AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782302031463
128 pages
Éditeur : Soleil (23/10/2013)
3.88/5   34 notes
Résumé :
Ce roman graphique de plus de 100 pages retrace la vie d’Albert Camus qui demeure, plus de 50 ans après sa mort, l’un des écrivains français les plus populaires et les plus étudiés.De sa naissance en Algérie, de son enfance dans un quartier populaire d’Alger, de sa carrière d’écrivain et ses multiples engagements littéraires et politiques, notamment en faveur des indépendantistes algériens et des anti franquistes, jusqu’à l’obtention du prix Nobel en 1957 et son déc... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
3,88

sur 34 notes
5
4 avis
4
6 avis
3
1 avis
2
0 avis
1
0 avis

mariecesttout
  31 mars 2014
Accompagné par les illustrations de Laurent Gnoni,riches en couleurs surtout quand il s'agit de la période algérienne, José Lenzini , natif de Sétif, raconte la vie d'Albert Camus.
En quatre chapitres de longueur inégale, tous débutant par une phrase du discours de Stockholm prononcé par Albert Camus le 10 décembre 1957, alors que lui a été attribué, à 43 ans, le Prix Nobel de littérature.
L'enfance, père mort dès le début de la guerre dont il ne connaîtra qu'un portrait, grand-mère sévère, mère sourde illettrée, pauvreté extrême. L'école, et le premier instituteur qui détecte ses capacités. La grand-mère ne veut pas qu'il continue l'école, la mère prend la décision.
Et puis, le grand collège, le foot, les petits boulots à côté pour rapporter de l'argent. Les premières hontes aussi, quand il dit de sa mère qu'elle est morte. Lui aussi dira plus tard qu'il a honte d'avoir eu honte..
Après, c'est Alger chez son oncle boucher, le début de l'écriture, la tuberculose qui l'oblige à arrêter le foot, le premier mariage qui tourne vite mal.
Et le départ en métropole. Commencé en 1939, L'Etranger sera édité en 1942, en pleine occupation allemande, il a 28 ans. Journaliste dans Combat, qui parait clandestinement. Résistant, semble-t-il. L'Etranger est salué par Sartre , et c'est le début de ses relations avec lui.
"Il est comment, ce Camus?" demande-t-on à Sartre. " Il ressemble à un petit voyou de Bab El Oued.."
1951, ça va se gâter avec la parution de L'homme révolté . Expliquer si tôt certaines dérives, alors là.. ça ne passait pas. Avoir claqué la porte du PC en Algérie 15 ans plus tôt non plus.
Sartre lui écrit: "l'amitié, elle aussi, tend à devenir totalitaire; il faut l'accord en tout, ou la brouille." Hum..
Et c'est la guerre d'Algérie, le terrorisme , sa mère ne veut pas quitter le pays. le déchirement, il aime ce pays.
Et la mort, dans un accident de voiture, le 4 janvier 1960.
J'ai beaucoup apprécié que l'histoire ne s'arrête pas là, mais qu'il y ait un épilogue consacré à une phrase qui a fait couler beaucoup d'encre ( et de bave..) . Complètement extraite de son contexte. Interpellé par une jeune Kabyle lors d'une conférence de presse , qui lui reprochait son non engagement dans le mouvement algérien pour l'indépendance, il a répondu: "J'ai toujours condamné la terreur, je dois condamner aussi un terrorisme qui s'exerce aveuglément dans les rues d'Alger par exemple et qui un jour peut frapper ma mère ou ma famille. Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice."
Phrase donc extraite du contexte et transformée en: «  Entre la justice et ma mère, je choisis ma mère. »
Une dénonciation de tout terrorisme . J'aurais envie de dire que transformée et tronquée, de toute façon, cette phrase ne veut absolument rien dire, et que peut être ces intellectuels auraient pu se poser plus de questions sur ce qu'il voulait vraiment dire? Mais je ne suis pas une intellectuelle, alors.. je passe. Mais je n'en pense pas moins, en lisant certaines réactions ! Un peu plus de .. concret n'aurait peut être pas nui à certains?
L'excellent article de Philippe Lançon dans Libération semble encore en ligne, il dit beaucoup de choses intéressantes, je le mets en lien.
Et je me permets d'en extraire ceci, toujours issu du discours de Suède:
«Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse. Héritière d'une histoire corrompue où se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux morts et les idéologies exténuées, où de médiocres pouvoirs peuvent aujourd'hui nous détruire mais ne savent plus convaincre…»
