AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070323021
Éditeur : Gallimard (02/05/1985)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 427 notes)
Résumé :
ESPOIR : Collection dirigée par Albert Camus
Nous sommes dans le nihilisme. Peut-on sortir du nihilisme ? C'est une question qu'on nous inflige. Mais nous n'en sortirons pas en faisant mine d'ignorer le mal de l'époque ou en décidant de le nier. Le seul espoir est de le nommer, au contraire et d'en faire l’inventaire pour trouver la guérison au bout de la maladie. Cette collection est justement un inventaire. Et c'est parce qu'elle esr un inventaire qu'elle a... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
IreneAdler
  07 février 2014
Challenge Nobel 2013/2014
8/15
Je pose d'emblée que j'ai de grosses lacunes en philosophie ; ce qui signifie que parfois, je n'ai pas tout compris (eh non). Mais je l'ai terminé, presque sans me décourager.
Que veut démontrer Camus ? que la révolte ne peut justifier la mort de millions de personnes ; selon lui, la révolte est un mouvement vers la vie, qui pose des limites. La révolte,c'est reconnaître l'humanité en chaque homme. Qu'au delà, c'est le nihilisme, la mort. Comprendre (en 1950) : le fascisme et le communisme. Voire, dans une moindre mesure, l'Occident. Pourquoi ? Pour lui, les 2 premiers, nés d'un mouvement de révolte, furent entraîné ensuite dans l'engrenage révolutionnaire. Ne sachant comment en sortir, leurs dirigeants les firent tomber dans le meurtre de masse, la révolution permanente ayant toujours besoin de nouvelles victimes. le 3è, quant à lui, est trop occupé par son confort matériel pour se révolter encore. Comment alors vivre la révolte ? Il s'agit de trouver un équilibre entre l'injustice pure et la justice pure (négation de la liberté), d'accepter que jamais le monde ne sera parfait? Mais veiller à ce qu'il ne tourne pas à l'inacceptable. Ce qu'on fait les révoltes devenues révolutions puis meurtres, c'est tuer Dieu, puis tuer l'idée de Dieu (la morale, le vertu), et enfin de diviniser les hommes. Et mouvement final, remplacer l'idée du salut religieux par la fin de l'histoire : une cité sans castes ni classes. Et pour y arriver, eh ben, il y a des sacrifices à consentir. Mais c'est sans compter sur le réel : à tout centraliser, les dirigeants se sont coupés de la base, des réalités du terrain et les décisions à appliquer stricto sensu sont rarement bien accueillies. La révolte s'ancre dans la réalité, s'ajuste et veille. Voila ce que j'ai compris et retenu.
Évidemment, tout cela est étayé, référencé, construit. Je pense qu'il a voulu essayer d'être accessible au plus grand nombre : il n'est pas jargonneux, ne multiplie pas les renvois, expose clairement les faits, rigoureusement. Seulement, une base philosophique est indispensable pour tout saisir et comprendre (une certaine habitude à lire des essais philosophiques aussi). Je le relirai sans doute un jour, après avoir fait mes armes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          416
jcfvc
  18 octobre 2009
Ma bible philsophique. En gros, on peut résumer le message ainsi : "La révolte oui, la révolution non." Et pour ceux qui, encore aujourd'hui, pensent que c'est en coupant les têtes. - fût-ce symboliquement - de tous les "profiteurs" : les riches, les patrons, les hommes politiques corrompus, etc, que l'on accèdera à une société plus juste, je leur conseille de relire attentivement le chapitre la pensée de midi, dont je donne quelques extraits dans les citations. Cela devrait les faire réfléchir à leurs petites haines ordinaires faiseuses de futurs dicatateurs, de droite comme de gauche.
N'en déplaise à ceux qui voudraient remettre le couvert en nous promettant que, cette fois c'est juré, leur révolution ne sdera pas sanglante, l'homme révolté démontre que la terreur révolutionnaire, qu'elle soit jacobine, stalinienne, chinoise ou cambodgienne, n'est pas une "déviation" de la pensée révolutionnaire, mais en est sa conséquence incontournable..
