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EAN : 9782070140718
336 pages
Gallimard (30/11/-1)
3.45/5   78 notes
Résumé :
Berthet travaille pour l’Unité, la cellule la plus occulte des services secrets. Tueur implacable encore capable d’aimer, il veille à distance, sans même qu’elle le sache, sur Kardiatou Diop, une jeune femme d’origine sénégalaise rencontrée par hasard, dont la personnalité l’a touché. Lorsque, devenue ministre, Diop est parachutée face à une candidate d’extrême droite dans une petite ville du Centre, l’instrumentalisation semble évidente… Berthet comprend alors que ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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encoredunoir
  16 novembre 2014
Trois ans après le Bloc, Jérôme Leroy propose un nouveau thriller politique situé dans une France en passe de basculer à l'extrême-droite.
On est là quelques années ou quelques mois avant les événements contés dans le Bloc. Berthet, tueur à la solde de l'Unité, organisation occulte, sorte d'État dans l'État, est entré en disgrâce. On veut le tuer. Peut-être parce qu'il en sait trop, sûrement parce que son obsession pour la jeune Kardiatou Diop, ministre médiatique et icône de la diversité, qu'il protège secrètement depuis des années fait de lui un obstacle pour les futurs plans de l'Unité. de son côté, Martin Joubert, ancien prof de lettres devenu écrivain, dépressif, désargenté, homme aux convictions de gauche pigeant pour un journal en ligne penchant à l'extrême-droite va être amené à croiser le chemin de Berthet et de son ancienne élève, Kardiatou Diop.
Le Bloc, à travers une nuit aux côtés d'un intellectuel d'extrême-droite chargé d'éliminer un allié devenu gênant alors que son parti voit s'ouvrir les portes du pouvoir, plongeait de manière assez vertigineuse le lecteur au coeur des réflexions du narrateur et de l'histoire de l'ascension d'un Bloc avatar littéraire bien reconnaissable du Front National.
Avec L'ange gardien, Jérôme Leroy prend une autre route. le roman de politique-fiction à clefs laisse la place au thriller dystopique mâtiné d'histoire d'amour tourmentée et de réflexion sur le rôle de l'intellectuel dans la société.
La dystopie, ici, c'est bien entendu cette Unité qui manipule l'État en sous-main. C'est ce ver depuis longtemps dans le fruit, les barbouzes et, de plus en plus, le monde de l'argent, le capitalisme décomplexé, qui métastase et infecte peu à peu tous les échelons d'un État devenu fantoche à son corps peut-être pas si défendant que ça. Berthet, tueur froid et appliqué, excellent travailleur qui ne pose pas de questions, incarne le pouvoir de l'Unité. Jusqu'au jour où ses marottes et en particulier son attirance ambigüe pour Kardiatou Dop le transforment en problème. C'est cette partie qui ouvre le roman et lui donne l'impulsion nécessaire pour agripper le lecteur. Super-tueur surentrainé qui se retourne contre ceux qui l'ont fait et veulent maintenant se débarrasser de lui, Berthet est un excellent personnage de roman d'action quand bien même ce personnage a déjà été vu et revu dans une multitude de romans.
L'histoire d'amour, cet amour que porte Berthet à une Kardiatou Diop qui ignore même son existence participe aussi de ce mécanisme qui pousse le lecteur à tourner les pages. Car, évidemment, curieux, on veut savoir ce qui motive l'intérêt de Berthet pour la jeune femme. Jérôme Leroy, habile écrivain, pose plus de questions qu'il n'apporte de réponse pendant la plus grande partie de son roman et laisse ainsi planer le mystère.