Mon pauvre Albert, si tu savais..
Un bon album souvenir qui peut permettre à tous une rencontre plus poussée avec un auteur qui n'aimait pas, semble-t-il, qu'on dise de lui que c'était un homme honnête?
Et bien tant pis, c'est fait.
Lien : http://www.liberation.fr/cul..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          300
A_fleur_de_mots
  24 avril 2021
Biographie graphique d'Albert Camus publiée pour l'anniversaire des 100 ans de sa naissance.
Le narrateur, un ami d'enfance d'Albert - dont nous ne connaissons ni le prénom ni le visage- s'adresse à ce dernier dans une longue lettre qui retrace les grands événements de sa vie pour nous faire connaître l'homme derrière le mythe et la légende. Nous voyons, avec une émotion non contenue, Albert grandir sous nos yeux, connaissons ses passions enfantines, notamment le football, ses blessures d'enfant pauvre du quartier Belcourt d'Alger, qui par son talent se fraie un chemin dans un monde de riches auquel il n'appartient pas avec tout ce que cela implique pour un enfant pauvre, sa relation toute en délicatesse et amour pudique avec Catherine, sa mère, sourde et analphabète.
Mais nous suivons aussi les premiers combats de Camus jeune adulte, le voyons se débattre dans ses contradictions, ses frustrations nées de sa santé fragile, la douleur de l'exil de son Algérie tant aimée pour cause de prises de position politique et sociale intenable pour l'époque, son combat dans la Résistance, ses prises de position journalistiques et sa passion pour le théâtre.
Au-delà d'une simple itération des événements qui ont forgés son caractère et marqués sa vie, nous touchons du doigt l'essence même de qui fut Albert Camus: un homme épri éperdument de liberté, à la recherche du sens de la vie éloigné de tout dogmatisme qu'il avait en horreur, philosophe d'une certaine civilisation méditerranéenne, la voix de la conscience de son époque tourmentée.
La narration est construite en 4 parties, les 3 premières, introduites par un extrait de son discours lu pendant la cérémonie de remise de son Prix Nobel, se focalisent sur sa vie; la dernière se concentre sur l'événement qui donne son titre à cette bande dessinée, levant le voile de façon posthume sur un grand malentendu et une injustice qui marqua profondément Camus.
Le trait des dessins est délicat, certains graphismes étant à peine ébauchés, et l'utilisation des couleurs pastels rend parfaitement le caractère méditerranéen dans lequel Camus grandit et s'inspira.
Un récit entre bande dessinée et roman graphique dont la lecture est passionnante pour un bel hommage à Camus.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          304
Under_the_Moon
  06 janvier 2014
Un grand merci à Babelio et aux édition Soleil de m'avoir permis de participer à la dernière Masse Critique de 2013 avec ce roman graphique que j'avais hâte de découvrir !!!
Il y a 50ans, l'un des écrivains du 20ème siècle qui a grandement contribué au rayonnement de la littérature française (Albert Camus pour ceux qui ne l'auraient pas encore compris) mourait dans un accident de voiture, emportant avec lui tous ses sentiments de révolte qui ont fait connaître son oeuvre et l'incompréhension face à son succès.
La France étant férue de commémoration - et de bonnes opérations commerciales - il est donc temps de découvrir ou de redécouvrir ce grand écrivain.
Dans ce roman graphique, c'est autant l'homme que l'écrivain qui est mis en avant. Il est construit comme une longue lettre adressée à Albert Camus (l'homme) avec l'utilisation d'un "tu" qui donne immédiatement un sentiment de familiarité et de proximité, là où une biographie marquerait une distance "scientifique". C'est donc avec beaucoup d'émotion que l'auteur nous raconte Camus.
Le récit est construit en quatre parties, chacune d'entre elle étant introduite par une partie du discours que l'écrivain fit à Stockholm lorsqu'il reçut le Prix Nobel. On découvre alors l'homme derrière ce discours. L'homme qu'il a été loin des fastes et des projecteurs de la gloire vers lesquels beaucoup d'écrivain bling-bling d'aujourd'hui se vautrent copieusement.
