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Angel Pino (Traducteur)Isabelle Rabut (Traducteur)
EAN : 9782742762873
200 pages
Actes Sud (07/08/2006)
3.64/5   60 notes
Résumé :
Quand Lala devient veuve, elle a trente ans, sept enfants et en attend un huitième. Elle ne se remarie pas, souhaitant conserver le semblant de liberté que lui assure son nouveau statut. Mais nous sommes en 1964, les temps sont durs en Chine, et toute la famille doit se mettre au travail. jusqu'à sa mort, vingt-cinq ans plus tard, cette femme simple mènera sa barque contre vents et marées.
A la fois cruel et douloureusement ironique, ce roman analyse avec fin... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
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sur 60 notes
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pdemweb1
  17 novembre 2015
"Tu es une rivière" est le roman de la vie d'une veuve chinoise avec huit enfants et le roman commence juste avant la Révolution Culturelle.
Le livre n'est pas épais, l'auteur Chi Li ne s'étend pas sur des longues descriptions, l'histoire progresse par des actes forts de la famille . La fierté de cette femme devant les difficultés qu'elle rencontre la rend sympathique car elle ne se résigne pas à défendre son point de vue .
Pour l'édition française , les traducteurs ont eu la bonne idée d'accompagner le texte de très nombreuses notes, qui mettent en parallèle la vie de cette femme et les décisions politiques de la Révolution Culturelle.
Ainsi au lecteur ignorant que je suis , il a été donné les clés du roman afin de montrer concrètement comment la Révolution Culturelle a été une idéologie néfaste .
Merci Littlecat pour ce roman émouvant
Juste pour ma relecture probable, la liste des personnages du roman :
L'héroïne : Lala Wang
Son Mari : Xianmu
Ses enfants: Dewu (G) , Yanchun (F), Dong' er(F) , Sheyuan ( G) , Yaojin( G), les jumeaux ( Fuzi(G), Guizi(F)) Siqing (G)
Xianlang : le beau-frère, Liu Zhifang son âme soeur.
Jiang Xiujin : la propriètaire du salon de thé où est mort Xianmu, et sa fille Qingqing
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Sachenka
  04 mai 2019
Un énième roman de Chi Li dans lequel elle raconte la misère de la Chine dans la deuxième moitié du XXe siècle. Une réalité dure et crue que l'auteure n'essaie pas d'atténuer, d'enjoliver ni de rendre plus attrayante à lire grâce à des artifices ou une certaine poésie propre à la littérature asiatique. Quoique, j'y pense, c'est peut-être plus spécifiquement japonais. Dans Tu es une rivière, l'auteure s'intéresse à Lala. le roman s'ouvre sur la mort de son mari, elle se retrouve veuve avec sept enfants sur les bras. Plutôt que se marier à nouveau (on se bouscule même au portillon) ou chercher un emploi à l'usine, elle fait travailler sa progéniture à la maison. La vingtaine d'années qui suivent racontent leur quotidien, comment l'un besogne sans relâche, comment l'autre tente de poursuivre ses études, comment tel autre doit recourir au larcin ou bien tombe gravement malade, etc. C'est un quotidien misérable. Et la mère qui se bat pour les garder tous auprès d'elle, même quand le gouvernement veut les lui enlever. Il faut reconnaître son ingéniosité. D'autant plus que sa relation avec certains de ses enfants n'est pas toujours la meilleure. Comme je l'écrivais plus haut, c'est dur et ça se ressent sur chaque ligne de chaque page. Heureusement que le roman n'en a qu'une centaine, je ne crois pas que j'aurais pu continuer s'il en comptait le double. Aussi, l'auteure évite les longues descriptions qui auraient alourdi le texte. le dénuement et la détresse, à petites doses s'il vous plaît. Pour finir, Tu es une rivière offre une perspective assez lucide sur les effets négatifs de la Révolution culturelle et des autres décisions politiques du régime chinois de l'époque. C'était instructif.
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Annette55
  07 novembre 2014
Trés beau titre et agréable première de couverture pour ce roman réaliste au style simple, fluide, clair!
L'auteur nous emmène au coeur de la Chine profonde des années 1964 à 1989, une histoire à la fois brutale, parfois sordide ou encore cocasse, marquée par de nombreux événements dont la Révolution Culturelle, au coeur de la vie même...
Nous partageons une réalité crue, où les temps sont difficiles, aprés le désastre économique, du grand bond, les chinois meurent de faim puis vient "la révolution culturelle"....
