, et désespéré.
Le pire, dans cette terrible affaire, c'est que la seule personne qui mériterait d'être aidée, parce qu'elle est innocente et n'a rien demandé à personne, ne le sera finalement pas. Ils la rejetteront dans son petit enfer quotidien fait d'indifférence, de désamour et de maltraitance...
Un bien sombre et excellent polar.

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CasusBelli
  18 septembre 2021
Si j'aime les thrillers, j'apprécie particulièrement les histoires de détectives américains. Avec ce quatrième opus consacré au duo Gennaro/Kenzie ou Angie et Pat si vous préférez, Dennis Lehane frappe très fort.
Contactés pour enquêter sur la disparition d'une petite fille de quatre ans, ils vont être confrontés à des épreuves auxquelles ils n'étaient pas préparés et ce d'autant plus que leur investissement personnel sera à la hauteur de leurs valeurs et de leur empathie.
Ce scénario va se révéler brillant, intelligent et d'une efficacité remarquable, même en ayant vu le film inspiré du roman je vous garantis de belles émotions de lecture et de belles cogitations.
Avec Dennis Lehane nous avons l'assurance de suivre des personnages d'une belle épaisseur, de lire des dialogues intéressants à l'humour omniprésent et souvent décalé et aussi et peut-être surtout de réfléchir sur le sens de la vie.
Nous aurons aussi, spécialité de l'auteur, des anecdotes sur Boston tantôt historiques et tantôt urbaines ou architecturales permettant de s'imprégner d'une certaine ambiance ou atmosphère.
Les relations flics/truands, flics/détectives ou détectives/truands sont particulièrement tordues et proposent de bons moments de lecture très imagés, en passant j'apprécie toujours autant le personnage de "Bubba" et sa présence récurrente depuis les premiers épisodes.
Ici et plus que d'habitude, l'auteur va nous donner matière à réflexion avec une thématique particulièrement sensible et l'évocation d'une certaine forme de misère sociétale dans le pays le plus riche qui soit, ce qui nous donne à l'arrivée beaucoup plus qu'un simple polar bien ficelé.
Pour ce qui me concerne et à ce jour, il s'agit de mon opus préféré.
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jeranjou
  12 février 2013
Un Lehane beaucoup plus noir, intense et bouleversant que son adaptation au cinéma
Dépêché à la dernière minute, j'accepte ma fonction d'avocat commis d'office pour défendre l'auteur et écrivain Dennis Lehane. Suite à une critique de Mystic River touchant au plus profond l'âme des accros inconditionnels de l'écrivain américain, je me dois de sauver le soldat Lehane de cette qualification de simple "scénariste" de film.
Quel meilleur contre-exemple que « Gone, Baby Gone », justement adapté au cinéma, pour démontrer la simple coïncidence au moment des faits? En effet, ce quatrième roman de Lehane avec les héros Patrick et Angela, prolonge cette série d'enquêtes atypiques, pleines d'humour et parfois violentes je peux le convenir, votre honneur.
Par rapport aux épisodes précédents, l'auteur nous plonge ici dans un univers encore plus bouleversant et déstabilisant, l'enfance, qu'un film, même bien adapté, ne réussira jamais à nous procurer. Mais votre honneur, vous ne savez peut-être pas qu'avant d'être romancier, mon client a été chauffeur livreur, libraire, puis surtout éducateur dans le domaine de l'enfance maltraitée! Je comprends que certains lecteurs refusent d'aller aussi loin dans la déchéance humaine et des dégâts collatéraux qu'ils peuvent engendrer aux enfants.
Très récemment, j'avais d'ailleurs classé cet ouvrage dans la catégorie « chocolat noir » comme l'est également "Ténèbres, prenez-moi la main" par opposition aux romans chocolat blanc, très fleur bleue, dont raffole le grand public. Dans le monde Bostonien de Lehane, les héros de ses romans n'incarnent pas le bien absolu et à l'inverse, les présumés coupables n'incarnent pas le mal absolu non plus.
Dans cet opus, Pat et Angie, doivent retrouver une fille de quatre ans, Amanda McCready, dont la mère, Hélène, alcoolique et droguée, l'a laissée seule le soir de sa disparition, pour aller boire un coup dans un bar. Heureusement, quelques membres de sa famille, Beatrice et Lionel, sont présents pour soutenir Hélène, ne comprenant pas bien ce qui arrive.
La première piste va les conduire à un Cheddar Olamon, dealer entre autres, dont la mère d'Amanda a extorqué deux cent mille dollars. Puis la suite de l'enquête va mener Pat et Angie vers des chemins bien difficiles à prendre… surtout pour notre duo au caractère bien trempé.