José Lenzini nous parle de son enfance que le malheur avait déjà frappé, notamment en emportant son père dans la guerre des tranchées. Puis il évoque sa vie de pauvre, on découvre le jeune homme qui réussit à impressionner son maître mais préférait jouer au foot, puis l'homme révolté par la Seconde Guerre mondiale et ses effets. L'auteur évoque aussi le rejet de Camus par l'intelligentsia d'extrême gauche française. le tout avec des graphismes aux traits assez simples et avec une palette de couleurs minimale.
Ce roman graphique se feuillette comme on regarde un album photo. Une façon originale de présenter Camus - qui pourtant n'aurait sans doute pas aimé la médiatisation qui est ainsi faite autour de lui !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
oran
  18 janvier 2020
Une réédition, un bel hommage pour commémorer les 60 ans de la disparition d'Albert Camus. « le 4 janvier 1960, à 47 ans, Camus sortait de sa vie pour entre dans l'éternité littéraire »
Cet album est issu d'une collaboration réussie entre José Lenzini, né lui aussi en Algérie, spécialiste d'Albert Camus et de Laurent Gnoni.
Le livre évoque avec émotion l' enfance du jeune Albert dans le quartier populaire de Belcourt, sa carrière d'écrivain , ses multiples engagements, la remise du prix Nobel, l'accident fatal …
Juste une petite erreur, un peu humoristique à la page 85 qui évoque le second mariage de Camus avec Francine Faure la belle oranaise. Les époux ont revêtu le costume traditionnel des mariés : longue robe virginale , voile aérien pour Francine, costume trois pièces pour Camus. Une représentation bien loin de la réalité de ce mariage célébré en toute intimité à Lyon en décembre 1940. Que tient Camus dans ses mains ? On croit deviner qu'il ouvre un paquet de cigarettes, des disques bleus, bien sûr ! Et là, tout redevient réaliste !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          311
Missbouquin
  24 janvier 2014
Cela faisait un moment que je bavais sur ce roman graphique, publié pour le centenaire de la naissance de Camus, pensant l'avoir pour Noël. Et justement c'est grâce à Babelio que j'ai pu l'avoir pour Noël, par un Masse critique bande dessinée qui tombait à point ! Je remercie donc encore Babelio et les Éditions Soleil pour l'envoi de ce bel ouvrage …
"Nous sommes le 10 décembre 1957. Sous les ors et les brocarts de l'Hôtel de ville de Stockholm."
"Je crois à la justice … mais je défendrai ma mère avant la justice."
J'ai passé un très bon moment avec cette bande dessinée, un peu hybride par ailleurs car elle alterne des planches de BD mais aussi du texte (le discours de Suède, prononcé lors de la remise du Nobel en 57), des extraits d'articles (dans Combat, Alger républicain). Cette biographie est en effet structurée en trois parties, trois morceaux du discours de Suède, que Lenzini (auteur des Derniers jours de la vie d'Albert Camus et de Camus et l'Algérie) a rattaché à l'enfance, à la jeunesse et à l'âge adulte. Trois chapitres qui nous font voyager d'Alger à Paris, du soleil à la résistance, de la lumière à la guerre. Un récit juste et sincère, sans être ellégiaque ni ennuyeux, qui nous offre une biographie complète et accessible à tous.Les dessins et les teintes ensoleillées du graphisme de Laurent Gnoni m'ont semblé rendre à la perfection la vie au bord de la Méditerranée, à travers la lumière, mais aussi les silhouettes parfois à peine esquissées, comme si l'on ne parvenait pas totalement à les cerner.
La bande dessinée a cela de génial qu'elle permet de faire vivre des personnages, des vies : ici, j'ai eu le sentiment que Camus était encore vivant, et que je l'espionnais, en marchant sur ses traces, en le suivant dans ses pérégrinations, dans ses doutes, ses combats. Pendant 130 pages, j'ai retrouvé l'homme, le philosophe, l'humaniste que j'ai découvert il y a dix ans et qui n'a jamais quitté mon coeur car il parlait à l'adolescente que j'étais encore. Sa passion, sa limpidité, sa simplicité, son amour de la mer, du soleil, de la famille : tout cela me touchait car je m'y retrouvais. Et je m'y retrouve encore, avec un regard différent, une maturité différente.
Au milieu de la centaine de publication qui a entouré le centenaire de sa naissance, ce roman graphique est assurément à retenir, pour ceux qui voudraient découvrir ou redécouvrir l'homme et l'oeuvre.
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120