La partie consacrée à Martin Joubert, l'écrivain aux anciennes convictions de gauche, centrale dans le roman, est intéressante mais sans doute un peu plus faible que les autres et ce n'est sans doute pas pour rien que Jérôme Leroy y fait assez rapidement intervenir Berthet qui relance un peu la machine. Si l'on ne connaît pas la vie intime de Jérôme Leroy, il est cependant difficile de ne pas voir dans Joubert une espèce de double de l'auteur lui aussi quinquagénaire, lui aussi ancien professeur de lettres, lui aussi engagé à gauche et qui participe par ailleurs à une publication, Causeur, dont la question de savoir si elle n'est pas un relai de l'extrême-droite agite régulièrement les médias. du coup, en poussant le lecteur à trop chercher des clefs dans ce récit d'un Joubert nombriliste et agaçant (que l'on pourrait considérer d'ailleurs comme un exercice masochiste de l'auteur), Leroy tend parfois à alourdir son histoire.
Sur le fond, donc, L'ange gardien révèle finalement une trame ultra-classique avec super-tueur retrouvant la lumière et tentant de faire échouer les plans de ceux qu'il a servi pendant des décennies. le tout jalonné de références assez transparentes à la récente actualité politico-médiatique. On reconnaîtra sans peine les références à Soral, au pamphlet d'extrême-droite La France orange mécanique et plus généralement aux collusions entre médias, politiques et lobbies économiques. Mais là où, en s'insinuant dans la tête d'un extrémiste de droite dans le Bloc, Leroy arrivait paradoxalement à prendre de la distance, il offre, en mettant en avant Joubert ou même ce Berthet quasi-repenti, une espèce de prêt-à-penser qui manque bien souvent de finesse.
Sur la forme, le choix de mettre en place trois parties racontées selon trois points de vue différents – Berthet – Joubert – l'amant de Kardiatou Diop – permet de faire peu à peu s'imbriquer des éléments, de révéler des pistes ouvertes dans le récit de Berthet. Mais la coquetterie stylistique consistant à répéter ad nauseam le nom des personnages, amusante au début, devient vite agaçante.
« Martin Joubert lit vraiment le Monde en ce moment, même les avis de soutenance de thèse, parce que tout ce qui peut divertir Martin Joubert de Martin Joubert est bienvenu. Martin Joubert ne supporte plus Martin Joubert, il faut dire. Martin Joubert voit très bien ce que Martin Joubert est devenu, ce que Martin Joubert devient et Martin Joubert n'aime pas ça […] »
Cela donne au final un bon roman d'action et une anticipation intéressante bien que convenue, mais qui souffre certainement d'une trop grande accumulation de poncifs, tant du côté des personnages que du message sous-jacent sur la droitisation de la société et de certains milieux intellectuels. le savoir-faire de Jérôme Leroy et son talent rendent tout cela amusant à lire, mais l'on est loin de la puissance et de l'acuité du Bloc avec lequel la comparaison est inévitable.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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MarianneL
  03 août 2014
(Début)
«On veut tuer Berthet.
C'est une assez mauvaise idée.
D'abord parce que Berthet s'en est rendu compte, ensuite parce que Berthet ne va pas se laisser faire, et enfin parce que Berthet est un habitué de la chose. Cela le ferait presque sourire, à la longue. La mort violente fait partie de la vie de Berthet depuis très longtemps. Berthet n'irait pas jusqu'à parler d'une habitude car Berthet sait que le soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face.»
Le jour où Berthet, tueur d'élite au sein d'un service occulte de l'Etat chargé d'exécuter les basses oeuvres d'apprentis sorciers qui cherchent entre autres manipulations tortueuses à exploiter ou à étouffer la montée de l'extrême-droite, se rend compte que des tueurs sont à leur tour chargés de l'éliminer, il laisse remonter les souvenirs de sa longue carrière dans ce service qu'on appelle l'Unité.
Et de ce point de départ, l'intrigue sous tension de «L'ange gardien» se développe en volutes, autour de cet instant et dans la mémoire de Berthet, meurtrier professionnel qu'on découvre féru de poésie, magnifiquement subtil malgré l'horreur de ses actes, nostalgique d'un monde en train de disparaître et protecteur depuis plus de vingt ans, pour une raison secrète, de Kardiatou Diop, jeune femme franco-sénégalaise issue des cités, au parcours brillant dans le monde politique.