Lien : http://jcfvc.over-blog.com
Commenter  J’apprécie          381
Levant
  13 octobre 2018
A se heurter aux confins du rationnel, sur cette frontière épaisse et floue qui ouvre sur l'irrationnel, Camus, et sans doute tous les confrères philosophes qu'il appelle à son argumentation avec une préférence pour Nietzsche, me fait penser à cet insecte sous une cloche de verre qui cherche en vain mais avec obstination l'ouverture à l'air libre. La quête de l'absolu pour le philosophe. Après nous avoir convaincus de l'absurde de la condition humaine avec le Mythe de Sisyphe, de cette Création qui ne dit rien de ses intentions, nous voici quelques dix années plus tard, dans la même absence de réponse, et contraint avec Camus à la révolte.
Lautréamont, Sade, Rimbaud, Kafka, et tant d'autres qui peuplent cet ouvrage, autant d'insectes sous la cloche de verre. Tant d'autres qui, de révolte en révolution n'en déplaise à feu le roi Louis XVI, viennent au secours, appelés par lui, d'un Albert Camus qui établit le panégyrique de la révolte, seule conclusion possible à des siècles d'exploration raisonnée.
Camus a le tort de poser les bonnes questions, de remettre en cause si ce n'est en accusation le responsable de tout cela. Tout cela n'étant au final que la condition précaire de l'homme. Dieu nous donne la vie et la reprend. Dieu est donc criminel. Un criminel qui ne manifeste aucunement ses raisons.
Après tout ce temps, depuis que l'intelligence a investi le corps du mammifère pour en faire un homme, force est donc de conclure avec Nietzsche que Dieu est mort. Et l'homme devenu Dieu ? Cela lui rendrait-il justice du sort qui lui est réservé ? Nullement. Et la révolte qui le gagne ne lui apporte pas pour autant de consolation. L'homme devenu Dieu reste mortel. Dans un relatif trop humain, ou tout ne s'entend que par comparaison. Point d'absolu.
La philosophie ne serait-elle au final que l'art de poser les questions ? Et de désespérer des réponses ?
Nous voilà donc revenu au point de départ. A quoi peut donc servir pareil ouvrage à son lecteur, s'il reste sur cette conclusion ? Il sert en tout cas à son auteur à faire entendre son cri, d'autant mieux que quiconque puisqu'érudit et fin lettré. Et moi lecteur j'entends ce cri qui le fait émerger, Albert Camus, du grand concert de l'humanité, ce cri de l'homme enfermé dans sa condition, sa cloche de verre, et qui sait dire mieux que je ne pourrais le faire l'état de souffrance auquel on ne peut que convenir, puisqu'affublé de la même condition.
J'apprends quant à moi maintenant au moins une chose grâce à cet ouvrage. J'apprends pourquoi le philosophe se fait aussi romancier. Il nous le dit page 328 : "le monde romanesque n'est que la correction de ce monde-ci".
La quête de l'absolu serait donc là. Dans l'imaginaire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
Pingouin
  29 juin 2012
Cet essai est un éloge de la mesure, un éloge de l'humanité dans tout ce qu'elle a de beau, sans s'aveugler face à tout ce qui constitue également sa laideur.
Je ne suis certainement pas ce qu'il y a de plus objectif concernant Camus, celui-ci étant l'un de mes écrivains et philosophes favoris, mais peut-être est-ce justement dans mon admiration -mesurée elle aussi- que je saurai le mieux vous parler de cet ouvrage.

Il résume le combat de toute une vie, justifie la plupart des choix qu'a pu faire son auteur. La formule "Je me révolte donc nous sommes" est saisissante de vérité lorsqu'on achève sa lecture.