critiques presse (1)
Sceneario   11 octobre 2013
Un album ouvert, aéré, la mise en page de Laurent Gnoni est surprenante de légèreté et de lumière quand on réalise que le sujet principal est un de nos plus grands écrivains contemporains [...] José Lenzini et Laurent Gnoni donnent aux lecteurs de cet album une réelle envie de relire Albert Camus.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
tamara29tamara29   02 février 2014
La vérité est mystérieuse, fuyante, toujours à conquérir.
La liberté est dangereuse, dure à vivre autant qu'exaltante.
Nous devons marcher vers ces deux buts, péniblement, mais résolument, certains d'avance de nos défaillances sur un si long chemin.
Je n'ai jamais pu renoncer à la lumière, au bonheur d'être, à la vie libre où j'ai grandi. Mais bien que cette nostalgie explique beaucoup de mes erreurs et de mes fautes, elle m'a aidé sans doute à mieux comprendre mon métier, elle m'aide encore à me tenir, aveuglément, auprès de tous ces hommes silencieux qui ne supportent dans le monde la vie qui leur est faite que par le souvenir ou le retour de brefs et libres bonheurs.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
Under_the_MoonUnder_the_Moon   03 janvier 2014
Je ne puis vivre personnellement sans mon art, mais je n'ai jamais placé cet art au-dessus de tout, s'il m'est nécessaire au contraire, c'est qu'il ne se sépare de personne et me permet de vivre, tel que je suis, au niveau de tous, l'art n'est pas à mes yeux une réjouissance solitaire.
Le rôle de l'écrivain, du même coup, ne se sépare pas de devoirs difficiles, par définition, il ne peut se mettre aujourd'hui au service de ceux qui font l'histoire : il est au service de ceux qui la subissent, ou, sinon, le voici seul et privé de son art.


(extrait de son discours à Stockholm)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
Under_the_MoonUnder_the_Moon   03 janvier 2014
Tu y découvres Gide, Nietzsche et, surtout, un livre d'André de Richaud : "La Douleur" qui t'ouvre les portes de l'écriture à venir.

Mes silences têtus, ces souffrances vagues et souveraines, le monde singulier qui m'entoure, la noblesse des miens, leur misère, mes secrets enfin, tout cela peut donc se dire !
Commenter  J’apprécie          70
oranoran   18 janvier 2020
Page 125
Alors je suis descendu à Lourmarin et j'ai déposé des fleurs sur sa tombe...
... et nous avons échangé des mots de silence sur la justice et sur nos mères.
Commenter  J’apprécie          80
tamara29tamara29   27 janvier 2014
Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice.
Commenter  J’apprécie          151

Lire un extrait
Video de José Lenzini (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de José Lenzini
Sur France Inter, journée spéciale consacrée à Albert Camus. Vincent Josse reçoit à cette occasion dans Esprit critique, José Lenzini, écrivain et journaliste (09h10 - 04 Janvier 2010).
autres livres classés : algérieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
1192 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre

.. ..