La mére de famille, Lala, refusant de travailler à l'usine, choisit de vivre en mettant ses enfants au travail à domicile, comme elle....
Elle fait face à la misère , aux mauvais coups du sort comme à ceux du régime, aux décisions parfois absurdes et imprévisibles mais a t- elle le choix?. Cette mére de famille ,veuve à trente ans, affligée de sept enfants ne s'en laisse jamais conter, elle n'a pas le temps, elle et ses enfants expriment la brutalité liée à cette époque mais aussi leur ingéniosité à réagir et à s'adapter....: les morts cruelles, les amours folles, les puces ou les poux, les menus soucis, la Vie et rien d'autre.Lala ne se laisse impressionner par personne, seul le bien être de ses enfants la préoccupe. L'auteur décrit bien cette réalité, les enfants sont au coeur du roman et les relations parents enfants sont décortiquées.
Ce n'est pas une mére câline mais le peut- elle?
Ses rapports avec eux sont parfois difficiles, elle s'accroche à certaines croyances ancestrales afin d'éviter le délitement de sa famille.
De nombreuses notes en annexe nous éclairent à propos de tous les aspects de la civilisation chinoise et des mésaventures et avatars du régime maoîste.
Une façon de relier petite et Grande histoire, les multiples manières aussi de s'accrocher à l'amour maternel, de le renier ou de le mendier!
C'est une trés belle histoire, émouvante, racontée avec humour, une vision ironique, cruelle, réaliste de l'histoire mouvementée de la Chine Contemporaine sur vingt cinq ans !

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colka
  03 septembre 2022
Avec le roman de Chi Li : Tu es une rivière, c'est tout un pan de l'histoire de la Chine moderne que nous survolons. Chi Li, qui est une merveilleuse conteuse, nous invite à suivre les tribulations d'une famille, celle de Lala devenue veuve à 30 ans avec 7 enfants à nourrir et un huitième à naître. Et la grande qualité de ce roman est, à mes yeux, qu'elle parvient dans ce court récit à nous faire traverser avec fluidité mais rigueur dans les détails l'histoire de la Chine - celle du Grand Bond en avant et de la Révolution culturelle - en l'imbriquant étroitement à l'histoire de cette famille.
Au premier plan, Lala, un beau personnage de femme à la fois victime et coupable. Victime, elle l'est tout au long du récit dans son combat quotidien pour nourrir sa nombreuse famille en n'hésitant pas même à vendre son corps - dans les deux acceptions du terme - lorsqu'elle n'a plus d'autre solution !
Bien sûr l'auteure épingle au passage, à travers le comportement de Lala aux abois dans la recherche de nourriture, les graves erreurs du gouvernement chinois coupable d'avoir désorganisé les circuits de l'artisanat local sans se préoccuper des conséquences délétères que cela aurait sur "les masses laborieuses" et leur famille !
Victime elle l'est aussi par la pression sociale de la communauté et des responsables communistes locaux qui la poussent à se remarier ou à travailler à l'usine. Elle se défendra bec et ongles pour sortir de ce modèle imposé aux femmes vulnérables et peu instruites et elle obtiendra de belles victoires personnelles ! C'est le côté sympathique du personnage qui est d'ailleurs très finement évoquée par l'auteure qui nous la donne à voir dans un rapide portrait d'une étonnante présence ou à entendre dans les dialogues qu'elle entretient avec son entourage et qui sont d'une savoureuse verdeur.
Mais heureusement l'auteure nous livre aussi un personnage d'une complexité bien souvent déroutante. Mère aimante elle peut aussi se transformer en parfaite mégère et adopter un comportement glaçant comme lorsqu'elle inflige à son fils aîné, Dewu, une punition digne d'une scène de torture !
C'est d'ailleurs, au fur et à mesure que l'on avance dans le roman, une famille complètement dysfonctionnelle que Chi Li met en scène. Par petites touches réalistes, elle évoque le vécu de cette fratrie marquée à la fois par la rudesse des conditions de vie de cette époque - travail précoce des enfants, saleté, promiscuité, maltraitance due à l'absence de soins - et aussi aux errements maternels ! L'une des filles, Dong'er est à ce titre un personnages intéressant car ses réactions cristallisent tous les dérèglements familiaux et elle ne se sauvera elle-même qu'en coupant les liens avec sa mère et ses frères et soeurs.
C'est donc une histoire assez sombre que nous conte Chi Li, même si jamais elle ne sombre dans le pathos ou le misérabilisme, car elle a le sens du tragi-comique et elle sait aussi couper avec une phrase couperet tout dérapage mélodramatique.