«Mélancolique, Berthet pense ce soir, tout en surveillant les amateurs qui veulent le prendre en tenaille, que le métier était plus facile avant, qu'il avait fallu faire de gros efforts de formation continue ces trente dernières années pour se mettre sans cesse à niveau en matière d'électronique et d'informatique. Des petits jeunes arrogants, nouveaux dans l'Unité, hackers certainement incapables de sortir sur le terrain, formaient régulièrement les anciens comme lui dans des locaux anonymes, des bureaux de sociétés fantômes qui se trouvaient le plus souvent loués pour l'occasion dans les tours de la Défense ou de ces nouveaux quartiers d'affaires qui avaient poussé un peu partout dans les grandes villes de province auprès des nouvelles gares TGV. Il était bel et bien fini le temps où, pour entrer dans un hôtel particulier du Vésinet, un tournevis, une lime à ongles et une petite paire de cisailles dans un sac à dos suffisaient. Et un peu de savoir-faire aussi.»
Depuis des décennies dans sa vie d'homme fantôme, habitué à ne laisser aucune trace derrière lui, Berthet n'a pas l'intention de se laisser effacer si facilement ; il va donc surgir avec perte et fracas dans la vie de Mathieu Joubert, pour former un attelage improbable avec cet écrivain précaire en pleine crise existentielle, englué dans le tourbillon de ses propres pensées, l'usure de son couple, un dégoût de lui-même et des travaux de plume alimentaires qui le détournent de l'écriture des romans noirs auxquels il voudrait se consacrer.
Pour conclure et dénouer cette intrigue au montage millimétré, Jérôme Leroy nous fait entendre la voix intérieure d'un troisième homme, directeur de cabinet et amant de Kardiatou Diop, technocrate éclairé par sa rencontre avec cette femme, qui dresse d'elle un portrait magnifique et souligne tout ce qu'il faut déjouer pour s'extraire d'un destin sans avenir quand on est comme elle originaire d'une cité.
Entremêlant action violente et moments en suspension, Jérôme Leroy témoigne d'une colère intacte face à un monde déshumanisé et soumis au règne de la marchandise, face aux reniements de la gauche au pouvoir, face aux ambitions secrètes et destructrices des politiciens qui pensent pouvoir manipuler l'extrême-droite sans s'attaquer aux causes de sa résurgence, - tout en célébrant la sensualité et la beauté des femmes, la poésie et les actes de résistance contre l'effondrement de la démocratie et du monde d'avant.
«Raconter des histoires violentes mais savoir respirer avec la poésie.»
Dans la lignée du meilleur de DOA et de Frédéric Fajardie, «L'ange gardien» est un grand roman noir, d'une efficacité rare et profondément émouvant.
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Lilou08
  08 mai 2015
Faire la critique de « L'ange gardien » de Jérôme Leroy va être un peu compliqué pour moi.
J'ai détesté et aimé ce livre. Me voilà bien !
Tout d'abord, pourquoi je l'ai lu.
J'aime beaucoup, voire plus, un auteur de polar/thriller que je viens de découvrir, Ian Manook et son commissaire Yeruldelgger. Dernièrement, il était en compétition à Lyon, au festival « Quai du Polar ». En compétition avec « L'ange gardien » justement… et à ma grande déception, c'est « L'ange gardien » qui a remporté le Prix des Lecteurs Quais du Polar 20 minutes 2015. Zut alors ! Ma déception passée, je me suis dit, il faut que je découvre ce polar qui a détrôné l'excellent Yeruldelgger. Et me voilà en train de le lire.
Re déception ! Je n'ai pas du tout aimé le premier tiers du livre. La partie où il est question d'un tueur professionnel de l'Unité, groupuscule obscur chargé des basses oeuvres de l'Etat, j'ai nommé Berthet. Je ne pourrai pas oublier ce nom, puisque ce tueur parle de lui à la 3e personne et répète son nom à l'envie. Certains auteurs utilisent ce genre d'écriture. Pour moi, c'est insupportable. Berthet fait ceci, Berthet fait cela, Berthet pense ceci etc.