Cet épisode m'a paru beaucoup plus violent que les autres, psychologiquement parlant car il se focalise sur des conditions de vie épouvantables, notamment pour les enfants. La description des personnages et des lieux est sans complaisance et non édulcorée comme on peut le lire dans les romans classiques. Porté à l'écran, le film est beaucoup plus abordable que le livre même si j'ai bien apprécié le film tout de même. Un dimanche soir, en écoutant "Le masque et la plume", le but était de critiquer ouvertement l'adaptation du roman de Lehane, porté à l'écran par Ben Affleck avec Casey Affleck et Morgan Freeman. J'étais offusqué par ce contre-sens total sur Dennis Lehane dans l'émission de Jérôme Garcin. Les critiques de cinéma n'avaient manifestement jamais lu Lehane et ne connaissaient en rien son univers noir, très noir, bien loin des tabous que les bien-pensants érigent en barrière. Je pense justement qu'ils ne connaissaient que le film « Shutter Island » de Martin Scorsese
Pour conclure… Non, Lehane n'est pas un simple scénariste même si le gratin des réalisateurs, Eastwood et Scorsese entre autres, a craqué sur ses romans. Ce n'est tout de même pas de sa faute si les meilleurs réalisateurs au monde s'attaquent à ses films ! Pour contredire cette thèse, madame et messieurs les jurés, la lecture de « Gone, baby, gone », difficile à appréhender et des plus perturbantes, est impossible à retranscrire correctement en un film. Les émotions suscitées, l'imagination du lecteur et la prise de conscience en tant que père ou mère de famille, sont infiniment plus développées à la lecture du roman qu'au visionnage du film, je dirai même plus à des années lumières du film de Ben Affleck.
Pour tous ceux qui se sont arrêtés à Mystic River ou Shutter Island, peut-être grâce (ou à cause) des films, ne manquez pas Gone, baby, gone, qui se termine par une chute aussi inattendue que bouleversante, un véritable cas de conscience. Chacun pourra alors se faire sa propre opinion sur le sujet…
Autant dire pour moi que Lehane reste un des tous meilleurs auteurs de «polars », avec son univers bien à lui, une très bonne intrigue à chaque fois, des dialogues bien maitrisés et rythmés, qui plus est avec une tonne d'humour en supplément. Mais ce n'est qu'un homme, capable de trébucher parfois, comme le démontre Moonlight Mile, la suite logique de ce roman, très en dessous de « Gone, baby, gone » malheureusement.
A la fin de cette plaidoirie, j'espère, amis lecteurs, que sera réhabilité l'écrivain Lehane dans toute sa dimension. le monde du 7ième art, c'est une chose, le monde des livres, dit aussi 5ième art, en est une autre. Comme le dit le proverbe, « Chacun son métier, les vaches seront bien gardées »!
Jugez en votre âme et conscience. Et surtout, très bonne lecture…
PS : Cette plaidoirie ne m'empêche pas de penser que l'adaptation de Scorsese sur Shutter Island réussit totalement à retranscrire l'atmosphère du roman de Lehane, qui n'est pas le meilleur selon moi. Mais, vous comprendrez que je ne peux pas concéder cet aveu devant le juge en tant qu'avocat à la cour.
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Marple
  01 novembre 2016
Waou, Baby, waou !
Plus encore que dans les 3 tomes précédents des aventures de Kenzie et Gennaro, Lehane réussit dans Gone, Baby, Gone à mêler enquête policière, critique sociale, réflexion sur le bien et le mal et même quelques touches d'humour.
Très sombre, le roman a plusieurs niveaux et plusieurs thèmes : les disparitions d'enfants, le rôle des policiers face aux différents visages de l'horreur, les rapports entre la loi et la morale, la misère sociale de ces junkies qui s'intéressent plus à leurs doses ou à leurs émissions télé qu'à leurs enfants, les pédophiles...
Heureusement, Kenzie et Gennaro sont là pour apporter un peu de joie et d'espoir avec leur amour, leur humour... et leurs amis déjantés plus ou moins honnêtes et plus ou moins violents.
Alors ne pleure pas, petite Amanda, Kenzie et Gennaro reviendront bientôt.
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Hugo
  28 septembre 2017
Avoir un enfant est la chose la plus difficile que l'on puisse ne pas deviner avant de le subir, c'est un changement radical de l'enfance aux responsabilités, les poches sous nos yeux ébahis d'amour ne laisse planer aucun doute, on est parents étouffés d'un altruisme sincère, nous ne sommes plus seules, notre égoïsme se meurt aux sourires et aux pleurs…
Ta vie change, ton couple change, même si on ne s'imagine que non, il change, se transforme, tu n'es plus l'unique aux yeux de l'autre, les bisous, les câlins et les sorties s'oublient, s'espacent dans le temps qui s'égrène au fil des nuits agitées, ton enfant grandit et toi tu vieillis…
- Tu dis quoi papa ?