La révolte est une réponse à l'absurdité de l'existence, mais, avant de nous justifier cette pensée, Camus prend bien soin de définir la révolte telle qu'il l'entend. Elle n'est pas une révolution qui, dans le but de chasser une tyrannie, ne fait qu'en installer une autre. Elle n'est pas un "non" intégral à la vie, la révolte exige une injustice, mais on va se battre contre cette injustice justement parce qu'il y a quelque chose qui ne la mérite pas, quelque chose qui mérite qu'on se batte pour une amélioration de sa condition, quelque chose auquel on va dire "oui".
Il fait ainsi une critique de Hegel et Marx, qui promettent une fin heureuse tant et dans la mesure que le présent est malheureux. Qui rejettent tout ce qui ne se situe pas à la fin de l'histoire, qui disent "non" à tout ce qui fait la vie, qui conduisent au nihilisme. Car ce "plus tard" heureux qu'ils nous promettent, ressemble à s'y méprendre au paradis promis aux croyants, la notion de transcendance étant remplacé par celle, plus horizontale, de l'histoire.
La mise en lumière de toute les contradictions de l'URSS de l'époque lui vaudra bien des malheurs, et pourtant, là encore, c'est d'une évidence telle qu'elle aura aveuglé la plupart, Sartre compris. Camus se fait le traducteur de cette vérité éblouissante, il nous la filtre et nous la restitue sans que l'on se brûle les yeux à tenter de la discerner au beau milieu de cette lumière.
La révolte est une nécessité pour celui qui prétend améliorer l'humaine condition, et même lorsque la cause première de celle-ci est atteinte, il ne doit pas l'oublier, car c'est elle qui lui donne l'unité de mesure permettant de côtoyer la réunion de la justice et de la liberté pour laquelle Camus aura tant fait. C'est un état de tension permanente qui n'autorise jamais le repos : "Ceux qui ne trouvent de repos ni en Dieu ni en l'histoire se condamnent à vivre pour ceux qui, comme eux, ne peuvent pas vivre, les humiliés." La révolte ne permettra son oubli que lorsqu'elle ne sera plus nécessaire aux hommes, et c'est un temps qui, contrairement à ce qu'ont prétendu ces traîtres du présent, n'arrivera jamais; car la justice absolue supprime la liberté, quant à elle, la liberté absolue empêche la justice. L'une ou l'autre de ces deux valeurs aura de fait toujours besoin de révoltés qui se battront pour elle lorsqu'elle sera bafouée.
La révolte en tant que sens de la vie, la révolte en tant qu'accès à l'éternité; voilà ce que vous offre ce livre.

Un essai conforme aux attentes que l'on peut en avoir en découvrant les lettres qui composent le nom de son auteur. Je ne saurai trop vous conseiller de le lire, car il est un ouvrage de philosophie indispensable pour comprendre le XXème siècle, ce qui le précède et le prolonge, la révolte est intemporelle. Si vous cherchez une réponse à votre existence, il y a de fortes chances pour que, si elle ne se trouve pas offerte comme une gratuité, de bonnes parties de son inconcevable puzzle s'y trouve.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          181
Pirouette0001
  15 février 2014
Lecture ardue et difficile, car Camus joue avec des références qui m'étaient inconnues et qui ont rendu ma lecture malaisée.
J'ai davantage été séduite par la seconde partie du livre, c'est-à-dire par la période contemporaine à Camus, qui termine d'écrire cet essai en 1951. Lorsqu'il décrit le nazisme, le fascisme et les dérives russes du marxisme, tout d'abord il m'a semblé faire beaucoup moins de références livresques, mais le propos m'est apparu également d'autant plus vécu et ressenti de l'intérieur par l'auteur.
Les considérations ultérieures sur l'art et ses conclusions finales sont, elles aussi, très personnelles.
Raisons pour laquelle cette seconde partie de l'ouvrage m'est véritablement apparue comme plus intéressante.
Ceci dit, je préfère de loin le Camus romancier ou dramaturge à l'essayiste avec lequel j'ai l'impression de davantage partager et d'être davantage sur le même niveau.