« On veut tuer Berthet. C'est une assez mauvaise idée. D'abord parce que Berthet s'en est rendu compte, ensuite parce que Berthet ne va pas se laisser faire, et enfin parce que Berthet est un habitué de la chose ». Vous voyez le genre…. J'ai été souvent tentée de le lâcher, d'arrêter cette lecture et de passer à autre chose, j'ai tant de livres qui m'attendent. J'ai tenu bon, car j'avais vu de bonnes critiques et qu'il avait gagné contre Ian Manook, zut alors ! (oui je me répète !)
De plus, ce qui est relaté n'est pas inintéressant, au contraire, et fait furieusement penser à certaines affaires troubles de notre « démocratie » française.
Heureusement, ensuite on passe à un autre personnage de l'intrigue… Un ancien prof, devenu un petit écrivain un peu minable… il commence lui aussi un peu sur le même style… Martin Joubert ne va pas bien, Martin Joubert…. mais très vite cela devient différent… et puis la 3e partie est sur Kardiatou Diop, jeune ministre noire d'un gouvernement de gauche en perdition, au travers les paroles de son amant, son amoureux…. J'hésite à vous en dire plus, car il ne faut pas trop dévoiler le ressort du livre pour que vous en gardiez toute la saveur si vous le lisez.
J'ai fini par prendre plaisir à lire « L'ange gardien », pour le miroir, glaçant, qu'il nous renvoie de notre société… par moment, c'est presque du copié/collé avec notre vie politique, bien sûr les noms sont changés etc. mais quand même….
Et puis il y a une étrange et belle histoire d'amour qui parcourt toute l'intrigue, qui rachèterait presque les pires crimes… j'ai dit presque !
Donc si vous vous lancez dans cette lecture, persistez si comme moi, vous êtes allergique au 1er style d'écriture du livre, cela change après et cela vaut le coup.
Finalement c'est un bon polar. Bon je préfère Yeruldelgger mais ça, c'est moi !
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Rodin_Marcel
  23 juillet 2015
Jérôme Leroy - "L'ange gardien" - Gallimard-NRF, 2014 (ISBN 978-2-07-014071-8)

Quel navet ! Quelle bêtise !

L'auteur nous fait le coup du super-complot de l'ombre, incarné par "L'Unité" obéissant à "l'Etat profond", qui se charge de zigouiller à qui mieux mieux toutes celles et ceux qui sembleraient trop gênants pour "les puissances de l'argent", et même des "lambdas" pour s'assurer de la bonne disposition de ses tueurs. Pire encore, le personnage central, Berthet, est un cow-boy qui vous tue en un clin d'oeil sa demi-douzaine de malfrats tordus, car c'est un ex-champion de l'Unité que celle-ci a décidé d'éliminer. Pas de souci, il vous attrape l'agent collé à ses trousses, un collègue, et vous le torture sans sourciller pour le faire avouer tout ce qu'il savait déjà, ah, ah, ah.
Mais attention, superman dissimule un cœur "gros comme ça", il a décidé de jouer le rôle d'ange gardien de la petite noire issue de la banlieue de Roubaix, et vous allez voir ce que vous allez voir.

Le monde manichéen de Jérôme Leroy se divise en deux catégories : les tout-gentils - que l'on découvre vers la fin du roman - sont uniquement celles et ceux qui étaient membres des Jeunesses Communistes et du PCF dans les années 1980, les élu-e-s qui fréquentaient les si belles et idylliques colonies de vacances des mairies communistes.