Ce que j'ai également beaucoup apprécié c'est l'humour au second degré dont elle fait preuve tout au long du roman, notamment lorsqu'elle évoque en arrière plan tous les dérapages liberticides ou grand guignolesques des régimes communistes de l'époque !
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littlecat
  23 août 2015
Chi Li dessine le portrait d'une famille chinoise des années 1960 jusqu'en 1990.
Lala devient veuve à 30 ans alors qu'elle a déjà sept enfants, et en attend un huitième.
C'est l'époque de la révolution culturelle, les temps sont difficiles mais femme de caractère, Lala aura deux buts, conserver sa liberté et faire vivre sa famille. Elle accumule les petits boulots, vend même son sang.
Dure avec elle-même, elle l'est également avec ses enfants et n'a guère le temps de les câliner. Les rapports au sein de la famille sont tendus et poignants.
J'ai beaucoup aimé ce livre.
Le suivi pendant plus de 25 ans de cette famille est très intéressant car les événements politiques et familiaux s'entremêlent.
Une histoire réaliste, émouvante et cruelle, écrite dans un style simple mais percutant.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
pdemweb1pdemweb1   17 novembre 2015
Note 87. Qu Yuan( 343-277 av.JC) poète et ministre de roi Huai Chu, qui fut banni par son prince. Il exprima alors sa douleur dans un poème célèbre le Li Sao, Tristesse de l'éloignement. quand il apprit ensuite que sa patrie avait été anéantie par le royaume de Qin, il se donna la mort en se jetant dans la rivière Miluo., une pierre attachée au cou, le cinquième jour du cinquième mois lunaire. Les riverains de la rivière montèrent sur leur barques pour essayer de repêcher son corps, et jetèrent des zongzi dans l'eau en guise d'offrandes. C'est donc sa mort que sont associés la fête du Double Cinq et son cérémonial.
Note 20. La fête du Double Cinq, ou fête de Duanwu, est célébré le cinquième jour du cinquième mois de l'année. On organise à cette occasion des jeux nautiques, à bord de barques dragons, et l'on mange des gâteaux de riz glutineux enroulés dans des feuilles de bambou, les zongzi
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littlecatlittlecat   22 août 2015
Il dégustait son oeuf à petits coups de langue comme si c'était de l'amour qu'on avait versé dans son bol. Il avait toujours méprisé la campagne mais Lala était déjà une femme et non plus une jeune fille quand elle était entrée dans son univers. Les seins opulents de Lala, quand ils se balançaient sous son nez, exhalaient un chaud parfum de lait et ses fesses rebondies, son rire sonore, ses francs accès de colère le mettaient sous son charme.
Page
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kathykathy   30 mars 2013
- Amitâbha ! A quoi tu joues? Qu'est-ce que ça peut faire, qu'il y ait un peu de désordre et de saleté? Ce sont les gens qui comptent ! Il faut qu'il y ait des gens dans une maison ! Les objets sont morts, ce sont les gens qui leur donnent vie. Ca ne te suffit pas d'avoir chassé tout le monde, il faut encore que tu fasses disparaître toute chaleur humaine ?Je vais te dire où tu devrais aller pour être peinard : au cimetière ! Là-bas, question calme et ordre, on est gâté !
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myriampelemyriampele   21 novembre 2012
- Ah, quel bon fils tu fais! Tu as tiré une sacrée épine du pied de ta mère, pour sûr!
Blotti contre le sein doux et chaud de sa mère, Yaojin se sentit ému jusqu'aux larmes. Par un réflexe de pudeur, il se déroba vivement à l'étreinte de sa mère, ramassa sa trompette et dit:
- Rentrons, Maman.
Depuis que Yaojin avait l'âge de raison, c'était la première fois que sa mère l'embrassait. Et ce fut aussi la dernière.
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MoglugMoglug   19 juin 2016
[incipit]
Cette nuit-là, la lune était un peu jaune. A l’instant précis où Lala sortait de la ruelle dallée pour s’engager dans la grand-rue revêtue de pierre, la maison de thé A la bonne foi, située de l’autre côté de la rue, s’écroula avec fracas. La terre trembla et un gros nuage de poussière s’éleva dans les airs avec un bruit assourdissant. Derrière les gens qui déferlaient comme des rats et les planches du bâtiments qui volaient, Lala vit son mari qui semblait tomber du ciel, s’abattre dans le chaudron d’eau bouillante au milieu de la salle. Il se débattit quelques instants tels un gros poisson, avant que la fournaise n’engloutisse l’auguste établissement vieux d’un siècle.
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