Commenter  J’apprécie          221
Citations et extraits (169) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   10 décembre 2017
Toutes les révolutions modernes ont abouti à un renforcement de l'État. 1789 amène Napoléon, 1848 Napoléon III, 1917 Staline, les troubles italiens des années 20 Mussolini, la république de Wiman Hitler. Ces révolutions, surtout après que la première guerre mondiale eut liquidé les vestiges du droit divin, se sont proposé, avec une audace de plus en plus grande, la construction de la cité humaine et de la liberté réelle. L'omnipotence grandissante de l'État a chaque fois sanctionné cette ambition. Il serait faux de dire que cela ne pouvait manquer d'arriver. Mais il est possible d'examiner comment cela est arrivé ; la leçon suivra peut-être.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          370
jmlire92jmlire92   22 février 2017
Dans un certain sens, la révolte, chez Nietzsche, aboutit encore à l'exaltation du mal. La différence est que le mal n'est plus alors une revanche. Il est accepté comme l'une des faces possibles du bien et, plus certainement encore, comme une fatalité. Il est donc pris pour être dépassé et, pour ainsi dire, comme un remède. Dans l'esprit de Nietzsche, il s'agissait seulement du fier consentement de l'âme devant ce qu'elle ne peut éviter. On connaît pourtant sa postérité et quelle politique devait s'autoriser de celui qui se disait le dernier Allemand antipolitique. Il imaginait des tyrans artistes. Mais la tyrannie est plus naturelle que l'art aux médiocres. " Plutôt César Borgia, que Parsifal !" s'écriait-il. Il a eu et César et Borgia mais privés de l'aristocratie du cœur qu'il attribuait aux grands individus de la Renaissance. Quand il demandait que l'individu s'inclinât devant l'éternité de l'espèce et s'abîmât dans le grand cycle du temps, on a fait de la race un cas particulier de l'espèce et on a plié l'individu devant ce dieu sordide. La vie dont il parlait avec crainte et tremblement a été dégradée en une biologie à l'usage domestique. Une race de seigneurs incultes ânonnant la volonté de puissance a pris enfin à son compte la "difformité antisémite" qu'il n'a cessé de mépriser.

Il avait cru au courage uni à l'intelligence, et c'est là ce qu'il appelait la force. On a tourné, en son nom, le courage contre l'intelligence ; et cette vertu qui fut véritablement la sienne s'est ainsi transformée en son contraire : la violence aux yeux crevés. Il avait confondu liberté et solitude, selon la loi d'un esprit fier. Sa "solitude profonde de midi et de minuit" s'est pourtant perdue dans la foule mécanisée qui a fini par déferler sur l'Europe. Défenseur du goût classique, de l'ironie, de la frugale impertinence, aristocrate qui a su dire que l'aristocratie consiste à pratiquer la vertu sans se demander pourquoi, et qu'il faut douter d'un homme qui aurait besoin de raisons pour rester honnête, fou de droiture ("cette droiture devenue un instinct, une passion"), serviteur obstiné de cette "équité suprême de la suprême intelligence qui a pour ennemi mortel le fanatisme", son propre pays, trente-trois ans après sa mort, l'a érigé en instituteur de mensonge et de violence et a rendu haïssables des notions et des vertus que son sacrifice avait faites admirables. Dans l'histoire de l'intelligence, exception faite pour Marx, l'aventure de Nietzsche n'a pas d'équivalent ; nous n'aurons jamais fini de réparer l'injustice qui lui a été faite. On connaît sans doute des philosophies qui ont été traduites, et trahies, dans l'histoire. Mais, jusqu'à Nietzsche et au national-socialisme, il était sans exemple qu'une pensée tout entière éclairée par la noblesse et les déchirements d'une âme exceptionnelle ait été illustrée aux yeux du monde par une parade de mensonges, et par l'affreux entassement des cadavres concentrationnaires. La prédication de la surhumanité aboutissant à la fabrique méthodique des sous-hommes, voilà le fait qui doit sans doute être dénoncé, mais qui demande aussi à être interprété. Si l'aboutissement dernier du grand mouvement de révolte du XIXè et du XXè siècle devait être cet impitoyable asservissement, ne faudrait-il pas tourner alors le dos à la révolte et reprendre le cri désespéré de Nietzsche à son époque : " Ma conscience et la vôtre ne sont plus une même conscience" ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