Hélas ! "tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes", c'est bien connu... Les autres sont soit des pignoufs (simplement de gauche), soit des presque fachos (tout aussi simplement de droite), mais la préférence vitupérative de notre auteur va incontestablement à l'extrême-droite emmenée par une égérie à travers laquelle on reconnaît immédiatement Marie Le Pen. Ces tout-vilains-là sont flanqués de grands méchants, les skins : notre héros peut en zigouiller autant qu'il veut, et ne s'en prive pas, un peu comme les koulaks voués à l'extermination par le petit père des peuples, le grand Joseph Djougachvili. La gauchiste de service Bastienne Rouget en prend pour son grade dans le deuxième chapitre de la deuxième partie (p. 140), vieil atavisme du PCF-CGT ratant le train de mai-68, sans doute....

Mais foin des vieilles lunes staliniennes ! Jérôme Leroy fait par ailleurs dans le féminisme éclairé. Ses trois héroïnes - la maîtresse de Berthet, la compagne de l'écrivaillon dénommée Hélène Rieux, ainsi que l'héroïne principale - ont toutes un corps de rêve. Elles sont bien entendu intelligentes comme pas deux, et adorent "la baise". La deuxième réclame même des sévices corporels de plus en plus féroces ainsi qu'un "plan baise avec plusieurs hommes", ben voyons : décidément, le syndrome Strauss-Kahn/Dodo la saumure fait des ravages dans ces cercles libérés de la gôôôche cultureuse.
Enfin, pour faire bonne mesure, toutes ces belles personnes, Berthet compris, nous abreuvent de fort sçavante culture, incluant la toute belle poésie contemporaine, n'en jetez plus, la cour est pleine.

Pour conclure, tout le monde, y sera beau et tout plein de sous ! Naturellement, grâce au valeureux écrivain dévoilant la vérité toute nue (oh!), l'un des plus navrants lieux communs d'une bonne partie des journaleuses et journaleux se prenant non plus pour Zorro mais pour le stupide Julian Assange (Leroy invente le berthetleaks). Là encore, le pôvre Jérôme prend ses fantasmes pour des réalités.

Au final, ce roman s'avère ... raciste, illustrant le racisme dit "à l'envers", et surtout fort bête. Le roman "le bloc" (voir recension) était déjà un compendium de lieux communs des fantasmes dits "de gauche" sur ce que la gauche s'imagine être "l'extrême-droite" ; dans ce roman-ci, la prédilection de Leroy pour la caricature simpliste tourne carrément à la sottise et au ridicule.

On mesure la descente des éditions Gallimard vers la médiocrité lorsque l'on constate qu'un tel navet est publié dans la série NRF...

Consternant.
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JIEMDE
  14 avril 2017
Un ton en dessous du Bloc selon moi, L'ange gardien est cependant un nouveau roman noir efficace de Jérôme Leroy, rarement décevant.
Dans les pas de Berthet, agent d'un service d'État officieux habitué aux sales boulots, Leroy nous emmène dans les coulisses cachées de la politique, son sujet de prédilection. de la "petite" politique électorale de terrain, celle où Kardiatou Diop, jeune secrétaire d'État va affronter dans une ville moyenne du centre de la France la présidente du parti d'extrême droite qui n'en finit plus de monter. de la "grande" politique, celle où quelques hommes de l'ombre dans les officines gouvernementales tirent les ficelles du quotidien, c'est-à-dire de la vie ou de la mort, de leurs concitoyens.
Politique fiction, aime t-on à dire de ce genre de livre. de moins en moins fiction répondront d'aucuns, trois ans après sa sortie.
Il reste une histoire policière bien ficelée, qui se double d'un volet poétique et romantique plutôt bien vu, qui annonçait déjà la sortie progressive de Leroy de son genre d'origine, pour aller vers autre chose comme il l'a récemment montré avec Un peu tard dans la saison.
Un bémol toutefois : ce faux rythme qui aurait gagné à un peu plus de nervosité et ces répétitions inutiles qui y contribuent sans rien apporter.