- Euh non rien je parle tout seul
- Pourquoi tu parles tout seul ?
- Tu comprendras quand tu seras plus grande
Voilà que je parle comme mes parents, qui fraichement divorcés, entre deux claques dans la gueule, justifiaient leur maturité par des explications que je ne comprendrais que bien plus tard, murmuré des années après à l'oreille endormi d'un Psy, qui d'un oeil bienveillant me facturera son silence de quelques paquets de clopes.
Quand t'as un gosse faut faire gaffe :
- Tu fais quoi au cul cul à maman ?
- Ah putain rien…je lui décoince le dos
- Ah ???
- et je crois que ta mère a un putain de lumbago, et moi un putain de tassement bital…
Aujourd'hui c'est la rentrée des classes, première réunion parents/élèves, le coup de vieux te fouette la gueule, il y 32 ans j'étais moi-même dans cette même salle de classe, le sol n'a pas changé, le dortoir n'a pas changé, les maitresses elles sont plus jeunes que moi, elle me surnomme monsieur, « appelez-moi jeune homme je vous en supplie, punissez-moi, ce coin-là m'ira très bien… » Les maitresses sont timides, trop de maturité dans cette salle, nous sommes tous en rond assis sur des chaises miniatures à parler comptines, programmes, et plan vigipirate…
« Putain » que j'ai dit, qui c'est le cerveau qui a pondu l'organisation du plan anti-parents, celui ou tu glisses ton môme de trois ans qui chiale sa détresse par une porte de 80 cm, au milieu d'un amas parental désabusé, tous attroupés devant l'entrée interdite d'un non-sens absurde justifié par le ministère de l'éducation nationale…
« Ouvrez votre sac SVP »
Euh oui, la bêtise est dans le double fond, palpez-moi le dos j'adore ça, avec vos ongles, et vous deviendrez ma bien aimée… « Ah non que le sac, vite fait, il va de soi bien évidement que je ne vais pas aller buter ma gosse, mais pourquoi pas celui des autres c'est vrai, oui naturellement, je comprends le respect des institutions supérieures… »
Bon du coup je ne me suis pas réconcilié avec l'éducation nationale, les maitresses sont mignonnes, le problème c'est que tu ne les vois plus, pour leur parler c'est un demi RTT, Les horaires sont intransigeants, bref je sens que je vais m'éclater…
Alors ma gosse je l'emmène le matin à la garderie, c'est plus humain là-bas, bizarrement t'as le droit de rentrer, les méchants commencent le taf à 8h20 visiblement, alors sur le chemin que nous traversons à pied, ma fille et moi partageons quelques bavardages sur le fait que l'école ça pue du cul, que la cantine on a pas envie d'y trainer sa gastronomie, mais elle est souriante, pleine de vie :
« Papa attention la voiture » elle me tire par la main de toute ma force, elle est drôle cette gamine, elle en sort des bonnes :
« Mais qu'est ce que c'est que ce con ? »
« Je vais t'éclater Papa. »
« tu veux mon doigt. »
« Rhooo tu me soules, tu me soules. »
« t'es mon amour et mon petit coeur »
Faut reconnaitre que c'est difficile un gosse, faut le désirer pour en saisir tout l'amour, et le don de soi, mais bon hein, il y a quand même pire dans la vie…
- Allo je peux venir te décoincer le dos
- Euh non du coup j'ai pris rendez-vous chez le docteur…
Faites des gosses putain…
A plus les copains
C'est un bon roman, pas très original mais efficace, une bonne plume ce "LEHANE" je vous le dit, il ira loin...
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Citations et extraits (93) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric76   19 janvier 2021
Or, au milieu de tout ce vacarme, rien n'est plus sonore que le silence d'un enfant disparu. Ce silence-là, haut de soixante-dix à quatre-vingt-dix centimètres, on le perçoit à hauteur de hanche, on l'entend s'élever des lattes du plancher, de tous les coins et recoins, du visage inexpressif d'une poupée abandonnée sur le sol près du lit. Il est différent de celui qui règne lors des enterrements et des veillées funéraires. Le silence des morts exprime le sentiment d'une finalité ; c'est un silence auquel il faut se résigner. Mais on ne veut pas se résigner à celui d'un enfant disparu, et comme on ne peut pas l'accepter, il vous hurle à la figure.
Le silence des morts dit : Adieu
Le silence des absents crie : Retrouvez-moi !