gigi55gigi55   25 avril 2011
L'art, du moins, nous apprend que l'homme ne se résume pas seulement à J'histoire et qu'il trouve aussi une raison d'être dans l'ordre de la nature. Le grand Pan, pour lui, n'est pas mort. Sa révolte la plus instinctive, en même temps qu'elle affirme la valeur, la dignité commune à tous, revendique obstinément, pour en assouvir sa faim d'unité,' une part intacte du réel dont le nom est la beauté. On peut' refuser toute l'histoire et s'accorder pourtant au monde des étoiles et de la mer. Les révoltés qui veulent ignorer la nature et la beauté se condamnent à exiler de l'histoire qu'ils veulent faire la dignité du travail et de l'être. Tous les grands réformateurs essaient de bâtir dans l'histoire ce que Shakespeare, Cervantes, Molière, Tolstoï ont su créer : un monde toujours prêt à assouvir la faim de liberté et de dignité qui est au coeur de chaque homme. La beauté, sans doute, ne fait pas les révolutions. Mais un jour vient où les révolutions ont besoin d'elle. Sa règle qui conteste le réel en même temps qu'elle lui donne son unité est aussi celle de la révolte. Peut-on, éternellement, refuser l'injustice sans cesser de saluer la nature de l'homme et la beauté du monde? Notre réponse est oui. Cette morale, en même temps insoumise et fidèle, est en tout cas la seule à éclairer le chemin d'une révolution vraiment réaliste. En maintenant la beauté, nous préparons ce jour de renaissance où la civilisation mettra au centre de sa réflexion, loin des principes formels et des valeurs dégradées de l'histoire, cette vertu vivante qui fonde la commune dignité du monde et de l'homme, et que nous avons maintenant à définir en face d'un monde qui l'insulte. p. 344
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
SachenkaSachenka   25 novembre 2017
L'homme, certes, ne se résume pas à l'insurrection. Mais l'histoire d'aujourd'hui, par ses contestations, nous force à dire que la révolte est l'une des dimensions essentielles de l'homme. Elle est notre réalité historique. À moins de fuir la réalité, il nous faut trouver en elle nos valeurs. Peut-on, loin du sacré et de ses valeurs absolues, trouver la règle d'une conduite? telle est la question posée par la révolte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
SachenkaSachenka   02 décembre 2017
La conduite morale, telle que Socrate l'a illustrée, ou telle que le christianisme le recommande, est en elle-même un signe de décadence. Elle veut substituer à l'homme de chair un homme reflet. Elle condamne l'univers des passions et cris au nom d'un monde harmonieux, tout entier imaginaire. Si le nihilisme est l'impuissance à croire, son symptôme le plus grave ne se retrouve pas dans l'athéisme, mais dans l'impuissance à croire ce qui est, à voir ce qui se fait, à vivre ce qui s'offre. Cette infirmité est à la base de tout idéalisme. La morale n'a pas foi au monde.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
Videos de Albert Camus (128) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Albert Camus
28e Festival du livre Colmar 2017 - "On lirait le sud".
Interview de Miles Hyman et Jean-Luc Fromental pour leur ?uvre commune "Le coup de Prague" et de Jacques Ferrandez pour l'adaptation en BD du roman d'Albert Camus intitulé "Le premier homme."
Cette vidéo a été réalisée par Passion Bouquins : http://www.passion-bouquins.com
Dans la catégorie : EssaisVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues romanes. Littéraure française>Essais (404)
autres livres classés : philosophieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Quiz sur l´Etranger par Albert Camus

L´Etranger s´ouvre sur cet incipit célèbre : "Aujourd´hui maman est morte...

Et je n´ai pas versé de larmes
Un testament sans héritage
Tant pis
Ou peut-être hier je ne sais pas

9 questions
3196 lecteurs ont répondu
Thème : L'étranger de Albert CamusCréer un quiz sur ce livre
.. ..