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critiques presse (2)
Lexpress   08 décembre 2014
Si vous n'êtes jamais arrivé à terminer les romans policiers de Fred Vargas, alors peut-être ce polar vintage est-il fait pour vous.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   12 septembre 2014
Leroy est excellent lorsqu'il met en scène Martin Joubert, l'écrivain raté qui rend publics les lourds secrets qui lui ont été confiés sur le fonctionnement de l'Unité ; et divinement inspiré lorsqu'il clôt son roman noir le jour des morts.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
EnkiEnki   22 septembre 2014
Berthet revoyait encore le contraste entre le formica rouge et le sac Adidas qui était bleu électrique avec des reflets vaguement satinés. Cela faisait presque mal aux yeux et aux dents de Berthet. Berthet avait quand même toujours trouvé les années quatre vingt hideuses. Une décennie esthétiquement inacceptable. Berthet, à titre personnel, avait par exemple beaucoup souffert de l’étroitesse et des couleurs vives des cravates en cuir ainsi que des chansons de Jakie Quartz.
+ Lire la suite
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Lilou08Lilou08   08 mai 2015
« Ce ne sont pas les articles qu’il faut lire, excusez-moi pour les vôtres, Joubert. Mais les commentaires sur les “fils” comme vous dites.
— Ne me parlez plus de ça, j’avais l’impression d’un bain de boue chaque fois, Berthet. Vous n’imaginez pas le degré d’infamie. On dirait que l’anonymat couplé à l’idée d’être lu par quelques centaines de personnes décuple leur imagination dans le dégueulasse, le raciste, le scato. J’ai souvent réfléchi à la comparaison que l’on a faite entre ce genre de commentateurs sur ces forums et l’abondant courrier que recevaient les Kommandanturs pendant l’Occup’. Elle n’est pertinente que jusqu’à un certain degré. La dénonciation par lettre n’était lue que par un ou deux responsables. Là, en dénonçant, en calomniant, vous gardez la sécurité de l’anonymat mais en plus vous devenez la vedette d’un jour, vous avez un public qui vous soutient, voire qui va chasser en meute avec vous avant que vous vous fassiez gicler par le modérateur. Ou pas, si celui-ci trouve que vous attirez de nouveaux lecteurs en flirtant avec l’injure raciale, le harcèlement ou la diffamation.
+ Lire la suite
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DavjoDavjo   13 octobre 2014
Et Kardiatou, jeune, belle, intelligente, venue des quartiers, est le cauchemar à la mode du petit Blanc paupérisé qui vote pour le Bloc Patriotique de Dorgelles, pour les néoréacs qui trustent les médias à la faveur d'une crise économique qui rend tout le monde à moitié dingue.
Et depuis que le petit Blanc, le retraité poujadiste, la punaise de sacristie négrophobe, l'imam intégriste que la musulmane athée Kardiatou Diop si éminemment sexuelle rend fou, bref, depuis que toutes ces blattes dysorthographiques ont appris à se servir d'un clavier et se croient en même temps autorisées, derrière leur anonymat, à proférer des saloperies qui feraient passer le Ku Klux Klan pour un groupe de centristes sociaux, Berthet redouble d'attention. C'est fou, ce que ça donne de boulot à Berthet qui, dès qu'il s'agit de Kardiatou, ne prend rien à la légère.
+ Lire la suite
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EnkiEnki   20 septembre 2014
Berthet ne se sent pas vieux et Berthet n’a jamais eu le moindre rapport avec le fisc.
A moins que la participation de Berthet à la noyade accidentelle, […] d’un trésorier-payeur général du sud de la France qui avait des ambitions électorales peu souhaitables dans son département et dans son parti ne soit considérée comme tel.
Mais ce serait exagéré.
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Charybde2Charybde2   23 juillet 2014
C’est à ce moment-là que Berthet, d’un geste si naturel que personne ne se rend compte de quoi que ce soit, tend la main vers le poste de radio sur le bar américain de la cuisine. Berthet tombe sur France Culture.
Berthet augmente significativement le volume.
On parle d’Histoire, de la façon dont on concevait le sale et le propre, le miasme et la jonquille, dans les siècles passés. Ce serait intéressant en d’autres circonstances.
Berthet sort de sa poche droite un réducteur de son que Berthet visse sur son Sig-Sauer P220.