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ladesiderienneladesiderienne   14 août 2015
Là, je me suis assis dans la pénombre sur le premier banc, j'ai humé l'air imprégné de traces d'encens mêlées au parfum des chrysanthèmes, contemplé plusieurs saints figurant sur des vitraux et dont les yeux en losange ressemblaient à des pierres précieuses, puis regardé les flammes des petites bougies votives se refléter sur la balustrade d'acajou devant l'autel en me demandant pourquoi on avait autorisé un enfant de huit ans à vivre juste assez longtemps pour connaître toute l'atrocité de l'existence.
J'ai levé la tête vers le Jésus de verre coloré, les bras ouverts au-dessus du tabernacle en or.
- Huit ans, ai-je chuchoté. Expliquez-moi ça.
"Je ne peux pas."
Vous ne pouvez pas, ou Vous ne voulez pas ?
Pas de réponse. Dieu n'a pas son pareil pour se fermer comme une huître.
Vous offrez huit ans de vie à un enfant. Vous permettez qu'il soit kidnappé, torturé, affamé et violé pendant quatorze jours - soit plus de cent trente heures, dix-neuf mille huit cent minutes interminables -, et puis Vous lui donnez à emporter comme ultime image celle du visage de ces monstres qui lui ont transpercé le cœur, lacéré la figure et ouvert la gorge sur le carrelage d'une salle de bains.
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Gwen21Gwen21   19 mai 2018
Je l'ai contemplé de l'autre côté de la table tandis qu'un barbare choisissait dans le juke-box un titre des Smiths. Je hais les Smiths. Je préférerais encore me retrouver ligoté sur une chaise et obligé d'écouter un medley des chansons de Suzanne Vega et Natalie Merchant pendant que des génies de l'art conceptuel se déchirent les parties génitales à coups d'ongles plutôt qu'écouter trente secondes de Morrissey et son groupe chanter d'un ton geignard leur angoisse d'anciens des beaux-arts répétant combien ils sont humains, combien ils ont besoin d'amour, etc. Je suis peut-être cynique, mais si on s'abstient de geindre, on a plus de chances de baiser, ce qui peut constituer une première étape prometteuse.
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jeranjoujeranjou   12 février 2013
Dans ce pays, deux mille trois cents enfants sont portés disparus chaque jour. […] Pour la plupart, ils sont ramenés dans leur foyer au bout d’une semaine.[…] Ils sont environ trois cent à disparaître définitivement chaque année.[…]
Où qu’ils aillent, ces trois cent jeunes ne réapparaissent pas. Pendant un certain temps, leur souvenir hante les étrangers au courant de ces affaires ; ils hantent leurs familles beaucoup plus durablement.
Sans un corps abandonné derrière eux, sans une preuve de leur décès, ils ne meurent pas. Ils ne font qu’aviver notre conscience du vide.
Et de leur éternelle absence.

Lehane, prenant directement la parole dans son récit pour manifester son intérêt et son émotion sur les disparitions d’enfants aux Etats-Unis
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Eric76Eric76   26 janvier 2021
Pour une raison qui m'échappe, les souvenirs que je garde de Cheddar et de sa famille semblent toujours baignés par la froide lumière de l'hiver - autant d'images d'un petit gosse laid planté au bord d'une cour de récréation parsemée de flaques à moitié gelées, qui regarde ses parents gigantesques marcher en courbant les épaules sous les arbres noirs frissonnants.
Cheddar avait écopé d'innombrables raclées et railleries à cause de son léger accent et de celui, beaucoup plus prononcé, de ses parents, de ses vêtements de plouc et de sa peau jaunâtre à l'aspect cireux qui faisait penser à du fromage. D'où son surnom.
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Découvrez le troisième épisode des Conversation dans le noir, le tout nouveau podcast des éditions du Masque. Une conversation téléphonique entre éditrice et auteure, à écouter sur l'ensemble de nos réseaux sociaux. Dans ce dernier épisode de la trilogie, Gabrielle Massat nous parle - depuis sa maison en pierres perdue au milieu des bois - de son rapport à l'écriture et à la littérature noire, ainsi que des raisons qui l'ont poussée à choisir un héros aveugle. C'est déjà la fin des épisodes liés au confinement, nous tenions vraiment à tous vous remercier pour le merveilleux accueil réservé à cette première "saison" du podcast et pour vos encouragements ! Nous revenons bientôt avec une nouvelle formule, STAY TUNED Nous vous souhaitons une bonne écoute ! Extrait lu : https://www.liseuse-hachette.fr/file/139455?fullscreen=1#epubcfi(/6/12[pre2]!/4/2/2[pre-001]/4/22/1:0) Oeuvres citées : Conversations de Francis Bacon Le camp des morts - Craig Johnson Tolkien Mystic river - Dennis Lehane James Ellroy CRÉDITS : Conversation dans le noir est un podcast des éditions du Masque. Réalisation : Paul Sanfourche. Générique : Longing - Joachim Karud.
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