Berthet vise.
Berthet atteint en plein front le deuxième et le troisième skin qui tombent sans trop faire de bruit.
Ensuite Berthet avance vers Stanko.
Berthet applique l’arme sur le front de l’ancien skin et dit calmement alors que ça sent un peu la cordite dans l’appartement :
"Tout responsable du service d’ordre du Bloc que vous soyez, Stanko, je suis dix fois meilleur que vous, même avec vingt-cinq ans de plus. Je sais que vous avez tué des gens, de manière parfois atroce mais vous ne savez pas à quel point cela m’impressionne peu, à quel point j’ai fait pire. Ce n’est pas pour me vanter, c’est pour que vous compreniez le rapport de force entre nous. En plus, je ne vais pas vous demander de trahir le Bloc Patriotique ni Agnès Dorgelles."
Berthet s’interrompt.
Berthet se tourne vers Martin Joubert en gardant le canon du Sig-Sauer collé sur le front de Stanko.
"Joubert, baissez le son et cessez de déglutir, s’il vous plaît. Allez plutôt vomir dans votre salle de bains, prenez une douche et n’essayez pas d’utiliser votre Smartphone pour appeler qui que ce soit, je l’ai sous les yeux."
Martin Joubert s’exécute.
Martin Joubert vomit dans la cuvette des toilettes.
Puis Martin Joubert se demande si finalement se retrouver avec des cadavres de skins dans son salon est plus dur à supporter que de travailler à Boulevard Atlantique ou de se faire traiter comme une pute par des Gruber et des Delrio.
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Videos de Jérôme Leroy (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jérôme Leroy
Avec Arthur H, Rim Battal, Seyhmus Dagtekin, Maud Joiret, Sophie Loizeau, Guillaume Marie, Emmanuel Moses, Anne Mulpas, Suzanne Rault-Balet, Milène Tournier, Pierre Vinclair & les musiciens Mathias Bourre (piano) et Gaël Ascal (contrebasse) Soirée présentée par Jean-Yves Reuzeau & Alexandre Bord
Cette anthologie reflète la vitalité impressionnante de la poésie francophone contemporaine. Quatre générations partagent des textes pour la plupart inédits. La plus jeune a 17 ans, les plus âgés sont nonagénaires. Ils sont ainsi 94 à croiser leurs poèmes sur la thématique du désir, un mot aussi simple que subversif.

ADONIS – ARTHURH – Olivier Barbarant – Linda MARIA BAROS Joël BASTARD – Rim BATTAL – Claude BEAUSOLEIL – Tahar BEN JELLOUN – Zoé BESMOND DESENNEVILLE – Zéno BIANU – Carole BIJOU – Alexandre BONNET-TERRILE – Alain BORER – Katia BOUCHOUEVA – Julien BOUTREUX – Nicole BROSSARD – Tom BURON – Tristan Cabral – CALI – Rémi Checchetto – William CLIFF – François de CORNIÈRE – Cécile COULON – Charlélie COUTURE – Laetitia CUVELIER – Seyhmus DAGTEKIN – Jacques DARRAS – Michel DEGUY – Chloé DELAUME – René Depestre – Thomas DESLOGIS – Ariane DREYFUS – Renaud EGO – Michèle FINCK – Brigitte FONTAINE – Albane GELLÉ – Guy GOFFETTE – Cécile GUIVARCH – Cécile A. HOLDBAN – Philippe JAFFEUX – Maud JOIRET – Charles JULIET – Vénus KHOURY-GHATA – Anise KOLTZ – Petr KrÁL – Abdellatif LAÂBI – Hélène LANSCOTTE – Jean LEBOËL – Yvon LE MEN – Perrine LEQUERREC – Jérôme LEROY – Hervé LETELLIER – Sophie LOIZEAU – Lisette LOMBé – Mathias MALZIEU – Guillaume MARIE – Sophie MARTIN – Jean-Yves MASSON – Edouard J.MAUNICK –
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